Auteur | Message | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 13:30Hommage à Bernard Lehoux !
...un journaliste critique de cinéma qui est décédé depuis bientôt 10 ans... et dont un des films préférés était "Impitoyable" ! (Clint Eastwood étant - aussi - un de ses cinéastes préférés )
Ce topic - parce que c'est bien aussi de rappeler que la passion du cinéma peut se trouver - aussi - du côté des critiques (que certains "critiquent" un peu trop souvent... ). Et parce que j'aime bien aussi l'idée qu'il y ait un topic à son nom
Pour cela, je vais reprendre un des hommages qu'il y avait eu dans la presse à cette époque, celui paru dans "Mad Movies"...
Et si certains qui l'ont connu ont des trucs à rajouter, qu'ils n'hésitent pas !!
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche !
| | . | | | Posté le 24/06/2004 à 13:34 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 13:30)De "Mad Movies", où il a débuté, au "Cinéphage" où il a écrit ses derniers textes, Bernard Lehoux n'a pas eu de mal à exprimer son grand talent de journaliste, que ce soit dans la presse ("Starfix", "7 à Paris", "L'Echo des savanes", "Rolling Stones", "Actuel", "Spécial USA", "Impact", "Ciné news"...), à la radio ("Nova"), ou à la télévision ("Drevet vend la mèche", "Rapido", "Bizarrozoom"...).
Hémophile, il a été contaminé en 1985 par une transfusion sanguine, et avait choisi de vivre sa séropositivité dans le secret. Bernard Lehoux est mort le 10 juillet 1994 des suites du Sida. Il avait 34 ans.
Nous avons demandé à une partie de ceux qui ont connu Bernard, ou travaillé avec lui, de lui rendre un dernier hommage.
L'équipe de "Mad Movies".Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 13:41Bernard Achour (ex "RFI", "Les Années Laser", aujourd'hui à "Télé Obs")
Bernard, juste deux mots depuis le bled où je passe mes vacances, pour te dire que je suis tombé (cet après-midi) sur une pochette de disque qui va te plaire. Le groupe s'appelle 885 (prononce "otto otto tré" en roulant le "r"), et l'album s'intitule "Hanno Ucciso l'Uomo Ragno". En français : "ils ont tué l'homme-araignée". La culture "Marvel" rencontre la variété ritale. Sympa, non ? Je n'ai pas pu résister, je te l'ai acheté. N'empêche : "ils ont tué l'homme-araignée". Un de tes héros préférés. Ils l'ont tué. Assassiné. Les salauds.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 13:45Didier Allouch (ex "Mad Movies" - aujourd'hui correspondant à Los Angeles pour "Canal+")
Avant de débuter dans ce boulot, j'avais trois exemples, trois journalistes modèles. Bernard était l'un d'eux. Il était devenu mon copain. A cause d'une bande de charognards, il est parti. Il me manque.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 13:50Gilles Boulenger (ex "Cinephage", aujourd'hui organisateur de "L'étrange festival")
Bernard : "c'était vachement court !" Moi : "On a quand même eu une demi-heure ! De toute façon, on le reverra à Paris..." C'était le 21 mai 1994, vers 16h45, une fois l'interview de Quentin Tarantino bouclée. Un mois et demi plus tard, Bernard disparaissait. Et jamais nous ne referons une interview de son pote Quentin avec lui... So long Mr. White.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 13:59Marie-Agnès Bruneau (ex "Médiasphères", aujourd'hui journaliste à "Télévision Business International")
Je vous promets, ce n'est pas de la paresse. Pour écrire ce petit bout de texte, j'ai bien galéré. Les résultats étaient plutôt nuls - tantôt académiques, tantôt larmoyants - rien de tout cela n'aurait convenu à Bernard. Alors voilà juste des mots, des adjectifs, sur powerbook. Un style imagé - pimenté, un ton (de voix aussi) - une façon d'écrire, de parler, de bouger. Persuasif - irrésistible... - un goût sélectif. Redoutable parfois. Chieur - épuisant - insupportable - grinçant - insulteur de taxis. Eclate - fiesta - fun - destroy - provoc' - oiseau de nuit... Rock n'roll. A l'image de ce qu'il aimait, Bernard était et restera un personnage "culte", et pas seulement pour moi.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:04Julien "Tas de viande" Carbon (ex "Cinephage", passionné de cinéma asiatique, aujourd'hui cinéaste et installé à Hong-Kong : "Running out of time"...)
