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Message de zybax du 03/05/2011 à 11:27

Au contraire, il me semble que jamais Frédéric Sojcher n'affiche sa belgitude comme un gage de décalage, et cherche plutôt à rappeler pourquoi il est important que la France continue son combat pour l'exception culturelle.

HH : Hitler à Hollywood n'est pas une comédie, même si j'ai beaucoup ri pendant sa (ses) projections. Et Frédéric Sojcher ne prétend jamais être Bouli Lanners par exemple. Ce n'est pas son univers à lui.

Il n'est donc point question ici - selon moi - de pastiche ou d'étiquette, mais d'un film à (très) petit budget, politique et poétique, qui s'appuie sur des faits historiques précis (Roosevelt a bien dit : "Envoyez les films américains, les produits suivront") pour expliquer la volonté de mainmise culturelle d'Hollywood sur l'Europe, après la 2nde Guerre Mondiale.

Bon, je suis un inconditionnel de Frédéric Sojcher (depuis son bouquin : Main Basse sur le Film), donc j'aurai du mal à vous convaincre de mon objectivité quant à son nouveau film, mais je trouve que son traitement de l'image - très BD, et que l'on doit à Carlo Varini - sert parfaitement son propos, tout en tirades lumineuses, sur le désir de Cinéma.

J'imagine que la projo était au "Cinéma des Cinéastes" (je n'y étais pas), où j'avais déjà vu moi aussi la moitié de la salle se barrer après la projection d'Il Divo, alors que Paolo Sorrentino et Toni Servillo avaient des choses à raconter.

Il est d'ailleurs étonnant de constater que Frédéric Sojcher divise autant les spectateurs. Il n'y a pas de juste milieu avec lui. Certains le trouvent brillant et passionnant, d'autres chiant et inintéressant. Il a des admirateurs d'un côté, des détracteurs de l'autre.

Est-ce dû au fait qu'étant de nationalité belge, justement, on attend de lui qu'il joue à fond la carte du décalage, surréaliste et subversive, qui fait les beaux jours des cinéastes wallons?

Frédéric Sojcher est un amoureux de Truffaut (il a entretenu une petite correspondance avec lui quand il avait 16 ans), il a tourné son premier court avec Gainsbourg, Lonsdale et Lavilliers à 18 ans. Depuis, il n'arrête plus.

Je vous recommande particulièrement Vroum-Vroum, un court-métrage avec Annie Cordy, Michaël Lonsdale, Claire Nebout et Jean-Paul Comart, où les membres d'une famille sont coincés dans une voiture, et s'engueulent. Petite précision, leurs voix ont été échangées, et ce qui paraît très (trop?) simple est juste désopilant.

Et son documentaire Cinéastes à tout Prix reste un petit bijou à voir et à revoir !!!