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Angoulême 2017 : rencontre avec les membres du jury du Festival du film francophone
Par Brigitte Baronnet — 25 août 2017 à 08:30
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A déjà mi-parcours du Festival du film francophone d'Angoulême, dont c'est la 10 édition cette année, les membres du jury se confient à notre micro sur leur façon d'appréhender leur mission. Le festival se tient jusqu'à dimanche 27 août.

Dominique Besnehard entouré du jury de cette 10e édition du festival
1. Dominique Besnehard entouré du jury de cette 10e édition du festival +
Raphael, Stéfi Celma, Marie-France Brière (cofondratrice du festival), Ivan Guyot, Denise Robert, John Malkovich, Claire Chazal, Dominique Besnehard, Philippe Besson, Laura Smet et Lucas Belvaux
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John Malkovich : Je regarde plutôt des séries, il y en a beaucoup qui m'intéressent

John Malkovich, acteur, et président du jury du Festival du film francophone d'Angoulême : Je travaille et je voyage beaucoup. Je n'ai presque jamais le temps de passer une semaine quelque part pour voir des films. Récemment, j'ai surtout vu des films à la télé. J'ai beaucoup aimé La Grande Bellezza. J'ai beaucoup aimé Mommy de Xavier Dolan aussi.

Mais je regarde plutôt des séries, il y en a beaucoup qui m'intéressent. J'ai vu pas mal d'épisodes de Game of Thrones avec mon fils. J'ai tout vu de The Killing et The Bridge. J'aime Broadchurch. J'avais adoré True Detective, et même la 2ème saison que beaucoup ont critiqué. J'ai beaucoup aimé aussi The Young Pope de Sorrentino. La première année de Penny Dreadful aussi. Et en fait, on m'a envoyé le scénario de la série française d'après Broadchurch, Malaterra. On a discuté un peu, mais ça aurait été très difficile de jouer un policier qui vient de Paris. C'est un peu loin ! (sourire)

Angoulême 2017 : John Malkovich, un président du jury francophile

 

Stefi Celma : "Je mesure la responsabilté"

Stefi Celma, comédienne : Je mesure la responsabilité d'être jurée. Je fais confiance à mon ressenti. Mon deuxième cerveau, c'est mon ventre, et à l'émotion qu'un film peut me procurer. C'est ça mon curseur finalement, mais c'est difficile parce que comme tous les films sont très différents en général, je trouve que ce n'est pas évident de faire un choix. Et comme je suis du signe de la balance, c'est compliqué ! (rires)

Je vais voir de tout au cinéma. Je ne pourrai pas donner de genre précisément. Récemment, j'ai vu un super film qui s'appelle Message from the king de Fabrice du Welz. Je peux aller voir aussi bien de la comédie que des films plus dramatiques. C'est un peu au feeling.

Laura Smet : "Dominique Besnehard a quelque chose de tellement cool et surtout il a le goût du cinéma"

Laura Smet, comédienne : Je suis venue pour la première édition d'Angoulême, donc c’est assez amusant de revenir pour la 10e édition, en tant que jury en plus, donc je suis vraiment contente. J’étais venue aussi présenter un film qui s’appelle Pauline et François de Renaud Fély il y a 7 ans.

Dominique Besnehard est mon parrain dans la vie donc il y a quelque chose d’assez familial et de détendu. C’est important la personne qui créé ce festival, elle donne le ton. C’est comme un réalisateur pour un film. Dominique a quelque chose de tellement cool et surtout il a le goût du cinéma, c’est un vrai cinéphile. Ce ne sont que des bons films. Il se bat pour ce festival. C’est vraiment un honneur pour moi d’être dans le jury.

Bestimage

Philippe Besson : "Je pense que je suis devenu écrivain grâce au cinéma"

Quel spectateur de cinéma êtes-vous ? Regardez-vous beaucoup de films en temps normal ?

