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Les costumes de Valérian : "Je n’avais jamais fait quelque chose d’aussi compliqué"
Par Yoann Sardet, propos recueillis le 28 juin à Saint-Denis — 26 juil. 2017 à 12:00
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Avec plus de 600 costumes créés durant plusieurs mois par 150 personnes, le chef-costumier Olivier Bériot a fait face au plus grand défi de sa carrière avec "Valérian et la Cité des mille planètes". Rencontre.

Les costumes de "Valérian et la Cité des mille planètes"
1. Les costumes de "Valérian et la Cité des mille planètes" +

AlloCiné : Avant Valérian, vous avez travaillé sur Adèle-Blanc-Sec, Le Marsupilami, Lucky Luke... Quels sont les pièges à éviter quand on transpose au cinéma les costumes d'une bande-dessinée ?

Olivier Bériot : Il faut savoir se détacher du dessin. La vignette de BD est très petite, il y a très peu de détails et on n’est pas dans la précision d’un textile ou d’un gros plan de cinéma. Le piège serait donc de rester trop près du dessin stylisé. C’est pour cette raison qu’entre le dessin de Mezières et la fabrication des costumes pour le film Valérian, il y a le travail des concept-designers spécialisés dans la science-fiction, qui livrent des dessins riches de détails qu’on ne trouve pas dans la BD. Si on reste trop proche de la BD, le costume est presque trop plat, un peu "parc d’attraction"… Le piège est vraiment là.

Comment avez-vous abordé l'ampleur du projet "Valérian" ? Pour un chef-costumier, c'est un peu un sommet dans une carrière, non ?

C’est une vraie apothéose. Je n’avais jamais fait quelque chose d’aussi compliqué. Il y a beaucoup de fabrication, de choses très différentes. Les costumes des deux héros représentent une partie du travail, mais il y a énormément d’autres personnages, qui parfois traversent simplement l’écran, des personnages d’un instant complètement inventés. Et comme il s’agit de science-fiction, ce sont des matériaux qu’on ne connaît pas et un travail sur le futur qu’on a peu l’occasion d’aborder, même si j’avais déjà travaillé sur les scènes futuristes de Mister Nobody. Nous avions donc déjà un peu réfléchi à des matières différentes, des revêtements différents, des coutures différentes… Mais cette fois-ci le cahier des charges était multiplié par mille !

Valérian et la Cité des mille planètes EXTRAIT VO "Le saut"

 

Cette idée de Cité des mille planètes où se croisent des milliers de cultures différentes est forcément très inspirante pour le département des costumes...

Le film est vraiment sujet au mélange des cultures, car il y a énormément d’aliens venus de mondes différents. Quand on tourne la réunion des chefs d’états, c’est un rassemblement d’aliens très divers, créés avec des techniques variées pour obtenir des rendus différents. Certains personnages viennent du monde animalier, d’autres du monde technique, certains évoquent la cuirasse ou l’armure quand les autres viennent plus du biologique et de l’anatomique… Le personnage du pirate qui est joué par Alain Chabat est fait de rabibochage de bouts de trucs. Cette diversité correspond au bestiaire du film, qui nous avait été présenté à travers une frise rassemblant tous les personnages et les différenciant en termes de tailles et de volumes.  Cette Cité des mille planètes se retrouve vraiment dans le travail. Il y a des costumes à l’opposé les uns des autres dans les couleurs, les matériaux, les fabrications… C’est une chouette fresque. C’est très réussi. 

Avez-vous eu des influences pour ce projet ?

