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Sujet :

La fabuleuse histoire des échecs !


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Posté le 15/06/2006 à 06:13

La fabuleuse histoire des échecs !



Pour ceux qui voudraient approfondir la question, le livre de Nicolas Giffard, Le Guide des Echecs, dans la pratique collection Bouquins, est très complet.



Si l'origine du jeu d'échecs est obscure, les historiens sont à peu près d'accord pour situer leur première apparition en Inde, au Veme siècle de notre ère. Le jeu s'appelait alors Chaturanga, le jeu des Quatre Rois. D'ailleurs, on y jouait à quatre !
La légende prétend que le jeu fut inventé par un sage dénommé Sissa pour distraire un monarque. Satisfait de cette invention et voulant remercier Sissa, le roi demanda au sage de choisir sa récompense. Sissa grommela qu'il avait besoin d'un peu de blé.
"C'est parfait Sissa, mais combien en veux-tu donc "?interrogea le souverain.
"Voilà : vous placerez un garin de blé sur la première case d'un échiquier, puis deux sur la deuxième case, quatre grains sur la troisième, huit sur la quatrième, et ainsi de suite jusqu'à la 64eme case en doublant à chaque fois le nombre de grains."
Le souverain fut étonné par cette demande "modeste" et saugrenue...
En fait,il ne put jamais satisfaire le désir du sage ...tout le blé de l'Inde, et du monde, n'aurait pas suffi !
La demande de Sissa correspondrait à 2, exposant 64, ce qui ferait 18 quintillons de grains !




Le Chaturanga, ancêtre des échecs, qui se jouait à 4.





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Posté le 15/06/2006 à 06:43

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 06:14)


Le jeu va évoluer progressivement. Se jouant à l'origine avec des dés, ceux-ci vont disparaître. La vie et la mort du Roi ne pouvait dépendre du hasard ! Puis, de 4 joueurs, on passa à deux.
D'Inde, le Chaturanga va se répandre suivant les routes commerciales. Au Japon, il deviendra le Shogi. Mais c'est en Perse que le jeu va connaître un succès formidable. La légende veut qu'un ambassadeur indien offrit un jeu de Chaturanga au roi perse Chosroe 1er pour tester son intelligence. Des écrits du VIeme siècle atteste l'existence du Chatrang, nom persiannisé du Chaturanga indien.
Mais le développement du jeu va connaître un nouveau succès avec les Arabes. La Perse est envahi par les arabes au début du VIIeme siècle et le jeu va connaître un nouvel essor dans le monde musulman. On cite souvent le souverain Haroun-al-Rachid qui aurait offert un jeu à Charlemagne. Ce calife passionné par le jeu, passait son temps devant l'échiquier ! Les premiers livres datent de cette époque. Le Livre des échecs fut écrit par Al-Adli, en 842, et le premier match d'échecs connu est organisé par Haroun-al-Rachid. Il opposa le perse Ar-Razi, à l'arabe Al-Adli, le joueur perse gagnant le match.
Mais le joueur le plus fort, à cette époque, fut sans conteste Al-Suli.
Le jeu va aussi se transformer sous l'influence de l'islam. Mahomet interdisant la reproduction des images, les pièces vont se styliser pour éviter d'être trop réalistes,et vont prendre leurs formes actuelles !



Le calife Haroun-al-Rachid (766-809),accédant au pouvoir en 786, il va porter à son apogée l'empire arabe et la dynastie des Abbassides.

Dans Le livre des échecs, Al-Adli compose les premièrs problèmes échiquéens.






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Posté le 15/06/2006 à 07:24

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 06:43)


Le jeu d'échecs suivit la route de l'expansion arabe, et c'est en Europe que le jeu va prendre sa forme moderne. C'est sur le vieux continent que fut introduit la séparation de l'échiquier en 32 cases blanches et autant de noires. La notion de Fous (Alfil en arabe)de cases blanches ou de cases noires apparaît.
Mais le jeu, comme dans les pays musulmans, va connaître les foudres des instances religieuses. Le clergé interdisait les jeux d'argent et de hasard. Une lettre, datant de 1061, du cardinal Damiani envoyée au pape Alexandre II, illustre la colère du prélat envers l' évêque de Florence qui jouait aux échecs. Le dignitaire toscan eut beau se défendre en arguant du fait que les échecs n'étaient point un jeu de hasard, le carndinal ne voulut rien entendre, et le jeu fut interdit ! Mais évidemment cette interdiction eut peu d'effets !
Les premiers livres, arabes, se répandent, et le fort joueur Al-Suli écrit les premières compilations de problèmes et des anecdotes amusantes :
"Un jeune seigneur eut la folie de jouer aux échecs, contre un monceau d'or, sa belle et favorite esclave Dilaram; réduit à une position désespérée et menacé d'un mat en un coup, sa vue se trouble, sa tête s'égare, il maudit sa cupidité qui l'expose à perdre une femme qu'il adore; incapable de se délivrer du danger qui le menace, il croit n'avoir plus qu'à se résigner à son malheureux sort. Mais la belle Dilaram suivait la partie; derrière son voile, elle l'avait étudiée avec soin, et ne désirant pas devenir la propriété de l'étranger, elle s'écrie :
"Oh ! Mon seigneur, que la joie rentre dans votre âme, sacrifiez vos deux rocs (tours) plutôt que moi, avancez hardiment votre éléphant (alfil), poussez votre pion et votre cavalier donnera le mat !

Le souverain, surpris, suivit les conseils de la belle et gagna la partie !



A l'époque, l'Eléphant pouvait bouger de deux cases en diagonale et sauter les pièces ! La solution est donc :
1. Th8 ! Rxh8
2.Af5+ Rg8
3.Th8!! Rxh8
4.g7+ Rg8
5.Ch6 mat





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Posté le 15/06/2006 à 09:05

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 07:25)


Le jeu d'échecs va prendre un nouvel essor en Europe. Les livre de Jacobus de Cessole, vers 1200,

http://www.bibliorare.com/vente-pierre_beres4.pdf
mais aussi les écrits du roi Alonzo de Castille, vont marquer le moyen-âge.
Contrairement aux musulmans, les européens s'intéressent plutôt à dégager des méthodes de jeu, plutôt qu'à compiler des problèmes échiquéens. Les enjeux financiers afférant à une partie peuvent expliquer cet attrait vers les lois générales du jeu.
Mais c'est surtout l'invention de l'imprimerie par Guttenberg qui va accélérer le développement du jeu par le biais de la multiplication des traités d'échecs !
Lucena écrit en 1485 son célèbre Manuscrit de Göttingen qui contient des principes valables encore aujourd'hui, notamment le fameux "Pont de Lucena", méthode pour gagner dans une finale de tours.


http://www.fqechecs.qc.ca/index.php?typ=actu&id=226&categorie=57

Damiano, un pharmacien portugais, écrit, en 1512, un Traité sur les échecs. Il édicte un principe révolutionnaire pour l'époque qui est le suivant :
"Quand on possède un avantage matériel, il faut échanger les pièces le plus possible."
Voici ces fameuses " Règles de Damiano ".

1. Ne jouez aucun coup sans but, à moins que la nécessité ne vous y force.
2. Ne péchez pas par négligence ou par aveuglement.
3. Ne jouez pas vite.
4. Si vous disposez d’un bon coup, regardez toujours s’il n’y en a pas un qui lui soit préférable.
5. Quand on a l’avantage, on doit faire des échanges, pourvu qu’on n’y perde pas cet avantage.
6. Si vous avez un avantage au moyen duquel vous puissiez gagner la partie, n’abandonnez pas l’attaque (ou n’abîmez pas votre position) pour gagner un pion.
7. Utilisez le saut du Roi (aujourd’hui le roque) pour le mettre en sûreté.
8. Les deux pions situés du côté où le Roi a été placé (par exemple g2 et h2) ne doivent être joués qu’en cas d’absolue nécessité.
9. Elargissez le front de vos pièces.
10. On doit ouvrir le jeu avec ses Pions, et se garder de tenir ses pièces enfermées. On doit faire tous ses efforts pour soutenir les pions du Roi et de la Dame à la 4e case (d4 et e4) et, si possible, les deux pions des Fous à leurs côtés (c4 et f4, soit les coups introduisant le Gambit Dame et le Gambit Roi).





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Posté le 15/06/2006 à 09:10

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 09:05)


Merci pour ce topic très intéréssant!





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Posté le 15/06/2006 à 09:56

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 09:05)


Les échecs vont prendre une nouvelle dimension avec un prêtre espagnol, Ruy Lopez. En 1561, le religieux publie son Libro de la Invencion liberal y Arte del juego del Axedrez. Premier livre complet sur tous les aspects d'une partie: de l'ouverture, en passant par le milieu de jeu, jusqu'à la finale.
Fort joueur, soutenu par le roi Philippe II d'Espagne qui était un passionné d'échecs,




Ruy Lopez va battre les deux champions italiens, Leonardo et Boï à Rome, en 1559. En 1575, les italiens prirent leur revanche contre le prêtre espagnol, à Madrid.



Leonardo jouant contre Ruy Lopez, un tableau de Luigi Mussini.
Mais Ruy Lopez restera à jamais dans l'histoire comme le précurseur des échecs modernes, donnant son nom à une défense, l'Espagnole Ruy Lopez, qui est un des monuments des échecs modernes !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Partie_espagnole

Paolo Boï (1525-1598) connut son heure de gloire en 1575, à Madrid, en battant Ruy Lopez et Alfonso Ceron. Favori du pape Pie V,



sa vie fut marquée par de nombreux voyages, écumant les cours royales pour rencontrer les membres de la noblesse. Il excellait dans le jeu à l'aveugle. D'ailleurs, une légende veut que capturé par des pirates, il retrouva sa liberté en défiant un des corsaires qu'il vainquit sans voir le jeu !
A Naples, en 1598, il joua et perdit contre le jeune Salvio ce qui lui fit dire :
"Le jeunesse l'emporte. Vous êtes dans la force de l'âge, et j'ai 70 ans."
Il se suicida 3 jours après en s'empoisonnant !






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Posté le 15/06/2006 à 10:27

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 09:57)


Mais le joueur le plus brillant de cette époque allait venir de Calabre. Né en 1600, Giochino Greco fut le premier adolescent qui se mesura aux adultes et les battit régulièrement. Il fut le premier joueur "professionnels", n'ayant pas d'autres activités que la pratique du jeu d'échecs !
Comme Paolo Boï, il écuma les cours européennes et vécut de ses gains contre les ducs et les princes. A la cour du duc de Lorraine il gagna 5000 couronnes ! Il vivait aussi de ses cours donnés à des courtisans fortunés.
Il mourut à 34 ans, lors d'un voyage aux Antilles, et laissa de nombreux écrits et des parties commentées. Il représente à merveille les conceptions de l'époque, qui était "Tout pour le mat !".



The Chess Players, by Cornelius de Man (1621 – 1706).
Voici une partie incarnant le style d'attaque du Greco :


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1264232

D'autres grands joueurs marquèrent cette époque. Giulio Cesare Polerio(1548-1612) qui fut un élève de Leonardo, premier spécialiste du Gambit du Roi.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1251883
Pierre Carrera (1571-1647), prêtre de Syracuse, publia en 1617, un Traité du jeu d'échecs, qui synthétisait les écrits précédents, première encyclopédie échiquéenne de l'histoire !






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Posté le 15/06/2006 à 10:47

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 10:28)


Le dernier des grands joueurs incarnant ce style "primitif", fut Domenico Lorenzo Ponziani (1719-1796), un natif de Modène, qui fut prêtre, juriste puis professeur d'université. Il publia un ouvrage théorique, "Il Giuco Incomparabile degli scacchi" où il étudie des ouvertures, dont celle qui porte son nom, http://www.mjae.com/ponziani.html, mais aussi les finales.
http://www.chessville.com/Espanol/Image218.gif

Enfin, on ne peut pas ne pas parler de Giani Batista Lolli,une Modénois, encore, partisan, comme il était courant à l'époque, d'un jeu d'attaque à outrance. Spécialiste des ouvertures hyper-agressive, notamment du Gambit du Roi,



il est connu aussi pour avoir donné son nom à un mat, le Mat de Lolli.
http://sites.rapidus.net/blanchdo/index.html





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Posté le 16/06/2006 à 04:48

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 10:48)


Comme on a pu parler de révolution copernicienne, il y eut, au 18eme, la révolution philidorienne.
Français André Danican, appelé Philidor (1726-1795), fut musicien à la cour du Roi. Et quel musicien ! Il fut le créateur de l'opéra-comique en France, et il composa de nombreux opéras comme Tom Jones qui furent de grand succès populaires. Mais l'autre passion de Philidor était les échecs. Adolescent, il passait déjà beaucoup de temps au célèbre café de la Régence où il dominait ses contemporains !
http://www.paris-pittoresque.com/cafes/16b.htm
Il eut fort à faire, à cette époque, avec le sire de Legal (1710-1792), fameux joueur d'attaque, connu des amateurs du monde entier grâce à sa fascinante combinaison qu'il joua en 1750 contre Saint Brie :

http://www.acquaforte.it/scacchi/legal/

Philidor mit deux ans pour arriver à battre son aîné.





Philidor va rencontrer un autre surdoué des échecs, le syrien Philipp Stamma (1715-1770), génie des échecs, écrivain, il publia Les cent positions désespérées et Le noble jeu des échecs. En effet, un match eut lieu à Londres en 1747 entre les deux prodiges. Philidor proposa de jouer avec handicap. Les matchs nuls seraient comptés comme des victoires pour Stamma, lequel jouerait le premier coup de toutes les parties. Le résultat fut sans équivoque. François André gagna 8 parties sur 10, une défaite et un nul.

Deux ans plus tard, en 1949, Philidor publie son Analyse des échecs, livre révolutionnaire, où le français donne une méthode générale. L'idée principale de son livre est comprise dans sa fameuse maxime :
"Les pions sont l'âme des échecs !"
La découverte de l'importance des pions dans la stratégie de la partie constitue une véritable révolution.



Philidor menait en parallèle une carrière musicale. Il vécut en Allemagne mais surtout à Londres, où il pouvait gagner de fortes sommes d'argent de sa pratique du jeu d'échecs et fit partie du fameux London Chess Club.




A la révolution française, il s'installa définitivement à Londres.
On peut affirmer que Philidor, avec sa conception stratégique du jeu, est un des précurseurs des échecs modernes. Il a laissé son nom à une défense, toujours jouée aujourd'hui, la défense Philidor :

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fense_Philidor





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Posté le 16/06/2006 à 06:23

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 16/06/2006 à 04:49)


Le café de la Régence est un lieu mythique dans l'histoire des échecs. En 1740, les amateurs d'échecs quittèrent le café Procope, un des plus vieux cafés de Paris, fondé en 1686,


pour le café de la Régence.