Bernard Lehoux était un homme de goût. Il aimait le cinéma, les polars, les comics, les femmes et la nuit. Et pas forcément dans cet ordre. Il était mon ami, mon modèle, mon bon maître. Ce grand frère que je n'ai jamais eu. Bernard, je voudrais te dire que nous attendrons toujours de lire "Atonium", ce roman que tu rêvais d'écrire. Que "Magic Team", cette série que nous préparions, vivra. Et encore un million de choses. A bientôt "sensei"... Dans un endroit fait pour nous, où les jolies investigatrices de l'Occulte s'habillent en cuir moulant, et on on écluse des X.O. en pissant sur les taxis...
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:08Gérard Delorme ("Première")
Pas besoin d'avoir connu Bernard Lehoux pour savoir qu'il n'était pas le discret de la bande. En lisant ses textes, on pouvait entendre sa voix, puissante et autoritaire, énoncer des opinions définitives à coup d'expressions pittoresques. Pour ceux qui le connaissaient, il était devenu une référence incontournable, qu'il s'agisse de confronter des avis en sortant d'un film, d'évaluer une nouvelle pièce de collection, ou de concourir au titre du fêtard le plus excessif. Par dessus tout, il laissera le souvenir de quelqu'un qui a vécu en toute circonstance avec une intensité rare. Et si jamais il m'arrive dans des moments de faiblesse d'être tenté par la fuite ou l'abandon, il me suffira de penser à lui, et je serai certain de trouver l'énergie nécessaire pour continuer.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:15Jean-Michel Dupont ("Cinenews")
Il y a quelques mois, au terme d'une soirée d'anniversaire bien arrosée, Bernard Lehoux nous contait une histoire confidentielle, à moi et au cadavre d'une bouteille de whisky qu'on venait de fusiller. C'était le scénario de l'épisode pilote d'une série fantastique à laquelle il travaillait dans le plus grand secret avec une poignée de collègues journalistes. (...) Ces mystérieux vampires finiront-ils par voir le jour ? C'est ce que peuvent souhaiter tous ceux qui admiraient sa plume habile et sa passion contagieuse pour le fantastique. Et surtout son humour : cet humour de sniper dans lequel excellent ceux qui n'ont rien à perdre. Grâce aux bons soins des médecins maudits de la transfusion sanguine, Bernard vivait en sursis depuis plusieurs années. Ce secret là, il l'avait bien gardé, nous ménageant comme chute de sa propre histoire cette surprise dont on se serait bien passé, mais qui était le prix de sa dignité.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:29Jimmy Frachon ("Mygale Films", aujourd'hui cinéaste)
Ce matin, mon ami Bernard m'a envoyé un fax : "8h, entraînement avec Bruce Lee ; 12h, déjeuner avec Perkins et sa mère ; 14h, initiation aux cascades équestres avec Peckinpah - c'est drôle de tomber au ralenti et ma jambe va mieux ! - 16h, goûter avec Pinocchio et partie de pêche avec Robert Shaw ; 20h, dîner chez les Tracy et nuit avec Lady Pénélope. Demain, Marty Feldman vient me chercher pour déjeuner avec Cushing qui vient d'arriver. Grosses bises et à très bientôt !" Vous voyez, mon ami Bernard est vraiment quelqu'un de très Haut placé !
