Mulholland Drive

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Donnez votre interprétation de Mulholland drive !

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Mulholland Drive


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Posté le 26/11/2001 à 13:18

Donnez votre interprétation de Mulholland drive !



Je viens de voir le nouveau film de David Lynch. Bien sûr, je ne m'attendais pas à voir le plus simple des films. Et, bien, je n'ai pas été déçu. Je pense, comme tout le monde, je n'ai rien compris. Peut-être qu'il n'y a rien à comprendre ? En tous cas, je trouve intéressant d'avoir votre point de vue à tous sur Mulholland drive...





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Posté le 26/11/2001 à 15:44

 - En réponse à exnight (Voir le message du 26/11/2001 à 13:19)


Un plan me trotte dans la tête, celui en caméra subjective du debut du film, celui qui nous place dans la peau d'une personne qui s'allonge sur un oreiller pour dormir (l'oreiller et les draps sont de la couleur du lit de Diane) Le film débute ainsi, annonce un rêve dont on ne sort que lorsque tout bascule dans la rapidité, dans l'incompréhension en quelque sorte.

La première partie (et majeure partie du film) n'est peut-être qu'un dernier rêve de Diane, une dernière bouffée d'oxygène (où lle essaye de tout reconstruire) alors que la deuxième n'est, après son reveil, qu'un flashback accéléré de la réalité avant son suicide.

Diane se couche donc après avoir vu la clé bleu (plate) qui annonce que le contrat du tueur à gages qu'elle a engagé c'est déroulé sans encombre.
Elle s'endort alors avec l'idée que son amie et amante Camilla a été tuée.
Elle construit son rêve à partir de toutes les brides de réalité vécue (qui sont vues à la fin, au diner entre autres):
La clef bleue plate devient triangulaire.
Le personnage ancieux qu'elle a vu la caisse du Weekie a lui même révé d'une scène ou il voit quelqu'un d'ancieux à la caisse.
Son tueur à gages devient un tueur un peu gaffeur (de telle sorte qu'il ne peut avoir réussi le meurtre de camilla).
Elle se réincarne dans la peau de Betty (prénom de la serveuse du fast food Weekie ou elle a rencontré son tueur à gages).
Camilla échappe à son meurtre et devient amnésique (amnésie qui permet de reconstruire la réalité sous un jour meilleur).
Sa tante n'est plus morte (ce qu'elle dit au diner) mais est partie en voyage en lui laissant son appartement.
La mère du réalisateur devient la concierge de sa tante.
Le cow-boy qu'elle a vu au diner (flou en arrière plan) chez le réalisateur devient un personnage enigmatique.
L'italien (?) un peu enrobé (qui lui sourit au diner) devient un producteur intransigeant... etc...

Bien sûr, certaines scènes complètement "lynchiennes" comme le boss sur son fauteuil roulant, le théatre silenzio... sont des fruits quasi-totals du rêve, ou un mélange compliqué de la réalité, ou une adaptation d'une réalité qui ne nous est pas montrée à la fin du film d'où leur teneur si symbolique...

Diane se reveille lorsque son amie, avec laquelle elle a échangé son appartement arrive chez elle pour reprendre ses affaires qui restent. En prenant le cendrier, près de la clef bleue, elle attire l'attention de Diane sur celle-ci. Encore en demi sommeil, la réalité lui revient soudainement, les vrais souvenirs s'entrechoquent et l'accule au suicide.

Le film n'est peut-être en majeure partie qu'un rêve posé alors que la fin qui parait si déstabilisante et décousue est la réalité.

Voilà en gros ce que j'en pense, à prendre avec des pincettes. Ceci n'explique pas tout, à part peut-être la trame principale du film, les détails des rêves restant quant à eux insaisissables et livrés au libre cours de l'artiste. David Lynch sait une fois de plus manipuler la réalité et créer une ambiance. Comme il le dit lui même, bien heureux celui qui peut tout expliquer tout car lui même ne comprends pas tout ce qu'il fait... ! Ce qui compte c'est l'ambiance, l'experience dans laquelle il nous plonge, plus qu'une explication qui sera de toute façon hasardeuse...





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Posté le 26/11/2001 à 15:59

 - En réponse à canatella (Voir le message du 26/11/2001 à 15:44)


Merci pour tes explications. Ca a un peu éclairé mon esprit embrumé.Y avait beaucoup de choses que tu dis que j'avais pas saisies. Surtout le fait que Diane rêve pour repartir de zéro.

kaimyo <kaimyo@caramail.com>





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Posté le 26/11/2001 à 16:20

 - En réponse à exnight (Voir le message du 26/11/2001 à 13:19)


eh bien je n'ai pas vu mullholland drive mais pour ce que je sais de lynch, je peux me hasarder un peu:

la fois où j'ai vu lost highway du même auteur, j'ai cherché de nombreuses interprétations au film mais tout restait très contradictoire. Alors je suis venu sur le forum allocine voir ce qui avait été dit et là j'ai pu lire tout et n'importe quoi. Enfin bref, personne n'y avait rien compris. La principale raison je crois est qu'il n'y a rien de logique a chercher: il s'agit simplement d'histoires complètement oniriques et chacun sait qu'un rêve n'a de logique que pour celui qui le fait au moment même où il le fait. Une fois réveillé, plus rien ne semble avoir de sens même pour l'auteur du rêve.

Tout ce que l'on peut chercher ce sont des symboles qui traduiraient l'esprit, les fantasmes et les peurs du rêveur et on aboutirait à une sorte de psychanalyse de lynch. C'est un exercice de haute volée pour un psychiatre mais presque impossible pour le specateur moyen (comme moi) qui ne peut trouver sa satisfaction que dans l'univers créé, l'ambiance, les images, les sensations que le film peut créer chez lui.

Pour être tout-à-fait franc, mon propre plaisir n'est pas dans les films de ce genre. Mais l'esentiel tient en une phrase: n'essayez pas de décrypter un tel film, ce ne sont que des spéculations hasardeuses. Bien entendu, le défi de l'interprétation est tel qu'il y en aura toujours pour esayer d'être les premiers à percer le secret...





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Posté le 26/11/2001 à 17:14

 - En réponse à Titien (Voir le message du 26/11/2001 à 16:21)


C'est l'intérêt du jeu... Tenter de pénétrer l'esprit tourmenté de David Lynch.





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Posté le 26/11/2001 à 17:27

 - En réponse à exnight (Voir le message du 26/11/2001 à 17:15)


comme tu le dis, il s'agit de "tenter" seulement. Que le premier qui y parvienne me fasse signe!





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Posté le 26/11/2001 à 22:13

 - En réponse à exnight (Voir le message du 26/11/2001 à 13:19)


Pour moi, Mullholland Drive n'est pas une histoire d'amour, ni une histoire gratuite impossible à décrypter. C'est l'histoire d'une jeune actrice débarquée à Hollywood dans l'espoir de réussir sa carrière et qui malheureusement n'y parvient pas. Lynch porte un regard critique sur un trait d'actualité de la société américaine, celle de la nécessité de parvenir à une certaine réussite sociale. Le sujet est traité à travers la psychologie du personnage principal, vue de l'INTERIEUR d'elle-même. Je souscris donc à 100% à l'interprétation de rêve/réveil proposée par "canatella".

Il est étonnant de voir que le thème traité est le même que celui proposé par Laurent Cantet dans "l'emploi du temps". Dans une fin de siècle confrontée à un chomage de masse, de longue durée, le travail et la réussite dans le travail sont devenues des valeurs plus importantes que l'amour, la famille, ...etc.

Je pense également qu'il y a peu d'éléments gratuits dans le film de Lynch. Depuis que j'ai vu l'intégralité des épisodes de la série Twin Peaks, je pense avoir compris une des clefs qui viendrait compléter ton analyse : Il faut faire un tri entre les personnages des films de Lynch, car certains ne sont que des personnages transitionnels qui apparaissent seulement quand les personnages principaux changent d'état émotionnel.
La mère de Laura Palmer qui voit apparaitre une licorne avant chaque viol, Bob symbole du bien et Mike symbole du mal, le garçon d'étage au plateau lorsque le lieutenant Dale Cooper est blessé, et bien sûr l'énigmatique nain. Dans Lost Highway, le personnage transitionel du héros qui traverse ses états schizophrène est le personnage coiffé d'une double crête qui tend le téléphone au héros pour qu'il se "parle" à lui-même.

Dans Mullohand drive, le boss (l'énigmatiuqe nain de twin peaks) est pour moi un personnage transitionnel imaginé par Diane comme l'incarnation d'un pouvoir mystérieux et omnipotent. C'est sur son ordre que le réalisateur choisit une candidate complètement anodine lors du casting (she's the one), et c'est comme ça que Diane donne une justification à son échec professionnel.