Le Tout-Paris fréquentait ce lieu, de Diderot, à Rousseau, en passant par Beaumarchais.
Robespierre était un assidu du café. Le chef de la Montagne attendait des partenaires, il était grand amateur du noble jeu !
Les plus grands joueurs sont passés par ce café, les Philidor, Stamma, Legal, La Bourdonnais. En tant que cercle d'échecs, la Régence fut actif jusqu'en 1920, date à laquelle l'activité échiquéenne se déplaça à la Rotonde du Palais-Royal.





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Posté le 16/06/2006 à 07:12

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 16/06/2006 à 06:24)


La suprématie française va continuer après Philidor. C'est d'abord Alexandre Louis Honoré Deschapelles (1780-1847) qui fut le champion incontesté de la Régence. Il était d'abord un praticien, peu versé dans l'étude de la théorie, il alla jusqu'à affirmer :
"L'étude des ouvertures est une perte de temps !".
Deschapelles est l'archétype du fort joueur de café. D'ailleurs, Alexandre Louis André commença à déchanter lorsqu'il rencontra un certain La Bourdonnais. Ne pouvant supporter de perdre, il prit tout bonnement sa retraite pour se consacrer au whist !
Louis Charles Mahé de la Bourdonnais naquit dans l'île de la Réunion en 1795. Fils d'une famille noble, son grand-père fut le gouverneur de l'île Bourbon, il fit ses études à Henri IV, à Paris, et se consacra dès l'âge de 20 ans exclusivement au jeu d'échecs dont il en fit son métier. D'après le chroniqueur anglais George Walker, qui écrivit une biographie du champion, La Bourdonnais se distinguait des autres joueurs par "la promptitude avec laquelle il calcule les coups ...Lorsqu'on joue avec lui pour la première fois, on est stupéfait par la rapidité de ses mouvements..."
Une autre caractéristique du réunionnais est sa monomanie échiquéenne. Tous les jours de la semaine étaient consacrés à la pratique ou à l'étude du jeu.



La Bourdonnais allait trouvait un rival à sa mesure en la personne d'Alexandre Mac Donnell. Cet irlandais de Belfast, né en 1798, émigré à Londres, faisait des ravages au Westminter Club de Londres, club fondé en 1831 par George Walker. Disciple de l'école italienne, il ravissait les amateurs par la virtuosité de ses combinaisons.
En juin 1834, l'irlandais lança un défi à la Bourdonnais que celui-ci accepta immédiatement. Ce championnat du monde avant la lettre se joua en 6 matchs, comprenant 85 parties, au Westminter Chess Club de Londres. Le joueur français domina son homologue britannique et gagna le match. Le jeu solide et fermé du français, il ouvrait par le pion dame, dérouta Mac Donnell qui se fracassa sur la défense du parisien d'adoption !
Voici une des parties du match :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1001140

Ce match marathon eut des conséquences néfastes. Mac Donnell mourut brusquement en septembre 1935. La Bourdonnais, de retour à Paris, fonda la première revue échiquéenne, Le Palamède,


mais le réunionnais tomba malade. Il décéda le 13 décembre 1840, alors qu'il devait partir pour Londres, recruté par le Chess Divan !





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Posté le 16/06/2006 à 08:43

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 16/06/2006 à 07:13)


La Bourdonnais eut un successeur en la personne de Pierre Saint-Amant.
Né en 1800, Saint-Amant entra à l'âge de 19 ans au service du gouvernement et fut muté pendant deux ans en Guyanne française. A son retour, il va s'adonner aux échecs et devenir un pilier du café de la Régence. Mais contrairement à son prestigieux aîné, il ne voyait dans les échecs qu'un loisir, pas une profession !



Il devint vraiment célèbre lorsqu'il affronta et battit, à Londres, en 1843, le champion anglais Howard Staunton, dans un match qui fut un véritable championnat du monde avant la lettre. Mais l'anglais prit sa revanche la même année, à Paris.



Dépité par sa défaite, Saint-Amant abandonna les échecs et revint au service du gouvernement. On raconte qu'au moment de la révolte de 1848, il se montra très habile comme capitaine de la garde nationale.
Staunton continua sa carrière de champion. En 1846, il défia Daniel Harrwitz, qu'il gagna aisément.



Si l'anglais a marqué de son empreinte le milieu du 19eme siècle, c'est surtout grâce à son talent de théoricien et d'analyste. Bobby Fischer, l'a même qualifié de "plus profond analyste des ouvertures de tous les temps !".
Deux ouvrages vont développer ses idées :
- The Chess player's Handbook, en 1847.
- The Chess player's Companion, en 1849.

Mais Staunton va rester dans l'histoire pour une autre raison. C'est lui qui a donné son nom à la forme moderne des pièces !
Son style de jeu était plutôt positionnel, il jouait systématiquement l'ouverture Anglaise, c2-c4, et était fort à l'aise dans les jeux fermés. Parallèlement à sa carrière échiquéenne, il fut aussi un critique littéraire et un spécialiste de Shakespeare. Sa carrière de joueurs allait s'arrêter en 185. Le joueur anglais, d'après Ruben Fine, ne supportant aucunement la défaite, préféra se retirer. Il s'éteignit en 1874.

http://www.howardstaunton.com/hs_tombstone_expand_image.shtml





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Posté le 18/06/2006 à 04:56

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 16/06/2006 à 08:43)


L'Italie, la France, l'Angleterre, puis l'Allemagne vont dominer les échecs continentaux. Dès 1800, Berlin voit fleurir les clubs d'échecs, le plus célèbre étant installé aux Blumgarten de Berlin. Plusieurs de ses membres vont former un groupe se nommant, "la Pléïade berlinoise".
Paul Rudolf von Bilger et Heydebrand und der Lasa vont réaliser la première encyclopédie du jeu d'échecs qui sera publiée à Berlin en 1843.
Une petite partie opposant les deux hommes :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1266126



Le Baron Heydebrand und der Lasa était le plus fort joueur de ce groupe,il pouvait inquiéter les meilleurs, mais il ne jouait guère. Passionné par l'histoire du jeu, diplomate, il ramenait de ses voyages des livres d'échecs ce qui enrichissaient sa collection de livres échiquéens qui était la plus grande d'Europe !
Bernard Horwitz faisait partie du cénacle, il fut battu par Staunton en match, et devint, par la suite, un écrivain échiquéen, spécialisé dans les finales, notamment avec son livre : Chess Studies and End Games Systematically Arranged.
Karl Schorn, artiste peintre, faisait aussi partie du groupe.

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1344173
La "Pléïade berlinoise" enrichit le jeu d'échecs avec des défenses dites "Berlinoises", mais a surtout développé une méthode d'analyse plus scientifique, dont va profiter la générations suivante.
C'est à Breslau, en 1818, que va naître un des plus grands talents du 19eme. Adolf Anderssen, dès l'âge de 9 ans, dévora les classiques échiquéens, du Gréco jusqu'à Philidor, mais aspiré par ses études de mathématiques, il ne fit son premier tournoi qu'à l'âge de 30 ans !



Ce fut l'un des chefs de file de ce que l'on nomma l'Ecole romantique, dont la caractéristique principale était un jeu ultra-agressif. Il rencontra les meilleurs joueurs du siècle de Morphy à Steinitz en passant par sa fameuse Immortelle, jouée contre le français Lionel Kiseritzky, à Londres en 1851, qui fut d'ailleurs, le premier tournoi international réunissant les meilleurs joueurs du continent:
http://www.biltek.tubitak.gov.tr/gelisim/satranc/sat/analizli%20oyunlar/and ..(tronquée)..
Anderssen va enchanter son public avec la fameuse, The evergreen (la Toujours jeune) contre le malheureux théoricien allemand Jean Dufresnes, jouée à Berlin en 1852:
http://www.markalowery.net/Chess/Anderssen/anderssen.html
Professeur, gentleman, aimant le jeu avant tout, Anderssen n'aura pas d'ennemis. Le style romantique dont il est un des héros va se fracasser sur le jeu solide et scientifique de Wilhelm Steinitz.





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Posté le 18/06/2006 à 07:13

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 18/06/2006 à 04:57)


La famille Morphy, de Louisiane, était portée sur les échecs. Le père, juge de la Cour suprême de Louisiane, s'adonnait régulièrement au plaisir du jeu, et l'oncle, Ernest, était un des meilleurs joueurs de la Nouvelle-Orléans. Aussi le petit Paul fut tout naturellement initié aux joies de l'échiquier. Très vite, dès l'âge de 12 ans, il battait tout le temps son père et surtout son oncle Ernest ...à l'aveugle !!
L'enfant prodige fût exhibé dans les cercles d'échecs de la région, Tonton Ernest lui servant d'impresario ! Les victimes du petit Paul furent nombreuses. Le hongrois Johann Löwenthal qui effectuait en 1850, un Chess Tour aux USA, rencontra le garçonnet et sur 3 parties, il en perdit 2, annulant la 3eme !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1281896



Lowenthal, gentleman courtois, avait été effrayé par la force du bambin !

Daniel W.Fiske, membre du cercle de New York,



eut l'idée d'organiser, en 1857, un tournoi réunissant les meilleurs joueurs des Etats Unis, à New York. La compétition démarra le 6 octobre 1857. Le juge Meek, Louis Paulsen, S.R.Calthrop, le problémiste D.Julien, J.Thompson qui venait d'écumer l'Europe et évidemment Paul Morphy !



Louis Paulsen, un des participants du premier championnat des USA, célèbre pour avoir donné son nom à une variante de la Sicilienne.
Morphy arriva facilement en finale où il rencontra un Paulsen déjà battu. En effet, celui-ci avant le match déclarait :
"Si Staunton ou Anderssen étaient ici, ils n'auraient aucune chance contre Morphy; il battrait également Philidor et La Bourdonnais, fussent-ils encore vivants."
Morphy battit Paulsen 5 victoires à une !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1242884&kpage=2

Morphy manquait d'adversaire à sa taille sur le continent américain. Aussi, le New Orleans Chess Club invita l'anglais Howard Staunton à venir se mesurer contre le prodige pour une bourse de 5000 $ ! Le joueur britannique refusa !! Morphy décida donc de partir en Europe pour défier les meilleurs joueurs du vieux continent, il avait 21 ans !
Au Saint George's Chess Club, le repaire de Staunton, Morphy battit quelques bons joueurs anglais, comme Owen ou Barnes. Staunton s'ingéniait à différer la rencontre contre l'américain. Une vieille connaissance défia Paul, Johannes Löwentahl.Le hongrois perdit à nouveau son match, mais gagna le tournoi de Birmingham, en 1857, réunissant les meilleurs joueurs anglais, dont Staunton ! Le champion anglais jouait la montre, craignant d'affronter le jeune homme. Morphy sentant que Staunton ne jouerait pas contre lui, partit pour la France en 1858.
L'étoile du café de la Régence s'appelait Daniel Harwitz. Un match fut organisé. A l'étonnement général, Harwitz gagna les deux premieres parties ! Morphy affirma alors qu'il n'en gagnerait plus une ...l'américain tint parole en gagnant les 5 parties suivantes !




La spécialité de Morphy était des simultanées à l'aveugle. Il affronta à la Régence, 8 joueurs à l'aveugle, triomphant dans 6 parties !
Le duc de Brünswick, passionné d'échecs, invita l'américain dans sa loge à l'opéra. Durant la représentation de Norma, Morphy affronta le duc et le comte Isouard, dans une partie qui restera fameuse :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1233404

Mais le sommet de son périple européen fut son match contre Anderssen, à Paris, en 1958. L'allemand subit une cuisante défaite, il perdit 7 parties sur 11 !! Le champion de Breslau ne tarit pas d'éloges pour son vainqueur :
"Morphy joue toujours non seulement le meilleur coup, mais avant tout le coup parfait, et si l'on tente un coup d'une correction approximative, on est sûr de perdre !".
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1019051
Morphy fit un dernier match contre le président du London Chess Club, Mongredieu, qu'il massacra allègrement. Nostalgique de son pays, le jeune homme décida de rentrer aux USA, il fit une halte à Londres où un banquet en son honneur fut organisé par le Saint George's Chess Club...Staunton n'y assista pas !
Le prodige fut accueilli comme un héros chez lui , en 1859...mais Morphy décida bizarrement d'arrêter de jouer et de se concentrer sur sa carrière de juriste ! La suite de sa vie fut un long déclin. L'américain sombra petit à petit dans la folie et fut retrouvé mort dans sa baignoire le 11 juillet 1884!
http://batgirl.atspace.com/index.html





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Posté le 18/06/2006 à 10:22


Les échecs je sais pas y jouer mais pourtant je les enchaine...



"Je suis victime de Schyzophrénie avec psychose paranoïaque et délires narcissiques"




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Posté le 18/06/2006 à 10:40

 - En réponse à Doofyth (Voir le message du 18/06/2006 à 10:23)


mdr



decouvrez bollywood sur www.fantastikasia.net
(rewiew,articles, news, forum )




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Posté le 18/06/2006 à 11:24

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 18/06/2006 à 07:14)


Des génies comme Anderssen ou Morphy allaient être remplacés par des "travailleurs des échecs". Wilhelm Steinitz est né le 14 mai 1836, à Prague. Issu d'un milieu modeste, il se dirigea d'abord vers la carrière de rabbin, mais c'est dans les mathématiques qu'il était le plus doué. Etudiant à Vienne, il fut rattrapé par le virus des échecs. Steinitz est un besogneux qui va édicter des lois toujours valables aujourd'hui. C'est le père des échecs modernes qui va rompre avec le style romantique. On lui doit, notamment, la notion de case forte. Matérialiste adorant la défense, il n'était pas rare de le voir prendre un pion empoisonné et se recroquiller en défense pour exploiter son avantage matériel en finale. Henry Bird disait à propos de Steinitz :
"Placez le contenu d'une boîte de jeu d'échecs dans un chapeau, agitez vigoureusement, laissez tomber les pièces d'une hauteur d'un mètre sur l'échiquier, et vous aurez le style de Steinitz."




Sa progression fut assez lente, au tournoi de Londres, en 1862, il ne termina que 6eme, devancé par Anderssen et Paulsen ! Après un match gagné difficilement contre le champion d'Italie, Serafino Dubois,



il s'installa à Londres, capitale des échecs européens. Il fit un match contre le truculent Blackburne. Le joueur anglais était l'opposé de Steinitz. Bon vivant, aimant la bonne chère et le whisky, il lui arrivait souvent d'arriver titubant devant l'échiquier !





Le joueur anglais fut totalement surclassé par l'autrichien, annulant 2 fois et perdant 7 parties !
Mais la marche suprême fut atteinte lors du match contre Anderssen, considéré comme le numéro un de l'époque. Pour la première fois de l'histoire, un temps limite de réflexion fut imposé. Le match, joué en 1862, fut serré, mais Steinitz l'emporta 8 à 6.
Après une autre victoire contre Henry Bird, joueur anglais qui détestait le jeu de Steinitz et était partisan des attaques intuitives, l'autrichien émigra aux USA.

En 1883, les Etats-Unis étaient synonyme de richesse. Steinitz allait donner de nombreuses exhibitions et conférences, il fonda aussi une revue d'échecs :
The International Chess Magazine.

