Auteur | Message | | . | | | Posté le 04/01/2012 à 23:20 - En réponse à Zarbondu74 (Voir le message du 03/01/2012 à 22:41)Le Top INGMAR BERGMAN des internautes
1. Le Septième Sceau (5*) 2. Le Visage (5*) 3. La Nuit des forains (4,5*) 4. La Flûte enchantée (4,5*) 5. Le Silence (4,5*) 6. Une leçon d'amour (4,5*) 7. Rêve de femmes (4*) 8. À travers le miroir (4*) 9. La Source (4*) 10. Les Communiants (4*) 11. Une passion (4*) 12. Toutes ses femmes (4*) 13. Persona (3,5*) 14. L'Œil du diable (3,5*) 15. Vers la joie (3,5*) 16. L'Œuf du serpent (3,5*) 17. Après la répétition (3,5*) 18. Crise (3,5*) 19. Les Fraises sauvages (3,5*) 20. Ville portuaire (3*) 21. De la vie des marionnettes (3*) 22. Jeux d'été (3*) 23. Le Rite (3*) 24. Cris et chuchotements (3*)
| | . | | | Posté le 07/01/2012 à 17:28 - En réponse à ButchHaynes (Voir le message du 29/04/2004 à 22:55)

1- La Source (5*) 19/20 2- Le Septième Sceau (4,5*) 18,5/20 3- Sonate d'Automne (2*) 10/20
A voir : La Flûte Enchantée
| | . | | | Posté le 15/01/2012 à 11:41

1. Persona (1966)
J'avais envisagé de commencer Bergman avec Le Septième Sceau, mais il est difficilement trouvable...
Ma critique :
Le film parle d'une relation entre une infirmière bavarde qui a besoin d'être écouté et de sa patiente, une célèbre actrice devenu mystérieusement mutique. On est tous un peu mal à l'aise dans les six premières minutes de film, une sorte d'introduction métaphysique et spéciale. En regardant le film, on pense à Jung, le célèbre médecin psychiatre du XXeme siècle, mais aussi au film le plus célèbre de David Lynch, Mulholland Drive. La Persona signifie le masque que porte les comédiens au théâtre, pour donner une apparence à son utilisateur et définit l'acteur le portant. Dans Persona, on peut alors penser que le masque qu'utilises la mutique est son aide soignante. Le caractère des deux personnages est très différent, mais ils ont un point commun : leur manque d'affection..
La photographie du film est très belle, avec un sublime travail de lumière et d'ombres, grâce au noir et blanc, et la mise en scène est très inventive. Quant aux actrices, leur jeu est d'une telle finesse qu'elles exercent leurs rôles à la perfection. 16,5/20.
"Voici mon voisin,il fait tout comme moi ! J'achète une fenêtre,il achète une fenêtre ! Je construis un mur,il construit un mur ! J'achète un radio-réveil,il n'a pas les moyens de s'en acheter un : j'ai gagné ! | | . | | | Posté le 25/01/2012 à 23:09 - En réponse à Bcar (Voir le message du 25/11/2011 à 11:52)1-Cris et chuchotements (5*) 2-Sonate d'automne (4*) 3-Les fraises sauvages (4*) 4-La source (3.5*) 5-Le septième sceau (3.5*)