Merci en tout cas à "canatella" qui m'a apporté un éclairage si cohérent sur ce très beau film.





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Posté le 27/11/2001 à 02:07

 - En réponse à canatella (Voir le message du 26/11/2001 à 15:44)


Completement d'accord avec ton interprétation,
Quelques précisions sur mon point de vue cependant :
- Dans son rêve, elle fait le négatif de sa vie ratée : Elle meme sauve son amie (alors que dans la réalité elle a commandité le crime...), tous les personnages qu'elles n'apprécient pas dans la réalité sont tournés en ridicule dans son rêve (le réalisateur se fait virer, sa mère hautaine devient concierge, le tueur est un minable, sa tante qui est morte devient dans le reve une grande actrice etc.)
- Elle explique, dans son rêve, son echec en tant qu'actrice dans la réalité par l'apparition d'une mafia qui imposerait aux realisateurs leurs choix dans la selection des acteurs... ce pourquoi elle n'aurait pas réussi en tant qu'actrice...

Ensuite c'est un peu plus personnel mais bon .. je vous le livre quand meme :
Je pense que le plan du début (le drap) est en fait Diane JUSTE APRES qu'elle se soit tuée (puisque dans son rêve elle se voit morte et pleine de poils...donc pour pouvoir imaginer ca, c'est bien qu'elle s'est deja sucidée ) et qu'elle imagine avant sa mort une vie "parfaite"... Lorsque Camilla met la clef dans la boite bleue, elle meurt... (en partie car cette clef bleue, elle ne sait pas à quoi elle sert - dans la réalité, le tueur lui ayant rit au nez lorsqu'elle le lui a demandé -). Le reste du film est un flash back sur ce qui c'est passé exactement avant son suicide.

Vous en pensez quoi ? (c'est le fruit d'une reflexion collective intense...)
s'cusy pour les fôtes... j'ai ecrit vite...





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Posté le 27/11/2001 à 17:43

 - En réponse à acombe (Voir le message du 27/11/2001 à 02:08)


Je suis assez d'accord aveec la version du reve...on peut aussi essayer de partir sur la piste du fantasme: l'une serait le fantasme de l'autre, les deux personnages ne faisant qu'un tout au long du film. Le changement de personnage pourrait mmontrer ce passage du fantasme à la réalité (une sorte d'échange...)
Quant à la scène du silencio, on peut y voir une mise en abyme, assez sublime: Lynch nous présente son film "ce n'est qu'un enregistrement"...Et nous nous retrouvons à la place des deux jeunes filles dans le public...Pareil pour la scène du winkie's (j'ai peur de cet homme se cachnt derrière le mur), ou le mur ne représenterait que la séparation entre les acteurs et le spectateur dans son fauteuil...
Enfin, on peut chercher, c'est la magie de ce film

Le Noony





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Posté le 28/11/2001 à 14:03

 - En réponse à Renald (Voir le message du 26/11/2001 à 22:13)


Je rapprocherais plus <i>Mulholland Drive</i> de <i>Comment j'ai tué mon père</i> que de <i>L'Emploi du temps</i>... Le personnage incarné par Charles Berling part dans un rêve froid et morbide lorsqu'il apprend par courrier la mort de celui-ci...

Là aussi l'imaginaire du rêve représente la majeure partie du film, là aussi la fin parait incohérente (le personnage rève qu'il tue son père puis préfère "changer" la propre fin du songe).

Le rêve y est par contre beaucoup plus froid (relation père-fils vs amante-amante) et ne repose que sur peu d'élèments réels puisqu'il tente d'inventer le retour du père qui n'a pas eu (n'aura plus jamais) lieu...




metaforensics


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Posté le 28/11/2001 à 23:45

 - En réponse à canatella (Voir le message du 28/11/2001 à 14:04)


Mon interprétation

Le film raconte l'histoire de Diane, une actrice de seconde zone qui n'a jamais percé, et restée admiratrice de Camilla Rhodes (la vraie, la brune de la deuxième partie), avec qui elle entretient une relation homosexuelle. Mais Camilla se comporte comme une garce, elle est ambigue avec d'autres filles, elle sort avec un réa qui se la raconte... Diane est sur la touche, et sa frustration la pousse à la folie: c'est la deuxième partie du film, la seule à contenir des séquences réelles - la lumière est d'aileurs beaucoup plus réaliste, Diane est moins belle, etc... Diane suit Camilla à une soirée où elle fait la connaissance de plein de gens "successfull" qui s'en tapent d'elle: la mère du réa, Coco, la prend de haut, elle croise le regard d'un mec bien agressif (l'italien du début du film), elle voit passer un mec habillé en Cow Boy dans le fond, elle voit Camilla embrasser une autre actrice blonde... Finalement, la nouvelle des fiancailles supposées de Camilla et du réa la fait craquer: elle fait appel au blond pour tuer Camilla, grâce à l'argent que sa tante morte lui a laissé en héritage.
Le mec lui dit qu'elle trouvera la clé bleue si le contrat est executé. Elle rentre chez elle, rongée par les remords, sûrement sous alcool... Et S'ENDORT sur le lit ROUGE, c'est à dire le premier plan du film (après les danseurs de rock), un subjectif de Diane bourrée qui se couche sur son lit et ferme les yeux (fondu au noir).

le début du film, après ce plan, est donc l'histoire du rêve de Diane. Elle emprunte des éléments de la vie réelle (la deuxième partie du film) pour les intégrer à son rêve sous une autre forme, comme nous le faisons tous. Elle s'imagine arriver à Hollywood, sous le nom de Betty (un nom sur lequel elle a bloqué au Winkie's, celui de la serveuse), accompagnée par de gentils vieux américains respectables, qui représentent la bonne morale WASP et donc ses remords à la fin du film quand elle commet l'irréparable.
Elle s'imagine que sa tante n'est pas morte, juste partie loin en voyage (c'est ce qu'on dit aux enfants quand quelqu'un meurt, non?). Elle idéalise tout, tout est parfait, à commencer par elle - jolie, gentille et tout. Elle s'imagine que le contrat n'a pas été exécuté, en reconstituant différemment une scène qui lui est arivée (dans la limousine: "pourquoi s'arrête-t-on ici?" . Camilla s'en sort, comme par miracle (haha) et COMME PAR HASARD elle n'a pas une égratignure et en plus elle ne se souvient de rien. Le comble s'est qu'elle se réfugie pile chez la tante de Diane/Betty! Pour ne rien gâcher elle a plein de tunes, celles que Diane regrette avoir dépensées pour le contrat, et beaucoup plus encore... Tout ca est normal puisque c'est le monde idéal de Diane, dans son rêve.

Elle va chez elle même, cherchant Diane avec Camilla aka Rita (quand elle téléphone chez Diane, elle dit: "c'est drôle de s'appeler soi même, non?" . Betty voit Diane morte sur le lit car cette Diane-là est morte, c'est une nouvelle vie sous la forme de Betty.

Elle humilie le réa en faisant partir en couille sa vie ( banque, adultère, plus de taff, menaces... Le cow boy lui touche les deux mots sur l'humilité qu'elle aurait bien aimé lui dire elle même), d'abord par vengeance, et aussi pour que ce mec remplace sa comédienne ( Camilla dans la réalité par une autre Camilla Rhodes, la femme qu'elle avait entrevue au diner dans la réalité, dont elle n'a rien à foutre.

Elle se recrée une première fois au lit avec Camilla, idéalisée une fois de plus, elle imagine de déchirer à l'audition pour le rôle du film de Bob (elle utilise ce nom de réa qu'elle a entendu au diner chez le jeune réa), alors que ce réa dans la vraie vie avait fait le film où Diane a été refusée au profit de Camilla, "l'Histoire d'Irène ...". Elle imagine que le jeune réa tombe quasiment amoureux d'elle dès le premier regard, ignorant Rita aka Camilla Rhodes qui est à côté d'elle pourtant. Elle ridiculise Coco, qui l'avait méprisée, en la transformant en concierge qui s'occupe des merdes de chien ( elle s'appelle madame Lenoix car elle mangeait des noix au dîner chez le réa dans la réalité . La clé bleue devient un symbole étrange, car pendant qu'elle dort cela reste sa préoccupation principale: est ce que le contrat a été exécuté? Comme en plus elle trouvé ce symbole de la clé intriguant dans la réalité (au winkie's avec le tueur blond), elle invente une boîte qui lui donnera la solution: quand la clé sera tournée, ce sera le retour à la réalité, le réveil, car le contrat aura été exécuté. Dans la boite le Silencio, le mec lui rappelle que tout est illusion, rien n'est réel - elle ne fait que rêver. c'est pourquoi elle le vit si mal, car elle ne veut pas retourner à la réalité - et pourtant, il faudra bien: la boîte est dans le sac à main de Camilla.

