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    De Discount à Joséphine s'arrondit : Sarah Suco, portrait d'une jeune actrice
    Par Brigitte Baronnet — 19 juin 2016 à 18:15
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    A l'occasion de la sortie en DVD de la comédie Joséphine s'arrondit de Marilou Berry, découvrez notre interview-portrait avec la pétillante Sarah Suco, l'une des révélations du film, qu'on avait également pu voir dans Discount de Louis-Julien Petit.

    Sarah Suco avec Vanessa Guide et Marilou Berry
    1. Sarah Suco avec Vanessa Guide et Marilou Berry +

    Les débuts

    AlloCiné : Comment tout a commencé ?

    Sarah Suco, actrice : Mes parents m’ont mis dans un cours de théâtre à l’âge de 7 ans, après avoir constaté que je n’avais pas de grâce ni pour la danse, ni pour la gym, tout ça ! Un jour, on m’a fait essayer le théâtre, et j’ai tout de suite fait « wahouh, my god ! » J’avais 7 ans, je parlais pas comme ça !

    J’ai vu mon premier spectacle à 8 ans. C’était les 200 ans de la Révolution française au théâtre de Perpignan. Jouer, c’est quelque chose que je n’ai pas arrêté de faire en fait, sans y réfléchir.

    Au collège, je suis rentrée en conservatoire d’initiation à Toulouse. J’ai fait un bac théâtre et j’ai continué à faire le conservatoire à Bordeaux, puis à Paris. C’était pour moi une évidence, mais ce n’est que plus tard que je me suis dit, c’est un métier. Mais c’est compliqué. Jouer, créer, on peut le faire. Après, gagner sa vie avec… C’est une passion, une nécessité, depuis l’enfance.

    Depuis 2-3 ans, il commence à y avoir vraiment de belles choses. J’ai vécu des choses très belles avec Discount. Avec Marilou Berry (pour Joséphine s'arrondit). J’ai travaillé avec Catherine Corsini aussi pour La belle saison. Un petit peu avec Vincent Garenq, Arnaud des Pallières… Ce sont toujours de super rencontres. Je suis très heureuse aujourd’hui de pouvoir vivre de ça, exercer ce métier.

    Vous  avez fait des études de théâtre. Mais avec dans un coin de la tête de faire du cinéma ?

    Le cinéma avait un côté vraiment très rêve. Ca me paraissait inatteignable en fait. Je viens de la province. Quand tu ne connais personne dans le cinéma… Ça parait tellement loin, c’est surréaliste en fait. Donc j’étais plus théâtre;  dans la pratique, c’est beaucoup plus abordable.

    Mais j’ai eu très vite le cinéma en tête car j’adore cet endroit, d’être dans une salle noire et voir un film. C’est quelque chose qui me bouleverse tout le temps ; j’avais envie d’y être.

    J’ai commencé avec des courts métrages et c’est comme ça que j’ai rencontré Louis-Julien Petit [le réalisateur de Discount], après une petite annonce sur Internet. Et j’ai rencontré des gens au fur et à mesure, petit à petit.

    Sarah Suco était pré-nommée cette année pour le César de la meilleure révélation féminine. Notre reportage à la rencontre des révélations :

    César 2016 : à la rencontre des révélations

     

    Le premier film qui vous a marqué au cinéma?

    Quand j'étais petite, ma mère nous a emmenés voir E.T. On est sorti en cours de film parce que je crois qu'on pleurait trop avec ma soeur, au moment où il commence à être malade et qu'il faut le réanimer. C'est un grand souvenir pour moi d'un attachement à un personnage. 

    Ado, j'ai vu un film que j'aime beaucoup qui s'appelle Merci la vie de Bertrand Blier, qui me parle beaucoup, qui est un film aussi sur le cinéma. Il y a des acteurs incroyables, une liberté d'écriture, de ton et de jeu, avec Anouk Grinberg et Charlotte Gainsbourg, qui m'ont énormément inspirée. 

    Ca fait quoi de se voir sur grand écran la première fois ?

    Oui, je m'en souviens. C'était pour un petit rôle dans un film d'Eric Besnard. Je jouais une serveuse, je servais un café à Josiane Balasko et Clovis Cornillac. Il y a de l'émotion de se voir sur grand écran. C'est évidemment étrange, un peu comme quand on entend sa voix sur le répondeur. On n'aime pas sa voix.

    Discount, c'est peut être le film où je me suis vue le plus longtemps parce qu'il y avait une vraie partition. C'était étrange. J'étais heureuse de faire partie de cette aventure, de ce film que je trouve beau, donc j'ai réussi à enlever tous els trucs qui font qu'on aime pas se voir. J'étais très touchée de faire partie de cette histoire.

    Notre rencontre avec la bande de Discount de Louis Julien Petit :

     

    De Discount à Joséphine s'arrondit 

    Comment Marilou Berry a eu l’idée de faire appel à vous ? Est-ce en voyant Discount justement ?