C'est d'une violence... "On dirait une bande d'attardé mentale qui essaie de se farcir un abat-jour." Dodgeball | | . | | | Posté le 25/01/2012 à 23:21 - En réponse à Bcar (Voir le message du 25/01/2012 à 23:10) oh yeah ! (j'ai trouvé même que ça en faisait un peu trop avec la gamine handicapé, histoire de bien écraser le tout déjà bien noir en incarnant les maux de la famille directement...)"Jazz is not dead, It just smells funny !" | | . | | | Posté le 26/01/2012 à 21:29 - En réponse à Tom-A (Voir le message du 25/01/2012 à 23:22)Mouai ça m'a pas dérangé, et puis son cas est en filigrane pendant tout le film. Seul le moment ou la mère - Spoiler : apprend la "relation" entre sa fille et son ami la met en avant, peu être un peu appuyé, je sais pas. - "On dirait une bande d'attardé mentale qui essaie de se farcir un abat-jour." Dodgeball | | . | | | Posté le 25/02/2012 à 08:38 - En réponse à tomPSGcinema (Voir le message du 07/01/2012 à 17:28)

1- La Source (5*) 19/20 2- Le Septième Sceau (4,5*) 18,5/20 3- La Flûte enchantée (4,5*) 18/20 4- Sonate d'Automne (2*) 10/20
| | . | | | Posté le 05/03/2012 à 15:36 - En réponse à tomPSGcinema (Voir le message du 25/02/2012 à 08:38)01. Persona 02. Le septième sceau 03. MonikaUn article dans l'courrier. | | . | | | Posté le 13/03/2012 à 07:11Le septième sceau Persona Les fraises sauvages | | . | | | Posté le 24/05/2012 à 22:411. Persona (1966) 2. Cris et chuchotements (1972) 3. Saraband (2004) 4. Sonate d'automne (1977) 5. Les fraises sauvages (1957) 6. Le septième sceau (1956) 7. Monika (1953) 8. En présence d'un clown (1997) 9. Jeux d'été (1950) 10. Scènes de la vie conjugale (1974) 11. La source (1959) 12. Au seuil de la vie (1958) 13. Tourments (1944) 14. La honte (1968) 15. Le silence (1963) 16. L'heure du loup (1967) 17. De la vie des marionettes (1980) 18. A travers le miroir (1961) 19. La nuit des forains (1953) 20. Crise (1946) 21. Ville portuaire (1948) 22. La soif (1949) 23. Vers la joie (1950) 24. Rêves de femmes (1955)
| | . | | | Posté le 28/05/2012 à 14:00 Fanny et Alexandre Le Septième sceau Les Fraises sauvages Cris et chuchotements Persona A travers le miroir Le Silence Les Communiants Le Visage
Sourires d'une nuit d'été Sonate d'automne La Flûte enchantée La Nuit des forains L'Heure du loup La Honte
La Source De la vie des marionnettes Vers la joie L'Attente des femmes Un été avec Monika
Saraband Scènes de la vie conjugale Après la répétitionPour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes, L’univers est égal à son vaste appétit. Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes ! Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! C.B.
| | . | | | Posté le 20/06/2012 à 23:56 - En réponse à il_Ricordo (Voir le message du 28/05/2012 à 14:00)1. Persona (1966) 2. Fanny et Alexandre - Fanny och Alexander (1982) 3. Scènes de la vie conjugale - Scener ur ett Aktenskap (1974) 4. Le Silence - Tystnaden (1963) 5. La Honte - Skammen (1968) 6. Sonate d'automne - Höstsonaten (1977) 7. Les Fraises sauvages - Smultronstallet (1957) 8. La Source - Jungfrukallan (1959) 9. En présence d’un clown - Larmar och gör sig till (1997) 10. Monika - Sommaren med Monika (1953) 11. Le Septième Sceau - Det Sjunde Inseglet (1956) 12. Saraband (2004) 13. De la vie des marionnettes - Aus dem Leben der Marionetten (1980) 14. L'Heure du loup - Vargtimmen (1967) 15. Cris et chuchotements - Viskningar Och Rop (1972) 16. A travers le miroir - Sasom I En Spegel (1961) 17. Une Passion - En Passion (1968) 18. L’Œuf du Serpent – The Serpent’s Egg (1976) 19. Après la répétition - Efter repetitionen (1983) 20. Le Rite - Riten (1967) 21. Jeux d'été - Sommarlek (1950) 22. L'Attente des femmes - Kvinnors väntan (1952) 23. Le Visage - Ansiktet (1958) 24. Sourires d'une nuit d'été - Sommarnattens Leende (1955) 25. La Fontaine d'Aréthuse - La Soif - Törst (1949)