Quand la clé bleue est tournée dans la boite, Betty/Diane n'est plus là car elle est en train de se réveiller. Camilla ouvre la boîte et hop! La clé bleue, dans la réalité, est posée par le tueur sur la table.

Diane se réveille alors ( le cow Boy le lui ordonne dans son rêve), c'est le retour à la réalité. Sa voisine vient chercher ses affaires, la clé bleue est sur la table, l'irréparable est commis. Diane a alors des phases de flash back de sa relation avec Camilla, on comprend ce qui l'a menée à faire ce geste, et on retrouve par la même occasion tous les personnages réels dans leurs vrais rôles. Mais les remords la traumatisent, elle est hantée par les vieux sympa qui lui hurlent dessus et elle se suicide. Elle se retrouve alors au Silencio, tampon entre le rêve et la réalité, et la femme bleue dit: "Silencio": c'est la fin, elle est morte. Générique.


Pour expliquer la scène avec les producteurs au début (les coups de tel): Hollywood, le cinéma, c'est "le monde du rêve". Diane, en rêvant, en prend le contrôle - d'où l'égarement du réa ("qu'est ce qui se passe ici?" quand on lui dit "ce n'est plus ton film" - car c'est celui de Diane. Le nain au téléphone serait une sorte de gardien du monde du rêve, quand il voit que Camilla a disparu, il dit "the girl is missing" et il fait appeler chez Diane pour la réveiller et faire réaparaître Camilla.


Mais on peut aller plus loin en disant que Rita et Betty sont la même personne dans le rêve. Que Rita = la voisine, dans la première partie la voisine doit aller chercher ses affaires chez diane qui est déjà morte ; deuxième partie (avant sa mort) on retrouve la voisine qui vient récupérer ses affaires.

DONC > dans la 1ere partie la voisine a déjà récupéré ses affaires, c'est une illusion, cette voisine n'existe pas, c'est une projection d'elle-même, un souvenir.

Et pour moi la ressemblance entre LA voisine et la Femme du Silencio est flagrante, ça voudrait dire que Camilla = la femme du Silencio et ça rejoindrai Rita dans son lit prononçant le mot "silencio" (rêve dans le rêve ou semi-réalité ?)

Après il y a toute une analyse que je suis en train de faire à propos des vêtements et des leurs couleurs (oh combien symbolique !) portés par Rita et Betty dans la première partie (alternance du rouge et noir, et du bleu omniprésent). Lynch étant peintre et fan de psychanalyse, il n’a rien fait au hasard.





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Posté le 29/11/2001 à 00:24

 - En réponse à exnight (Voir le message du 26/11/2001 à 17:15)


esprit tourmenté c'est un euphémisme concernant Lynch




Seph


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Posté le 29/11/2001 à 03:33


Pour moi, étant totalement nouveau au cinéma de Lynch, ce film ne fait que devenir meilleur au fur et a mesure que le temps passe. Ce film m'a fait réagir, réfléchir, imaginer, chose si peu courante je trouve...J'aime la facon qu'a ce film de provoquer ces différentes réflexions sur une eventuelle explication. Bref, un excellent film pour moi, et une réelle envie de découvrir les autres oeuvres de Lynch.





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Posté le 29/11/2001 à 10:05

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 29/11/2001 à 03:34)


Recommandations:

débuter par Elephant man
enchainer avec au choix Blue Velvet, Lost Highway, Eraserhead (Kubrick a dit à sa sortie qu'il aurait aimé réaliser ce film), Twin peaks
finir avec Dune (pas très bon mais à voir pour sa culture cine)
Enfin, si t'as le temps, te faire l'intégrale de la série Twin peaks...




MASH


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Posté le 29/11/2001 à 13:40

 - En réponse à acombe (Voir le message du 27/11/2001 à 02:08)


T




MASH


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Posté le 29/11/2001 à 14:06

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 29/11/2001 à 13:40)


Le T de mon message précédent était un essai. Ca marche.

Je suis heureux d'apprendre que je ne suis pas le seul fan de Lynch. A mes yeux il est un génie car il est le seul à savoir filmer de purs émotions. C'est un peu difficile à expliquer mais je donne un exemple. Lorsque dans la 1ère partie du film Rita et betty reviennent chez la tante pour ouvrir la boite bleue, Lynch filme la disparition de Betty d'une telle façon que l'on est véritablement dérangé de son absence. Pour ma part, je n'ai pas honte de dire qu'elle m'a manqué. C'est comme si à ce moment là j'étais Rita. Imaginez le manque qu'elle aurait du ressentir à ce moment-là si elle n'était pas dans le rêve de Diane. J'ai vu le film trois fois et à chaque fois j'ai ressenti la même chose. Peut-être même plus à la troisième fois d'ailleurs. (retournez le voir il gagne sérieusement à être revu)
Je suis tout à fait d'accord avec exnight pour son interprétation car après trois heures de discussion avec le seul autre fan de Lynch que je connaisse on en est arrivé au même conclusion. Je pense que si plusieurs personnes trouve une même version sur un film aussi décousu que Mulholland drive c'est que l'on a tapé dans le mile. Et franchement le fait de savoir qu'il y a une explication me rassure car la seule réserve que je peux émettre à Lost highway, c'est justement que l'on y comprends rien. Cela dit je dis cela en émettant une réserve car en sortant de Mulholland drive j'étais sur qu'il était incohérent (grossière erreur) et aussi parce que Lynch a dit qu'il n'y avait que 5% de son film incompréhensible comme tout ses autres films, alors...




MASH


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Posté le 29/11/2001 à 14:09

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 29/11/2001 à 14:07)


Désolé exnight mais c'était de Canatella que je voulais parler. Mes excuses.





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Posté le 29/11/2001 à 14:27


Bah je voudrais remercier toutes les personnes qui ont répondu car elle m'ont permis de mieux comprendre le film. Je dois dire qu'à la sortie de la séance, GT vraiment déconcerté. Je ne voyais ce qui rimait avec quoi.
Mais avec tout ce que G pu lire, je dois dire ke tout C à peu près éclairci.

Mais il reste quand même des trucs flous notament au niveau des personnages.

Je n'arrive pas à cerner le rôle "du monstre" qui donne la boite de pandore ainsi que le rôle de "la voyante" qui dit à Betty qu'elle aura des ennuis.

enfin bref, tout ca pour dire que G quand même passé une bonne soirée en visionnant ce film.



Si nous sommes tous embarqués sur la même planète... On est décidément pas du même monde...

Bertrand Cantat - Noir Désir




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Posté le 29/11/2001 à 15:23

 - En réponse à Slowhand (Voir le message du 29/11/2001 à 14:28)


Bonjour les amis!

Je suis bien d'accord avec vous pour dire que le film oppose plusieurs degrés, mais je m'inscris par contre totalement en faux sur le fait qu'on puisse les lire dans le sens d'une chronologie allant du rêve au réveil!

S'il me paraît évident qu'un film est toujours plus ou moins un rêve concret (ne serait-ce que celui du réalisateur), je crois qu'il convient ici, pour suivre Mulholand Drive, de lire le film dans le sens tout bête d'un certain degré de réalité, vers un certain degré d'onirisme, attendu que ce degré de réalité primitif est ici -comme toujours, malgré tout, quand il s'agit de fiction-, un degré onirique, autrement dit fictionnel.

Dans la première partie, avant que les deux filles couchent ensemble, tout est clair, limpide, non pas comme dans la réalité, mais disons, comme dans un rêve réaliste, comme l'a très bien remarqué canatella, même si le plan subjectif de l'endormissement du début m'a échappé: la brune fréquente des gens louches, perd la mémoire, rencontre la blonde qui veut faire du cinéma, laquelle par malchance tombe sur une agent malhonnête et un réalisateur commandité par la mafia désirant placer une jolie fille dans le film de celui-ci. Puis la mémoire revient par bribes à la fille brune, qui se souvient d'une autre fille de sa connaissance, dont elle découvre, en se rendant à l'adresse de celle-ci, qu'elle est morte. La blonde et la brune couchent ensemble (comme l'a joliment noté Truffaut dans "Baisers volés", dans la réalité, la mort donne souvent envie de faire l'amour). Fin de la première partie.
Quand la fille brune se met à parler en espagnol dans le lit (on peut penser que cela se situe juste après que les deux filles aient fait l'amour), réveillant la fille blonde, commence alors une seconde partie, beaucoup plus onirique, souligné par des éléments étranges, ou par une mise en scène aux effets plus appuyés (comme le mouvement rapide vers les deux filles qui entrent dans le théâtre). Cette partie onirique raconte davantage l'échec de la fille blonde dans le milieu du cinéma qu'autre chose (un monde où tout est "enregistré", "à l'avance" . On peut donc penser qu'il s'agit de son rêve (ou plus exactement de son cauchemar) à elle. Elle rêve même que cet échec la pousse au suicide, avant que son esprit, son rêve, ne la ramène au "théâtre du silence". Fin de la deuxième partie, et fin du film.