Mais une nouvelle étoile montante, Johannes Zukertort (1842-1888), défia Steinitz.



Le joueur de Riga, élève d'Anderssen qu'il battit en 1971, perdit, la même année, un match contre Steinitz. S'étant installé à Londres pour exercer son métier de joueur professionnel, il y créa une revue, The Chess Monthly.
En 1886, il se sentit d'attaque pour un nouveau défi contre le joueur autrichien, et le match débuta en janvier, à New York. Le match fut serré mais le champion autrichien gagna 10 parties contre 5 à son valeureux adversaire. Les échecs avaient son champion du monde officiel !
http://www.mark-weeks.com/chess/pgn/y6sz$wpg.zip

En Russie, à Saint Petersbourg, Mikhail Tchigorine allait contester la suprématie de Steinitz. Un match eut lieu à La Havane et le rusé autrichien l'emporta de justesse !




Mais Steinitz avait 60 ans, et un jeune prodige allait lui ravir sa couronne mondiale !





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Posté le 18/06/2006 à 12:58



Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas parcouru un topic aussi intéressant et plaisant sur le G, merci beaucoup Tietie007!

Les échecs sont l'un des jeux les plus passionnants et les plus difficiles qui existe, et c'est vrai que les grands joueurs d'échecs ont souvent été par ailleurs des personnages remarquablement doués (que ce soit en musique, en sciences, en stratégie militaire ou autres).
L'idée de suivre les pérégrinations de ce jeu à travers le temps et l'espace était excellente, et ton topic est vraiment bien illustré

En plus, certains jeux d'échecs sont de véritables oeuvres d'art



Citation :
On cite souvent le souverain Haroun-al-Rachid qui aurait offert un jeu à Charlemagne. Ce calife passionné par le jeu, passait son temps devant l'échiquier !


Ca m'a rappelé le fameux éléphant qu'Haroun aurait offert à Charlemagne et qui représenterait une pièce d'échec en ivoire :



Même s'il semble que cet épisode tienne davantage du mythe, Haroun al-Rachid reste pour moi l'un des plus parfaits exemples de souverain intellectuel ayant permis de faire progresser les arts et les sciences.


Et sinon.... La suite! La suite!



"Celui qui a bon coeur n'est jamais sot", G. Sand

Pour des pauses et des baisers, il faut des valises et un coffre à bisous...




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Posté le 20/06/2006 à 07:51

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 18/06/2006 à 11:25)


Emmanuel Lasker naquit le 24 décembre 1868 à Berlinchen, en Allemagne. Etudiant en mathématiques à Berlin, il se mit à jouer aux échecs et à faire ses gammes au Café Kaiserhof. Il devint connu lors de ses victoires contre Blackburne et Mieses à Londres.
Joseph Blackburne (1841-1924),surnommé "The Black death", domina les échecs anglais dans la deuxième moitié du 19 eme siècle. Gros buveur de whisky, il est resté célèbre pour sa fameuse incise : "Il a laissé son verre en prise et je l'ai pris en passant", à propos d'un joueur qui avait oublié un verre de whisky près de l'échiquier ...Il donnera son nom à un Gambit sur l'Italienne,http://en.wikipedia.org/wiki/Blackburne_Shilling_Gambit



Jacques Mieses (1865-1954), joueur allemand, de confession juive, est surtout connu pour avoir organisé en 1911, le tournoi de San Sebastian et pour y avoir battu José Raul Capablanca.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1096570
Mieses se réfugia en Angleterre, dans les années 30, pour échapper à la répression nazie.



Lasker était alors prêt pour défier Steinitz. Un match fut organisé entre les deux joueurs dans 3 villes nord-américaines, New York, Pensylvania et Montréal, et le jeune allemand battit son prestigieux aîné par 10 victoires à 5 !



Une revanche eut lieu à Moscou, en 1896, et le vieux Steinitz fut écrasé par 10 victoires à 2, perdant définitivement son titre de Champion du Monde !



http://www.chesscorner.com/worldchamps/lasker/laskergames.htm

Un long règne de plus de 20 ans commençait ...





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Posté le 20/06/2006 à 13:51

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 20/06/2006 à 07:52)


Voilà du topic intéressant!





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Posté le 21/06/2006 à 07:57

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 20/06/2006 à 07:52)


La défaite de Steinitz fut un coup de tonnerre dans un ciel bleu ! Certes Lasker était reconnu comme un joueur talentueux par ses pairs, mais de là à battre le champion du monde ! Le jeune allemand, qui rendit hommage à son glorieux aîné, reconnu que le poids des ans avait joué son rôle.
Emmanuel Lasker était une personnalité très éclectique. Bien que joueur d'échecs professionnel, il était aussi Docteur en Mathématiques et Docteur en Philosophie ! D'ailleurs il aimait avant tout être considéré comme un philosophe, il écrivit d'ailleurs 3 ouvrages en philosophie, dont Le Combat ...révélateur, aussi, de sa combativité échiquéenne légendaire ! Il s'intéressa même à la sociologie, son livre, La communauté du futur ,envisage toute une série de réformes !
Il fut l'ami d'Albert Einstein, avec qui il avait de longues discussions sur la relativité, le savant lui repprochait, d'ailleurs, de perdre son temps avec le jeu !



D'ailleurs, Lasker fut aussi un joueur de première force au bridge, faisant partie de l'équipe d'allemagne au championnat du monde !
Le joueur allemand, qui ne prisait guère la théorie, était avant un tout un praticien, un joueur dans l'âme, au style universel soutenu par une volonté sans faille. Il affirmait :
Les échecs mettent en conflit non pas deux intelligences, mais deux volontés."
Et après sa deuxième victoire contre Steinitz, cette phrase résumait bien son caractère :
"Le joueur a battu le penseur."
Confiant dans sa supériorité intrinsèque, notamment dans le milieu de jeu, Lasker qui n'était pas un spécialiste des ouvertures, ne cherchait pas à prendre l'avantage dans cette phase de jeu.
Il attendit 6 ans pour remettre son titre en jeu et ne joua que deux tournois pendant ce laps de temps, à Londres et à Paris, en 1900. Les tractactions avec le champion des Etats-Unis furent longues car le champion voulait une bourse très élevé pour l'époque, 2000 dollars !
"Je ne veux pas finir dans la misère, comme Steinitz." aurait-il avoué !
Après maintes discussions, Lasker accepta une bourse de 1000$ et le match contre FJ Marshall commença en janvier 1907.



Marshall, joueur d'attaque, est resté célèbre pour avoir donner son nom à des Gambits de pions, notamment sur l'Espagnole ,
http://baloochess.free.fr/Double%20Gambit%20Marshall/DGM.htm
http://ajec-echecs.org/ouvertures/nom5.php?id=1758&chaine=marshall
mais le champion américain, malgré sa fougue, se fracassa sur la défense du champion allemand. Il ne remporta pas la moindre victoire, perdit 8 parties et annula 7 fois !

Un autre concurrent, plus redoutable, attendait son heure. Siegbert Tarrasch (1862-1934), avait refusé un match contre Lasker, en 1894, alors que celui-ci n'était pas encore champion du monde ! Les conceptions de Tarrasch, sur les échecs, étaient l'opposé de celles de Lasker ! Le Praecptor Germaniae (surnom dont on affublait Tarrash pour son côté professoral et doctrinaire.) était un dogmatique qui avait gravé des principes de jeu dans l'airain !
Placez vos tours sur les colonnes ouvertes.
Roquez rapidement.
Occupez le centre avec les pions.
Ne bougez jamais deux fois la même pièce dans l'ouverture.
Développez d'abord les cavaliers, ensuite les Fous
.

Les échecs étaient pour lui une science, obéissant à des lois précises. L'orthodoxe Tarrasch ne pouvait qu'être effrayé par le pragmatique Lasker ...Le Praecaptor méprisait le champion du monde qu'il considérait comme un joueur de café, Lasker se gaussait de l'esprit rigide de Tarrasch, brillant plus dans les salons que sur l'échiquier !




La confrontation allait se dérouler à Düsseldorf puis à Munich, en 1908.
Essayant de se faire rencontrer les deux joueurs avant le match, Tarrasch, en voyant Lasker, s'écria :
Pour vous, Dr Lasker, je n'aurai que trois mots à vous dire :échec et mat !

La deuxième partie du match illustre bien le style et la personnalité des deux adversaires ! D'un côté, un Tarrasch arrogant, sur de ses principes et ayant jugé la position des noirs, inférieure, de l'autre, Lasker, son pragmatisme et sa volonté hors-norme !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1241474
Lasker gagna le match aisément, 8 à 3. Tarrasch trouva bien sûr une excuse, le climat ...humide !

Mais un autre joueur, d'une autre trempe, allez bientôt menacer le champion allemand ...





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Posté le 22/06/2006 à 07:48

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 21/06/2006 à 07:58)


Lasker fit un détour par Paris pour affronter un autre champion, David Janowski. Janowski (1868-1927), français d'adoption, il est né en Pologne, hantait le café de la Régence pour s'adonner à sa passion ...le jeu ! Le jeu sous toutes ses formes ! Les échecs dominaient sa vie, mais il était féru des jeux de hasard et les prix gagnés dans les tournois finissaient, invariablement, dans les caisses de quelque casino !





Janowski était une vraie terreur dans les tournois à cause de son style sans compromis. Sa tactique était toujours la même ..."Tout pour l'attaque !". Les nulles ne l'intéressaient pas, seul le mat comptait ! Cette philosophie offensive avait un revers, lorsqu'il forçait des positions égales ! Le franco-polonais est resté célèbre pour le maniement des Fous, que les américains ont baptisé "the two Jan's", tant Janowski excellait dans leur utilisation ! Il jouait aussi très bien les débuts de partie, ce qui fit dire à Lasker :
"Qu'on me donne une partie de Janowski au dixième coup, et je me charge de la gagner !".
Janowski rencontra 3 fois en match, Frank J.Marshall, en 1905, 1908 et 1912. La première fois, subissant la loi de l'américain, il lança, furieux, un défi extravagant à l'américain, il lui proposait, dans leur match revanche, de lui donner 4 points d'avance ! Le match retour fut gagné par le franco-polonais, qui perdit la belle !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1064746
Janowski avait une confiance en lui inébranlable, et il défia le champion du monde, Emmanuel Lasker. Le champion allemand, conscient que le franco-polonais était certes un joueur dangereux, mais pas de la trempe d'un Steinitz, s'empressa d'accepter, lui qui d'habitude, faisait plutôt traîner les discussions !
Le match commença en 1909, à Paris. Mais l'attaque à tout prix ne passait pas avec le champion du monde, qui excellait dans la défense et la contre-attaque. Janowski perdit le match 8 à 2 ! Le match revanche ne fit que confirmer le premier résultat. 9,5 à 1,5 pour Lasker !
Voici une partie typique des deux styles en présence :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1064703

Lors du déclenchement du conflit mondial, il partit aux Etats-Unis où il vécut 10 années difficile. Son retour en France, en 1924, n'arrangea rien. Malade, ruiné, abandonné de tous, il décéda dans la ville de Hyères, où il est enterré. Sur sa tombe, on peut lire une belle épitaphe d'Omar Kheyam, poète persan du Moyen Age :
"Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d'échecs jouée par Dieu. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance un à un dans la boîte du Néant."




Un des chefs d'oeuvre de Janowski, contre Schallopp, au tournoi de Nuremberg, 1896.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1064502

Janowski ne fut pas un adversaire très dangereux pour un Lasker conscient de sa force.





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Posté le 22/06/2006 à 10:17

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 22/06/2006 à 07:48)


Dans l'histoire des grands tournois, celui de Hastings tient une place particulière. En effet, toujours organisé aujourd'hui, il a été crée en ...1895 ! La première édition réunissait Tchigorine, Steinitz, Blackburne, Mieses, Janowski, Tarrasch, Lasker, et Pillsbury, Bird, Gunsberg, Bardeleben, Adolf Albin. Si nous avons déjà parlé des 7 premiers, nous n'avons pas encore évoqué la carrière des 5 derniers!
Harry Nelson Pillsbury (1872-1906)fut un météore du monde des échecs. Américain, il apprit les échecs à 16 ans et 4 ans plus tard, il était déjà considéré comme le plus fort joueur du nouveau continent ! Le jeune américain avait une singularité ...il possédait une mémoire phénoménale ! Pillsbury pouvait faire une simultanée à l'aveugle contre 20 joueurs et jouer en même temps au whist !!



Ses débuts échiquéens furent très prometteurs. 1ere place au tournoi de Hastings, 1895, devant tous les meilleurs mondiaux, champion des USA en 1897, vainqueur du tournoi de Munich en 1900, 2eme au tournoi de Paris, en 1900, où se joua la fameuse partie contre Marco :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1000091
Mais comme Morphy,il allait connaître une fin tragique. Atteint de troubles mentaux à la suite d'une syphilis, il mourut à l'âge de 34 ans en 1906. Le monde des échecs regrettera la disparition de ce phénomène qui aurait pu menacer Lasker pour le titre de champion du Monde !
Henry Bird (1830-1908) était déjà âgé lorsqu'il participa au tournoi de Hastings. Il perdit un match contre Morphy, lorsqu'il avait 28 ans.



Il restera dans l'histoire des échecs pour sa fameuse ouverture qui porte son nom, et qui commence par 1.f4
http://www.chessgames.com/perl/chessopening?eco=A03
Isidore Gunsberg (1854-1930), né en Hongrie, restera dans l'histoire pour avoir affronté Steinitz, en 1890-91, à New York, pour le titre de champion du Monde. D'ailleurs il perdit de peu contre le champion autrichien !



Le style offensif de Gunsberg pouvait être redoutable :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1054717
Le comte Curt von Bardeleben (1861-1924), sa vie et sa mort ont inspiré la nouvelle de Vladimir Nabokov, The Defense. Il se suicida par défenestration en 1924.



Extrait du livre de Nabokov, La défense Loujine :
http://classes.bnf.fr/echecs/litt/nabokov.htm
Enfin Adolf Albin (1848-1920), roumain, vint aux échecs relativement tard, vers 20 ans, et joua son premier tournoi international à 40 ! Le joueur roumain rencontra tous les grands joueurs de l'époque mais ne put jamais vraiment rivaliser avec eux, ayant commencé trop tard l'apprentissage du jeu. Il est resté dans l'histoire pour son fameux Contre-gambit qui porte son nom.
http://en.wikipedia.org/wiki/Albin_Countergambit

Le tournoi de Hastings vit la victoire de Pillsbury devant Tchigorine et Lasker.
http://en.wikipedia.org/wiki/Hastings_1895_chess_tournament
Voici la photo des participants au tournoi :






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Posté le 22/06/2006 à 10:19


C'est ce que j'appelle un très bon topic !



une rupture de ce continuum espace-temps a provoqué une nouvelle séquence chrono-évènementielle, entrainant l'émergence de cette réalité alternative
Allez l'OL




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Posté le 22/06/2006 à 10:20


Très chouette topic



http://spaces.msn.com/members/feuillesdautomne
Je cherche en vain depuis cette orchidée de riche
Qui dans ma pauvre chambre un beau soir a fleuri.




