Conférence de presse : "K-19"

"K-19 : le piège des profondeurs" de Kathryn Bigelow débarque à Deauville en avant-première, accompagné par Harrison Ford. Conférence de presse événement.

Retrouvez la conférence de presse de "K-19 : le piège des profondeurs" sur notre site spécial Deauville

Prendre l'accent russe

Harrison Ford : Pour moi, l'accent était critique. Je dois avouer que je suis très déçu de savoir que dans de nombreux pays, ce film sera vu en version doublée. Mais, en ce qui concerne le public américain, j'ai trouvé qu'il était crucial de constamment lui rappeler qu'il s'agissait d'un évènement russe, d'un équipage russe. Je ne voulais pas que l'on tombe dans le piège de la généralisation facile, qui consiste à se dire que ce n'est qu'un film. De surcroît, la distribution était internationale : Liam Neeson est irlandais, d'autres acteurs viennent de Grande Bretagne, du Canada et de Russie. Il y en avait d'ailleurs un grand nombre qui était russes. Pour l'harmonisation du film donc, il fallait uniformiser et imposer un accent russe. Bon, on n'a pas d'accent quand on parle sa langue maternelle. L'accent apparaît uniquement lorsqu'on parle une langue qui n'est pas la sienne. Mais, en dehors de cela, chaque langue possède une tonalité qui lui est propre. D'ailleurs, je parlerais davantage d'une musicalité russe que d'un accent.

Un film unique

Kathryn Bigelow : C'est un film unique, et je dirais même certainement extrêmement unique pour le public américain. K-19 : le piège des profondeurs rend hommage au courage soviétique et, je pense qu'il lui faudra du temps pour accepter cette perception et cette émotion. À mon avis, K-19 connaîtra la pérennité.

L'époque de la Guerre froide

Harrison Ford : À mon avis, la Guerre froide était principalement un conflit économique. Il était dans l'intérêt des deux pays - les États-Unis et l'Union soviétique -, voire même cela entrait dans leurs stratégies respectives, de faire passer l'ennemi pour un monstre. Autrement dit, ils s'inventaient un ennemi pour des raisons, à mon avis, principalement économiques. Cela ne blanchit en rien les crimes perpétrés lors du communisme. Staline était un criminel. Mais, ce n'est pas parce qu'il était communiste. C'était un criminel sans ça.

C'est pourquoi, je n'ai jamais vraiment cru qu'une des deux nations lancerait un jour une attaque nucléaire sur l'autre, même si soi-disant nous frôlions une guerre nucléaire. Enfin, peut-être suis-je trop naïf, mais je ne vois pas ce qu'ils auraient pu y gagner économiquement. Je craignais plutôt quelque chose comme Docteur Folamour, et encore plus aujourd'hui. Le véritable ennemi est le développement de la technologie nucléaire et de ses armes de destruction. De plus, aujourd'hui, un nombre croissant de pays y ont accès.

Propos traduits par Camille Joubert

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