Pour aller contre l'idée (curieuse bien que séduisante) de canatella qui voit dans la deuxième partie l'expression du réveil, et donc de la "réalité", dans cette partie précisément, la présence de la deuxième séquence ou apparaît la "bête" dans le parking, suffit à le contredire. Ce ne peut être la réalité, mais plutôt l'extrapolation du fantasme de la fille blonde, sa vision d'elle en "perdante". Dans la première partie, le garçon brun qui voit la bête la première fois, est peut-être lié à la fille blonde d'une façon ou d'une autre. Son frère? un schizophrène? quelqu'un de sa connaissance prenant un café en compagnie du père de la fille blonde? On peut l'interpréter comme on veut. Comme l'a finement dit précédemment quelqu'un, certaines relations entre les personnages ne nous sont pas explicités, bien que ce soit assez rare dans ce film. Dans la seconde partie, la présence du garçon brun, au détour d'un très court plan, dans le café (un lieu familier de la blonde appartenant à son passé?), relève à mon sens de la "trace" qu'on trouve dans chaque rêve. Quand au tueur, qui soit dit en passant me semble différent physiquement de celui de la première partie, rien n'interdit de penser que la fille brune ait parlé de lui à la blonde, ou que la blonde reconstitue elle même à l'intérieur de son rêve, une partie de la réalité, tout en la distordant (je ne crois pas que ce soit lui qui menace la brune dans la voiture au début du film, en revanche, il me semble clair qu'elle ait compris depuis longtemps que son amante avait à faire à des gens louches avant son accident, et pourquoi pas à un tueur).

Bref, pour moi, la deuxième partie est bien plus onirique, par son sujet, sa matière, son traitement, que la première. J'inclus naturellement dans cette matière onirique l'acte d'autosexualité de la fille blonde, dont le visage dit à ce moment là, à la fois l'excitation et peut-être une certaine culpabilité d'avoir couché précédemment (en "vrai"!) pour la première fois avec une fille, sans oublier l'éventuelle part de frustration que cette masturbation représente, en regard du rapport lui-même. Il me paraît effectivement tout à fait crédible que la fille blonde puisse rêver, tout en la pratiquant, à une masturbation, après ce que nous l'avons vu vivre précédemment avec son amante!

Je dirai pour conclure que tout l'art de Lynch tient dans l'introduction d'éléments oniriques dans un certain degré de réalisme (la curieuse clef en plastique bleu), et d'éléments réalistes à l'intérieur même du rêve (la clef plate en métal peinte dans le même bleu). Cet art lui permet d'aller jusqu'à exprimer la subjectivité même du rêveur, voir du dormeur, quand, par exemple, sa caméra quitte les rebords
du trou sur lequel elle danse (danse qui ressemble à la nôtre autour du trou qui nous attend tous) pour plonger dans le noir le plus complet (cf. le mouvement de l'extérieur vers l'intérieur de la boîte bleue).

Bon, je ne sais pas si j'ai été clair, mais je vous assure que le film l'est! Merci en tout cas à vous de m'avoir donné l'envie de m'exprimer à ce sujet.

PS: Les Ames Câlines: un film formidable, à la fois drôle et émouvant. Beaucoup de générosité. Du charme et de la fantaisie à revendre. Enfin un vrai film d'auteur distrayant, sans la signature "auteuriste" qui entache bien trop souvent la "copie" de beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) réalisateurs français. Un grand bravo au réalisateur Thomas Bardinet! Je viens de voir ce film en avant-première, et je n'ai qu'une hâte: qu'il sorte le 5 décembre en salles pour retourner le voir!





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Posté le 29/11/2001 à 17:25

 - En réponse à pike (Voir le message du 29/11/2001 à 15:23)


Intéressant comme point de vue...

Je ne pense pas que la réalité finale (de la fiction), que je suppose, soit incompatible et contradictoire avec les images oniriques de la "bête", de la boite bleu, des fantomes du couples de personnes agées... Elles peuvent appartenir au moment d'extrême détresse de la fille blonde, à un moment de délire pré-mortem... et à la vision de l'artiste en tout cas. Car sans chercher nécessairement d'explication cartésienne à ces séquences, Lynch pourrait finir son film sur ces séquences surréalistes, feu d'artifice final, en ayant fait un flashback réaliste juste avant... D'ailleurs, Dune se termine de la même façon alors que l'ensemble du film est un mélange de rêve et de science fiction "plus réalistes" justement... (kitsch dirons certains comme j'ai pu le lire ici)

Enfin bon, tout ceci est bien vain...




metaforensics


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Posté le 29/11/2001 à 18:52

 - En réponse à canatella (Voir le message du 29/11/2001 à 17:25)


il ne faut pas oublier le concept de Lynch: Filmer des rèves.
Aprés il ne faut pas être choqué par les incohérences de ses histoires, simplement car moi-même je n'ai jamais fait de rèves cohérents.
non ?







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Posté le 29/11/2001 à 20:08

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 29/11/2001 à 18:52)


Tout à fait!!

Les rêves sont rarement cohérents, et pourtant la première partie du film est extrêmement cohérente…

De plus, quelqu'un a dit que la jeune fille blonde était plus jolie dans la première partie que dans la seconde… ce qui semblait indiquer, selon lui, qu'il s'agissait d'un rêve…

Je lui ferais simplement observer que dans la vie, dans la rue, les filles sont souvent jolies, maquillées, bien habillées…

Se mettent-elles systématiquement sur leur trente et un dans leurs propres rêves?

Si une fille peu me renseigner…




rhum


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Posté le 30/11/2001 à 13:30

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 28/11/2001 à 23:46)


merci de ton aide pour la comprehension

2 petites questions :
combien de fois tu l'as vu pour arriver a toutes ces conclusions ?
quelle interpretation donner du clochard qui est dans le cauchemar de l'homme du debut et qui renverse la boite a la fin ?

par avance,merci.





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Posté le 30/11/2001 à 15:14


Merci pour ces éclaircissements!
Une question encore peut-être :
- Dans la première partie, après avoir découvert le corps d'une femme morte sur le lit, en rentrant chez elle, Diane comprend et aide Camilla à se couper les cheveux et à lui mettre une perruque blonde, pourquoi?





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Posté le 01/12/2001 à 04:17

 - En réponse à Lexington Queen (Voir le message du 30/11/2001 à 15:15)


Parce que Diane a compris après la découverte du cadavre, que Camilla fréquentais des gens louches avant sa perte de mémoire, et comme la voisine de la fille morte l'a regardée bizarrement, elle veut l'aider à passer "incognito".

A mon tour de poser une question: pourquoi tout le monde semble trouver la seconde partie plus onirique que la première ?

… Et d'oser une interprétation sur le déluge d'intérprétations que déclenche ce joli film:

Les héroïnes sont des femmes qui se passent assez bien des hommes (surtout si on retient l'interprétation de la seconde partie comme un cauchemar de Diane et non comme se concluant par son "véritable" suicide), et la soif d'interprètation de l'histoire, ainsi que celle d'expliquer la logique du récit provient avant tout de spectateurs masculins, qui tentent ainsi de "reprendre le contrôle", ou pour l'exprimer moins agressivement, qui veulent absolument montrer qu'ils ont leur mot à dire.

Qu'en pensez-vous?

PS: Lost Higway qui était un film beaucoup plus masculin, a suscité moins d'exégèses, me semble-t-il, bien qu'il soit ni plus ni moins sophistiqué que Mulholland Drive.




