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    Under The Silver Lake, Mother!, Mulholland Drive... : ces films qu’on n’est pas sûrs d’avoir compris
    Par LB, GJ, BB — 15 sept. 2017 à 19:00
    Mis à jour le 16 août 2018 à 12:23
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    Parfois, de grands cinéastes nous offrent leur film-somme, où on peut trouver réponse à tout : la vie, la mort, l’amour, l’inconscient, l’éternité, l’infini… On les adore ces film métaphysiques ! Mais, parfois, on n’a pas tout suivi.

    Under The Silver Lake - l'hallucination pop
    1. Under The Silver Lake - l'hallucination pop +
    Bourré de références cinéma et plus largement à la pop culture, Under The Silver Lake veut "traiter du sens caché que recèlent les choses qui nous sont chères – les films, la musique et les magazines qui façonnent notre culture", comme l'a indiqué son réalisateur, David Robert Mitchell. Le film multiplie les sous-intrigues, les pistes et les fausses pistes, nous emmenant dans un dédale des plus vertigineux, si tant est qu'on se laisse embarquer.
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    Under The Silver Lake - L'hallucination pop

    Bourré de références cinéma et plus largement à la pop culture, Under The Silver Lake veut "traiter du sens caché que recèlent les choses qui nous sont chères – les films, la musique et les magazines qui façonnent notre culture", comme l'a indiqué son réalisateur, David Robert Mitchell. Le film multiplie les sous-intrigues, les pistes et les fausses pistes, nous emmenant dans un dédale des plus vertigineux, si tant est qu'on se laisse embarquer.

    Mother! - L'allégorie écolo-religieuse

    Un écrivain en mal d'inspiration et sa femme voient leur relation remise en question par l'arrivée d'invités imprévus, perturbant leur tranquillité. En réalité, les choses vont un peu plus loin que cela et on observe rapidement l'héroïne s'enfoncer progressivement dans un puits sans fond où se mêlent de multiples références à la Bible, un questionnement sur le travail de création, sur la célébrité, sur la brutalité avec laquelle l'homme s'approprie la nature... Tout se mélange, les sens sont multiples et on a parfois du mal à tout décrypter.

    Persona - La schizophrénie suédoise

    Rien de mieux qu’un film de Bergman avec Bibi Andersson ou Liv Ullman… Sauf quand le maître tourne son chef d’œuvre avec Bibi Andersson ET Liv Ullman ! Tant que les deux héroïnes nouent leur amitié dans une belle maison du bord de mer, on suit. Par contre, lorsque Bergman convoque Jésus, le cinéma des premiers temps, la guerre du Viet-Nam et l’évacuation du ghetto de Varsovie dans cette histoire, on est un peu interloqué. N’empêche… tout ça est drôlement bien filmé !

    2001 : L'Odyssée de l'espace - Le caléidoscope spatial

    On a bien compris qu’il était question de l’évolution de l’homme et de la science, d’un message en provenance de Jupiter, d’un ordinateur qui s’émancipe… Mais qu’est-ce que c’est que cette grosse plaque noire qui ne cesse d’apparaître d’une époque à l’autre ? Et comment interpréter les vingt dernières minutes du film où, après de longues visions cosmiques, le héros se voit vieillir et renaître en fœtus de l’espace, tournant autour de la Terre ?

    Le Miroir - L’expérience poétique russe

    Chez Tarkovsky, question « film un peu difficile à saisir », on a l’embarras du choix. Mais avec Le Miroir, on atteint un sommet ! Une femme en lévitation au-dessus de son lit, une voix off qui lit des poèmes en russe, une maison qui prend feu… On croit voir un film expérimental d’une heure et demie. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir, en lisant le synopsis, que Le Miroir de Tarkovsky, c’est l’histoire toute simple d’un homme qui repense à son enfance et à son ex-femme !

    Cloud Atlas - L’éternel recommencement

    Réalisé à six mains, le film entremêle six histoires, à six époques, dans six genres cinématographiques, à travers lesquels six héros vont combattre six tyrannies au son d’un sextuor. Ça vous paraît nébuleux ? Ce n’est pas pour rien que le film s’appelle « La Cartographie des Nuages ». En s’accrochant bien, on arrive à peu près à démêler tout ça. Mais le film n’est pas prescrit à ceux qui redoutent les prises de tête.