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Posté le 22/06/2006 à 14:59

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 22/06/2006 à 10:18)


tu joues aux échecs toi?

je joue très souvent, quand je suis pas dégoûté et j'ai rien à faire



Like sister to brother - father to mother
We live for each other - we're lover to lover
As deep as an ocean - filled with emotion
I'm forever open




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Posté le 23/06/2006 à 06:37

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 22/06/2006 à 10:18)


Lasker avait tendance à choisir minutieusement ses adversaires. Son choix se porta sur Karl Schlechter. Homme modeste et pacifique, Schlechter (1874-1918) possédait un talent énorme mais son manque d'agressivité l'empêchait de rivaliser avec les meilleurs.



Le joueur autrichien était un spécialiste de la nulle, son score dans les tournois, 80% de nulles, reflétait bien cette tendance pacifique. Dans un match contre Marco, en 1893, les 10 parties jouées furent nulles !!
Lasker avait donc choisi un adversaire qu'il pensait sans danger. Il avait imposé à son adversaire que pour le détrôner, il fallait qu'il le gagne de deux parties ...et il aurait fallu, en plus, que le prétendant confirme sa victoire dans un match revanche ! Schlechter avait accepté ces conditions iniques !
Le match eut lieu à Vienne, à la fin de l'année 1910. Et à la surprise générale, l'autrichien au bout de 9 parties menait d'un point !! Dans la 10eme et dernière, Lasker égalisa et resta champion du monde, mais le champion allemand avait senti le souffle de la défaite !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1121161
Schlechter eut une fin tragique. La guerre le ruina et épuisé, il mourut en 1918.
Lasker après s'être fait peur n'allait pas remettre son titre en jeu de si tôt !
Pourtant un candidat frappait à sa porte. Un petit juif polonais du nom de Akiba Rubinstein(1882-1961), destiné à devenir rabbin, s'initia aux Echecs tardivement, à l'âge de 16 ans. Travailleur monomaniaque, le joueur polonais travailla d'arrache-pied et sa progression fut fulgurante ! Personnalité renfermé et solitaire, Akiba ne vivait que par et pour les échecs !





Puriste dans l'âme, cherchant le meilleur coup tout le temps, le joueur polonais gagna 4 tournois consécutivement lors de l'année 1912, un record ! Rubinstein qui pouvait avoir des passages à vide terrible, était un expert des finales, sa fameuse partie contre Schlechter, au tournoi de Saint Sébastien, en 1912, illustre bien sa force dans les fins de partie.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1119747
La monomanie de Rubinstein développa des troubles mentaux. Le joueur polonais s'enfermait dans son univers mental, soliloquant souvent, lorsqu'il attendait le coup de son adversaire, blotti dans un coin. La guerre lui fit subir de terribles épreuves, et après celle-ci, il ne retrouva jamais son niveau d'antan. Il arrêta sa carrière de joueur en 1932, retournant à jamais dans l'anonymat.
Rubinstein, comme beaucoup d'autres, aurait mérité de rencontrer Lasker, mais le champion du monde se gardait bien de jouer contre des adversaires aussi dangereux !
Cette partie joué contre Tarrasch, à Hastings, en 1922, illustre bien les éclairs de génie d'Akiba :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1119792





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Posté le 23/06/2006 à 14:00

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 23/06/2006 à 06:37)


C'est marrant, d'après la vision "historique", les russes ne sont pas vus comme de grands joueurs d'échecs
C'est sans doute parce que les russes préfèrent perdre une partie si celle-ci doit apporter plus (au niveau de la qualité) aux deux joueurs...



fermez les paupières,
reposez-vous les yeux,
et n'oubliez pas
l'anniversaire de Nicolas;)




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Posté le 24/06/2006 à 09:04

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 23/06/2006 à 06:37)


Les échecs connaissent au début du 20eme un renouveau important. Une nouvelle génération de forts joueurs s'affrontent dans des tournois prestigieux de plus en plus en plus nombreux. New York, Hastings, Paris, Carlsbad. Le tournoi de San Sebastian, juste avant la guerre, en 1911, réunit tous les meilleurs joueurs de l'époque.




Le cubain José Raul Capablanca est la force montante des échecs, à l 'époque.




La légende veut que Capablanca (1888-1942), battit son père dès l'âge de 4 ans, alors qu'il n'était pas censé savoir jouer, ayant juste observé son géniteur dans des parties d'amateur ! A 16 ans il devint champion de Cuba, son style était très positionnel. Le cubain gagnait un petit avantage qu'il exploitait dans les finales, phase du jeu où il excellait ! Il était l'anti-romantique par excellence, ne basant pas son jeu sur l'art combinatoire ou des attaques éclairs ! Dandy raffiné, aimant les femmes et la belle vie, le jeune cubain va écumer les tournois d'échecs avant d'atteindre le nirvana, sa rencontre avec Lasker en 1921.
Le tournoi de San Sebastian est son premier grand rendez-vous échiquéen international, et il va le gagner !
Voici une partie typique illustrant le style du cubain, contre Spielmann, un joueur d'attaque, lors de ce tournoi.

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1130742

Le deuxième fut le profond Akiba Rubinstein, le troisième est un des fondateurs de l'école hongroise.

Milan Vidmar (1885-1962), né en autriche-hongrie,à Ljubljana (Slovénie aujourd'hui). Etudiant brillant, il fut diplomé en électricité à l'université de Vienne, en 1907. Professeur à l'Université de Ljubljana, membre de l'Académie des sciences et des arts slovènes, il est un des fondateurs de l'Ecole d'ingénieur en électricité de la ville. Vidmar pratiquait les échecs en pur amateur, et malgré ce handicap rivalisait avec les meilleurs professionnels d'avant-guerre ! Par la suite il devint arbitre international et arbitrera le premier championnat du monde d'après-guerre, en 1948. Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages d'échecs.





L'américain Frank Marshall finissait 4 eme.

Aaron Nimzovitch 5 eme. Nimzovitch (1886-1935) est avant tout un théoricien des échecs qui va révolutionner les conceptions du jeu. Né à Riga, le jeune Aaron apprit les échecs dès l'âge de 8 ans, en regardant son père. Marqué par Steinitz, il va enrichir la réflexion stratégique en fondant l'école hypermoderne.
Dans la conception classique,dont le maître à penser est Siegbert Tarrasch, le centre doit être occupé par les pions dès le début de la partie. Nimzovitch, lui, affirme que le centre ne doit pas être occupé mais contrôlé, à distance (par un fou en fianchetto par exemple.).Joueur positionnel, défensif, son credo était "Restreindre, bloquer, détruire." Il inventa d'ailleurs, la notion de "blocage" avec un Cavalier. Il souligna l'importance de la surprotection ou de la domination des cases d'une certaine couleur. Ses conceptions échiquéennes sont réunies dans son célibrissime livre, Mein System, qui est toujours une référence aujourd'hui pour tout apprenti joueur !








Plus théoricien que joueur, Nimzovitch fut assez incompris, à son époque, accusé d'avoir de briser l'harmonie du noble jeu, on soulignait la laideur de son jeu. Il va influencer par la suite toute une génération de joueur, dont le plus célèbre fut Tigran Petrossian. De nombreuses variantes échiquéennes portent son nom aujourd'hui, ainsi qu'une défense.


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1102349

On ne peut pas en évoquant Nimzovitch ne pas parler de Richard Réti (1889-1929), un des plus fervents admirateurs de l'hypermodernisme. Le joueur slovaque se convertit aux idées de Nimzovitch, après la guerre, et battit même le champion cubain JR Capablanca, en 1924.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1102101
Il contribua à enrichir la théorie des ouvertures, avec l'ouverture qui porte son nom, http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9but_R%C3%A9ti et était un grand spécialiste des simultanées à l'aveugle ...il joua contre 29 joueurs une fois !!
http://users.skynet.be/jardinsdecaissa/simul/reti24.html

Schlechter et Tarrasch finirent 6eme et 7eme. A noter que l'hypermoderne Nimzovitch finissait devant l'hyper-classique Tarrasch, ce qui dut être une petite victoire en soi pour le joueur letton !
Ossip Berstein occupait la 8eme place. Bernstein (1882-1962), est né à Jitomir en Ukraine, dans une famille juive.Il fut un des meilleurs joueurs d'échecs jusqu'à la première guerre mondiale.Se réfugiant en France, au début du premier conflit mondial,il retourna en Russie lors de la révolution.
En 1918, il est arrêté par la Tcheka, à Odessa, considéré comme un contre-révolutionnaire. Juste avant d'être exécuté, un officier lui demanda si il était le fameux maître d'échecs ? Après une réponse affirmative du joueur russe, l'officier, soupçonneux, lui proposa un marché effrayant : ils allaient faire une partie, et si il perdait ou faisait nulle, il serait exécuté ...si il gagnait, il avait la promesse d'être libéré ! Bernstein gagna la partie et fût relaché !!
Il s'établit alors définitivement en France et il arrêta les échecs jusqu'en 1930. Cet avocat, homme d'affaire avisé, fit fortune et perdit successivement avec le conflit mondial, puis la révolution bochevique, et en France lors de l'invasion nazie en 1940.





Rudolf Spielmann termina 9eme. Spielmann (1883-1942), appelé le dernier romantique pour son style d'attaque virevoltant, spécialiste des gambits, il évolua vers un jeu plus positionnel dans les années 20, arrivant dans les 10 premiers mondiaux. Fine disait de lui, qu'il avait deux objectifs dans la vie :
-les échecs.
-amasser assez d'argent pour acheter de la bière ...



http://www.mjae.com/spielmann.html




Richard Teichmann (1968-1925), finit à la 10eme place. Le joueur allemand au style très romantique, ne put jamais véritablement rivaliser avec les meilleurs. Il est connu pour avoir affirmé que :
"Les échecs c'est 99% de tactique." La tactique, le credo des joueurs romantiques qui sera mis à mal par la révolution hypermoderne.
et "Le génie consiste à savoir transgresser les règles au moment opportun."




Janowski est son style "tout pour l'attaque", finissait 11eme. On peut remarquer que lors de ce tournoi, les tenants du style romantique furent battus à plate couture !

Geza Maroczy (1870-1951), joueur hongrois, connu pour son traitement positionnel de la sicilienne avec son fameux "Etau", finissait 12eme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sicilienne_Maroczy




Amos Burn (1848-1925), fut avant tout, un joueur du 19eme siècle qui annonçait Nimzovitch. Il prit des cours auprès de Steinitz et était plutôt un joueur défensif. D'ailleurs le père de l'hypermodernisme le cite dans un de ses livres comme étant un des meilleurs joueurs défensifs ! Journaliste, il tenait la rubrique échiquéenne dans The Field, il ne fut jamais un pro. Son heure de gloire fut sa victoire contre Alexandre Alekhine au tournoi de Carlsbad, en 1911.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1000646
Une variante de la défense française porte son nom.



Burn est aussi connu pour sa célère citation :
Je n'ai jamais eu la satisfaction de battre un joueur en pleine forme !, stigmatisant la mauvais foi du joueur d'échecs battu, qui se cherche une pléïade d'excuses !!

Enfin Duras et Leonhardt finissent dernier.

Oldrich Duras (1882-1957), joueur tchèque, dans les premiers mondiaux avant la première guerre mondiale, son style se caractérise par son excellence combinatoire !




Paul Saladin Leonhardt (1877-1934), termina 1er au tournoi de Copenhague, devant Maroczy et Schlechter. Mais le joueur allemand eut surtout l'honneur de battre Nimzovitch en match 4 à 1, en 1911 !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1000665






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Posté le 24/06/2006 à 11:15

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/06/2006 à 06:14)


Topic passinonné et documenté, bravo!
Ca me donne envie de me remettre aux échecs,moi.



"On m'a dit: tu n'es que cendres et poussières. On a oublié de me dire qu'il s'agissait de poussières d'étoiles"




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Posté le 25/06/2006 à 11:41

 - En réponse à OdysseusII (Voir le message du 24/06/2006 à 11:15)


Lasker, champion prudent et avisé, essayait de choisir des challengers à sa mesure. Mais il ne pouvait pas, ad vitam aeternam, éviter de rencontrer le cubain José Raul Capablanca, qui s'était révélé en gagnant le tournoi de San Sebastian, en 1911. Les deux champions s'étaient déjà rencontré, notamment au tournoi de Saint Petersbourg, en 1914. A la dernière ronde, les deux champions se rencontrèrent, le cubain, en tête, avec un demi-point de plus sur l'allemand. Lasker devait impérativement gagner pour terminer premier et ...
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1258181
échangeant les dames rapidement, le champion allemand fit parler sa technique, gagna la partie et le tournoi !

Malgré cette défaite, le cubain, après la guerre, était le challenger tout désigné. Lasker comme à son habitude, jouait la montre, et devant l'insistance du cubain, il répondit avec vigueur à une de ses lettres :
"Il est un jeune homme dont la carrière a été très courte. Il se surestime. Son palmarès est un match gagné et un premier prix. Voilà 20 ans que je suis à la tête du monde des échecs et que .J'ai gagné beaucoup de matchs et de premiers prix. Une attitude plus modeste eut été bienséante. Je suis contraint d'accepter tous les défis. Mais j'ai certains droits qui me protègent. Capablanca a fait peu de cas de ces droits et doit céder la place qu'il a usurpée à des aspirants plus méritants au championnat du monde."

Devant les résultats brillants du cubain, les pourparlers reprirent, traînant en longueur. Puis coup de théâtre, Lasker écrivit une lettre au cubain, abandonnant son titre ...Capablanca ne l'entendit pas de cette oreille, trouva une bourse de 20 000$, et le match put commencer, le 16 mars 1921, à La Havane.



Le quinquagénaire Lasker pressentait-il sa défaite contre le trentenaire Capablanca ? Certainement ! Les 4 premières parties se terminèrent par la nullité, et dans la 5eme, le champion du monde, fatigué, fit une bourde énorme et perdit la partie !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1241495
Sur 45...Roi en e6 ou en f6, la partie aurait été nulle.
Lasker tenta de refaire son handicap, mais le cubain, solide, ne cédait pas. Les 4 parties suivantes furent nulles, et lors de la 10eme partie, Capablanca allait porter l'estocade :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1241504
Le thème tourna autour de la faiblesse du pion d4, et le cubain, avec une technique impeccable, réussit à exploiter cette micro-faiblesse ! Lasker , sonné, fut humilié lors de la 11eme partie :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1241498
Ce fut le coup de grâce ! Après une quatrième défaite, Lasker décida d'abandonner le match et de laisser son titre ! Le nouveau champion du monde s'appelait José Raul Capablanca !



Son règne allait durer 6 ans !





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Posté le 25/06/2006 à 15:32

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 25/06/2006 à 11:41)


Capablanca arriva à New York, invincible, en 1924. La ville américaine accueillait un tournoi d'échecs international prestigieux !
Emmanuel Lasker, va prendre sa revanche sur Capablanca, en gagnant le tournoi.
Le cubain, champion du Monde finit 2eme.


