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Mort d'Andrée Tainsy

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Andrée Tainsy

  

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Posté le 22/12/2004 à 17:46

Mort d'Andrée Tainsy



C'était une comédienne attachante. Elle était émouvante en aveugle digne dans "Après toi", femme déterminée malgré des menaces dans "Boulevard des assassins" ou la belle-mère peu compréhensive dans "Sous le sable". Assez rare, elle marquait toujours ses moindes apparitions. Elle avait tourné en 1944 "Le moulin des andes" retrouvé il y a peu, l'un des très rare film tourné en clandestinité (avec des comédiens de théâtre en exil au Chili).
A lire absolument l'hommage d'Yvan Foucart dans le site "lesgensducinéma.com" :

lien : http://www.lesgensducinema.com/affiche_acteur.php?mots=Andr%E9e+tainsy&nom_ ..(tronquée)..



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Posté le 24/12/2004 à 09:06

 - En réponse à DrGenessier (Voir le message du 22/12/2004 à 17:47)


C'est une belle émotion que de la retrouver pour la dernière fois dans le formidable "Rois et reines" : elle est la mère adoptive de Jean-Paul Roussillon, perdant un peu la tête, se perdant un peu entre la notion des liens du sang ou ceux de l'adoption. A lire l'hommage du monde :
Andrée Tainsy, une grande comédienne
LE MONDE | 22.12.04
Dimanche 19 décembre, à Paris, une grande comédienne est morte, dans la discrétion magnifique qui a été celle de sa vie.
Dimanche 19 décembre, à Paris, une grande comédienne est morte, dans la discrétion magnifique qui a été celle de sa vie. L'après-midi, Andrée Tainsy était allée au Théâtre des Abbesses voir Les animaux ne savent pas qu'ils vont mourir, de Pierre Desproges, mis en scène par Michel Didym. Elle a bavardé avec ses amis, est rentrée chez elle, s'est éteinte. Elle était âgée de 93 ans.

"On se console en se disant que c'est formidable qu'elle soit morte juste après être allée au théâtre", dit l'auteure Arlette Namiand, au nom des proches d'Andrée Tainsy, qu'on aura ainsi vue jusqu'au bout, dans des salles parfois improbables, ou attendant le métro, toute petite vieille dame avec un sac plastique, le regard vif, prête à aller vers une banlieue lointaine pour découvrir, encore et toujours, de nouveaux auteurs ou acteurs. Prête aussi à observer les passants avec une indiscrétion gourmande, comme elle ne s'est jamais lassée de le faire, dans la rue ou aux terrasses, parce que, disait-elle, "on ne peut pas inventer complètement les gens que l'on joue".

Le cinéma lui a offert son dernier rôle, avec un beau cadeau, Rois et reine, le film d'Arnaud Desplechin, sorti mercredi 22. A tous, elle a donné une présence qui semblait aller de soi, mais qui était travaillée avec une précision extrême, et une voix qui imprégnait les mots avec une évidence telle qu'il était ensuite difficile de les entendre par une autre.

Il y avait chez Andrée Tainsy quelque chose qui semblait hors du temps, sinon celui de la scène. Elle n'avait pas d'âge, peut-être parce qu'elle avait traversé un siècle ou presque de théâtre, de Georges Pitoëff à Jean-Paul Delore, en passant par Roger Blin, Jean-Paul Wenzel, Claude Régy ou Jean-Pierre Vincent.

Ce siècle a commencé à Bruxelles. Andrée Tainsy y naît le 26 avril 1911. Enfant, elle va au théâtre avec sa mère, se met à jouer vers 13 ou 14 ans, dans son école, où Louis Jouvet vient faire des lectures.

Quelques années plus tard, elle entre au Conservatoire de Bruxelles, Jouvet, qui y enseigne, ne veut pas d'elle parce qu'elle ne correspond pas à un emploi - coquette, jeune première, ingénue -, une notion qui compte beaucoup à l'époque. Alors Andrée Tainsy débute dans des rôles de composition, des femmes âgées, déjà. Sa mère, qui aime tant le théâtre, s'inquiète de son choix. Elle a peur que sa fille n'y arrive pas. "Mais les gens qui jouent mal, cela je peux le jouer", lui répond-elle.

Après le Conservatoire, Andrée Tainsy part pour Paris. Avant la seconde guerre mondiale, elle est dirigée en premier par Georges Pitoëff, dans Six personnages en quête d'auteur, de Pirandello, et dans Maison de poupée, d'Ibsen.

Des années 1950 et 1960, qui n'ont pas toujours été faciles pour elle, Andrée Tainsy, en adepte des souvenirs heureux, retenait surtout Electre de Sophocle, longtemps joué, au côté de Silvia Monfort, et sa rencontre avec Claude Régy, qui la choisit pour La vie que je t'ai donnée, de Luigi Pirandello, et qui la retrouvera, quarante ans plus tard, pour créer La Terrible Voix de Satan, de Gregory Motton.

Mais c'est en 1975 qu'a eu lieu le grand jour : celui où, avec Loin d'Hagondange, de Jean-Paul Wenzel, elle trouve le rôle qui la réconcilie avec son âge. Dans cette pièce qui devient l'étendard du "théâtre du quotidien" (et que Patrice Chéreau mettra en scène, en 1977), Andrée Tainsy est Marie, magnifique femme d'un mineur à la retraite.