Ne change rien, pour que tout soit différent On enregistre on fait des dics | | . | | | Posté le 21/06/2012 à 07:39 - En réponse à teklow13 (Voir le message du 20/06/2012 à 23:56)Y'a de quoi avoir peur des clowns après J'adore la continuité du travail de Bergman pour la télévision. Voir Bergman à 79 ans, débordant d'énergie, heureux avec ses comédiens est absolument génial | | . | | | Posté le 21/06/2012 à 11:23 - En réponse à JamesDomb (Voir le message du 21/06/2012 à 07:39)le clown est assez inquiétant en effet
Oui l'évolution de l'œuvre de Bergman est extraordinaire, en renouvèlement constant et en recherche permanante. C'est grandNe change rien, pour que tout soit différent On enregistre on fait des dics | | . | | | Posté le 04/07/2012 à 18:02 - En réponse à il_Ricordo (Voir le message du 28/05/2012 à 14:00) 1.Fanny et Alexandre 2.Le Septième sceau 3.Les Fraises sauvages 4.Cris et chuchotements 5.Persona 6.A travers le miroir 7.Le Silence 8.Les Communiants 9.Le Visage
10.Sourires d'une nuit d'été 11.Sonate d'automne 12.La Flûte enchantée 13.La Nuit des forains 14.L'Heure du loup 15.La Honte
16.La Source 17.De la vie des marionnettes 18.Vers la joie 19.L'Attente des femmes 20.Un été avec Monika 21.Le Rite
22.Saraband 23.Scènes de la vie conjugale 24.Après la répétitionPour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes, L’univers est égal à son vaste appétit. Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes ! Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! C.B.
| | . | | | Posté le 06/07/2012 à 12:13 - En réponse à il_Ricordo (Voir le message du 04/07/2012 à 18:03)1. Persona (4) 2. Les Fraises sauvages (4) 3. Le Septième sceau (3) | | . | | | Posté le 12/07/2012 à 20:41 - En réponse à il_Ricordo (Voir le message du 04/07/2012 à 18:03)

1.Fanny et Alexandre 2.Le Septième sceau 3.Les Fraises sauvages 4.Cris et chuchotements 5.Persona 6.L'Œuf du serpent 7.A travers le miroir 8.Le Silence 9.Les Communiants 10.Le Visage
11.Sourires d'une nuit d'été 12.Sonate d'automne 13.La Flûte enchantée 14.La Nuit des forains 15.L'Heure du loup 16.La Honte 17.En présence d'un clown
18.La Source 19.De la vie des marionnettes 20.Vers la joie 21.L'Attente des femmes 22.Un été avec Monika 23.Il pleut sur notre amour 24.Le Rite
25.Saraband 26.Scènes de la vie conjugale 27.Après la répétition 28.L'Éternel mirage 29.Crise
30.L'Œil du diable
Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes, L’univers est égal à son vaste appétit. Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes ! Aux yeux du souvenir que le monde est petit ! C.B.