.
Le russe Alexandre Alekhine, étoile montante des échecs finit 3eme. Alekhine, né à Moscou en 1892, dans une famille noble, fit ses études à la Haute école impériale de droit pour la noblesse de Petrograd. Il entra par la suite au ministère des Affaires étrangères de Russie, mais sa carrière fut interrompue par les hostilités de la Première guerre mondiale. Après la Révolution de 1917, il s'exila à Paris. Son entrée sur la scène des échecs internationaux fut discète, et il fallut qu'il attende l'âge de 20 ans pour enregister son 1er succès au tournoi international de Stockholm, et fut pris au sérieux avec sa 3eme place au tournoi de Petrograd, derrière Lasker et Capablanca. Il excellait avant tout dans le jeu combinatoire.




Voilà une partie qu'il gagna contre Yates, lors de ce tournoi. Une attaque des 4 pions sur l'Est-indienne.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012293
On reparlera d'Alekhine un peu plus tard.

Marshall finit 4ème et Reti, 5eme. Le joueur tchèque, apôtre du jeu hypermoderne, créa la sensation en battant le champion du monde, José Raul Capablanca, invincible depuis 8 ans !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1102101 Reti vint à bout du joueur cubain, avec l'ouverture ...Reti !

Maroczy finit 6eme et Efim Bogoljubov, 7eme.
Bogoljubov (1889-1952), fut emprisonnée en Allemagne durant la première guerre mondiale. Comme le héros du Joueur d'échecs de Stefan Zweig,



le russe passe trois ans dans sa cellule devant un échiquier ! Il gagna même trois tournois interprisonniers ! La passion du jeu ne le quitta plus, et il s'exila en Allemagne lors de la révolution russe.



http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1030777
L'allemand d'adoption refera parler de lui !

Une autre personnalité des échecs, Xavier Tartacover, finit 8eme.
Tartacover (1887-1956), juif russe du Don, émigré en Autriche-Hongrie,fera la 1ere guerre dans l'armée des Habsbourgs. Il s'installa à Paris après-guerre. Joueur d'échecs, journaliste, écrivain, il est connu pour ses mots d'esprit :
On a jamais gagné une partie en abandonnant.
Les erreurs sont là pour être commises.
Tartacover ne put jamais rivalisé avec les plus grands, mais il restera dans l'histoire comme un fin analyste, analysant les parties avec un humour dont il avait le secret ! Son Bréviaire des échecs et Tartacover vous parle, restent deux livres de référence !











http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1030773

L'anglais Yates termine 9eme. Frederic Yates (1884-1932),6 fois champion d'angleterre, pouvait être très dangereux, il a battu tous les plus grands joueurs de son temps. Très fair play, il publia même dans son livre mes 101 meilleures parties un de ses défaites contre Capablanca ! Son heure de gloire fut sa victoire contre Alekhine, au tournoi de Carlsbad en 1923 !




La partie contre Alekhine, à Carlsbad, qui implique un très beau sacrifice de qualité :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012179

Edward Lasker et Janowski ferment la marche.
Edward Lasker (1885-1981),né à Breslau, en Allemagne, émigra très tôt aux Etats Unis à cause de la première guerre.Dîplomé de l'université de Berlin en Mécanique, il inventa "The breast pump", qui sauva beaucoup d'enfants prématurés et fit de lui un millionnaire, d'où son surnom The chest player (chest = coffre) . Sa partie où il sacrifia la dame contre George Thomas est la plus célèbre. Lors de ce tournoi, dont il fit un livre en 1974, il annula contre le grand Capablanca !



Sa fameuse partie contre George Thomas, à Londres, en 1911, qui implique un sacrifice de Dame !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1259009
Il fut aussi un écrivain prolixe, son Chess strategy est resté dans le panthéon des livres d'échecs !





La dernière place Janowski, dont nous avons déjà parlé, apôtre du style offensif, consacre la fin des échecs romantiques.




Mais déjà, un nouveau génie des échecs se profile à l'horizon ...





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Posté le 27/06/2006 à 13:08

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 25/06/2006 à 15:32)


L'internationalisation du jeu d'échecs avait vu, dès 1924, la création de la Fédération internationale des échecs (FIDE) pour organiser le développement du jeu. Sa devise, Gens una sumus, nous sommes une famille, était un peu optimiste, à l'époque, dans la mesure où certains pays, n'adhérèrent pas tout de suite à la nouvelle organisation, comme l'URSS, qui attendra 1946.
Les échecs vont d'ailleurs connaître un développement fulgurant dans le pays des soviets, notamment sous l'influence de Nikolai Krylenko (1885-1938). Bolchevique de la première heure, compagnon de Lénine, il fut un chaud partisan de la Terreur rouge et avait prononcé ces phrases terribles :
"Nous devons exécuter non seulement les coupables, mais aussi beaucoup d'innocents pour impressionner les masses !".
Nommé en 1925 comme Président des sections d'échecs d'URSS, il peut être considéré comme le père des échecs soviétiques, oeuvrant à un développement massif du jeu.
"Nous devons en finir avec la neutralité des échecs, dira-t-il. Nous devons condamner une fois pour toute la conception des échecs pour l'amour des échecs, comme l'art pour l'amour de l'art ! Nous devons créer des brigades de choc de joueurs d'échecs et commencer immédiatement la réalisation du plan de 5ans pour le développement du jeu."
Krylenko annonçait clairement la couleur ! Les échecs étaient une activité éminemment politique qui devait servir la cause de la révolution. Dans ce cadre, il organisa pour la première fois dans la Russie bolchevique, le Tournoi International de Moscou, en 1925.





Krylenko qui aura par la suite des fonctions élevées dans l'appareil judiciaire soviétique où il théorisa le concept d'une justice politique qui devait avant tout s'attaquer aux opposants. Chaud partisan de la Terreur de masse, il fut progressivement éclipsé par le terrible Vichinsky et fut victime des idées qu'il préconisait en étant éliminé lors des grandes purges de 1938 !

La star du tournoi de Moscou était sans conteste le champion de Monde José Raul Capablanca. Le cubain donna une simultanée où il écrasa tous ses adversaires sauf un ...Un jeune garçon de 14 ans allait créer une immense surprise en annulant face au champion ! Le garçonnet, Mikhail Botvinnik, allait faire reparler de lui quelques années après !

Le tournoi fut gagné par Efim Bogoljubow, qui bientôt s'exilera en Allemagne. Le style offensif du joueur ukrainien transparaît dans cette partie contre Carlos Torre.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1030829

Le deuxième était l'inusable Emmanuel Lasker, qui malgré la perte de son tirtre, 4 ans plus tôt, était plus en forme que jamais.
Capablanca termina 3eme. On raconte que le cubain, troublé par l'arrivée de sa superbe femme dans la salle du tournoi, laissa un cavalier en prise et perdit la partie !
Frank Marshall et le facétieux Tartacover prenaient respectivement la 4eme et 5eme place.
Le 6eme fut à l'énigmatique mexicain Carlos Torre. Torre (1904-197), originaire de Merida, dans la province de Yucatan, va dès l'âge de 10 ans immigrer à La Nouvelle Orléans avec toute sa famille. Très vite, il va devenir le meilleur joueur de Louisiane. Il décide alors, à 20 ans, d'écumer les tournois européens pour se mesurer aux meilleurs joueurs de son époque. En Octobre 1926, il sombra dans une profonde dépression et se retira définitivement du monde des échecs.Une carrière à la Morphy ! Il fut honoré de manière posthume par la FIDE, qui lui décerna le titre de Grand Maître International en 1979. Le mexicain allait surprendre tout le monde avec son ouverture ...Torre,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_Torre
avec laquelle il réalisa le score de 3,5 sur 5. Sa victoire contre Emmanuel Lasker démontre toute sa virtuosité combinatoire :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1100063





Peter Romanovsky finissait 8eme, juste derrière Richard Reti. Romannovsky (1902-1964), champion d'URSS en 1923 et 1927, maître international en 1950, sera surtout connu pour ses qualités de théoricien, il soulignera notamment l'importance de la centralisation des pièces, mais aussi par ses qualités d'écrivain. Certains de ses livres sont toujours d'actualité aujourd'hui !





Ernst Gruenfeld terminait à la 9eme place. Gruenfeld (1893-1962), autrichien, perdit une jambe dans son enfance passé dans un milieu modeste. Il se plongea rapidement dans les échecs pour devenir un des meilleurs joueurs du monde. Sa carrière de joueur fut stoppée par la Première guerre mondiale. Il était considéré comme un expert des ouvertures et introduit la fameuse défense qui porte son nom, lors du tournoi de Bad Pistyan en avril 1922.
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9fense_Gr%C3%BCnfeld
Défense avec laquelle il battit Alekhine, à Vienne, en 1922:
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012148
L'autrichien est très connu pour ses talents d'écrivain échiquéens, il possédait, aussi, une bibliothèque échiquéenne faramineuse ! Il décéda d'obésité en 1962.





Ilyin Zhenevsky occupait la 10eme place. Né en 1894 à Saint Petersbourg, il gagna le premier champion d'URSS en 1920. Il mourut en 1941, tué par un raid aérien allemand, lors du siège de Leningrad. Il créa la surprise, lors du tournoi de Moscou, en battant, avec les Noirs, le champion du Monde:

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1100030

Bohatirchuk terminait 11eme. Fedor Bohatirchuk (1892-1984), ukrainien, perdit un match en 1914 contre Capablanca. Interné durant la guerre en Allemagne, il retourna en Russie par la suite, où il participa à 6 championnats d'URSS. En mars 1935, lors du tournoi de Moscou, il réussit l'exploit de gagner contre l'étoile montante des échecs soviétiques, Mikhail Botvinnik :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1031876
A la suite de cette victoire, le terrible Ministre de la Justice, Nikolai Krylenko, fondateur des échecs soviétiques, lui aurait dit :
"C'est la dernière fois que tu gagneras contre Botvinnik" ! Et ce fut le cas puisqu'il ne joua plus contre le champion russe. Il garda un score positif contre le futur champion du Monde de +3 =2 !
Rallié au comité de libération des peuples de Russie dirigé par le général Vlassov, durant la seconde guerre mondiale, sous la houlette des allemands, il ne retourna jamais en URSS après la guerre, étant considéré comme persona non grata ! Il émigra au Canada en 1948 continuant sa carrière échiquéenne sur le continent nord-américain.




Verlinsky Boris prit la 12eme place. Verlinsky (1888-1950)connut son heure de gloire en 1929, date à laquelle il fut champion d'URSS, ce qui lui conféra le premier titre de GM d'URSS, titre qui lui fut retiré, par la suite, au profit de Botvinnik ...




Le soviétique eut le scalp de Capablanca, avec cette partie soulignat la créativité combinatoire du russe !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1100043


Spielmann et Akiba Rubinstein, en petite forme, prirent la 13eme et 14eme place.

Le russe de confession juif, Grigory Levenfish se plaça à la 15eme place. Né en 1889, il fut le leader des joueurs d'échecs soviétiques juifs dans les années 20. Il gagna 3 fois le championnat de Léningrad et termina à des places d'honneur lors de plusieurs championnats d'URSS. En 1937, il fit match nul lors d'une confrontation avec Botvinnik. Mais malgré son talent, les autorités soviétiques lui barrèrent la route au proft de Botvinnik, lui interdisant de jouer à l'étranger. Levenfish vivait dans des conditions matérielles très précaires voire misérables ! Il reprit alors son métier d'ingénieur, délaissant progressivement les échecs. Sosonko, dans son livre sur les joueurs d'échecs soviétiques, le décrit comme quelqu'un d'intègre et humble, qui ne s'est jamais plaint de ses conditions de vie. Il est connu pour ses ouvrages d'échecs notamment sur les finales de tour, il décéda en 1961.




Voici une partie que Levenvish gagna brillament contre Korchnoi, en 1953, lors d'un championnat d'URSS:

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1080928

Rabinovich,Ilya(1891-1942) prit la 16eme place. Champion d'URSS en 1934, plusieurs fois champions de Léningrad, il mourut lors du siège de Léningrad, lors de la grande guerre patriotique, en 1942.
Une partie contre Akiba Rubinstein, qu'il gagna lors de ce tournoi, avec une petite combinaison finale :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1100058

L'anglais Yates, 17eme, et Fritz Saemisch, 18eme. Saemisch (1896-1975), né à Berlin, fut champion d'Autriche en 1921 et gagna un match contre Reti la même année. Il battit Capablanca en 1929, sur une bourde monumentale du cubain, celui-ci perdant une pièce au 11eme coup :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1066901
Saemisch resta célèbre, évidemment, pour sa fameuse variante qui porte son nom, sur la Défense Est-Indienne :

http://www.ajec-echecs.org/ouvertures/nom4.php?id=2377&ido=55

L'allemand est connu pour ses simultanées à l'aveugle où il pouvait affronter jusqu'à 20 adversaires en même temps !
Une partie qu'il perdit contre Aaron Nimzovitch, en 1923, est restée dans l'histoire des échecs , appelée "The Immortal Zuwzwang Game":

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1102400






Gothilf, Dus et Zubarev fermant la marche.

Une curiosité rendit le tournoi célèbre. Le tournoi de Moscou fut le cadre d'un film tourné par Pudovkin, Chess Fever, où un jeune homme, durant le tournoi, comptlètement obssédé par les échecs délaisse sa fiancée !
http://us.imdb.com/title/tt0015673/

Evidemment, tous les participants du tournoi sont filmés !
http://www.chesshistory.com/winter/pics/cn3987_chessfever.jpg





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Posté le 28/06/2006 à 07:50

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 27/06/2006 à 13:08)


Capablanca avait la fâcheuse tendance à imiter Lasker...Il repoussait les défis de ses concurrents. Alekhine lui avait bien lancé un défi en 1925, mais le cubain n'avait daigné répondre. Certes, Capablanca démontrait dans les nombreux tournois qu'il faisait, qu'il était le plus fort !
Sa quasi invincibilité lui fit croire qu'il était, dans un bon jour, imbattable ! Au tournoi de New York, en 1927, il finit premier, devant Alekhine et sa victoire contre Nimzovitch démontre la force du cubain :


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1007807

Le cubain, sûr de sa force, accepta alors le défi d'Alekhine. Le club de Buenos Aires avait réuni 10 000$ et le 17 Septembre 1927, le match commença.



Le cubain partait largement favori, il était quasi invincible depuis plusieurs années. Mais il avait devant lui un adversaire qui avait étudié minutieusement son jeu !
Dès la premiere partie, se fut un coup de tonnerre qui retentit, Capablanca perdait face à son adversaire !


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012485

Le cubain se reprit assez vite et fit une superbe 3eme partie pour remettre les pendules à l'heure :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012490

Après 3 parties nulles, il semblait porter l'estocade lors de la 7eme partie :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012487

Capablanca paraissait en bien meilleure condition physique et sa prédiction avant le match semblait bonne. Le cubain avait affirmé que le russe ne tiendrait pas la distance sur un match ! Mais ...lors de la 11eme partie, Alekhine fit parler la poudre en matant le champion du Monde !!