Pour mon tout premier rendez-vous avec Luc Besson pour ce projet, j’avais préparé un fichier rassemblant des références de SF. Il m’a dit "Ça ne m’intéresse pas, tout ce que les autres ont fait je n’ai pas envie de le faire. Nous, nous inventons autre chose." Regarder les films des autres, c’est la maladie de la vache folle finalement. Alors que regarder une BD pour s’en inspirer donne un univers visuel très fort mais finalement peu d’informations, ce qui laisse une marge pour imaginer et ajouter des détails. L’univers de la BD Valérian est parfaitement respecté : des gammes de couleurs et des choses un peu abstraites d’apesanteur qu’on aperçoit dans les bandes annonces sont dans le dessin de Mézières. C’est incroyable. Il vaut donc mieux regarder la BD et ses vingt albums que revoir les Star Wars. C’est la même chose pour un film d’époque : il vaut mieux regarder des gravures que les films qui ont été faits sur le XVIIe siècle.

C’est aussi intéressant d’aller chercher dans une inspiration lointaine : on fait du XVIIe à partir des collections de Christian Lacroix, on fait de la SF mais on regarde ce que des stylistes ont creusé en termes de costumes du futur… Dans l’univers de la mode, de la photo, du web, il y a un travail sur le futur qui ne vient pas uniquement du cinéma. On peut aussi regarder chez les scientifiques : en élaborant les combinaisons de Valérian et Laureline, nous sommes allés voir où en étaient les recherches de la NASA sur les costumes d’astronautes du futur… Ce qui nous a servi d’ailleurs car une Américaine travaille sur une combinaison spatiale très fine pour faciliter le travail lors des sorties spatiales. Il y a donc des points d’inspiration très lointains pour ne pas faire des redites. Il vaut mieux prendre des chemins de traverse. D’ailleurs pour l’anecdote, les ingénieurs de la NASA regardent avec attention les gants des armures italiennes de la Renaissance pour élaborer les gants des astronautes. C’est génial, j’adore ! (Rires)

 

Justement ces combinaisons des deux héros, comment les avez-vous abordé alors qu'elles doivent à la fois être crédibles, fonctionnelles, sexy... ?

Pour Laureline et Valérian, il y a le code d’un costume type spacesuit d’action, une sorte de costume du GIGN avec lequel ils travaillent, ils conduisent, ils s’engueulent, ils se battent, ils vivent dedans, ils vont en apesanteur comme sous l’eau… Quand il commence à travailler sur la combinaison dans les années 60, Mézières se dit qu’une combinaison du futur sera extrêmement fine. Et il propose une Laureline très sexy. Au même moment, Courrèges et Cardin vont dans la même direction d’ailleurs. Dès lors, dans la fabrication, nous étions focalisés sur la finesse du costume : il fallait conserver la silhouette des comédiens, souligner les lignes de taille et proposer un vêtement d’une épaisseur de 5 millimètres.

Vous avez aussi eu le privilège de composer la garde-robe mémorable de Rihanna. Ce n'est pas tous les jours qu'on habille une diva planétaire ! 

(Rires) Le personnage de Bubble a été travaillé à partir des indications de Luc Besson. Il nous a fait jouer avec les codes de la femme transformiste et danseuse. Nous avons pris des stéréotypes de la mythologie de la femme fatale blonde, de l’artiste de cabaret, etc… C’est une gamme de costumes extrêmement précise et préparée, pour une artiste de music-hall qui sait se transformer et se mettre en scène dans chacune de ses chansons et de ses apparitions en public. Elle a totalement joué le jeu. Son équipe donne des indications très précises sur ses mesures, donc quand elle est arrivée tout était prêt et elle a pu jouer du personnage immédiatement. Ça s’est fait avec une facilité… déconcertante. (Rires)

L'univers de Valérian et Laureline est désormais posé, on imagine forcément des suites. Vous seriez intéressé ?

Je suis plus que partant pour une suite, évidemment. Quand on feuillette la BD, on se rend compte qu’on a utilisé un centième de ce qui existe. Il y a tellement de personnages qui ne sont pas présents dans ce qui a été fait sur ce film  etsur lesquels on peut travailler. Je ne sais pas ce que Luc a en tête, mais il y a vraiment matière à explorer des tas de mondes. Certaines cases présentent parfois dix aliens différents qu’on ne revoit pas par la suite dans la BD : il y a une richesse d’information géniale.

 

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