MASH


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Posté le 01/12/2001 à 09:20

 - En réponse à pike (Voir le message du 01/12/2001 à 04:17)


Je ne suis pas trop d'accord avec ta version. Pour moi, Mulholland drive est un film basé sur l'usine à REVES qu'est Hollywood. Lynch le confirme d'ailleurs dans divers entretiens. Il fait donc une critique à ce système qui l'horripile un max.. Si ta version est juste, ce film n'est en aucun cas une critique, au contraire. Dans la réalité Betty est heureuse mais elle a peur que ce qu'elle vit soit un rêve. Dans ce cas là, Hollywood est un univers de réussite et non d'échec. D'autre part, l'oreiller au début du film prouve que l'on va assister à un rêve. D'autant plus que cet oreiller est le même que Diane dans la deuxième partie. Quand au clochard et aux deux vieux, il ne faut pas oublier que l'on est chez Lynch. Chez lui, la moindre obsession prend une forme visuelle. Ici, Diane culpabilise d'avoir commandité le meurtre de Camilla, les remords l'assaillent (je ne sais pas si c'est comme ça qu'on dit)
et elle représente son mal par les petits vieux et le clochard. Ceci dit le clochard est apparemment le possesseur de la boite bleue, et dans le rêve de Diane on apprend que la boite n'est qu'illusion. Pourquoi le clochard ne serait il pas lui même une illusion. Après tout dans le rêve, le seul à voir le clochard est celui qui raconte son rêve dans le Winkie's. Son ami ne le voit pas. Le mal n'est peut être qu'une illusion.
Je ne suis peut être qu'un homme mais comme tu la précisés plus haut ce film est cohérent et se tiens d'un bout à l'autre.





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Posté le 01/12/2001 à 20:40


Je voudrais préciser deux trois petites choses :
Dans ts les résumés officiels que j'ai lu un peu partout , on nous dit que betty/diane/ blonde est australienne. Alors qu'en fait elle vient de l'Ontario , état du Canada où on trouve Toronto entre autres….
Donc , est-ce une erreur de traduction de la VF ?, je suis allée voir la VOST, c pour ça.
Ensuite , merci bcp à tous pour vos interprétations, qlqs peu différentes sur certains points, mais qui partent sur la même idée, parce que ça m'a franchement aidé à comprendre le film. Que je classerai à la 1ere place dans "les meilleurs que j'ai jamais vu " . je suis novice dans le genre Lynch, et je me dis que j'aurai du m'y intéresser plutôt. Remarquer à 15 ans 1/2 , c déjà tôt pour s'intéresser à du Lynch.
Par contre je suis déçu , encore une fois, des résumes faits par les journalistes ou spectateurs. Ça ne donne pas du tout un aperçu de ce qu'on va voir ( l'aperçu était bien meilleur d'ailleurs) , et ça ne nous aide en rien à comprendre le film. Serait-ce fait ex près , ou bien est-ce que les journalistes ne s'intéressent pas au film.

Celle qui cherche à ouvrir son esprit avec Lynch…


PS : je ne regrette pas d'etre allée voir la VOST, meilleure que la VF, j'appréhendais mais finalement le film est plutôt pauvre en scénario vu l'attention portée au images....





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Posté le 01/12/2001 à 21:59


En fait le film est le rêve halluciné d'une personne qui a sombré dans la folie. L'amnesie comme la folie est une porte de sortie quand la réalité devient insupportable.
Camille est jalouse du talent de comédienne de Diane.
De la passion amoureuse, à l'identification (perruque blonde) sa
folie va la conduire à la haine puis au meurtre.
Quand on a compris que dans ce film toutes les scenes sont
jouées mais que les personnages sont intervertis (Ray decouvre un homme avec sa femme dans sa villa devient camilla decouvre Ray avec Diane au lit) tout devient lisible, Diane est morte
et Camilla termine sa carriere au Silencio.





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Posté le 02/12/2001 à 00:23


OUFOUF





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Posté le 02/12/2001 à 18:26


Merci à tous de vos explications !

je suis comme tout le monde sortie du film sonnée, et j'ai compris en y repensant le lendemain. Ce que j'ai compris, c'est la version de Méta ; je ne suis pas d'accord avec celle de Pike (la réalité, c'est la première partie, le cauchemar, la deuxième), qui me paraît bien moins cohérente. Betty est en effet trop mignonne, trop parfaite (super gentille avec tous, pas effrayée par l'intrusion de Rita dans l'appartement, super bonne à l'audition, devançant tous les souhaits de Rita, prenant des risques pour elle...) pour être réaliste. Alors que la deuxième partie, avec toute cette bande d'enfoirés, me paraît bien réelle !

Et les élements qu'on retrouve dans la deuxième partie s'intègrent plus logiquement dans la première que l'inverse. Par exemple, il n'est pas illogique que Diane se rêve sous le nom de Betty, nom de la serveuse (réelle) du Winkie's, car nos rêves se construisent autour de détails anodins inscrits dans notre inconscient. Par contre, pourquoi, dans son cauchemar, donnerait-elle à la serveuse son nom dans la réalité ? Cela donnerait trop d'importance à ce personnage.

J'étais quand même tellement perturbée que dans la deuxième partie, j'étais incapable de savoir si Diane était jouée par la même actrice que Betty. J'ai fait le pied de grue devant le générique, pour finalement me rendre à l'évidence... Quel jeu d'actrice pour Naomi Watts, paraître si différente en donnant l'impression d'être aussi naturelle dans les deux parties ! Fraîche, innocente, ingénue presque (malgré son côté "bombe" et son homosexualité dans le rêve, alors qu'elle si ravagée et desespérée dans la réalité.

Par contre, à moi aussi, la scène du début où Diane s'endort m'a échappé. Je vais donc retourner voir le film pour une nouvelle lecture avec toutes ces clés (bleues ou non... ) que vous m'avez données !

Zab




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Posté le 02/12/2001 à 19:56

 - En réponse à Zab92 (Voir le message du 02/12/2001 à 18:26)


il y a beaucoup de points d'intérogations dans le film. On peut y trouver des explications plus ou moins cohérentes ou rationnelles sans qu'elles soient vraies.

Toutes les interprétations sont possibles. Plus l'abstraction est grande, plus les interprétations sont vastes. Il ne faut pas compter sur LYNCH pour nous les donner.

Mais ce qui est certains c'est que Tous les éléments, décors, personnages, vêtements, couleurs, accessoires, cadrages, prises de vue, lumières, montage ont un sens et une signifiaction, rationnel ou symbolique.

Je pense qu'il y a plusieurs niveaux d'interprétation. Le premier que j'ai donné plus haut est le plus simple mais le plus stucturé et compréhensible.
A un autre niveau on pourrai imaginer que certains personnages ne sont pas les même dans la première et la deuxième partie. Betty serai une projection de Rita soit sur ce qu'elle aurai aimé être, soit sur ce qu'elle a été plus jeune (ce qui expliquerai qu'elle se mette en blonde car elle retrouve peu à peu sa véritable identité la boite bleu signifirai la recouvrement de sa mémoire.Betty & Rita serai la même personne (rita dort bcp dans la première partie "j'ai besoin de dormir pour me souvenir", et à chaque fois qu'elle s'endort on voit betty seule ou d'autres scènes). On assiste peut-être au rêve de Rita dans celui de Betty (qui serai confirmé par l'amnésie, le changement des couleurs des vêtements qui ont symbolique TRES forte dans le film).

On pourrai dire aussi que Rita EST la voisine (en réalité et que Camilla ne serai qu'un fantasme. Je reste persuadé que la femme du Silencio = la voisine, et donc pourrai être Rita/Camilla. Il y a un ressemblance flagrante de la femme Silencio avec un tableau dans l'appartement de la tante (une tête de femme avec un turban sur les cheveux) qui n'apparait à l'image que lorsque Betty et Rita sont enssemble.

par contre l'apparition de la tante entre 2 plongeons dans la boîte bleue reste un gros mystère !?! mais ça a une signification !

MAis bon... le "Silencio" final je le prends un peu comme Lynch nous disant : "toutes les interprétations sont possibles, mais ne comptez pas sur moi pour vous en donner la clé".





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Posté le 02/12/2001 à 22:20

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 02/12/2001 à 19:56)


Bon... je suis retournée le voir...

La théorie du rêve de Diane est effectivement la plus cohérente, et en revoyant le film dans cette perspective, tout se tient. Et si, dans la partie rêve, il reste des éléments incompréhensibles, on peut l'imputer au fait qu'un rêve s'appuie sur des détails enfouis dans la mémoire, exprime des désirs plus ou moins conscients, des frustrations, mais dans un méli-mélo pas toujours très rationnel.

Il n'empêche un intérêt grandi par rapport aux détails, aux symboles, allégories etc. Y'a des trucs que j'ai mieux compris. Pourquoi Betty disparaît quand Rita ouvre la boîte ? Parce que Rita revient progressivement à la réalité, et comme Betty n'est qu'un fantasme...

Puis le cow-boy apparaît et dit "réveille-toi, Diane" ! Alors ? C'était bien un rêve.

Celui de Diane ou de Rita ? D'après la couleur des draps du début, c'est bien celui de Diane... Mais dans son rêve, elle se projette elle-même ET dans Betty ET dans Rita, je pense.

Mais quand même, Rita, quelle salope...