| | . | | | Posté le 14/09/2012 à 02:041- Saraband 2 - Fraises sauvages 3 - Sonate d'Automne 4 - Persona 5 - la Source 6 - Fanny et Alexandre 7 - Le Septième Sceau 8 - Cris et chuchotements 9 - L'Oeuf du Serpent 10 - l'Heure du Loup | | . | | | Posté le 13/11/2012 à 22:38 - En réponse à Noistillon (Voir le message du 14/09/2012 à 02:04)

(en italiques : films découverts en salle à leur sortie)
Jeux d’été A l’occasion d’un retour sur les lieux d’une idylle estivale et adolescente, marquée d’un drame dont elle peine à s’affranchir, une ballerine se souvient. L’occasion pour Bergman de faire jouer certains ressorts propres au nevermore suédois, et d’allier dans un même mouvement de joie et de mélancolie les beautés volatiles d’une saison vécue dans une euphorie passagère – jusqu’à la mort qui survient, dont le souvenir empêche de vivre, et dont la catharsis surviendra lors d’une scène de miroir en coulisse. Le film capte avec douceur et gravité la cristallisation d’un jeune couple, ses exigences, ses querelles, dans un climat de suavité solaire en accord avec la fraîcheur lumineuse de Maj-Britt Nilsson. 4/6
Monika Très proche du précédent dans ses thèmes, ses configurations, son développement, cette œuvre à la sensualité explosive exalte à la fois les splendeurs de l’été suédois, les feux éphémères de la passion et l’irrédentisme libertaire de l’escapade amoureuse, brodant de subtiles variations sur l’incommunicabilité au sein du couple. Il se dégage une vraie tristesse de ce portrait de jeune fille libre, assez inconséquente et égoïste, qui perd son amour et ses illusions le temps d’une aventure passagère, et qui joue l’irréductibilité de son désir contre le conformisme social. On sait qu’Harriet Andersson a beaucoup fait fantasmer à l’époque, et il est vrai que la pure célébration érotique de ce corps demeure aujourd’hui assez frappante. 4/6
La nuit des forains S’inscrivant dans un sillon expressionniste marqué au travers d’atmosphères lourdes, de jeux de miroirs et de cadrages baroques, Bergman évoque, le temps d’une journée tragique, vicissitudes professionnelles et aléas sentimentaux des membres d’une troupe de cirque fellinienne et miséreuse. Le film s’ouvre sur une stupéfiante séquence allégorique en hors-texte, qui marque de son formalisme distordu et de sa désespérance tout le récit qui la suit : fable sarcastique sur les illusions du cœur, les rejetés de l’existence et plus largement la place de l’artiste, c’est aussi une méditation douloureuse, au pessimisme à peine éclairé par quelques touches d’ironie noire, sur la crise du couple, entre trahisons, doutes et accommodements. 5/6
Sourires d’une nuit d’été Donnant à l’artiste l'occasion de sortir de son pré carré, ce marivaudage vaudevillesque en forme de comédie rococo se montre tour à tour charmeur et féroce, illustrant à travers une demi-douzaine de personnages plusieurs conceptions de l’amour qui oscillent de l’idéal romantique à l’éloge épicurien. Le film convoque Beaumarchais, Feydeau, le souvenir de La Règle du Jeu, et se livre à une analyse aigue et chaleureuse des rapports conjugaux, jusqu’à une mémorable partie de roulette russe. Les actrices (Ulla Jacobsson, Eva Dahlbeck, Harriet Andersson) sont rayonnantes, les beautés de l’été nordique superbement filmées, la ronde libertine des protagonistes charme et enchante, enveloppée d’un optimisme discret mais tenace. 5/6
Le septième sceau Déjà Bergman est au sommet de son inspiration et de sa gloire. Refusant tout dogmatisme, même lorsqu’il oppose au fanatisme et à l’intolérance le lait de la tendresse humaine, il joue le jeu de la naïveté iconographique, brode avec une grande expressivité picturale sur l’imaginaire médiéval : les références aux tableaux flamands, aux gravures sur bois y alimentent une méditation complexe sur le doute métaphysique, l’inéluctabilité de la mort et l’angoisse de l’au-delà. Son onirisme limpide, ses traits d’humour désespéré, la puissance évocatrice de ses tableaux (le couple épargné et leur enfant comme parabole de la Sainte Famille) en font un classique inépuisable. 5/6