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:35Henri Gigoux (ex "Canal+" - aujourd'hui cinéaste et auteur de livres sur le cinéma)
C'était juste après la projection de "Last Action Hero", un soir d'été. On avait mangé dans une brasserie avec une douzaine de journalises qui ne prenaient pas de vacances, et Bernard m'avait demandé de prendre un dernier verre chez lui. Nous avons parlé de James Bond jusqu'à une heure avancée et à l'aube nous nous sommes demandées, si nous ne pouvions conserver qu'un seul film de la série, lequel nous choisirions. Bernard se prononça sur "On ne vit que deux fois".
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:40Guy Giraud ("Mad Movies")
Bernard était sympa, marrant... Il était aussi extrémiste et insatiable, poussant la fête jusqu'à son paroxysme et jusqu'aux critiques. Je lui ai posé, des fois, ce vaseux "Pourquoi ?" de fin de soirée en tentant de finir le dernier verre. La funeste réponse, que lui seul connaissait et gardait secrète, explique ceci, mais obscurcit cela. La fête et le plaisir n'ont jamais détruit la vie, bien au contraire ils la construisent et la font perdurer au-delà du reste. Patron, la même chose !
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:44François Guérif ("Rivages")
Bernard Lehoux avait du talent. Il en fallait beaucoup pour faire coucher James Ellroy dans une baignoire, avec de fausses traces de sang sur le carrelage. Il en fallait autant pour filmer le mariage de Robin Cook sans tomber dans le folkore. Ellroy-Cook : c'est dire si Bernard avait du punch et de l'authenticité. Mais il était plus qu'un bon journaliste : un ami. Et cette amitié-là, personne, jamais, ne pourra l'oblitérer. Ellroy-Cook : je les cite tous les deux car Bernard était fier d'être complice avec eux... Aujourd'hui, Robin est mort. Et James m'a dit, à propos de Bernard : "God bless him". Dieu bénisse en effet Bernard, et Robin. Ils sont au-delà des mots. Mais je ne suis pas sûr qu'ils ne peuvent pas les entendre.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:51Vincent Guignebert (Ex "Impact" - "Mad Movies" - Ex "Cine-cinémas" : le cycle des films de yakuzas pour Kill Bill 2, c'est lui ; aujourd'hui responsable de "Mad Games")
Talentueux, irrésistible, plein d'esprit, élégant, charismatique, passionné, érudit... C'était pour moi le jalousé Bernard public. Fêtard, déconneur, bagarreur, queutard, complice, insatiable... C'était pour moi l'indispensable Bernard de groupe. Insomniaque, fâtigué, indécis, emmerdeur, dépendant, pudique... C'était pour moi le mystérieux Bernard intime de ces derniers mois, qui s'enfilait un whisky en claironnant "Pouêt Pouêt" quand on lui demandait "Pourquoi ?". Ces trois Bernard que je connaissais vivaient pleinement, avec leurs qualités et leurs défauts. Le quatrième, celui que je n'ai pas pu connaître, celui qui a été empoisonné, celui qui est mort, continue néanmoins de vivre à travers deux mots qui sont devenus pour moi des réalités : souffrance et courage.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 14:57Vincent Lebrun (ex "Canal+" - aujourd'hui photographe et cinéaste)
Quelque chose est arrivé. Qui t'a fait la peau sans qu'on s'en aperçoive. Et que tu as subi avec une pudeur et un courage qui nous ont tous cloué sur place. Les mots sont faibles pour exprimer tout notre dégoût des irresponsables qui t'ont conduit où tu es. Consolons-nous en nous disant que tu as certainement rejoint le paradis des cartoons, que tu batifoles avec Koko le clown et le petit loup gris et qu'en attendant qu'E.T. te guérisse de son doigt magique, tu iras affronter Vincent Price et Peter Cushing au poker. Tape dedans, Bernard !