TOUJOURS SUR LES ROUTES

Ce rôle lui ouvre la porte d'un temps où tout devient possible, même d'entrer à la Comédie-Française, comme elle le fait, en 1982, à la demande de Jean-Pierre Vincent, pour jouer dans Les Corbeaux, d'Henry Becque. A 71 ans, Andrée Tainsy est pensionnaire. Elle accompagne Roger Blin dans son dernier spectacle, Triptyquede Max Frisch. Et s'en va. Il n'y a pas de rôles pour elle, qui n'est pas taillée pour les classiques. Et surtout, elle préfère le vagabondage à la sécurité.

Alors Andrée Tainsy continue, toujours sur les routes, à Angers avec Claude Yersin, à Lausanne pour une pièce de Claude Mollet, à Paris, à Thionville ou à Hérisson avec Jean-Paul Wenzel et les Fédérés. "L'après-midi on répétait en pleine chaleur, le soir il faisait froid, parfois il pleuvait. On lui courait après pour lui mettre un chapeau, mais la seule chose qui lui importait, c'était d'être au milieu d'une troupe, en recherche", se souvient Arlette Namiand.

Dans ces dernières années, Andrée Tainsy passe de pièces de Daniel Besnehard, comme Arromanches, à Père de Strindberg, ou à des textes de la résistance antinazie.

En 2001, elle s'offre un dernier Avignon, avec Jean-Paul Delore, qui en fait une conteuse africaine dans La Légende de l'étang, de Sony Labou Tansi. Elle jubile, les spectateurs aussi. Le temps n'a plus d'emprise sur elle.

Début 2005, ses amis se réuniront dans un théâtre pour dire des mots qu'elle a aimés. Et puis, longtemps encore, on pourra voir et entendre Andrée Tainsy, dans tous ces films qu'elle a tournés, avec Philippe Garrel (Le Cœur fantôme), Michael Haneke (Code inconnu) ou François Ozon (Sous le sable), pour ne citer que les derniers. Et ce sera bien.

Brigitte Salino

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 23.12.04



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Posté le 24/12/2004 à 14:54

 - En réponse à DrGenessier (Voir le message du 24/12/2004 à 09:07)


Hommage dans "Libération" :
Andrée Tainsy, adieu l'aïeule
La comédienne, pilier du théâtre français, est morte dimanche à 93 ans.

Par BARDONNIE Mathilde LA
jeudi 23 décembre 2004





Une grande comédienne disparaît : Andrée Tainsy. Au moment où sort Rois et reine, dans lequel Arnaud Desplechin lui a confié le rôle d'une grand-mère. Une de plus puisque l'actrice bruxelloise avait 93 ans, et ce visage mérité des êtres à qui, justement, on ne peut donner d'âge. Regard d'une luminosité intacte, voix d'une texture irremplaçable, vivacité d'esprit percutante. Généreuse, à l'humour caustique, elle laisse dans la profession une kyrielle de «filles» ou de «fils» dont elle aura été, au fil des ans, ici la mère, là l'aïeule. Récemment, elle apparaissait en génitrice âpre invectivant une bru désorientée, Charlotte Rampling, dans Sous le sable d'Ozon. Au point de se sentir épouvantée de pareille noirceur.

Immense professionnelle, l'exigeante Andrée Tainsy préféra toujours le travail d'équipe à une gloire de cavalière seule. Dès le départ, l'aura des rôles de jeunes premières lui a été clairement refusée par le premier maître dont elle suivit les cours au conservatoire de Bruxelles, Louis Jouvet : voix trop grave, visage trop sage ou brave. La débutante incarne déjà des héroïnes d'âge plus mûr que le sien. Elle entame sa carrière chez Georges Pitoeff, dans Six personnages en quête d'auteur et la Maison de poupée.

80 films. Elle continue son chemin de planches avec Jean Barsacq, Marcel Herrand, Jean Marchat, tout en tournant pour le cinéma : Andrée Tainsy figure au générique de plus de 80 films. Astruc la nomme Ludivine dans Une vie, pour Demy elle se fait mère adoptive de Peau d'âne, joue pour Buñuel, Tavernier, Zulawski, Chabrol ou, plus récemment, Marion Vernoux. «Une actrice très consciente de l'importance du contrechamp, sachant que la comédie fonctionne plus sur la réaction que l'action. Une formidable intelligence du texte», dit Pierre Salvadori, réalisateur d'Après vous où Tainsy lance l'histoire, visage plissé intensément familier dont les spectateurs de télévision aussi se souviennent depuis l'époque de La caméra explore le temps.

Engagement. Il y avait chez Andrée Tainsy un mélange de générosité et de discrétion, d'humour et de gravité. Un enthousiasme et un engagement, y compris politique. Les metteurs en scène de théâtre Claude Régy, Antoine Vitez, Gabriel Garran ont aimé la présence de cette actrice qui croyait à la décentralisation. Elle joua au TNS dans le mémorable Vichy-Fictions de Jean-Pierre Vincent, qui, en 1981, l'appelle comme pensionnaire à la Comédie-Française. Assez vite, elle préféra quitter cette sécurité matérielle pour jouer Waterland puis Double âge sous la direction de Jean-Paul Wenzel, avec qui elle avait créé l'inoubliable rôle d'épouse d'un mineur à la retraite dans Loin d'Hagondange, en 1975.

Fidèle complice des étés d'Hérisson, elle joua jusqu'à l'été 2001. Son dernier projet, remis à cause d'une fracture, était de donner, sous la conduite de Daniel Jeanneteau, le Journal d'Eve de Marc Twain. Dimanche, par amitié pour la comédienne Clothilde Mollet, et mue par son inlassable curiosité, elle est allée voir la pièce de Pierre Desproges Les animaux ne savent pas qu'ils vont mourir. Elle a félicité les acteurs, allègre et douce. Puis s'en est allée. A peine quelques heures plus tard, elle n'était plus.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=263576




  

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