Les fraises sauvages Bergman n’a pas quarante ans lorsqu’il signe ce qui pourrait déjà être une œuvre testamentaire, très éloignée de l’angoisse métaphysique de son précédent film et couvert d’une nostalgie poignante. C’est le magnifique bilan existentiel d’un vieil universitaire, un cortège de regrets et de récriminations, incrusté de grandes interrogations (la vie, la mort, Dieu…) et de questions morales (le couple, la solitude, l’égoïsme, le bonheur terrestre…), dans un style qui doit autant à l’expressionnisme qu’à la tradition symbolique scandinave. L’approche est lucide, bienveillante, le style épanoui, la conclusion sereine et apaisée. 6/6
Le visage Dans sa composition serrée et contrastée, dans son cadre socio-historique (le milieu du XIXè siècle, la rencontre entre magnétiseurs et notables ruraux), le film est symptomatique du Bergman des années 50. Étrangement séquencé, assez opaque dans son propos, plombé par des plages de comédie boiteuses, le récit oppose rationalisme et surnaturel, fausseté du visible et ambigüité du sens en une suite de retournements des apparences. Le cinéaste joue avec la représentation, démonte explicitement son art de l’illusion en un jeu permanent de masques et d’artifices, sans que jamais ces intentions ne trouvent à s’incarner véritablement. 3/6
La source L’auteur retrouve l’univers moyenâgeux en s’appropriant une légende folklorique cruelle, l’histoire d’un viol, d’un meurtre et d’une vengeance qu’il traduit en de superbes images expressives, jouant des contrastes plastiques, des oppositions symboliques, de la sculpture de l’ombre et de la lumière. Chaque séquence atteint une intensité poétique assez saisissante, le long d’une balade du temps jadis où l’homme, confronté à la souffrance de la perte et à l’horreur du ressentiment, trouve dans l’existence du divin une raison d’espérer, la voie de sa rédemption. Bergman avouera plus tard considérer le film comme une piteuse imitation de Kurosawa ; il est permis de ne pas être d’accord avec lui. 5/6
A travers le miroir Bergman opère dès lors une série de retraitements, privilégie le quatuor à cordes, entame une conquête inédite de l’espace intérieur. Le motif de l’insularité, magnifié par les compositions très picturales de Sven Sykvist, confère un supplément de concentration à un film qui fait vivre la crise spirituelle de ses protagonistes de la façon la plus physique qui soit. Papier peint ouvrant sur un autre monde, entrailles inondées d’une épave où éclate le delirium tremens, Dieu-araignée aux yeux rouges : la folie schizophrène de l’héroïne (Harriet Andersson en pleine désagrégation psychique) interroge la religion, l’incommunicabilité des êtres, l’impuissance des proches… Mais le dialogue renoué lors du final, qu’éclaire un disque solaire incandescent, affirme une foi vibrante en l’amour salvateur. 5/6
Les communiants Comme engourdie par le froid neigeux de son cadre hivernal, cette étude introspective autour d’une demi-journée de sacerdoce ecclésiastique fait du doute existentiel, de la crise de foi, les sujets d’une méditation inquiète et austère. L’éternelle angoisse des hommes, le désarroi engendré par le silence divin et l’absurdité du monde s’y expriment dans les voix de pratiquants tourmentés, auxquels le pasteur, miné par l’échec de sa vie et la mort de son épouse, est incapable d’apporter quelque réconfort. Bergman rappelle ici à quel point le refus de l’engagement affectif conduit à la solitude, à l’assèchement du cœur, comme dans cette scène cruelle qui voit l’institutrice humiliée et rejetée par celui qu’elle aime. 4/6