PS : le coup de la tante, je ne sais pas... à part pour montrer l'appartement vide, comme quoi tout ce qui a précédé n'existe pas.





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Posté le 03/12/2001 à 03:45

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 28/11/2001 à 23:46)


Merci pour ton interprétation qui explique bien des choses.
Maintenant il y a un chose qui me chiffone profondément: c'est le tueur. Pourquoi dans son rêve Diane rendrait-elle le tueur à la fois maladroit, et ferait-elle réchapper Camilla
/Rita en raison d'un accident ? De plus l'homme qui menace Camilla à l'air d'être plus sérieux que le tueur blond.
Ensuite pourquoi Diane rêverait-elle d'elle même morte depuis plusieurs jours ?

Je crois que je vais aller le revoir au moins une fois.





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Posté le 03/12/2001 à 14:16


Bonjour à tous,

Après trois séances et un week end de travail je me suis orienté vers l'explication suivante :
Diane est dans un état de délire car elle souffre d'une maladie mentale de type psychose. Je ne crois pas à la théorie du rêve mais plutôt du délire car dans le début de Mullholland Drive Diane est totalement amnésique sur sa propre identité. Pourtant il semble évident que le début du film place le spectateur à l'intérieur de l'esprit de Diane. Il s'agit d'une amnésie bien particulière appelée l'amnésie psychogène.

Outre les amnésies d'origine organique, des amnésies non organiques de nature névrotique ou hystérique constituent un mécanisme inconscient de défense qui permet à la personne de résoudre une situation anxiogène qu'elle ne peut pas assumer. Cette amnésie est parfois parcellaire et ne concerne que les événements personnels importants. Cette forme d'amnésie se rapporte souvent à l'identité, à l'histoire et à la vie affective de la personne.

En gros Diane n'assume pas la décision de faire tuer Camilla et elle se plonge inconsciemment dans un état amnésique qui différe donc du rêve et qui diffère également du monde parallèle.

De plus les hallucinations visuelles (à la fin chez elle), la depersonnalisation et le conflit entre le Désir et la Réalité sont les composantes quotidiennes d'une personne atteinte de psychose.

Dans son délire elle a les symptomes suivants :

-paranoia
-idée de manipulation (avec la mafia qui impose Camilla)
-les images symboliques du père et de la mère sont introjectées.
-narcissisme (Betty)
-Il n'y a pas d'unité, le moi devient incohérent et se divise.
-perte d'identité

-Elle recherche une relation de fusion entre Rita et Betty : entre son modèle et celle qu'elle voudrait être.

Les actions réelles (scène du restaurant ou elle parle au tueur, scène du diner, scene du film) sont traumatisantes et totalement décomposées dans l'esprit de Diane : elle s'échappe dans un inconscient parfait et arrive même dans son amnésie à fusionner, elle tente également de corriger ses erreurs en réveillant les morts (sa tante,Camilla).

Le problème c'est que la réalité terrible et intolérable frappe à la porte (la clé bleue, la boite): et quand elle sort de son délire, Diane comprend qu'elle ne pourra plus jamais sortir de sa folie car en tuant Camilla elle a tué une partie d'elle même. Elle se suicide logiquement car plus rien ne la rattache à la réalité. C'est dur....

Voila ma version. Ca vaut ce que ça vaut mais je ne pense pas qu'il y ait 36 versions possibles, mais bien une seule.

Cordialement.


























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Posté le 03/12/2001 à 15:03


Un mot très court parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Je viens de lire tous les messages ici présents, et j'ai été heureux de voir 1) qu'il y a somme toute pas mal de monde qui aime Lynch, 2) qu'il y a même plein de gens qui apprécient assez pour se torturer les méninges sans se contenter du basique "bof, ça veut rien dire".
Le cinéma lynchéen est difficile, et c'est aussi pour ça qu'on l'aime.
Bref. Les tentatives d'explication par le rêve sont très convaincantes et très élaborées (je pense à Canatella, metaforensics et Pike, entre autres). Pour ma part, je n'arrive pourtant à adhérer à aucune des deux versions (je veux dire y adhérer complètement).
Parce que comme Pike (voir son message du 29/11 à 20h08), j'ai tendance à penser que le monde réel (… est dans la première partie. Pourtant, cela soulève des questions sur la seconde partie qui peuvent se résoudre si l'on considère cette même partie comme étant le rêve.
Sans pouvoir m'aventurer trop dans cette voie, je crois qu'il faudrait peut-être se demander un peu ce qui a voulu être dit (versus ce qui a été dit). Parce qu'en fait toutes ces interprétations n'en sont pas au sens où on ne cherche pas la signification des choses, mais simplement à rendre plus accessible à la compréhension leur signifié.
Un intervenant (Mash) a parlé d'une dénonciation par Lynch de la machine hollywoodienne, ce qui démonterait en partie l'interprétation de Pike puisque dans cette version la "vraie vie" est heureuse.
Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'une critique basique d'une Hollywood qui rendrait la vie malheureuse. Lynch dénonce simplement le miroir au allouette de la faiseuse de rêves (au sens faiseuse d'anges… , et le fait que l'on se laisse prendre aux apparences d'une manière générale, pas seulement dans le petit monde (facile tête de Turc) du cinéma.
Ne croyez p





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Posté le 03/12/2001 à 15:06

 - En réponse à regislegendre (Voir le message du 03/12/2001 à 14:17)


Je pense que ton explication est proche de la mienne, ou de celle de Metaforensis. Rêve ou délire psychotique, cela revient au même.

Le débat peut porter sur l'interprétation des détails, et sur la question "à qui la Diane réelle s'identifie dans son délire", et comment il faut comprendre le méli-mélo qu'elle fait avec les personnes réelles.

Mais, j'en suis désormais convaincue, la trame générale du film est claire.

Cela dit, j'ai encore un question : pourquoi du rock au début ? C'est parce que le film que tourne Adam porte sur les années 50 ?

Zab





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Posté le 03/12/2001 à 15:11


J'y retourne parce qu'il y a eu plantage involontaire.
Voilà l'intégralité de mon laïus.

Un mot très court parce que je n'ai pas beaucoup de temps. Je viens de lire tous les messages ici présents, et j'ai été heureux de voir 1) qu'il y a somme toute pas mal de monde qui aime Lynch, 2) qu'il y a même plein de gens qui apprécient assez pour se torturer les méninges sans se contenter du basique "bof, ça veut rien dire".
Le cinéma lynchéen est difficile, et c'est aussi pour ça qu'on l'aime.
Bref. Les tentatives d'explication par le rêve sont très convaincantes et très élaborées (je pense à Canatella, metaforensics et Pike, entre autres). Pour ma part, je n'arrive pourtant à adhérer à aucune des deux versions (je veux dire y adhérer complètement).
Parce que comme Pike (voir son message du 29/11 à 20h08), j'ai tendance à penser que le monde réel (… est dans la première partie. Pourtant, cela soulève des questions sur la seconde partie qui peuvent se résoudre si l'on considère cette même partie comme étant le rêve.
Sans pouvoir m'aventurer trop dans cette voie, je crois qu'il faudrait peut-être se demander un peu ce qui a voulu être dit (versus ce qui a été dit). Parce qu'en fait toutes ces interprétations n'en sont pas au sens où on ne cherche pas la signification des choses, mais simplement à rendre plus accessible à la compréhension leur signifié.
Un intervenant (Mash) a parlé d'une dénonciation par Lynch de la machine hollywoodienne, ce qui démonterait en partie l'interprétation de Pike puisque dans cette version la "vraie vie" est heureuse.
Mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'une critique basique d'une Hollywood qui rendrait la vie malheureuse. Lynch dénonce simplement le miroir au allouette de la faiseuse de rêves (au sens faiseuse d'anges… , et le fait que l'on se laisse prendre aux apparences d'une manière générale, pas seulement dans le petit monde (facile tête de Turc) du cinéma.
"Ne croyez pas aveuglément ce qu'on vous montre, ni ce qu'on vous dit. De toute façon, tout n'est qu'apparence et nous rêvons la réalité.", voilà ce que j'entends, murmuré de la scène du Silencio.
PS : Dans cette idée là, Mulholland Drive me fait penser à Existenz, non ?





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Posté le 03/12/2001 à 18:35

 - En réponse à Zab92 (Voir le message du 03/12/2001 à 15:06)


le rock ?

Pendant le diner chez Adam, Diane explique qu'avant d'arriver à Hollywood elle a gagné un concours de rock a deep river Ontario (Canada).
C'est pour cela qu'elle apparait souriante (Betty ?) et entourée de deux personnes agées (surement ses parents) vers la fin de l'intro.