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:03Christophe Lemaire (ex "Starfix", "Cinéphage", "7 à Paris"... aujourd'hui rédacteur en chef de "Tokebi magazine")
Bernard, je l'ai connu voici un peu plus de dix ans, à l'époque où nous nous amusions respectivement à écrire pour "Starfix". Il a toujours fait partie de ces potes journalistes avec lesquels je me suis toujours amusé, que ce soit au travail ("Cinéphage", "7 à Paris") ou dans la vie privée (gang bang, partouze... non, je blague, c'est juste pour le faire marrer). Bernard, dit "Chien jaune" ou "Alf", possédait surtout quelque chose d'exceptionnel qui façonna son charisme : il avait la "tchatche" Audiard. Chaque fois qu'il ouvrait la bouche pour faire une remarque ou lâcher une vanne, on avait l'impression d'entendre des bouts de dialogues sortis tout droit des "Tontons flingueurs" ou des "Barbouzes". Dans le genre justement, Bernard ne m'avait jamais autant fait rire que ce soir de restau où, exaspéré d'attendre son plat qui n'arrivait pas, il agrippa la pauvre serveuse en lui gueulant dessus tout fort : "Le carpaccio, c'est quand tu veux ma salope !". Vous ne me croirez peut-être pas, mais la serveuse à ri.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:09David Martinez (ex "Cinephage" ; aujourd'hui auteur de livres sur le cinéma, notamment asiatique (livre sur Wong Kar-Wai) et rédacteur en chef de "HK-Orient Extrême Cinéma")
Bernard Lehoux n'a jamais été journaliste. Il n'a jamais écrit d'articles. Seulement des lettres d'amour. A Diana Rigg enflammée, à James Bond exaltées, à Eastwood, Django, Bruce Lee, Batman, Jason King : toujours passionnées... Une culture qu'il n'a cessé d'aimer et de défendre avec tout son coeur et toutes ses tripes. Une culture qu'on ne peut aimer que comme ça. Après l'avoir lu et admiré pendant des années, j'ai finalement eu la chance de le rencontrer, puis de devenir son ami. J'ai même eu l'honneur de co-signer un article avec lui. J'aimerais être un jour capable de transmettre aux autres ce qu'il m'a transmis. J'aimerais avoir ce jour la même foi que lui, la même rage d'aimer. On dit que c'est toujours les meilleurs qui s'en vont les premiers. C'est vrai... Et une fois de plus Bernard s'est démerdé pour être le meilleur.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:13Patrick Nadjar ("Haxan Films")
Quand j'ai appris que Bernard nous avait quittés, je me suis dit que ce n'était pas possible et injuste. Nous qui sommes bercés par un univers magique, le cinéma, sa mort nous a rappelés à la dure réalité de la vie. Bernard était l'un des journalistes français les plus connus du cinéma fantastique, un homme mordant la vie à pleines dents et toujours à l'affût d'un cinéma innovateur, en particulier celui de Hong-Kong. Avec sa perte, ce n'est pas un ami que nous avons perdu mais un frère. Mais Bernard, comme Brandon Lee, est victime d'un crime, victime de cette putain de contamination de sang. Comme le héros de "The Crow", Bernard est immortel. Lorsqu'on se retrouve entre amis pour parler de notre passion ou qu'on voit des films, on sait que notre ami Bernard est toujours avec nous.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:18Danièle Parra ("Le mensuel du cinéma", "La revue du cinéma", "TéléK7")
Les mots sont pour moi impuissants... Je préfère les silences, ces silences qui nous ont rendus joyeusement complices. Bernard, je sais que tu me reçois cinq sur cinq.
André-Paul Ricci (Attaché de presse)
Bernard, en bonne place parmi mes amis, au générique du film de ma vie. Veille sur nous, on en a bien besoin
Estelle Ruet ("TéléK7")
La vie ne m'a guère laissé le temps de connaître Bernard, mais il restera pour moi celui qui savait, en toute occasion, me faire oublier ma mauvaise humeur !