Le silence Une œuvre d’une noirceur terrible, un film de chambre porté par un scepticisme absolu quant à la question de la communication entre les êtres – le silence du titre, c’est celui de ces sœurs qui ne peuvent plus se comprendre. Deux grandes actrices bergmaniennes s’y confrontent dans un champ de ruines affectif, un enfer de rivalités et de frustrations qui ne peut déboucher que sur le vide ou la mort. Cette vision de la domesticité aristocratique peut rebuter, mais elle est pourtant éclairée par un espoir irraisonné, une ligne vive dans les ténèbres : celle de la foi profonde Bergman en l’humanité, et des circonstances qui poussent les protagonistes à la cruauté. 4/6
Persona Film-balise, véritable bouleversement esthétique, une œuvre d’une exceptionnelle importance tant dans la carrière de Bergman que dans l’histoire du cinéma toute entière. Au sommet de son art, l’artiste use des pouvoirs du médium comme un instrument d’écoute et d’auscultation introspective : dans le magma de la coalescence, il enregistre autour de la transmutation des corps et de la porosité des visages les chimères monstrueuses de la dépossession absolue. Plus complexe dans sa structure que tout ce que le cinéaste a élaboré jusqu’alors, traitant du transfert de personnalité et du conflit entre le masque social et l’image de l’âme intérieure, les formalisant directement en actes plastiques et narratifs, le film pousse jusqu’aux limites les plus extrêmes ses tentatives d’investigation du psychisme et de la dévoration imaginaire par les voies de l’auto-analyse. 6/6
L’heure du loup On peut dire qu’ici Bergman redistribue les cartes de Persona en se positionnant de l’autre côté du miroir et s’adonnant au déchaînement de ses démons les plus obscurs. Il renoue de façon explicite avec l’expressionnisme d’un Murnau et la puissance expressive des tableaux de Bosch, évoque la part la plus intime de la névrose de l’artiste, en une effrayante description des fantasmes dont procède le processus créatif. Infanticide strident au bord de l’eau, vampire marchant au plafond, vieillarde retirant ses yeux… : les visions cauchemardesques se succèdent, en émanations directes d’un empire du mal gouverné par l’humiliation, le sadisme et la mort. 5/6
La honte Le cinéaste offre une nouvelle perspective à cette éprouvante radiographie de la terreur, mais en déplaçant sa formalisation sur un autre terrain : celle d’un chaos fulgurant, imprévisible, déchaîné sur un pays en guerre. Secoué par les événements (propagande mensongère des soldats-journalistes, détachement absurde des médecins tortionnaires), ballotté dans un paysage de désolation jusqu'à dériver en barque au milieu des cadavres, un couple déjà fragile se fissure, voit la mesquinerie, la bassesse et l’abjection se propager en son sein même, et l’insoutenable conscience de l’humiliation lui sucer ce qui lui reste de dignité humaine. Le questionnement est noir et âpre, ce qu’il suscite peu agréable à éprouver – le film, lui, est très fort. 5/6
Une passion L’île de Farö encore et toujours, quatre personnages réunis en de subtils rapports interconjugaux, et le passage définitif à la couleur, arborant une palette impressionniste assez singulière malgré la rudesse granuleuse de l’image. Bergman poursuit l’auscultation du désarroi et de l’angoisse domestiques à travers la rencontre de deux solitudes en proie à leurs fantômes respectifs, qui s’aperçoivent que nulle reconstruction n’est possible sur une terre brûlée. La noirceur crue et l’austérité presque nihiliste du propos sont comme refusées par une forme de douceur meurtrie, par la limpidité d’une narration libre et elliptique, et par la distanciation quasi expérimentale conférée par les commentaires des acteurs sur la nature de leurs personnages. 5/6
