Ses 17 critiques
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Le 09/03/2004 à 01:22 |
Miramax, après avoir été - peu ou prou - à la pointe du cinéma indépendant US grand public pendant une dizaine d'années, et reconverti depuis peu en grand pourvoyeur de navets de luxe pour les Oscars, a réussi l'impossible, via l'irrégulier Minghella. A savoir, foutre en l'air la réunion Jude Law-Nicole Kidman (plus glamour tu meurs, plus intenses tu repasses), en les figeant dans une fresque lourdingue et involontairement grotesque. Martine à la ferme + La Petite maison dans la prairie + Le Patient Anglais = pas grand-chose, mais pas grand-chose en version longue. C'est parfois drôle (Nicole regarde dans le puits un clip de Madonna, Frozen...), et le résultat donne un film-jeu assez rigolo (dont le but est de vérifier s'il va vraiment se passer ce qu'on a vu venir minimum une demi-heure avant que ça ne se produise). Renée Zellweger en fait des caisses pour avoir l'Oscar. Elle s'est bien amusée. Tant mieux pour elle. Elle a eu l'Oscar. Tant mieux pour elle. Et qu'elle l'ait eu en dit assez long sur la crédibilité de toutes les récompenses décernées cette année-là.
On attend de retrouver tout ce beau monde dans des projets un peu plus à leur hauteur, et Minghella tournant un vrai film de morts-vivants (Truly, Madly, Deeply, ou Le Talentueux M. Ripley), où il se montre plus inspiré qu'en guide de musée Grévin. |
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Le 08/03/2004 à 03:41 |
Christophe Blanc, un ange Cassavetes et un démon Pialat sur chaque épaule, a si finement écrit son film, et si subtilement senti ce que ses acteurs allaient en faire, qu'il a un peu oublié en route d'en donner une version cinéma. Pas Agnès Jaoui, si intense qu'on ne peut que déplorer à quel point ils sont rares les auteurs à oser lui rendre la place d'actrice qu'elle mérite. |
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Le 05/03/2004 à 13:26 |
A la fois frère aîné et jumeau de l'extraordinaire Elephant, Gerry est tout autant un objet de cinéma éblouissant qu'une proposition de cinéma passionnante. D'une richesse esthétique et narrative qui outrepasse largement la seule notion de "concept" (poser le film comme dispositif, épure maximale du "sujet", technicité et maîtrise ahurissantes, etc.) il démontre que Gus Van Sant est l'interrogateur de la matière et de la manière cinématographiques le plus excitant et le plus rigoureux qui soit. Rien qu'en cela, il renvoie les pathétiques provocations du Von Trier à leur vanité, leur cynisme et leur bêtise.
Et il est fascinant de le voir fonder une oeuvre aussi unique à travers des oeuvres aussi diverses. Plus radical qu'Elephant mais non moins sublime, Gerry ne se limite jamais à ce que son sujet suggère (deux types dans le désert), et comme Gerry et Gerry, dont un seul plan des visages suggère qu'ils avancent du même pas, le fond est au diapason de la forme.
Là où il est question de (se) trouver et de (se) perdre, Van Sant interroge les mythes ou la fin des mythes (en terre américaine, quoi de plus logique, au fond ?).
Jamais anecdotique et jamais plus près des corps et de l'âme, le film est pétri dans une pâte humaine, qui peut évoquer (quête et perte) Herman Melville, avec la profondeur et la dérision d'un Beckett. Et si, Van Sant s'imposait, mine de rien, comme le défricheur d'une grammaire visuelle et scénaristique incontournable, à l'exemple en leur temps d'un Griffith, d'un Murnau, d'un Chaplin ?
On ressort en tout cas de Gerry bouleversé d'avoir été surpris, et surpris d'avoir été bouleversé. |
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Le 28/02/2004 à 03:35 |
Les films de Ruiz sont toujours pour partie ratés et pour partie réussis, avec parfois plus dans la balance d'un côté que de l'autre. Ici, on est dans le juste milieu, et le film s'équilibre entre outrance et vraie fantaisie, paresse et moments réellement inspirés...
Très inspirés surtout sont les acteurs, qui batifolent là-dedans sans complexe. Si on décide d'être contents avec eux plutôt que pour eux, on risque bien de passer un moment plutôt sympathique, et de ne pas en vouloir au réalisateur de nous avoir embarqués dans son univers foutraque. |
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Le 19/09/2003 à 03:04 |
Séance de rattrapage via Canal +...
Grand mystère pour moi : comment un homme aussi fin et subtil, aussi intelligent que Bernard Rapp peut-il faire des films aussi bêtes ? |
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Le 16/07/2003 à 18:47 |
Le grand écart Lelouch-Jeunet (un Jeunet pré-Amélie, avec des vraies morceaux de son scénariste Laurant dedans, et tous les acteurs de Delicatessen et de La Cité, aussi). Un festival de tronches, mais avec des idées et pas de scénario, le film en fait des pantins limite vulgaires (les rôles de femmes, à ce titre, sont très gratinés...). Une bizarrerie pas déplaisante au demeurant, mais dont les effets, soutenus par rien, virent au procédé, et le procédé à l'affectation. La parti pris anti-naturaliste finit par rendre le film anti-naturel (pourquoi ça passe chez Jeunet, et pas ici ?). Restent la grâce et la légèreté d'Elsa Zylberstein et d'Eric Caravaca, décidément tous deux très bien, et pour qui ont est près à avaler les pires couleuvres. |
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Le 05/04/2003 à 23:11 |
Oh la la ! Je viens de le découvrir dans un ciné-club, précédé de ses louanges de la critique, de sa réputation historique, etc. Mon Dieu que c'est mauvais ! La vision qu'à Fuller du strip tease (même pour 1963) prète suffisamment à sourire pour qu'on redoute le pire quant à sa représentation de la folie... Et le pire est là... Oui, sans doute, ça a considérablement vieilli, circonstances atténuantes, mais tout de même, voir des fous qui se prennent pour Napoléon (ou peu s'en faut), et marche comme les zombies de Romero, non, c'est un peu trop (même pour 1963). Cela en dit quand même assez long sur l'hypocrisie de la presse, incapable de re-visionner ce qu'elle tient (par réputation ? par ouïe-dire ?) pour "un chef-d'oeuvre radical, subversif et convulsif" (Téléramuche) et donc de réviser son jugement. Aujourd'hui, le film de Fuller (l'un des cinéastes les plus surestimés par la presse européenne) passe pour du Ed Wood. La salle a beaucoup ri. C'est déjà ça de pris, même si ce n'était pas le but du jeu. |
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