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:23Matthias Sanderson ("Extérieurs nuits", producteur et cinéaste)
Bernard Lehoux ne verra ni le prochain Scorsese, ni le prochain Carpenter, ni le prochain John Woo ; il ne lira ni le prochain Ellroy, ni la suite des aventures de Bannerman ; il ne saura rien des projets à venir de Matt Groening ou de Franck Miller... C'est dégueulasse et profondément injuste. Et pendant ce temps, des gens bien intentionnés, qui, certainement accordent moins de prix au prochain Scorsese ou au prochain James Ellroy que Bernard Lehoux pouvait en accorder, ici ou là, dans la presse ou le prétoire, demandent, au nom de la cohésion sociale et du respect des valeurs républicaines, à ce que cette "affaire de sang contaminé" soit classée une bonne fois pour toutes. Comme si la plus belle ignominie de cette fin de siècle pouvait être classée au même titre qu'une "affaire Carlos" ou "affaire OM-Valenciennes". C'est injuste et profondément dégueulasse.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:26Robert Schlockoff (Attaché de presse)
Quelques souvenirs : Bernard me présentant Mike Zeck pour l'affiche française de "Punisher", me parlant avec enthousiasme de ses rencontres avec Harvey Keitel et Abel Ferrara, me sélectionnant sur son scope les "bastons shotguns" de Better Tomorrow, et me confiant ses réflexions sur le dernier Michele Soavi... Mais surtout, une rage impuissante et une peine infinie et puis tout de même l'espoir que chacun de nous consacre plus de temps à ceux qui nous sont chers, comme Bernard pouvait et savait l'être pour le cinéma et les livres, mais avant tout pour ses amis et ses proches...
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:30Frédéric Temps ("L'étrange festival")
Que signifie la présence de Joe Don Baker dans le rôle d'un privé pour le Cape Fear de Scorsese ? Pourquoi Deborah Kerr devient-elle nonne dans "Casino Royal" ? Pourquoi le "Philadephia Experiment" de Stewan Raffill n'est qu'un repompage du "OK Neron" de Mario Soldati ? Tant de réponses dans lesquelles Bernard est parti en ce début d'été. La grande dame noire n'est pas joueuse et trouve aujourd'hui refuge du côté de la médecine. Bernard a toujours raison, quelques Silver bullett se perdent. Pourra-t-il les tirer lui-même ? Aujourd'hui, la cinéphilie est en voie de disparition, celle trop soudaine de Bernard en est la preuve. Fin de transmission.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:32Patricia Lasou, Sylvie Debacker, Patricia Riquet ("Festival du film d'action et d'aventures de Valenciennes")
Son enthousiasme, sa passion communicative pour le cinéma et pour un genre en particulier, sa jeunesse, sa générosité nous l'ont fait aimer. Tu nous manques, Bernard.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:33 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 15:32)je connais le gars en question
post de soutien à ton topic | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:36Marc Toullec ("Mad movies", "Cine live")
Salut l'ami. Y'a des fois, comme ça, bien au-delà du sentiment d'injustice, de départ prématuré, l'on regrette de ne pas avoir su, de ne pas avoir su savoir. De ne pas avoir cherché à savoir. De ne pas avoir compris certains signes à peine esquissés. Certains regards. De ne pas avoir gratté le vernis de la pudeur. De ne pas avoir davantage accompagné. "Des regrets" comme chante Alain Souchon. Et des souvenirs, des images dont je préfère garder les meilleures. Celles d'avant le commencement de la fin. Celles d'un Bernard doucement flegmatique, passionné, goguenard, fêtard, épicurien. Tiens à propos, là où tu es, les filles sont comment ? Et les boutiques de manga ? Les officines de vidéo bien pourvues en incunables crypto-ésotériques ?... On bâtit tous notre paradis ici bas. Le tien n'est pas mal du tout.