    Non, elle ne l’avait pas vu. Elle l’a vu récemment avec le coffret César. J’avais travaillé un tout petit peu avec la maman de Marilou (Josiane Balasko). Sur le casting, ils avaient pensé à moi, mais je ne sais pas pourquoi, ils avaient une fausse information comme quoi je n’étais pas disponible sur la période de tournage, donc ils ont lâché l’affaire. Mais ils ne trouvaient personne. Je suis arrivée sur le tournage au dernier moment.

    Josiane Balasko est née le même jour que moi. Comme on a tourné ensemble, chaque année, je lui envoie un petit sms. Cette année-là, quand elle l'a reçu, elle a parlé de moi à sa fille. Elle lui demande si elle m’a vu pour Joséphine s'arrondit. Elle lui dit : ‘je crois qu’on m’a dit qu’elle n’était pas disponible’. Ils réessayent et là ils découvrent que je suis disponible. On m’appelle, je lis le scénario. Le lendemain matin, j’étais aux essais, puis Marilou m’appelait. On ne se connaissait pas, mais c’est une succession de belles choses dans la vie qui font la petite coincidence. Je n’aurai pas envoyé ce message d’anniversaire, je ne serai probablement pas là en train de vous parler. J’ai envie de croire en ces petites choses là, ces petits cadeaux !

    C'est mon premier rôle de comédie, c'était super chouette à faire, une couleur qu'on peut apporter. Il y a un petit côté cartoon, un peu déjanté. Je trouve que dans Joséphine s'arrondit, les personnages féminins sont tous très forts et très existants, et ça c’est important pour moi.

    Je trouve qu’il y a encore trop de films en France où la place des femmes est injuste. La misogynie au cinéma me gêne beaucoup. J’étais contente par exemple récemment de jouer une féministe dans La belle saison de Catherine Corsini. La place des femmes, ce qu’on raconte, est vraiment quelque chose qui est très important pour moi.

    J’ai envie de traiter de suejts forts. Je trouve qu’aujourd’hui, on a vraiment une société où il se passe des choses difficiles. La société se divise, les gens ont peur de l’étranger, etc. Le cinéma est aussi là pour incarner l’espoir, amener des belles choses. La culture est aussi là pour ça. Quelle que soit la forme, la comédie ou la tragédie. En tout cas, ça c’est quelque chose qui m’importe ; Je ne pourrai pas faire un film en me disant « ça c’est con, ça va amener des gens vers la connerie ». Je n’ai pas envie de ça.

    Vous disiez qu'il s'agit de votre premier rôle comique. Un genre qui semble bien vous correspondre quand on vous rencontre. Etait-ce particulièrement plaisant à jouer ?

    C'était un plaisir immense, mélangé à une certaine forme de peur, parce que c’était la première fois que je faisais une comédie. Au début, j’ai eu ce réflexe idiot à chercher à être drôle, mais il ne faut jamais chercher à être drôle. Ce qui est drôle, c’est la situation, c’est ce qui est écrit. Donc j’ai lu beaucoup d’interviews d’acteurs que j’aime beaucoup en comédie.

    Ce que j’aime bien avec ce personnage, c’est qu’elle est complètement loufoque. C’est une fille qui est complètement paradoxale. Elle crie haut et fort qu’elle est libre, qu’elle veut coucher à droite à gauche ; c’est une fille qui ne veut pas de relation, qui ne veut pas s’engager. C’est une fille très moderne, j’ai plein de copines comme ça. Elles ont 30 ans, ‘c’est bon, on a la vie devant nous. Les mecs, merci bien !’ Il y a un côté power girl, qui en comédie est super. Mais en même temps, elle a des fleurs partout chez elle, elle est hyper romantique, mais ne le dit pas. C’était très chouette à faire car il y avait toute une palette. Je me suis vraiment marrée.

    La bande-annonce de Joséphine s'arrondit :

     

    A découvrir prochainement dans...

    Vous avez mentionné Arnaud des Pallières dans vos collaborations. C’est pour le film Orpheline ?

    Oui. J’ai un tout petit rôle. J’avais une scène avec Adèle Haenel. J’étais très contente parce que je l’aime beaucoup. C’était chouette. J’étais très contente de pouvoir rencontrer Arnaud des Pallières. Son scénario est très chouette.

    Vous écrivez également actuellement un scénario...

    C'est un drame social avec un sujet de société assez fort. Mais quand je dis drame social, ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas un regard avec une forme de légèreté qui pour moi fait partie intégrante de la vie. Même dans les grands malheurs, on a besoin de quelque chose d’un petit peu cocasse, d’un petit rire pour pouvoir le raconter mieux. En tout cas, c’est comme ça que j’aborde les choses.

    Sara Suco sera également prochainement à l'affiche de Carole Matthieu de Louis-Julien Petit, dans lequel elle joue la fille d'Isabelle Adjani, et d'Aurore Tabort de Blandine Lenoir.

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     Propos recueillis par Brigitte Baronnet au Festival de l'Alpe d'Huez 2016

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