Le lien Pour la première fois, Bergman se laisse tenter par un tournage en langue anglaise. Conséquence directe ou non, son expression se grippe, et il est assez surprenant de le voir traiter de manière aussi peu personnelle, avec un tel déficit d’aspérités, cette banale histoire de passion adultérine en milieu bourgeois. Si ce n’est la relative perversité du triangle amoureux et le subtil renversement des rôles entre le mari rassurant, équilibré, protecteur, et l’amant porteur d’une inquiétante pathologie, rien ne distingue le film, plutôt honorable mais peu surprenant, d’un certain académisme psychologisant. Reste la qualité irréprochable de l’interprétation, emmenée par une Bibi Andersson très investie. 3/6
Cris et chuchotements Rarement Bergman aura été aussi loin dans la formalisation de la souffrance, physique et morale, de ses personnages. Flamboyant tel un feu ultime, rouge comme le sang, noir comme la désespoir, blanc comme l’oubli, l’oratoire est percé de souvenirs poétiques (les promenades champêtres des quatre femmes en robes immaculées), pour mieux imposer la présence terrible de la douleur, de la maladie et de l’agonie, lors de scènes traumatisantes où l’on est amené à ressentir physiquement la proximité de la mort. La perfection presque monastique du film se traduit en de somptueuses compositions – manoirs tapissé de tentures pourpres, douceur d’une servante à demi-nue apaisant, telle une pieta, la mourante sur son giron. 6/6
Scènes de la vie conjugale Forme simple et dépouillée, gros plans, zooms, longs face-à-face dans des pièces closes : voici la minutieuse et inexorable chronique d’une fausse désunion. Avec un sens incomparable du tempo et de l’épuration, l’auteur creuse jusqu’à l’os, met une nouvelle fois ses tripes sur la table, crûment, sans pudeur, et se place au cœur de la tension qui relie l’épiderme du visage à la projection de la rhétorique. Il ausculte secrets, non-dits et aveux au sein du couple avec une acuité dont Woody Allen sera le seul héritier, et dévoile joutes introspectives, épanchements de terrible cruauté, élans de tendresse insatiable, jusqu’à une réconciliation finale à l’apaisement mesuré qui préfigure celle d’Eyes Wide Shut. Au sommet de cette œuvre magistrale, profondément touchante dans ce qu’elle renvoie de notre vécu intime, deux acteurs prodigieux de vérité et de complicité : Liv Ullmann et Erland Josephson. 6/6
L’œuf du serpent A ceux qui ne l’auraient pas encore intégré, même après la vision de L’Heure du Loup, Ingmar vient rappeler qu’il n’a rien à envier aux maîtres de l’épouvante. On trouve ici un savant fou rappelant le docteur Mabuse, des expériences terrifiantes pratiquées sur des cobayes humains, une ambiance putride qui exsude la maladie, la pourriture et la mort, un homme en proie à d’horribles hallucinations, des rues croupissantes et des cabarets miteux où planent le spectre de l’antisémitisme et l’ombre d’un mal sans visage. Vision étouffante d’un monde en décomposition, celle du Berlin ravagé de la République de Weimar, accablé par l’inflation, la famine et la misère, et dont le désespoir populaire forment le lit d’une dictature en devenir. 4/6
Sonate d’automne L’ambivalence des rapports entre parents et enfants, l’écheveau de rancunes, de regrets, de reproches tus ou finalement verbalisés, de ressentiments et de peurs obscures, l’absence de communication… : toute la sensibilité tourmentée de l’auteur s’exprime à nouveau dans ce drame feutré et cruel, qui met à nu le refoulement d’une relation vécue comme une aliénation et s’attache à dévoiler le mensonge existentiel sur lequel elle s’est construite. Très loin du glamour d’autrefois, Ingrid Bergman trouve un très beau rôle en pianiste de concert opposée à sa fille dans un duel psychologique qui la conduit à affronter tout un passé d’égoïsme et d’indifférence. 4/6