Avec le recul on peut se dire qu'il s'agit d'un des évènements important et traumatisant pour Diane : à l'époque elle a décidée de tout lacher pour venir tenter sa chance à Hollywood...

Aller je me grouille car le film repasse bientot à Opéra et si je veux avoir une place au centre il faut que j'arrive bien à l'heure. J'y verrai surement plus clair apres une 4ieme vision!!!









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Posté le 03/12/2001 à 19:57

 - En réponse à regislegendre (Voir le message du 03/12/2001 à 18:36)


Et si MD serai une réflexion sur l'impossibilité de la mort: dans le Lynchland, les cadavres ne sont pas enterrés mais finissent vivants dans un monde parallèle.(tampon entre rêve et réalité

ça pourrai expliquer pas mal de chose.

J'aime bien ton interprétation regis, bien qu'elle soit assez complexe et très porté sur la psychanalyse (peu être un peu trop je pense, mais connaissant Lynch ça serai totalement possible).

Mais pour continuer dans le débat, je maintiens ma "thèse" du rêve (sans contredire les autres bien sur).Lorsque la chanteuse interpréte son titre dans le théatre, Les spectatrices fondent en larmes. La disproportion entre la cause et l’effet, entre la pauvreté du numéro et sa répercussion affective sont la signature du rêve. Mais, lorsque la chanteuse peinturlurée succombe, elle laisse les spectatrices face à leur vie réelle, qui ne leur appartient pas. Qu’importe la mort, la vôtre par exemple : la bande continue. (le film serai un peu : comment chanter sa vie en playback)

voilà ce que j'ai lu sur la comparaison de MD avec ExistenZ et d'autres films :

"Les basculements de la veille au rêve, pompeusement rebaptisé « réalité virtuelle », sont aujourd’hui l’ordinaire des scénarios paranos, de Matrix à Fight Club en passant par eXistenZ. Mais leur réversibilité fait que le monde et l’arrière-monde deviennent au fond équivalents, et que les rêves n’agissent plus guère. Lynch n’entre pas dans ce manège. Il reste un sympathique schizophrène."








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Posté le 03/12/2001 à 23:45

 - En réponse à Step-Hane (Voir le message du 03/12/2001 à 15:11)


Merci d'avoir pris en compte mon interprétation, ce qui me touche d'autant plus que je me sens proche de ce que tu dis (la phrase que tu cites entre guillemets -tout n'est qu'apparence et nous rêvons la réalité-, me parle particulièrement (si c'est une citation, d'où la tires-tu?)).

Mon caractère optimiste (l'optimisme et l'idiotie ne sont pas "exactement" la même chose, ce qui, heureusement, suffit à les différencier radicalement), me porte à croire davantage à la "vérité" de la première partie qu'à celle contenue dans la seconde (je note au passage que la conclusion "heureuse" de cette première partie est toute relative, dans la mesure où si elle tend, à travers la rencontre charnelle des deux femmes, à prouver que l'amour existe, cet amour m'exclue relativement en tant qu'individu de sexe masculin, à moins que je ne considère que j'y participe, comme je le crois profondément et comme le film m'y invite clairement, à travers mon "travail" de spectateur). Cette "vérité" que je vois à l'oeuvre dans la première partie, quitte à ce qu'elle y prenne souvent le masque de la comédie, me poussse donc à considérer la dernière partie du film comme un cauchemar qui trouve ses origines au sein de la fiction qui s'est déroulée limpidement dans un premier temps sous nos yeux (je ne serais d'ailleurs pas surpris que la dernière partie "cauchemardesque" soit celle que Lynch a tournée en dernier, suite à ses "déboires" avec les financiers de son projet de départ, la série tv, déboires qui l'auraient poussés à abandoner celle-ci. Le cauchemar de la fille blonde devient alors synchrone à celui probablement éprouvé par Lynch au cours de la gestation du long-métrage Mulholland Drive: à la fois deuil de l'idée d'origine, et acte de naissance du film que nous pouvons voir aujourd'hui).

A l'inverse, je comprend très bien qu'on puisse parler de la première partie comme d'un "rêve" dont la clef, l'explication, se situe dans la seconde partie qui, sans vouloir faire un jeu de mot qui donne à tout prix raison à l'interprétation vers laquelle je penche, devient alors une sorte de "cauchemar éveillé".

Nos interprètations dépendent avant tout de notre subjectivité personnelle et parlent sans doute plus de nous que du film lui-même.

On peut certes, comme moi, trouver plus vrais les personnages et le récit de la première partie, ou bien, comme d'autres, ceux de la seconde partie. C'est uniquement une question de goût, d'expérience et de sensibilité. Bref, de philosophie.

Ce qui me semble en revanche assez universel c'est que le mot "réalité" n'a pas beaucoup de sens ici, car Mulholland Drive est avant tout un film, autrement dit, comme je le disais dans un message précédent, un "rêve concret". La seule "réalité" que je vois à l'oeuvre dans cette histoire est la réalité "hollywoodienne", et encore, traîtée de façon extrêmement méthaphorique, ce qui ne veut pas dire fausse, bien au contraire. Cette "réalité" là, est donc déjà du cinéma, ni plus ni moins que le reste du film.

Merci en tout cas à Lynch (et aux "méchants" producteurs de son projet d'origine) de nous donner l'occasion de confronter nos subjectivités, et par là-même de nous révéler un peu plus les uns aux autres, et à nous mêmes, de façon aussi agréable et distrayante que conviviale.





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Posté le 04/12/2001 à 00:43

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 03/12/2001 à 19:57)


Rêve ou psychose ? Dans Lost Highway Lynch donnait déjà dans la
schizophrènie.

De plus dans les schizophrénies et les confusions mentales, le suicide (également presque toujours réussi) fait suite à une profonde perturbation des états de conscience.

Quelle perturbation ?

Rêver c'est une chose. Délirer c'est encore différent. Il y a de nombreux points communs : deconstruction, rapport entre le conscient et l'inconscient, sentiment d'incompréhension du à la notion de défiguration...

Cependant les symtomes de Diane sont plus graves. Et Lynch m'a beaucoup étonné car il a du lire et relire Freud pour faire ce film.

Prenons par exemple la notion de clivage du moi.

Il témoigne généralement de la coupure radicale entre le conscient et l'inconscient.Le clivage du moi permet la co-existence en parallèle de deux attitudes tout à fait inconciliables sans que ces contradictions ne soient prises en compte.

Comme dirait Freud :

"Il m'est enfin apparu que le moi juvénile de la personne que l'on apprend à connaître des dizaines d'années plus tard comme patient analytique s'est comporté d'une façon bien curieuse dans des situations déterminées d'instante pression. La condition d'un tel comportement peut s'indiquer d'une manière générale et plutôt indéterminée en disant qu'il se produit sous l'influence d'un traumatisme psychique. Je préfère choisir un cas particulier nettement circonscrit, qui ne recouvre certes pas toutes les possibilités de causation. Supposons donc que le moi de l'enfant se trouve au service d'une puissante revendication pulsionnelle qu'il est accoutumé à satisfaire, et que soudainement il est effrayé par une expérience qui lui enseigne que la continuation de cette satisfaction aurait pour conséquence un danger réel difficilement supportable. Il doit maintenant se décider : ou bien reconnaître le danger réel, s'y plier et renoncer à la satisfaction pulsionnelle, ou bien dénier la réalité, se faire croire qu'il n'y a pas motif de craindre, ceci afin de pouvoir maintenir la satisfaction. C'est donc un conflit entre la revendication de la pulsion et l'objection faite par la réalité. L'enfant cependant ne fait ni l'un ni l'autre, ou plutôt il fait simultanément l'un et l'autre, l'enfant aurait pu se convaincre ce qui revient au même. Il répond au conflit par deux réactions opposées, toutes deux valables et efficaces d'une part, à l'aide de mécanismes déterminés, il déboute la réalité et ne se laisse rien interdire ; d'autre part, dans le même temps, il reconnaît le danger de la réalité, assume, sous forme d'un symptôme morbide, l'angoisse face à cette réalité et cherche ultérieurement à s'en garantir. Il faut reconnaître que c'est là une très habile solution de la difficulté. Les deux parties en litige ont reçu leur lot : la pulsion peut conserver sa satisfaction ; quant à la réalité, le respect dû lui a été payé. Toutefois, comme on le sait, seule la mort est pour rien . Le succès a été atteint au prix d'une déchirure dans le moi, déchirure qui ne guérira jamais plus, mais grandira avec le temps. Les deux réactions au conflit, réactions opposées, se maintiennent comme noyau d'un clivage du moi. L'ensemble du processus ne nous paraît si étrange que parce que nous considérons la synthèse des processus du moi comme allant de soi. Mais là, nous avons manifestement tort. Cette fonction synthétique du moi, qui est d'une si grande importance, a ses conditions particulières et se trouve soumise à toute une série de perturbations". (Pas con le mec)

Diane est comme pris au piège dans sa tête. Elle ne pourra pas en sortir. Elle a construit un système de pensée où il n' y a pas de solution, de fin à part la mort.