Philippe Besson, romancier et scénariste : Oui. D’abord, ça suppose un tout petit retour aux origines, et c’est d’ailleurs ce que je raconte dans Au revoir avec tes mensonges, je suis un enfant de la campagne. Jusqu’à l’âge de 12 ans, je n’ai quasiment pas vu de films et pas vu la télévision, parce que chez moi on n’a pas le droit de la regarder, parce qu’à 8h30 il faut que les enfants aillent se coucher. Ce sont les années 70-80, il n’y a pas Internet. Je suis un enfant qui vit en dehors du monde. Jusqu’à l’âge de 12 ans, l’actualité n’existe pas, les films n’existent pas. Par exemple, je n’ai vu aucun Disney dans mon enfance. C’est un village de 160 habitants. A 12 ans, on déménage dans la grande ville, Barbezieux, 4500 habitants, mais qui a l’avantage d’avoir un cinéma qui vient d’ouvrir. Il s’appelle Le Club, il existe encore aujourd’hui. Là, c’est un choc très violent, car je vais me mettre à aller au cinéma tout le temps. Il y a 4 films par semaine et je vais voir les 4 et j’ai vu des daubes ! Je deviens non pas un cinéphile, mais un cinéphage, un grand consommateur de films. Je vais rattraper beaucoup mon retard en voyant des films à la télé aussi bien sûr.

Je suis emballé par le cinéma parce que ça me raconte une histoire. On me raconte le monde par ce biais là. Au fond, je pense que je suis devenu écrivain grâce au cinéma. C’est à dire que le goût de raconter des histoires vient aussi de là, des films. Après, évidemment, avec la vie, j’ai appris comme tout le monde à orienter mes goûts. Je suis allé vers un type de cinéma, un peu moins vers un autre. Aujourd’hui, il y a des cinéastes que je suis et dont je vais voir les films presque systématiquement. J’ai des curiosités, j’ai des coups de cœur. J’attends d’être surpris par des choses.

Le cinéma occupe une place importante. Je suis curieux de découvrir des choses. Ce midi, on faisait une sorte de bilan des films qu’on avait aimé au cours des 12 derniers mois et je me dis que les films qui surnagent sont Manchester By The Sea, qui m’a marqué, ému, troublé, dévasté, au-delà de l’interprétation de Casey Affleck. J’étais très touché par ce film. Moonlight que j’ai trouvé extraordinaire sans doute parce que cela avait des résonnances avec ma propre intimité. J’ai beaucoup aimé aussi Juste la fin du monde de Xavier Dolan, sans doute parce que je connaissais la pièce de Lagarce. J’étais très bluffé par la virtuosité de la réalisation et de l’interprétation, et par la puissance de cette histoire. Ce sont toujours des moments incroyables quand on est dans une salle et qu’il se passe un truc. J’attends ça, qu’il se passe un truc. 

Shayne Laverdière, Sons of Manual
Juste la fin du monde de Xavier Dolan, récent coup de coeur de Philippe Besson

Raphaël : "La seule chose qui compte, c’est d’être ému"

Quel regard allez-vous porter sur les films vus ? Etes-vous plutôt sensible à l'émotion, la technique ?

Raphaël, chanteur : C’est que de l’émotion. Je n’y connais rien en technique, donc je ne serai pas légitime du tout à avoir un regard technique. Chacun a sa grille de lecture. J’ai déjà fait partie de quelques festivals et c’est vrai que c’est étonnant de voir à quel point les gens sortent divisés. Mais après, selon mon expérience, la seule chose qui compte, c’est d’être ému. C’est comme une chanson : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise chanson. Il y a des chansons de variété ringarde qui peuvent me faire pleurnicher et que je trouve bouleversante, et d’autres les trouveront ridicules. C’est juste comment quelque chose vous affecte quoi.

Est-ce vous aimez qu'il y ait des débats forts,, de vous "battre" pour des films, d'avoir peut être à convaincre des gens qui n'étaient pas du tout d'accord avec vous ?

Oui, je suis très fort pour ça, j'ai fait des études d'avocat. J'adore ça. Mais j'essayerai de me battre si je suis vraiment fendu en deux par un film, que je le trouve magnifique. 

Denise Robert : "Angoulême reste parmi mes festivals préférés car les gens sont d'une très grande sympathie et c'est très décontracté"

Denise Robert, productrice : J'ai participé à Angoulême 9 ans sur 10. L'an dernier, j'y étais avec un film en compétition, 1:54 de Yan England, qui a gagné entre autres le prix d'interprétation à Antoine Olivier Pilon, et le prix du jury étudiant qui m'a beaucoup beaucoup impressionnée. 

Angoulême reste parmi mes festivals préférés car les gens sont d'une très grande sympathie et c'est très décontracté. On a l'occasion de croiser plein de gens que l'on voit habituellement à l'écran ou des activités professionnelles. On se parle comme si on était des voisins. C'est super agréable de venir ici.

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Le jury est également composé de la journaliste Claire Chazal, du réalisateur Lucas Belvaux et d'Ivan Guyot. Le 10e Festival du Film francophone se tient à Angoulême jusqu'au 27 août. Le palmarès sera dévoilé le dimanche soir.

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