Fanny et Alexandre Le dernier film réalisé par Bergman pour le cinéma témoigne d’une inspiration absolument souveraine. Il s’agit sans doute de son œuvre la plus ample et la plus ambitieuse, une magnifique synthèse qui reprend en le dépassant l’ensemble de ses motifs. Souvenirs d’enfance, réminiscences nostalgiques, crainte des interdits religieux, complicité avec l’univers féminin, découverte de la mort, vivants et fantômes, théâtre et cinéma, art et spiritualité… tout se marie avec une fécondité romanesque digne des géants de la littérature. Il y a quelque chose de définitif dans cette célébration renouvelée de l’illusion, de la fantaisie, de l’amour et de la générosité, dans cette chronique familiale dont l’exceptionnelle richesse n’égale que l’immense tendresse humaine. 6/6
Saraband La véritable épitaphe bergmanienne sera pourtant cet affrontement feutré et cinglant autour du drame de la filiation, avec lequel le cinéaste se livre comme rarement. Trente ans après Scènes de la vie conjugale, Bergman fait se retrouver Johan et Marianne et s’abolir la fin de parcours en une conception d’une rigueur absolue, organisée autour d’une dizaine de chapitres ascétiques et frémissants, qui approche la finitude ontologique des êtres en l’exprimant dans un mélange d’inquiétude tourmentée et de sérénité résignée. Sa structure musicale, la sobriété rigoureuse de sa plastique, l’immense talent de ses interprètes font de cette ultime méditation sur la vieillesse et la solitude une réussite admirable, qui parachève dignement une carrière monumentale. 5/6
Mon top :
1. Persona (1966) 2. Les fraises sauvages (1957) 3. Fanny et Alexandre (1982) 4. Cris et chuchotements (1972) 5. Scènes de la vie conjugale (1973)
Géant parmi les géants, tenant une place absolument unique dans l’histoire du cinéma, Bergman est un continent à lui tout seul. Énoncer les titres de sa filmographie, traversée par tant de chefs-d’œuvre, donne le vertige : il est sans doute l’un des quatre ou cinq plus grands réalisateurs ayant jamais existé. La richesse exceptionnelle de son expression, la variété de ses tons qui appellent tour à tour à la psychanalyse, au romanesque, à la métaphysique, à la spiritualité, son champ d’investigation (le couple, l’âme et le corps, la famille, la recherche de la vérité du cœur et de l’esprit…), tout cela fait de lui un artiste majeur du XXè siècle, qui a su retranscrire avec une inspiration fiévreuse et tourmentée l’essence de la nature humaine.
| | . | | | Posté le 19/11/2012 à 22:24 - En réponse à ButchHaynes (Voir le message du 29/04/2004 à 22:55)1. Cris et chuchotements (1972) 4* 2. Le Septième sceau (1957) 3* 3. La Source (1960) 3* 4. Persona (1966) 3* 5. Les Fraises sauvages (1957) 2* | | . | | | Posté le 30/11/2012 à 20:27 - En réponse à Ame-Stram-Gram (Voir le message du 19/11/2012 à 22:25)1. Cris et chuchotements (5*) 2. Le septième sceau (4*) 3. Les fraises sauvages (2,5*)
Je vais poursuivre le bonhomme... J'ai été interrogé par un employé du recensement...Et vous connaissez la suite... | | . | | | Posté le 17/01 à 18:16 - En réponse à ButchHaynes (Voir le message du 29/04/2004 à 22:55)1. Les Fraises Sauvages 4* 2. Scènes de la vie Conjugale 3*"Maintenant qu'on peut changer sa signature, la question est la suivante: que mettre?" | | . | | | Posté le 02/02 à 20:461.La Source 2.Les Fraises Sauvages 3.Persona 4.Cris et Chuchotements
PS:"Le Septième Sceau" aurait peu être un chef d'oeuvre absolu si il n'avait pas dérivé au milieu de l'intrigue sur une comédie médiévale improbable... | | . | | | Posté le 18/03 à 23:32 - En réponse à Tyrannosaurus (Voir le message du 11/04/2011 à 00:22)1) Persona 2) Saraband 3) Fanny et Alexandre (version longue) 4) Le Silence 5) Cris et Chuchotements 6) Sonate d'Automne 7) A travers le miroir 8) Scènes de la vie conjugale (version longue) 9)L'Heure du Loup 10)Le Septième Sceau 11)En Présence d'un Clown 12) Monika 13) Les Fraises Sauvages 14) Ville Portuaire"C'est dans sa forme la plus pure qu'un art frappe fort." Robert bresson |
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