Quand elle va se tuer je pense que Diane se dit : Je n'en sortirai jamais.

Ce film est effrayant car il a une structure tellement complexe
avec des boucles imbriquées dans tous les sens qu'on a également l'impression qu'on n'en sortira jamais.

Via la complexité de la mise en scène, Lynch nous fait voyager 2 heures 30 dans l'esprit malade d'une femme qui est totalement perdue.(hallucinations, clivage du moi, éclatement existentiel, dépersonnalisation, amnésie post-traumatiques sont véritablement des caractéristiques très grave de la psychose).

nb : Je vais essayer d'aboutir cette piste de la psychose et je proposerai une interpretation plus précise sur les symptomes et le "meli-melo" étrange de l'esprit de Diane. Bonne nuit. Régis.





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Posté le 04/12/2001 à 11:47

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 03/12/2001 à 19:57)


En ce qui concerne la comparaison MD eXistenZ, il ya quand même une chose qui me gène dans ce que tu as lu. Il est dit que monde et arrière monde deviennent au fond équivalents dans des films comme eXistenZ (que personnellement je répugne à mettre en parallèle avec Matrix et Fight Club mais bon, c'est mon avis), ce qui ne serait pas le cas chez Lynch. Pourtant, je crois que le fait même que l'on puisse se demander quelle partie, de la première ou la deuxième, est le rêve ou la réalité (pour autant que l'on retienne cette interprétation), est une preuve du contraire non ?





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Posté le 04/12/2001 à 11:53

 - En réponse à Zab92 (Voir le message du 03/12/2001 à 15:06)


Pkoi le Rock, c tres simple, c pas du rock!!!
c du swing :o)... ca vous rappelle rien???
pendant le repas a la fin, Diane dit qu'elle est
venue a Hollywood apres avoir remporte un
concours de swing...

Il y a aussi un aspect tres important qu'il faut signaler
c'est qu'en partant du principe que la 1ere partie est
l'expression du fantasme de Diane TOUT CE QUI SE PASSE
A FORCEMENT UN SENS TRES IMPORTANT... je pense notament
a la scene ou elle repete son role avec Rita! le dialogue
n'existe pas, c'est elle qui l'invente pour son reve
ce sont des choses qu'elle voudrait lui dire mais que
meme dans son reve elle ne peut pas..directement..
d'ailleurs avez vous remarque la difference entre les 2 fois ou elle joue cette scene??? la premiere avec Camilla est
violente meme carrement hysterique... alors qu'avec le mec
tout est super sensuel...

rappellez vous les paroles de Qui-Gon Jin...
"Don't think...feel." c un peu pareil, pour comprendre
certains passage il ne faut pas forcement chercher a
interpreter... il faut retrouver la sensation que l'on a eu
en voyant la scene pour la 1ere fois...

a moi de poser une question...
comme l'a dit Pike (enfin si je me souviens bien)
le tueur est different dans la 1ere et la 2eme
partie: au debut, il a un oeil bleu et l'autre marron
(est ce que ca represente un peu la fusion des deux
filles?) mais dans la realite, les 2 sont de la meme couleur
est-ce que qqn a une explication???





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Posté le 04/12/2001 à 12:45


Dans Première, Naomi Watts donne son interprétation, qui est pas mal je trouve: celle d'un vol d'identité par Rita-Cammilla de Betty-Diane. Rita devient la comédienne a succès tandis que Diane se retrouve sans aucune consistance, comme Rita au début du film, avec juste le sentiment du manque physique de Rita.
Cela expliquerais les regards sadiques de Rita à la fin du film sur Diane, elle la torture sciemment.
C'est pour se venger de ce vol que Diane la fait tuer.
Vous en pensez quoi?





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Posté le 04/12/2001 à 13:52

 - En réponse à pike (Voir le message du 03/12/2001 à 23:46)


Pour commencer je te remercie de flatter mon ego en imaginant qu'une de mes phrases pourrait être une citation : je ne la tire que de mes œuvres incomplètes, publiées aux éditions de mes fantasmes.
Pour en revenir au film, je suis encore d'accord avec ce que tu dis concernant la réalité, qu'on la voit à l'œuvre dans la première ou la seconde partie. Je pense en effet que l'industrie cinématographique (alias l'illusion) prend plus de place dans MD qu'on ne l'a dit jusqu'à présent, ne serait-ce que pour les raisons évoquées concernant la gestation du film.
A cet égard, j'ai envie de pousser un peu la signification du… swing (merci Zouloude pour cette distinction), parce que n'y voir qu'une triviale allusion à une phrase sans grande portée ne me convainc pas. Il s'agit quand même des premières images du film que diable, n'y aurait-il point là une sorte de clef ?
Donc, moi je ramène ça à la scène du film pour lequel est engagée la petite protégée du gros mafieux méchant. Le message est double : d'une part l'idée selon laquelle MD serait (entre autres) une œuvre polémique sur Hollywood et la dictature des apparences n'est pas vaine. D'autre part, Lynch nous invite à relire son film sous cet éclairage particulier : ne soyez pas dupe de ce que vous croyez avoir vu jusqu'à présent. Méfiez-vous de ce que vous allez voir.


Désolé pour le manque de clarté mais je suis au boulot et ça grouille partout autour de moi. En tout cas l'idée est là, j'y reviendrai peut-être.




rhum


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Posté le 04/12/2001 à 18:14

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 02/12/2001 à 19:56)


c'est juste pour preciser quelques details :
le lieu ou l'on decouvre le tueur maladroit, il s'agit d'un decor qui se trouve derriere diane lorsqu'elle est sur le plateau et que le realisataur montre comment embrasser camilla.

le carnet noir qu'il recupere apres avoir tuer son "ami" est pose sur la table du cafe ou il passe le contrat avec diane (il a son bras dessus)

je crois mais c'est a verifier que le manteau de la femme du silencio a la fin est le meme que celui dont betty se sert pour couvrir rita lorsqu'elle s'endort apres son malaise.




metaforensics


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Posté le 05/12/2001 à 01:20

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 04/12/2001 à 18:15)


ben écoutes, j'allais dire la même chose à propos du manteau! bien joué !

moi je trouve une ressemblance entre la femme du Silencio et un portrait sur un tableau dans la maison de la tante. Et ressemblance encore plus flagrante entre la voisine et la femme du Silencio





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Posté le 05/12/2001 à 10:51

 - En réponse à un visiteur (Voir le message du 05/12/2001 à 01:21)


Autre petit detail qui me vient a l'esprit, qd Betty et Rita arrivent devant la porte 12, au debut elles croient qu'il n'y a personne (ce qui ne peut pas etre un hasard) et elles sont en train de partir qd la voisine leur ouvre...

l'interet de ce detail, c que Devant la porte 17, ca ne repond pas non plus, mais Betty se comporte differemment: cette fois elle entre par effraction alors que theoriquement elle est dans le mem contexte que 2 minutes plus tot...

pour moi la raison est simpl: Betty sait parfaitement ce qu'il y a dans l'apparte : son propre cadavre... et elle est venu la pour le montrer a Rita et ainsi lui dire: "Regarde ce que tu m'as fait!"





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Posté le 05/12/2001 à 11:21

 - En réponse à zouloude (Voir le message du 05/12/2001 à 10:52)


Bien vu. Je suis cd'accord avec toi sur la différence de comportement de Betty. En revanche je ne sais trop que penser de l'explication que tu en donnes parce que je penche pour dans la première partie la réalité et non le rêve. En fait, pour être tout à fait précis, mon sentiment m'entraîne de ce côté, alors que ma raison, pour un tas de petits détails qui s'élucident mieux avec cette explication, me pousse à voir cette même partie du film comme un rêve.
Cruel dilemme…





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Posté le 05/12/2001 à 13:01

 - En réponse à Step-Hane (Voir le message du 05/12/2001 à 11:21)


Je crois qu'il y a trois parties dans le film qu'il n'y a pas à hierarchiser:

La première, une partie positive, qu'on peut appeler "onirique", "idéale"… etc

La seconde, négative, qu'on peut appeler, "réaliste", "cauchemardesque"… etc

Au centre de ces deux parties il y a un "trou", celui de la boîte bleu, du théâtre du silence.

En résumé: le trou et les bords du trou (aux couleurs et à la matière particulières) qui dessinent un portait de la femme selon Lynch.




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