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1270221

A la surprise générale, le russe asséna un autre défaite au cubain, la partie suivante :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012498

L'assurance, la nonchalance de Capablanca lui jouait des tours ! Le champion du Monde, trop décontracté était maintenant mené par 3 à 2 !

Les 8 parties suivantes furent des nulles ! Le match s'étirait en longueur et c'est Capablanca qui commencer à fatiguer. Alekhine lui asséna un coup terrible dans la 21eme partie :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012507

4 à 2 pour le russe. Le nouveau champion serait le joueur arrivant le premier à 6 victoires, mais le nombre de parties n'avait pas été limité, le match s'étira en longueur. Le jeu attentiste de Capablanca fut alors récompensé dans la 29eme partie :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012544

4 à 3. Mais le cubain allait subir une terrible défaite lors de la 32eme partie :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012485

La vie agité de Capablanca dans le Buenos Aires nocturne n'était pas très adéquat dans un affrontement aussi épuisant. Alekhine, marié à la comtesse Vassiliev n'avait pas ce problème.

Le 26 novembre 1927, la 34eme partie apporta son dénouement :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012518

Alekhine était le nouveau champion du Monde !
Un Capablanca sûr de lui, se sentant quasi invincible, avait mordu la poussière contre un Alekhine sérieux et volontaire ! Le style de vie du cubain, festif et léger frisait l'amateurisme et la faute professionnelle et avait démontré les insuffisances de Capablanca au niveau de préparation pour un tel match !

Malheureusement, le cubain ne se doutait pas qu'il n'aurait jamais sa revanche !







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Posté le 30/06/2006 à 09:10

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 28/06/2006 à 07:51)


Alekhine ne tint pas sa promesse ! Il se déroba continuellement aux demandes de revanche de Capablanca. Le cubain n'en continua pas moins à continuer sa carrière de professionnel d'échecs et d'ambassadeur de Cuba. Il restera dans l'histoire des échecs, outre son génie du jeu, par ses nombreux livres qu'il a écrits, toujours d'actualité :




En 1928, il remporta les tournois de Berlin, Budapest, en 1929, il gagna 4 tournoi d'affilée : Ramsgate, Barcelone, Budapest et Hastings. Puis, il baissa un peu de rythme. En 1936, il fut vainqueur à Moscou et Nottingham. Le cubain se mit au gout du jour, en piochant dans les idées des hypermodernes. Il se mit à jouer l'ouverture Anglaise et la défense Nimzovitch.
Son dernier grand exploit fut un score stratosphérique lors des Olympiades de Buenos Aires, en 1939, 8,5 points sur 11 ! Le dandy des échecs, alors qu'il regardait une partie au Manhattan Chess Club, eut une attaque, et mourut le lendemain, le 8 mars 1942.






Capblanca est resté un mythe, un héros, même pour le Cuba castriste qui le met au niveau du Che !



D'ailleurs les échecs ont été fortement soutenu dans l'île et Cuba possède de nombreux forts joueurs aujourd'hui.




Un tournoi international d'échecs a lieu, chaque année à La Havane, le Mémorial Capablanca, qui est en à sa 39eme édition, hommage du peuple cubain à ce génie des échecs qu'était José Raul Capablanca !






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Posté le 05/07/2006 à 06:36

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 30/06/2006 à 09:10)


En cette fin des années 20, une météorite allait traverser le ciel bien calme du monde des échecs ! Sir Nawab Malik Mohammed Umar Hoyat Khan poussa la porte d'un club d'échecs londonien, en 1929, accompagné de son serf, Sultan Khan. Le serviteur illettré, génie du jeu, devint champion d'angleterre ! Aux Indes, le roque n'existait pas, et Sultan Khan, qui savait qu'en Europe il avait le droit de roquer, gardait très souvent le roi au centre, déstabilisant les grands maîtres chevronnés !
Le génial indien battit même le cubain José Raul Capablanca, lors du tournoi de Hastings, en 1930!
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1135510

Il joua dans l'équipe d'Angleterre aux Olympiades en 1931 et 1933. Ruben Fine raconta, qu'invité dans la demeure somptueuse de Sir Hoyat Khan, il eut "une impression étrange à être servi à table par un grand maître d'échecs !".




L'indien disparut aussi vite qu'il était apparu ! Son maître décidant de rentrer au pays, amena avec lui son génial serviteur, et on ne revit plus jamais ce joueur énigmatique !
La légende de Sultan Khan a toujours ce parfum évanescent dans les mémoires des joueurs ...il serait décédé au Pakistan en 1966.





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Posté le 06/07/2006 à 09:41

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 05/07/2006 à 06:36)


Qui était Alexandre Alekhine ? Né en 1892, dans une famille noble, fonctionnaire au Ministère des Affaires étrangères de Russie, en 1914, il s'exila à Paris lors de la Révolution bolchevique de 1917.
Influencé par le père des échecs russes, Tchigorine, il adopta une conception offensive. Refusant de jouer par routine, en suivant les manuels d'échecs, il revigora de nombreuses ouvertures, et considérait les échecs comme un Art !
Alekhine impressionnait le public par ses fameuses simultanées à l'aveugle. Le 1er février 1925, il battit le record du monde du nombre de parties menées simultanément à l'aveugle. L'événement se produisit à Paris, rue d'Enghien, dans la hall du Petit Parisien, où il joua contre 28 adversaires ! Le score fut étonnant ...22 victoires, 3 nulles et 3 défaites !




Comme tous les précédents champions, il s'évertua à choisir minutieusement son nouveau challenger ! Capablanca, rival bien trop dangereux fut rapidement écarté. Le cubain, bon vivant, aimant les plaisirs de la vie horripilait le russe obsessionnel, qui se donnait corps et âme à Caïssa !
C'est Bogoljubov, champion d'URSS en 1924 et 1925, qui fut désigné.




Né en Ukraine (1889-1952),il s'exila en Allemagne en 1926, après avoir été deux fois champion d'URSS. D'un orgueil abyssal, Bogoljubov avait dit, un jour :
Lorsque j'ai les blancs, je gagne parce que j'ai les blancs. Lorsque j'ai les noirs, je gagne parce que je suis Bogoljubov.

Le match commença le 6 septembre 1929, à Wiesbaden, et le joueur ukrainien, lors de la première partie, subit un terrible camouflet :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1012653

Alekhine gagna aisément le match par 11 victoires à 5.

En 1934, à la surprise générale, le russe choisit à nouveau de défendre son titre contre Bogoljubov. Le public qui attendait Capablanca se désintéressa du match, qui fut dominé, encore une fois, par Alekhine.

http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://sbchess.sinfree.net/Alekhine_B ..(tronquée)..

Un autre rival se profilait à l'horizon. Alekhine, sans grande inquiétude accepta de le rencontrer.
Max Euwe, né en 1901 à Amsterdam, apprit les échecs dès l'âge de 6 ans. Très doué pour le jeu, champion de Hollande en 1921, il privilégia ses études en refusant le professionnalisme. Il obtint son doctorat en Mathématiques en 1926. Jeune homme courtois et fair play, il gagna le tournoi de Hastings en 1931. Alekhine avait déjà rencontré le jeune hollandais dans un match d'entraînement, en 1926, juste avant son combat contre le cubain et il l'avait emporté d'une longueur d'avance. Le match de 1935 allait étonner le monde entier ...





La rencontre allait se dérouler dans plusieurs villes des Pays-Bas et tous les observateurs avertis pensaient que le match aller être une formalité pour le joueur russe.
Après 4 parties, Alekhine menait déjà 3 à 1, le russe allait tranquillement conserver son titre. Mais Euwe n'était pas Bogoljubov ! Sérieux, appliqué, méthodique, le jeune hollandais ne se décourageait pas, et profitait de la décontraction du russe qui de plus, buvait énormément ! Il arriva qu'Alekhine se présente à la table de jeu, mal rasé et dans un état d'ébriété évident ! Au bout de 14 parties, Euwe avait refait son retard et la 20eme et 21eme partie furent décisives :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1013096

Dans la 21eme partie, Euwe choisit de jouer la défense slave, celle qu'Alekhine avait choisie lors de la dernière partie, la 20eme, qu'il avait perdue !! Le hollandais avait tout simplement étudié la position chez lui et avait trouvé une amélioration au 13eme coup ! Le russe, surpris, déjoua complètement !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1013107

L'incroyable s'était produit ...Alekhine avait perdu deux parties consécutives !

Menant le match, le hollandais va porter l'estocade lors de la 26eme partie, en jouant à la ...Alekhine !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1013180

Le russe revint à une longueur par la suite, mais ce ne fut pas assez. Max Euwe devenait le nouveau champion du Monde ! Mais le russe avait fait signé au jeune hollandais, juste avant le match, l'obligation d'une revanche dans les deux ans, si il perdait son titre.
En 1937, un Alekhine surmotivé, sevré d'alcool, écrasa Max Euwe dans le match revanche par le score de 11 à 4 ! En état de grâce, il se permit même de sacrifier un Cavalier au 6eme coup !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1013245

Alekhine reprenait son titre et l'Europe s'avançait vers son destin funeste !





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Posté le 06/07/2006 à 09:57


J'adore les échecs !! Ce topic est fichtrement intéressant ! Bravo !! Ayé, il est dans mes favoris !



C'est une femme qui dit à son mari :
"- Je crois que la petite a mon intelligence.
- Sûrement chérie, parce que moi j'ai encore la mienne !"




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Posté le 07/07/2006 à 10:54

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 06/07/2006 à 09:41)


Alekhine avait retrouvé son titre, il ne savait pas encore qu'il n'aurait plus l'occasion de le défendre !
Les challengers étaient nombreux et les organisateurs hollandais décidèrent de faire un tournoi des challengers, le vainqueur rencontrerait le champion russe. Évidemment, Alekhine annonça qu'il n'était pas d'accord et qu'il ne sentait pas obligé de rencontrer le vainqueur !
Le 6 novembre 1938, le tournoi AVRO des challengers, débuta à Amsterdam.
Ce tournoi allait marquer la fin d'une époque, celle des Capablanca et des Alekhine, et le début d'une nouvelle ère, celle de la domination soviétique.





La surprise venait des 2 vainqueurs, 2 jeunes joueurs, Paul Kérès et Ruben Fine, qui gagnèrent le tournoi avec 8,5 pts.


http://en.wikipedia.org/wiki/AVRO_tournament

Paul Kérès (1916-1975), est né à Narva, en Estonie (à l'époque ce pays balte était indépendant, il sera annexé à l'URSS en 1940). Génie précoce, il devint champion d'Estonie en 1935, et participa à de nombreuses Olympiades avec son pays. Il étudiait, parallèlement, les mathématiques. Ce joueur au style élégant était un attaquant redoutable. Sa partie contre Fine, lors de ce tournoi, avec un sacrifice de Tour, au 30eme coup, dans une finale, illustre bien la force du joueur :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1071864

On retrouvera d'ailleurs le joueur estonien, futur soviétique, après la guerre, dans tous les tournois des challengers. Kérès, d'ailleurs, ne sait pas encore, que ce sera la seule fois qu'il gagnera un de ces tournois, et que malheureusement, la guerre l'empêchera de rencontrer le champion du Monde !





Le 2eme vainqueur, à égalité de points avec Kérès, était Ruben Fine.
Fine (1914-1993), né à New York, était un pur produit du Marshall Chess Club, le célèbre club new yorkais. Redoutable joueur de Blitz, il participa, aussi, à des nombreuses Olympiades, dans l'équipe des USA, mais ne fut jamais champion de son pays, toujours barré par son éternel rival, Samuel Reshevsky.
Après la guerre, il se concentra plutôt sur ses études de Psychologie, il devint Docteur, diplômé de l'Université Southern California et abandonna les échecs pour se consacrer à sa nouvelle carrière. Il restera célèbre pour ses fameux ouvrages, considérés comme des livres de référence.







Dans son fameux livre, La psychologie du joueur d'échecs,en 1956, il soulignera la profusion des symboles phalliques dans le jeu, gratifiant une homosexualité inconsciente chez les joueurs, et comparant le duel échiquéens à une mutuelle masturbation !

Le 3eme était l'étoile montante des échecs soviétiques, Mikhail Botivinnik, avec 7,5 points.
Botvinnik (1911-1995), est né à Kuokkala, près de Vyborg, son permier fait de gloire fut lorsqu'il battit, à l'âge de 14 ans, le champion du Monde, JR Capablanca, dans une simultanée donnée à Moscou par le cubain en 1925. Maître d'échecs en 1927, il gagna son premier grand tournoi en 1934, à Moscou. Protégé par les caciques du régime, notamment par Krylenko, le patron des échecs soviétiques, il fut plusieurs fois champion d'URSS avant la guerre. Parallèlement, il menait des études d'ingénieur.
Mais nous aurons l'occasion de reparler de ce joueur, qui domina les échecs mondiaux pendant 20 ans, après la guerre.




Botvinnik, d'une intégrité intellectuelle remarquable, soulignera la qualité de la conception de Ruben Fine, dans cette partie qu'il perdit lors de ce tournoi !!
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1031938

Alekhine, décevant, finissait 4eme, ex aequo avec Max Euwe et Samuel Reshevsky.
Reshevsky (1911-1992), est né en Pologne. Sa précocité échiquéenne fut étonnante, et l'enfant prodige donnait des simultanées dès l'âge de 8 ans ! D'ailleurs, ses parents émigrèrent aux USA et exploitèrent le talent incroyable de leur enfant pour le jeu en organisant des simultanées dans tout le pays ! Reshevsky ne fut d'ailleurs jamais totalement professionnel. Diplômé de l'Université de Chicago en finance, il travailla toute sa vie dans ce milieu, tout en jouant aux échecs. Il gagna plusieurs fois le championnat des USA. Sa carrière commença au tournoi de Margate,en 1935, où il battit l'ancien champion du Monde, JR Capablanca.



Sa partie contre Capablanca, à Margate, 1935, une bonne illustration du style positionnel de l'américain :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1224079

Pour Capablanca, le tournoi fut terrible ! A 50 ans, le cubain, doyen de la compétition, ne put tenir le rythme et termina à 6 points. Avro fut un passage de témoin entre l'ancienne génération et la nouvelle !

Salo Flohr (1908-1983) fermait la marche. Né en pologne ukrainienne,de confession juive, orphelin après le massacre de ses parents dans la tourmente de la 1ere guerre mondiale, il s'exila dans la nouvelle Tchécoslovaquie, où il devint une véritable star, dans les années 30. C'était un précurseur au niveau de la publicité puisque beaucoup de produits portaient son nom ! Journaliste échiquéen, les années 30 furent fastes pour le tchèque d'adoption. Il gagna plusieurs fois le tournoi de Hastings, et le tournoi de Margate, en 1936, devant Capablanca. Lors des Olympiades de 1930,à Hambourg, il obtint le score hallucinant, au 1er échiquier, de 14,5 sur 17 points !
En match, il annula contre Euwe et Botvinnik. Durant la guerre, il dut s'enfuir après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les Nazis, il se réfugia en URSS, et devint citoyen soviétique en 1942. Après la guerre, il se consacra plutôt à sa carrière de journaliste échiquéen, d'organisateur et devint arbitre international en 1963.