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:37 - En réponse à rohan2 (Voir le message du 24/06/2004 à 15:33)c'est gentil... et j'aime bien ton utilisation du présent !
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 15:44 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 15:37)Poste-nous sa critique d'Impitoyable, s'il te plaît...C'est aymer saynement d'entreprendre à blesser et offencer pour proffiter. (Montaigne, Essais) | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 16:01 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 15:37)merde je voulais dire 'je connais PAS le gars en question'
désolée..... | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 19:19 - En réponse à PSTEF (Voir le message du 24/06/2004 à 15:44)bah non, j'ai plus rien... j'ai balancé tous mes vieux magazines un jour...
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 19:36 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 19:19)Ah, c'est dommage, j'aurais bien aimé la lire, sa critique. Parce qu'Impitoyable, quand même, c'est un sommet.
Il m'a l'air d'être sacrément apprécié, ce monsieur. Je n'en ai jamais entendu parler, mais je connais plusieurs des critiques évoqués ici, qui en parlent avec tant d'éloges. Apparemment, c'était une sorte de référence.
D'accord avec toi sur le côté passionné des critiques, sur le dos desquels on casse trop souvent du sucre à mon avis - même s'il y a des abus de leur côté, bien sûr...
| | . | | | Posté le 24/06/2004 à 19:51 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 19:19)tu monopolises tout le topic,cat Allié au clan Takeda souvenez-vous toujours que je suis un ange car personne ne vous pardonnera | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 19:56 - En réponse à ferrero (Voir le message du 24/06/2004 à 19:51)bah quoi faut bien que quelqu'un les tape les commentaires
Sans poésie, tout serait moche, on n'aurait rien dans la caboche ! | | . | | | Posté le 24/06/2004 à 19:59 - En réponse à paracelse (Voir le message du 24/06/2004 à 19:56)effectivement ma chere Allié au clan Takeda souvenez-vous toujours que je suis un ange car personne ne vous pardonnera | | . | | | Posté le 10/05/2009 à 23:37Près de 15 ans après sa mort, je me rends compte que je pense encore à lui (presque) tous les jours. Comme l'a dit quelqu'un plus haut, j'aurais aimé savoir savoir. Je me souviens que la dernière fois qu'on s'est vu, c'était pour la projo d'une des suites de l'Arme Fatale (je dirais le 2, mais bon...). J'ai remarqué qu'il boitait et comme le bon gros lourd que je suis, j'ai voulu savoir comment il allait. Mais comment décrire l'indescriptible ? Malgré sa classe et sa verve, même lui en était incapable. Il m'a donc envoyé chier. En tout cas, c'est ce que j'ai longtemps cru. Mais, en fait, il voulait m'épargner, je pense. La classe je vous dis. Pôv con aussi un peu... Aujourd'hui, il y a énormément de choses qui me ramènent à lui. Souvent, je me demande quels auraient été ses arguments pour détruire telle ou telle "MichaelBayerie". Je crois que ça aurait chauffé. Et rien qu'en imaginant ça, je me marre. A demain mon pote. | | . | | | Posté le 23/01/2011 à 20:03J'exhume ce vieux post que je découvre par hasard. J'ai connu Bernard et je me souviens du coup de fil qui m'annonça qu'il était mourant à l'hôpital. Je sais ne pas être la seule à être tombée de nues lorsque nous avons appris le mal qui le terrassait. Je me souviens moi aussi l'avoir interrogé sur les raisons de santé qui le faisaient boiter (voir post plus haut). Il ne m'avait pas envoyée chier mais j'ai sentit chez lui un malaise terrible. Je lui ai alors dit que je comprenais qu'il ne veuille pas en parler. Je n'oublierais jamais son regard à ce moment là... C'était quelqu'un à la fois d'extrêmement touchant et délicat mais aussi parfois très lourd. Et c'est ce qui faisait son charme. |
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