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    100 ans de Kirk Douglas : les plus grands rôles de la légende d'Hollywood
    Par Olivier Pallaruelo & Corentin Palanchini — 9 déc. 2016 à 05:00
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    Un des derniers monstres sacrés de l'âge d'or d'Hollywood encore en vie, l'immense Kirk Douglas souffle ses 100 bougies ce 9 décembre ! Hommage à une authentique légende du 7e Art.

    Kirk Douglas dans "L'emprise du crime" (1946)
    1. Kirk Douglas dans "L'emprise du crime" (1946) +
    Première apparition au cinéma de Kirk Douglas à l'âge de 30 ans dans ce film noir signé Lewis Milestone, et dans lequel il donne la réplique à la grande Barbara Stanwyck.
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    Kirk Douglas -Yssur Danielovitch Demsky de son vrai nom-  est né de parents russes juifs immigrés aux États-Unis en 1910. Les souvenirs de son enfance sont douloureux pour lui : il la passe dans une grande pauvreté. "Je viens d'un milieu d'une pauvreté abjecte, il n'y avait nulle part où aller si ce n'était d'avancer" dira-t-il des années plus tard. Parcours exemplaire de mérite et d'humilité de celui qui est un des tous derniers géants de l'âge d'or d'Hollywood encore en vie, alors qu'il célèbre ce 9 décembre ses 100 ans. Son apport au cinéma, immense, fut notamment couronné internationalement d'un César d'honneur en 1980, d'un Oscar d'honneur pour l'ensemble sa carrière en 1996, et d'un Ours d'Or d'honneur au Festival de Berlin en 2001. Lui qui tourna avec le Who's Who des metteurs en scène à Hollywood. La liste en donne même le tournis : Otto Preminger, Howard Hawks, Richard Fleischer, Elia Kazan, Vincente Minnelli, Anthony Mann, John Frankenheimer, Stanley Kubrick, Robert Aldrich, John Sturges, Jacques Tourneur, et tant d'autres encore... Retour sur une immense carrière.

    Ascension d'un futur géant

    Kirk Douglas parvient à financer ses études à l'American Academy of Dramatic Art en étant lutteur de foire. Il débute au théâtre en 1941, et connaît son premier rôle au cinéma dans le film noir L' Emprise du crime (1946) de Lewis Milestone. C'est grâce à son amie Lauren Bacall qu'il a pu passer un essai, qui s'est révélé concluant. Douglas tourne ensuite avec elle La Femme aux chimères (1950) de Michael Curtiz, mais son premier rôle important est celui d'un boxeur qui refuse de se laisser corrompre dans Le Champion (1949) dirigé par Mark Robson, qui lui vaut sa première nomination à l'Oscar du meilleur acteur.

    Cette nomination sera suivie de deux autres, toutes deux pour des films de Vincente Minnelli (Les Ensorcelés en 1952 et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, où il tient le rôle-titre, en 1955). Pour le rôle du célèbre peintre, il obtient le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique.

    Assez tôt dans sa carrière, Kirk Douglas rencontre Burt Lancaster, avec qui il partagera l'affiche dans sept longs métrages. C'est le film noir L'Homme aux abois qui les réunit pour la première fois pour en 1948. Lancaster y campe un ancien taulard qui veut retrouver son ancien complice (joué par Douglas). Ensemble, les deux acteurs aborderont tous les genres : le western, avec le succès Règlement de comptes à O.K. Corral qui voit Kirk interpréter un Doc Holliday autodestructeur, la comédie d'aventures comme Au fil de l'épée (1959) ou la comédie policière (Le Dernier de la liste, John Huston). Après un film d'espionnage (Sept jours en mai, 1964), ils se retrouveront en 1976 pour un téléfilm sur une prise d'otages en avion, Victoire à Entebbe, puis revisitent au théâtre Tom Sawyer et Huckleberry Finn dans la pièce The boys of autumn (1981). Leur dernière collaboration se fait en 1986 pour Coup double, une production Disney qui voit Kirk Douglas courir lui-même sur le toit d'un train en marche... à 69 ans !

