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    Cannes 2017 - Carne y Arena : on a testé l'expérience de réalité virtuelle d'Iñarritu
    Par Maximilien Pierrette (@maxp26) — 24 mai 2017 à 05:55
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    Conçu par Alejandro Gonzalez Iñarritu et son chef opérateur, l'expérience "Carne y Arena" en réalité virtuelle nous a ouvert ses portes pendant le Festival de Cannes. Retour sur cette plongée immersive et sous haute tension aux côtés de migrants.

    "Carne y Arena" s'affiche
    1. "Carne y Arena" s'affiche +

    "Alejandro Gonzalez Iñarritu et Emmanuel Lubezki vous invitent à participer à Carne y Arena (Virtuellement présent, Physiquement invisible)" : après avoir déchanté en début de Festival, en apprenant qu'elle ne serait réservée qu'à une poignée d'heureux élus, un mail nous redonne en espoir en même temps qu'une chance de tester l'expérience de réalité virtuelle mise sur pied par le réalisateur de Birdman et The Revenant en compagnie de son chef opérateur.

    Et c'est ainsi que nous partons à bord d'une navette qui nous emmène loin de la Croisette, jusqu'à l'aéroport de Cannes-Mandelieu. Un voyage en avion surprise serait-il au programme ? Oui et non, car c'est à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique que nous nous retrouvons en pénétrant dans le hangar où se tient ce qui constitue l'un des événements de ce 70ème Festival de Cannes. Et c'est d'ailleurs devant un bout de l'ancienne version du mur qui sépare les deux pays à Naco (Arizona), lorsque celui-ci était métallique et non en béton, que l'expérience commence.

    Quand t'es (pieds nus) dans le désert…

    Après un hall dans lequel le visiteur et futur acteur peut lire une note d'intention signée Iñarritu lui-même, qui promet une expérience "différente pour chacun" au cours de laquelle "chacun y vivra quelque chose d'unique" et pourra "marcher avec les migrants (et même être dans leur tête !) au milieu d'un paysage sans limite, aux possibilités comme aux perspectives infinies", nous entrons dans une petite pièce un brin angoissante, où il nous est demandé de retirer chassures et chaussettes et de patienter jusqu'à ce qu'une alarme retentisse. Un temps d'attente à la fois court et assez long pour observer les souliers usagés disposés sous les bancs et imaginer ce que les témoins rencontrés par le cinéaste ont pu vivre.

    Pour ceux qui ont du mal à visualiser, la suite est beaucoup plus parlante. Ou imagée : après être entrés, pieds nus donc, dans une grande salle plongée dans l'obscurité avec du sable sur le sol, on nous met un sac sur le dos, puis les casques VR. Et après quelques explications (ne pas courir, ne pas toucher les capteurs, ne pas s'inquiéter à l'idée de rentrer dans un mur car des gens seront là pour nous retenir…), nous voici donc dans le désert, avec un petit vent qui vient nous caresser le visage pour un effet des plus saisissants.

    Peut-être pas autant que lorsque l'image paraît vibrer autour de nous lorsqu'un hélicoptère vient éclairer le groupe de migrants auquel il est possible de se joindre. Ou la vue des armes brandies par des policiers accompagnés d'un chien qui semble prêt à nous bondir dessus (l'auteur de ses lignes a d'ailleurs pris soin de se cacher derrière un buisson, au cas où). Si les images de synthèse se voient sur le visage de nos compagnons, malgré la fluidité de la performance capture, l'immersion est totale et parfois oppressante, surtout lorsque nous étions en smoking pas moins de vingt-quatre heures auparavant, sur les marches du Palais des Festivals.

    Emmanuel Lubezki

    Pas de ça ici, mais du sable, des cactus et - surtout - une situation qui se tend petit-à-petit : mis à genoux (voire à plat ventre) et les mains en l'air, il ne nous faut pas longtemps pour comprendre la décharge signée à l'entrée nous prévenant des différents effets que l'expérience peut avoir sur la santé, car il est aisé de paniquer ou se sentir mal, à tel point que d'autres en sont sortis en larmes, nous raconte-t-on. Peut-être suite à ce moment où un policier nous tient en joue, faisant monter la tension d'un cran avant que celle-ci ne redescende d'un coup, pour nous permettre de reprendre notre souffle.

    C'est à ce moment que la vidéo s'achève, mais pas l'expérience. Car, une fois rechaussés, nous entrons dans un couloir jalonné des portraits des migrants dont Iñarritu s'est inspiré pour concevoir Carne y Arena. Autant de personnes dont l'histoire nous est racontée, entre celui qui a été retenu dix jours dans une chambre froide, celle qui a vu un enfant être abandonné car il ne pouvait plus marcher, ou encore cet homme qui a craint d'avoir perdu son frère. Après nous avoir plongés dans une situation qui rappelle le segment de Babel emmené par Gael Garcia Bernal, son auteur nous assène un dernier coup, pour finir de rendre ce court métrage mémorable.

    Le Festival de Carne

    Outre la technologie, qui apparaît bel et bien comme la prochaine révolution cinématographique, il y a quelque chose de vraiment saisissant à vivre ces 6 minutes 30, entre la profondeur de champ que nous offrent Iñarritu et Lubezki, le degré d'immersion de l'ensemble et la façon dont Carne y Arena nous transporte loin, très loin. Surtout lorsque nous passons au travers des personnages qui nous entourent, pour découvrir que chacun a le même cœur, et que nous ne sommes pas si différents, d'un côté ou de l'autre de la frontière.

    Attendu à Milan dès le mois prochain, ce court métrage possède bel et bien le côté événementiel mis en avant par Thierry Frémaux lorsqu'il l'avait annoncé, et il est très dur de revenir à la réalité en sortant de l'aérodrome. Et encore plus de se replonger dans les paillettes du festival, après ces quelques minutes intenses aux côtés de migrants.

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    Commentaires
    • SUPER DC
      Oh c'est beau
    • sptz
      ça à l'air fou effectivement...
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