Un article de L'Humanité, lors de la mort du joueur en 1983 :
http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-09-25/2005-09-25-814614
Flohr, marqué par les hypermodernes, avait un style plutôt positionnel, voilà sa victoire, contre l'ancien champion du Monde, Emmanuel Lasker, en 1936, à Nottigham :


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1008247

Keres fut déclaré vainqueur, grâce à un meilleur départage que Fine. L'estonien, gêné, déclara qu'il préférait finir ses études de mathématiques ...de toute façon, Alekhine, n'avait pas l'intention de remettre son titre en jeu face à ce dangereux rival !

Une période trouble commença pour le champion russe, faite d'errance et de compromissions ! Mobilisé lieutenant-interprète dans les services de renseignement, il s'exile au Portugal, après la défaite de la France, en 1940. Il essaye d'obtenir deux visas pour l'Amérique, pour sa femme et lui. Il apprend alors que sa femme est aux mains des allemands, et il écrira, dans le Pariser Zeitung, deux articles antisémites, pour contenter les nazis et retrouver sa femme. Un s'intitulait :
"Echecs juifs et aryens. Une étude psychologique, fondée sur l'expérience échiquéenne, montrant le manque de force de conception et de courage des juifs, par le champion du monde des échecs, le Dr Alekhine."
Mais Alekhine joua aussi en 1941 et 1942, plusieurs tournois, dont un à Munich, un autre à Prague. L'antisémitisme du russe était de toute façon connu, et des joueurs comme Spielmann et Tartacover avaient, à leur époque, dénonçé le racisme d'Alekhine !

En 1943, il s'installa en Espagne, sa santé commençait à se détériorer, son alcoolisme était de notoriété publique. En 1945, invité par les organisateurs au tournoi de Hastings, pluisieurs fédérations s'opposèrent à sa venue, le champion russe devenait un paria !
En 1946, il alla s'installer à Estoril, station balnéaire portugaise. Bizarrement, la Fédération soviétique des échecs lui proposa 10 000 $ pour mettre son titre en jeu contre Botvinnik. Alekhine accepta le défi et se prépara au Portugal. Mais le 24 mars 1946, frappé par une attaque cérébrale, le champion russe décéda. 10 ans plus tard, ses cendres furent rapatriées en France, il est enterré au cimetière Montparnasse.




La triste fin d'un immense champion !



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Posté le 12/07/2006 à 08:22

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 07/07/2006 à 10:55)


La guerre terminée, le décès du champion du Monde, Alexandre Alekhine, laisse le monde des échecs sans champion. La Fide va alors organiser un tournoi pour désigner le nouveau champion du Monde. Le tournoi serait joué pour moitié à La Haye, l'autre moitié à Moscou. 6 prétendants au titre suprême furent choisis :
-Mikhail Botvinnik, l'étoile montante des échecs soviétiques.



-Paul Kérès, le balte désormais soviétique, vainqueur du Tournoi d'Avro, en 1938.



-Vasily Smyslov (1921-). Ce jeune moscovite a appris les échecs avec son père, un joueur de 1ere catégorie. A l'âge de 7 ans, il bat son oncle,en récompense il reçoit le livre des meilleures parties d'Alekhine, qu'il annote avec cette phrase prophétique :

"Au vainqueur de ce match, et futur champion du Monde Smyslov !"
En 1936, il voit sa première étude publiée dans le magazine d'échecs soviétiques 64, il n'a que 15 ans !


http://chessmind.powerblogs.com/endgames/archives/archive_2006_03.shtml



-Max Euwe, l'ex-champion du Monde, qui avait battu Alekhine en 1935.



-Samuel Reshevsky, ex-enfant prodige, américain d'adoption, qui menait une double carrière dans les échecs et la finance !





-Ruben Fine, le 2eme du tournoi d'Avro, en 1938, pressenti par la Fide, se désista, préférant se consacrer, désormais, à sa carrière de psychologue.




Le début du tournoi, au Pays Bas vit un départ fulgurant de Botvinnik ! Seul Smyslov réussit à lui résister, mais l'étoile soviétique finissait ce premier round hollandais avec 3,5 points sur 4 !
Sa victoire contre Paul Kérès est d'une facilité déconcertante !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032173

Kérès gagna contre Smyslov, mais perdit contre sa bête noire, Reshevsky. Il se rattrapa contre Euwe où il prit des risques dès l'ouverture :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1325934

A Moscou, Botvinnik ne fut pas rejoint et totalisa 14 points sur 20 possibles. Le second fut Smyslov, 11 points. Troisième ex-aequo, Reshevsky et Kérès. Euwe fermait la marche avec 4 points !
Mikhail Botvinnik, 37 ans, devenait le 6eme champion du Monde des échecs !




La Pravda titra :
"La brillante victoire de Botvinnik est une victoire de notre culture socialiste, culture dont les échecs font partie intégrante."
La victoire du soviétique trouve sa source 20 ans auparavant, lorsque sous l'impulsion de Nikolaï Krylenko, les échecs furent développés comme une priorité ! Botvinnik incarnait le succès des échecs en URSS, avec ses 1 million de licenciés !!
L'ère de la domination soviétique sur le monde des échecs commençait !



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Posté le 12/07/2006 à 15:35



Formidable ! Quel topic ! Moi-même joueur d'échec à mes heures perdues je te dis bravo !
Une question cependant, n'y a-t-il jamais -eu dans l'histoire des échecs de joueuses de classes mondiales ou ce jeu est-il resté fermer simplement aux hommes.
Même dans l'histoire, si tu connais des femmes de lettres, ou politiques, scientifiques ayant pratiqués les échecs fait le moi savoir.
D'avance merci.





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Posté le 13/07/2006 à 15:45


A quand la suite .....





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Posté le 14/07/2006 à 07:51

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 12/07/2006 à 08:23)


Botvinnik, ingénieur en électricité, menait sa carrière de joueur d'échecs et d'ingénieur en même temps. Il se distinguait par une profonde compréhension de la stratégie et il travaillait intensivement les ouvertures. Grand expert des fins de partie, il pouvait exploiter des avantages microscopiques qui le guidait vers la victoire, laissant perplexes ses adversaires !
Botvinnik incarnait l 'ère des échecs scientifiques. Il soulignait l'importance d'une bonne préparation physique à l'approche d'un match et la nécessité d'une travail théorique sérieux. On était loin du dilettantisme de Capablanca ou de la vie, alcoolisée, d'un Alekhine.
Sa grande force était aussi son honnêteté intellectuelle et sa propension à l'autocritique, rare chez un jouer d'échecs. Dans son livre de parties commentées, il reconnaît sa faiblesse, relative, dans son jeu tactique ! L'art combinatoire n'était pas son fort et il n'a jamais fait, dans sa carrière échiquéenne, de ces sacrifices qui plaisent tellement au public !




Qui allait défier le nouveau Champion ? Les Echecs avaient profondément changé. Lasker était mort en 1941, Capablanca en 1942, Alekhine en 1945, les champions d'avant-guerre n'étaient plus!
La Fide avait crée des règles précises encadrant le championnat du Monde, pour éviter les dérives d'avant-guerre. En 1948, et tous les 3ans, des tournois zonaux, interzonaux, puis des Candidats désignaient le challenger.
En 1950, Budapest vit le déroulement du tournoi des candidats.




Deux joueurs sortirent premier ex-aequo. Un match fut organisé pour les départager. David Bronstein se qualifia alors aisément en battant Isaac Boleslavski.
David Bronstein, né à Kiev en 1924, fut maître à 16 ans, champion d'URSS, avec Kotov, à la surprise général, en 1948. Son jeu se caractérisait par une certaine originalité qui surprenait ses adversaires ! Son style singulier tranchait avec le jeu scientifique et austère de Botvinnik !
Personnalité sympathique, traînant sa joie de vivre dans les tournois, il contrastait avec le sérieux et la froideur du champion de Monde !



Son adversaire malheureux, Boleslavsky (1919-1977), ukrainien de confession juive, comme Bronstein, champion d'URSS junior en 1936, 2eme, derrière Botvinnik lors championnat d'URSS en 1945. Après sa défaite contre Bronstein, en 1950, il devint son assistant pour le match contre Botvinnik. D'ailleurs des liens familiaux allaient lier les deux hommes. Tatiana, sa jeune soeur allait devenir la femme de Bronstein. Boleslavsky, qui ne put jamais arriver au sommet, fut entre 1963 et 1969, le secondant du champion du monde Tigran Petrossian. Son heure de gloire fut sa très belle victoire contre Mikhail Tal, lors du championnat d'URSS à Riga, en 1958, dans laquelle le duo de Cavalier va faire merveille :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1139410




Si Botvinnik était soutenu par les autorités, Bronstein avait les faveurs du public moscovite.
Le 16 mars 1951, à Moscou, le match débuta.




Il allait se dérouler au meilleur des 24 parties. En cas de nulle, Botvinnik garderait son titre.
Bronstein surprit le champion en titre en changeant son ouverture. Au lieu de pousser le pion roi, comme il avait l'habitude, il joua quasi exclusivement des parties du pion Dame (1.d2-d4), réduisant la préparation de Botvinnik à néant ! Le joueur ukrainien buta le premier. Lors de la 5eme ronde, le tenant du titre fit plusieurs erreurs et perdit la partie ! Le challenger menait la danse !
Mais Bronstein craqua dans la 6eme partie, faisant une bourde monumentale, en finale, au 57eme coup (57.Ce6+ suivi de Cd4 aurait annulé la partie !):

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032226

Le joueur ukrainien, sonné, perdit la partie suivante, la 7eme :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032213
Botvinnik avait maîtrisé parfaitement la finale, il reprenait la tête du match en menant 2 à 1.
Mais Bronstein ne se démonta pas, et lors de la 11eme ronde, l'ukrainien fit parler la paire de fous :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032217
Le challenger n'eut pas le temps de savourer, la réaction vint la partie suivante :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032205

Les deux joueurs étaient, de nouveau à égalité !

Bronstein reprit l'avantage lors de la 17eme partie, Botvinnik revint à la marque lors de la 19eme ! La 21 et 22eme partie virent deux victoires consécutives du challenger ! La défense Hollandaise du champion du Monde trébucha cette fois-ci :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032210

Il restait deux parties, et Bronstein menait d'1 point.




La 23eme partie commença tranquillement. Les Dames furent échangées précocement, puis les Tours. Bronstein gagna même un pion au prix de la paire de Fous. Il avait deux Cavaliers contre les deux Fous de Botvinnik. La technique impeccable du champion du Monde va alors parler, amenant une position de Zugzwang au 57eme coup...forçant le challenger à abandonner !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032203
Nouvelle égalité ! Tout aller se jouer lors de la dernière ronde, et Bronstein, pour ravir le titre à Botvinnik, devait impérativement gagner ! Mais l'ukrainien joua mal l'ouverture et dans une position légèrement inférieure, proposa la nulle qui fut acceptée immédiatement par le champion !
Botvinnik gardait son titre malgré ce match nul, 12-12 !

Certaines personnes firent courir le bruit que Bronstein subit des pressions de la part des autorités soviétiques, pour que Botvinnik garde son titre. C'est fort possible ...le régime soviétique aurait vu d'un mauvais oeil, un champion du monde juif, dans une période où l'antisémitisme montait sérieusement dans les sphères dirigeantes !



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Posté le 14/07/2006 à 19:17

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 14/07/2006 à 07:52)


Botvinnik était, selon le règlement de la Fide, tranquille pour trois ans. Le nouveau cycle pour désigner le futur challenger allait démarrer...un véritable marathon ! Après les tournois zonaux, il fallait se qualifier pour le tournoi des Candidats par les biais des Interzonaux !
Ce tournoi eut lieu dans la ville de Zurich, en 1953 qui réunissait 15 grand-maîtres !! 28 parties seraient nécessaires pour sortir le futur adversaire du moscovite !
Ce tournoi fut immortalisé par le superbe livre de David Bronstein :
L'art du combat aux échecs : le tournoi de Zürich 1953,
un véritable classique de la littérature échiquéenne !





Valery Smyslov allait être le vainqueur incontestable de ce marathon échiquéen, avec 18 points. Le joueur moscovite, après sa 2eme place de 1948, juste derrière Botvinnik, allait retrouver une deuxième chance d'accéder au titre surpême ! Relégué à la 3eme place du tournoi des candidats de 1950, à Budapest, derrière Bronstein et Boleslavsky, il avait même hésité, déçu, à embrasser la carrière de chanteur d'opéra !! Entre joueur d'échecs et baryton, le moscovite hésita souvent !







Smyslov avait un style assez complet, difficile à cerner. Joueur solide qui prenait l'avantage progressivement, un peu comme le cubain Capablanca, selon Euwe, il pouvait aussi s'avérer dangereux tactiquement. Influencé par les hypermodernes, il remit au goût du jour la défense Grünfeld !
Voilà une partie contre le joueur balte, Paul Keres qui illustre le talent défensif du moscovite, lors de ce tournoi :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1072466

3 poursuivants étaient relégués à 2 points. Bronstein, l'ancien challenger malheureux, Samuel Reshevsky, l'américain, ex-enfant prodige et l'estonien Paul Kérès, vainqueur du tournoi d'Avro, en 1938, qui aurait du lui faire affronter Alekhine !

Le 5eme, avec 15 points, était le joueur arménien Tigran Petrossian. Petrossian (1929-1984) était l'élève spirituel de Nimzovitch, pratiquant un jeu positionnel aride, défenseur dans l'âme, il était réputé pour sa tenacité et son goût des positions resserrées ! On reparlera de ce joueur promis à un grand avenir.
Voici une partie contre le hongrois Szabo, caractéristique de la virtuosité défensive du joueur arménien :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1106241






Miguel Najdorf et Efim Geller pointaient à 0,5 points de Petrossian.
Najdorf (1910-1997), est né en Pologne. Formé par Dawid Przepiórka, joueur polonais d'avant-guerre et par Xavier Tartacover, autre joueur polonais venu s'installer à Paris. Il se distingua rapidement dès la fin des années 20, notamment lors de sa fameuse partie contre Glucksberg, "The Polish Immortal" :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1100774
Un festival de sacrifices d'extraction qui promettait au jeune homme, une belle carrière.
En 1935, l'élève dépassa le maître, puisque Najdorf battit en match son professeur Tartakover !
Il participa, avec l'équipe de Pologne, aux Olympiades de 1935, 1936 et 1937, à Stockholm.