    MGM
    Kirk Douglas, extraordinaire dans "Les Vikings" de Richard Fleischer (1958)


    Tout comme son camarade Lancaster, Douglas a un physique reconnaissable entre mille qui l’orientent parfois vers des rôles de personnages abjects (Le Gouffre aux chimères de Billy Wilder, 1951) ou marqués par la vie (Première victoire, Otto Preminger, 1965) et pas seulement à cause de la fossette qu'il arbore au menton. Douglas est un athlète et choisit ses rôles en conséquence : il est tour à tour le trappeur pris dans un duel amoureux pour une belle Indienne dans La Captive aux yeux clairs (Howard Hawks, 1952), le harponneur canadien Ned Land de 20.000 lieues sous les mers (Richard Fleischer, 1954), un héros mythologique (Ulysse de Mario Camerini en 1954), ou encore un "méchant" à l'œil crevé (Les Vikings de Fleischer encore en 1958). Tous ces rôles rencontrent l'adhésion du public. Fort de ces succès en salles, il fonde en 1954 sa propre maison de production, Bryna productions, qui deviendra Joel Production (respectivement les prénoms de sa mère et de son fils). Il produit ainsi deux films de Stanley Kubrick dont il tient la vedette : le pamphlet anti-militariste Les Sentiers de la gloire et le péplum Spartacus, récompensé par quatre Oscars. L’acteur aura fait jouer de son autorité pour évincer de ce film Anthony Mann au profit d’un Kubrick qu’il imaginait « plus conciliant ». Les deux hommes retravailleront pourtant ensemble cinq ans plus tard sur le film Les Héros de Télémark.

    Ci-dessous, pour le plaisir et le souvenir, la fabuleuse séquence du travelling dans les tranchées avant l'attaque de la Fourmilière, dans Les Sentiers de la gloire...

     



    En 1960, il va à l'encontre de la fameuse blacklist hollywoodienne en insistant pour que le scénariste Dalton Trumbo soit crédité au générique de Spartacus (il utilisait un pseudonyme depuis 1947). Il engagera à nouveau les années suivantes Trumbo pour deux de ses productions, El Perdido de Robert Aldrich et Seuls sont les indomptés de David Miller. Dans ce second film, Douglas joue un des derniers cowboys, qui refuse d'accepter que les temps changent. Dans son autobiographie, Le Fils du chiffonnier, l'acteur admettra que ce personnage est son rôle préféré. Toujours dans les années 60, il participe à la fresque Paris brûle-t-il ? en interprétant le général Patton, et inaugure l'année 1970 en retrouvant Joseph L. Mankiewicz (après Chaînes conjugales, 1949) pour Le Reptile, western pessimiste sur la nature humaine, et en tournant pour la première fois avec Elia Kazan dans L'Arrangement dans lequel il joue un homme qui balaie sa vie confortable pour redonner un sens à son existence.

    Éclectique, Kirk Douglas conserve un grand intérêt pour le théâtre. Il est ainsi le premier à interpréter le rôle principal de Vol au-dessus d'un nid de coucou, en 1963. Il acquiert les droits de la pièce mais ne pouvant la produire à l'époque, les cède à son fils Michael, qui produira en 1975 l'adaptation cinématographique signée Milos Forman. Il passe également à la réalisation pour Scalawag (1973), un échec commercial, puis le solide western La Brigade du Texas (1975).

    Walt Disney Pictures
    Kirk Douglas, inoubliable Ned Leland dans "20 000 lieues sous les mers" (1954)


    Comme de nombreuses stars de l’âge d’or, sa carrière pâtit de la révolution de l’industrie qui a lieu avec les années 1970, même s’il marque sa sympathie pour le « nouvel Hollywood » en jouant le premier rôle de deux films de Brian De Palma, Furie (1978) puis Home movies (1980). Malgré un rôle marquant dans le succès Nimitz, retour vers l'enfer de Don Taylor, la même année, sa carrière est moins flamboyante pendant la décennie suivante. Après de nombreux téléfilms et quelques longs métrages passés inaperçus, Kirk Douglas se fait plus rare. Une tendance qui est accentuée pendant les années 1990 par des évènements tragiques. Il réchappe en effet de justesse en 1991 à un accident d'hélicoptère qui fait deux morts et fait une attaque cérébrale trois ans plus tard. Malgré une deuxième attaque (cardiaque cette fois) en 2001, l'acteur lutte pour jouer avec son fils Michael et son petit-fils Cameron dans Une si belle famille en 2003.

    Parvenu au crépuscule de sa vie, Kirk Douglas résume ainsi son existence et son immense carrière, non sans malice : "je suis trop vieux pour changer. Comme Popeye, je suis ce que je suis. Aime-moi ou déteste-moi, mais ne sois pas indifférent". Qu'il se rassure : il est loin d'avoir laissé indifférent des générations entières de cinéphiles bercés par ses incarnations à l'écran, au cours d'une carrière hors du commun. Merci l'artiste !

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