Les nuages s'amoncelait sur l'Europe, et Najdorf, de confession juive, comprit qu'il était temps de s'exiler. Il partit s'installer en Argentine où il coninua sa carrière, brillante, de joueurs d'échecs, gagnant, plusieurs fois le tournoi de Mar del Plata. En 1946, il vint même tà bout du futur champion du Monde, Botvinnik.
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032123
Najdorf gagna la tournoi de Prague et d'Amsterdam, en 1950, il était donc, au début des années 50, un joueur redoudable !





Najdorf a donné son nom à une ligne de la variante S



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Posté le 14/07/2006 à 20:47

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 14/07/2006 à 19:17)


Petite erreur de manip !
Najorf donna son nom à une ligne de la défense Sicilienne, véritable monument des échecs contemporain dans la théorie des ouvertures. Kasparov en était un fervent partisan !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sicilienne_Najdorf
Mais dans ce tournoi, l'argentin d'adoption battit le soviétique Mark Taïmanov, dans une superbe partie où il reprenait une ancienne idée, qu'il avait utilisée lors d'un tournoi à Mar del Plata :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1101288
Najdorf était un partisan des ouvertures dissymétriques, peu prisées à l'époque, risquées mais correspondant à son talent offensif !







Efim Geller (1925-1998), grand maître en 1951, il égala le record de Taimanov en participant à 23 championnats d'URSS !!
Tacticien redoutable, il fut souvent placé mais jamais qualifié !



Kasparov, 40 ans plus tard, aimera travailler avec Geller, reconnaissant la compréhension profonde du vieux joueur !
Dans cette partie contre Bronstein, à Zurich, il nous montre ses talents offensifs :
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1033873


Kotov et Taïmanov, suivent à 0,5 points. Respectivement 8 et 9eme.
Alexandre Kotov 1913-1981), ingénieur de formation, est surtout connu pour sa Trilogie livresque !
Pensez comme un grand-maître.






Jouez comme un grand-maître,





et, son dernier :




Sa carrière d'écrivain fut prolifique, et il publia sa fameuse, Ecole des échecs, livre toujours d'actualité pour ceux qui veulent se plonger dans les mystères de Caïssa !









Joueur de haut niveau, malgré ses diverses occupations, il fut le 3eme grand-maître soviétique, après Botvinnik et Levenvish. Son plus grand succès fut sa victoire à l'Interzonal de Saltsjobaden, en 1952, qui le qualifia pour ce tournoi des candidats.
A Zurich, il fut le seul à faire trébucher le vainqueur, Smyslov !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1084362
Mais sa plus belle partie, fut celle contre Averbakh, avec un sacrifice d'attraction de toute beauté !


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1084375
Mais chez Kotov, le penseur submergea le joueur. Et malgré une belle carrière échiquéenne, ce sont ses talents de pédagogue qui resteront dans l'histoire !

Mark Taimanov, est né en 1926 en Russie. Nous reparlerons de ce joueur singulier, pianiste de renom, qui refera parler de lui contre un certain Bobby Fischer...








A la 10eme et 11eme place, Yuri Averbakh et Isaac Boleslavsky, une vieille connaissance, adversaire malheureux de Bronstein, en 1950, avait le même nombre de points, 13,5.
Averbakh, né en 1922. Il se révèle en prenant la 1ere place du championnat de Moscou en 1949. Grand maître en 1952, il sera champion d'URSS en 1954. Il mena parallèlement une carrière d'arbitre international ainsi que de journaliste, il fut le rédacteur de la célèbre revue soviétique, Shakhmaty biuletin,





et participa, entre 1956 et 1963, à la monumentale Encyclopédie des finales !
Il a donné son nom à une variante sur l'Est-Indienne :

http://en.wikipedia.org/wiki/King%27s_Indian_Defence





Le Hongrois Szabo, le yougoslave Glogoric, l'ancien champion du Monde, Max Euwe et le suédois Stahlberg fermaient la marche.

Laszlo Szabo (1917-1998), enfant prodige des échecs hongrois, entraîné par le patriarche Maroczy. Fait prisonnier par les russes, durant la guerre, il retourna dans son pays par la suite, menant une brillante carrière de joeurs d'échecs et dominant les échecs hongrois durant 20 ans !





Svetozar Gligoric, naquit en 1923, à Belgrade. Issu d'une famille modeste, il apprit tout seul les rudiments du jeu, en regardant les joueurs de café ! Etudiant brillant, il lutta dans les Partisans durant la seconde guerre mondiale. Sa force aux échecs le sauva certainement d'une mort probable, un officier yougoslave, amateur du noble jeu, fit en sorte de ne pas trop l'exposer au combat ! Il dévoila sa philosophie du jeu dans son autobiographie :



Il fut le père des échecs yougoslaves, deuxième patrie, après l'URSS, des échecs !

Enfin Max Euwe, l'ancien champion du Monde et le suédois Stahlberg terminaient péniblement.
Euwe, un des rares forts joueurs d'avant-guerre, qui avait joué contre les trois grands : Lasker, Capablanca, Alekhine, était un peu dépassé par la nouvelle génération.
Gideon Stahlberg (1908-1967), était un des plus âgés du tournoi. Lui aussi avait rencontré toutes les stars d'avant-guerre. Il gagna des matchs contre Spielmann et Nimzovitch dans les années 30. Comme Euwe, le suédois était plutôt un joueur des années 30, un peu submergé par le talent des joueurs d'après-guerre. Il mourut en jouant sa première partie, sur l'échiquier, au tournoi de Léningrad, en 1967 ! Voilà un homme qui est allé jusqu'au bout de sa passion !




Vasily Smyslov était sorti gagnant d'un véritable marathon échiquéen. Un tour de force qui soulignait sa force et prévisageait des lendemains difficiles pour Botvinnik !



Le baryton viendrait-il à bout de l'ingénieur ?



Dieu ne joue pas aux dés !




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Posté le 14/07/2006 à 20:51


qui est le champion du monde actuel?

JE ME DISAIS que ça serait bien d'organiser un championnat entre les membres de G



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We live for each other - we're lover to lover
As deep as an ocean - filled with emotion
I'm forever open




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Posté le 15/07/2006 à 09:24

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 14/07/2006 à 20:47)


Smyslov, 33 ans, avait été le superbe vainqueur du Tournoi des Candidats, à Zurich, en 1953.



Le baryton joueur d'échecs, hésitant souvent entre ses deux passions, avait gagné avec 2 points d'avance, ce tournoi de très haut niveau !



Le champion en titre, l'ingénieur Mikhail Botvinnik, avait peu joué depuis son match contre Bronstein. Ses résultats lors du championnat d'URSS et du Mémorial Maroczy, à Budapest, n'avaient pas été à la hauteur. La presse critiquait son jeu timoré et peu ambitieux !
Entre le solide Botvinnik et l'ambitieux Smyslov, le match s'annonçait serré. Et en Mars 1954, à Moscou, Smyslov poussa le pion du roi.




Botvinnik répondit avec la fameuse Défense Française. Le challenger se cassa les dents sur le jeu défensif du champion et perdit en finale !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032326
Le vieux lion avait dominé son jeune adversaire dans la phase technique de la fin de partie ! Une victoire typique de Botvinnik !
Dans le 2eme partie, le champion en titre montra qu'il n'était pas uniquement un joueur timoré, il produisit une attaque de grand style, un des chefs d'oeuvre de sa carrière !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1125745

Botvinnik menait 2 à rien, et semblait donner une leçon à son jeune adversaire !
La 3eme partie étant nulle, Botvinnik porta l'estocade dans la 4eme partie, en sacrifiant une pièce contre 3 pions !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032323
La domination du champion était totale, Smyslov était mené 3 à 0 ! Botvinnik se dirigeait vers une victoire facile ...mais ...après deux nouvelles nulles, dans la 7eme partie, le champion du monde fit plusieurs erreurs et perdit ! Cette fois là, c'est Smyslov qui exploita la supériorité de son Fou sur le Cavalier de Botvinnik, pour gagner la finale !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032330
3-1.

La 8eme fut nulle, et dans la 9eme, à la surprise générale, l'arbitre du même rétablir le silence dans la salle, Smyslov va quasi miniaturiser Botvinnik !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032329



Le 19eme coup des Blancs, qui assomma le champion du Monde dans un brouhaha général !

Smyslov avait pris la mesure de la Défense Française de Botvinnik, qu'il avait percée pour la 2eme fois !

Le champion, groggy, allait perdre les deux parties suivantes !!
La 11eme partie, Botvinnik, délaissant sa défense fétiche, la Française, n'eut pas plus de succès avec l'Espagnole !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032328
Le challenger battait le champion à son propre jeu ! Il simplifiait rapidement la position et battit Botvinnik dans la phase où il excellait, la finale !
Smyslov après avoir été mené 3 à rien, était le leader du match, menant 4 à 3 !! Un retournement de situation spectaculaire et inattendu !

Mais le champion en titre, allait réagir dans la 12eme partie :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032333



31.f7 !! acheva les Noirs ! Botvinnik égalisait !

Lors de la 13eme partie, le champion fit mordre la poussière, de nouveau, au challenger ! Botvinnik, avec les Noirs, avait abandonné sa Française et l'Espagnole. Sa Sicilienne allait surprendre Smyslov !


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032334
L'éclectisme du champion du monde en matière d'ouverture, avec les Noirs, était impressionnant !Botvinnik reprenait la tête du match avec 5 points contre 4 !!

Mais le challenger avait des ressources ! Et dans la 14eme partie, Smyslov sacrifia une nouvelle fois sa Dame pour une attaque décisive !


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032320



Smyslov joua ...Fxa8, laissant sa Dame aux Blancs, mais pour vaincre quelques coups après !
De nouveau égalité !

Botvinnik prenait alors le large en gagnant la 15eme et 16eme partie, menant de 2 points ! Mais il était dit que ce match allait réserver encore bien des surprises !
En effet la 20 eme et 23 eme partie furent gagnées par le challenger qui revenait à égalité !
http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1032340

Dans la 24eme partie, alors que les deux joueurs étaient à égalité, Smyslov, avec les Noirs, proposa la nulle ...que Botvinnik accepta sur le champ ! En effet, le règlement prévoyait qu'en cas d'égalité, le champion gardait son titre !
Mikhail Botvinnik gardait son titre ! Mais comme lors de son match contre Bronstein, il n'avait pas réussi à gagner le match, se contentant d'une égalité suffisante !




Il fallait attendre 3 ans pour défier de nouveau, le champion du Monde !



Dieu ne joue pas aux dés !




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Posté le 15/07/2006 à 12:36



c'est aussi palpitant qu'un policier. nous sommes en quelle
année alors ?





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Posté le 16/07/2006 à 07:40

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 15/07/2006 à 09:25)


Dans cet intermède de 3 ans, Botvinnik, contrairement à ses habitudes, joua beaucoup.
En 1954, il fit un score remarquable de 8,5 points sur 11, aux Olympiades d'Amsterdam, au premier échiquier. Mais l'exploit de ce tournoi, fut accompli par Paul Kérès, qui réalisa le score stupéfiant de 13,5 point sur 14 !!



Cette partie de l'estonien contre le grec Panagopoulos, illustre bien l'aisance de Kérès lors de ce tournoi :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1072490

Après sa 3eme place, derrière ...Smyslov, lors du XXIIeme Championnat d'URSS, gagné par Efim Geller, Botvinnik participa au Mémorial Alekhine, en 1956, à Moscou, qu'il gagna ex-aequo avec ...Smyslov ! D'ailleurs, le champion du monde, qui n'avait besoin que d'une nulle pour remporter le tournoi, prit des risques inconsidérés contre Paul Kérès et perdit ! Le 20eme coup, Tour prend pion en f6, la Tour étant imprenable à cause de ...Dxd6+ suivi de ...Cb6+, illustre, encore une fois, la virtuosité de l'estonien !


http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1072616




Smyslov, Gligoric, Botvinnik et Taïmanov en grande discussion lors du Mémorial Alekhine.

Le Tournoi des Candidats, pour désigner le challenger de Botvinnik, se déroula à Amsterdam, au printemps 1956. Encore une fois, Smyslov domina les débats et gagna le tournoi, avec notamment deux victoires contre Efim Geller !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1048780

Paul Kérès, finissait encore une fois deuxième ! Le destin s'acharnait sur le superbe joueur estonien !
Le hongrois Szabo, finissait à la 3eme place, ex-aequo avec un nouveau venu, Boris Spassky.
Le jeune Boris, né à Léningrad en 1937, fut le seul à battre Smyslov, lors de ce tournoi. Un signe annonciateur de lendemain prometteur ...Le 33eme coup des Noirs ...Ce4, qui implique un sacrifice de Dame, illustre le style créatif du jeune pétersbourgeois !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1125791




Ce jeune homme fera parler de lui, quelques années plus tard !
Petrossian, Bronstein et Geller, accompagnaient les deux joueurs précités, tous les 5 avaient 9,5 points.
Filip et Panno, avec 8 points, finissaient avant-dernier.
Miroslav Filip, joueur tchèque né en 1928, fut de nombreuses fois champion de son pays. Lors de ce tournoi, il battit, à la surprise générale, un des favoris, Paul Kérès !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1072594



Oscar Panno, argentin, né en 1935, fut champion du Monde Junior, en 1953, à Copenhague, il battit à cette occasion un certain Bent Larsen, joueur danois dont on reparlera !

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1317863
Il donna son nom à une variante de l'Est-Indienne, dans laquelle les Blancs vont mettre leur Fou en fianchetto.

http://www.chessgames.com/perl/chessopening?eco=E63





Pilnik terminant bon dernier avec 5 points !
Herman Pilnik (1941-1981), joueur argentin d'origine allemande, fut grand-maître en 1952, à l'âge de 38 ans. Il fit parti de la fameuse équipe d'Argentine qui termina deuxième ,derrière la Yougoslavie, aux Olympiades de Dubrovnik, en 1950.




D'ailleurs après ce beau résultat, le Président Péron invita l'équipe d'argentine à une réception. Il voulait récompenser les joueurs et leur demanda ce qu'ils désiraient. Le facétieux Pilnik, connu pour son antipéronisme, répondit au Président, qu'il désirait un baiser de sa femme ...Evita Péron !




Le tournoi des candidats fut pour le joueur argentin un véritable chemin de croix. Mais il pouvait être redoutable avec son style offensif, cette partie contre Smyslov, en 1952, à Budapest, le démontre :

http://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1125657

Smyslov allait retrouver Botvinnik !



Dieu ne joue pas aux dés !




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Posté le 16/07/2006 à 09:56

 - En réponse à tietie007 (Voir le message du 16/07/2006 à 07:41)


Excellent topic bravo (j'ai pas tout lu c'est un truc de fou mais il atérit dans mes favori tu as utilisé plusieurs sources pour cette petite synthèse j'imagine ?)

Et sinon par rapport aux questions posées plus haut, si tu nous parlait de ta propre expérience des échecs ça pourrait être cool ! Moi j'aime ce jeu mais peu de monde autour de moi sait y jouer du coup pour enchainer les parties et progresser c'est bof Les règles en elle-même sont pourtant pas aussi compliquées que la peur de certains les laissent imaginer !



CAMPIONI DEL MONDOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!!!!!!!!
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