    The Fountain - La médecine du cosmos

    Un médecin dont la femme est atteinte d’un cancer incurable part en quête de l’Arbre de Vie. Il s’imagine donc en conquistador du XVIe siècle prêt à tout pour sauver une princesse, ou en homme cosmique flottant dans sa bulle spatiale dans un futur très lointain. Résultat : sa femme meurt quand même. On s’en doutait un peu ! Nous, pour nous soigner, on va en rester à la médecine officielle. Merci quand même pour les belles images !

    The Tree of Life - Une mémoire de dinosaure

    Le cœur de The Tree Of Life est limpide : un homme se souvient de son enfance passée, de sa mère adorée et de son père austère. Il repense aussi au grand traumatisme qui a bouleversé sa famille : la mort soudaine de l’un de ses jeunes frères. Mais que viennent faire des dinosaures dans tout ça ? Et toutes ces représentations de l’infiniment grand et de l’infiniment petit ? Et pourquoi tout ça se termine sur une étendue de sable où se retrouvent tous les personnages du film, caressant le vent, les bras tendus vers le ciel ? Quelque chose nous échappe.

    2046 - L’écriture de l’amour et du temps

    Un écrivain termine son roman de science-fiction dans une chambre d’hôtel. Son histoire se passe en 2046. Comme le numéro de la chambre voisine, la 2046, dans laquelle se trouvait une femme qu’il a aimée. Comme beaucoup d’autres femmes qu’il a aussi aimées. Et qui se retrouvent toutes couchées sur papier, dans un train, en 2046. Passé, présent, futur… Tout se mélange. Pendant plus de deux heures, on croit qu’on va finir par remettre tout ça à l’endroit. Et en fait, non.

    Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) - L’apiculteur paranormal

    On s’attendait à voir Tim Burton remettre une Palme d’Or à un film un peu particulier en 2010… et on n’a pas été déçu ! Un apiculteur thaïlandais qui va mourir voit apparaître le fantôme de son fils perdu sous forme d’un grand singe aux yeux rouges phosphorescents. Etrange, dites-vous ? Vous n’avez rien vu ! Plus tard, une princesse fait l’amour à un poisson-chat, deux femmes et un bonze comptent des billets dans une chambre d’hôtel tandis que le grand singe pose en photo avec un régiment de soldats. Ça ne s’invente pas !

    Le Cheval de Turin - L’apocalypse nietzschéenne

    Un vieil homme hémiplégique vit avec sa fille et son cheval dans une maison isolée. Chaque jour, ils cuisinent des pommes de terre et les mangent avant d’aller chercher de l’eau au puits. Après quoi, l’ancêtre se déshabille et se couche tandis que sa fille étend le linge. Peu à peu, il y a moins d’eau dans le puits, moins de pommes de terre, moins de linge à étendre… Dehors, le vent souffle inlassablement. Et malgré tout, les mouvements de caméra de Bela Tarr font de ce vide une splendide expérience cinématographique !

    Mulholland Drive - L’onirisme hollywoodien

    Une jeune femme tente de retrouver la mémoire après un accident de voiture sur Mulholland Drive. Elle fait la rencontre d’une actrice venue tenter sa chance à Hollywood. Après une première heure qui commence comme un film noir classique, David Lynch décide de passer la cohérence à la moulinette et de nous embarquer dans un long voyage vers l’absurde. Une boite bleue, un monstre derrière un fast-food, des personnages minuscules… Un drôle de trip onirique !

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    Commentaires
    • Selekta Jo
      Merci pour cette article très intéressant et pour tous vos commentaires tout aussi pertinents. Il y a un film qui n'a pas été cité et qui est certainement le film le plus barré de David Cronenberg : Le Festin Nu (The Naked Lunch). Je le recommande aux amateurs de films ovniesques. J'ai aimé ce film même s'il est très étrange et dérangeant par moment. Faudrait que je me le refasse à l'occasion, ça fait longtemps. Bon visionnage à ceux qui veulent tenter leur chance :)
    • legion666
      Mulholland drive reste l'un des films de David Lynch les plus abordables! Dans sa filmographie il y a bien plus complexe....
    • Ezhirel
      Très bon dossier et très bonne sélection de films ! Les utilisateurs d'Allocine pestent souvent contre les rédacteurs, parfois à juste titre. Mais il faut aussi savoir reconnaître un bon travail.J'ai apprécié tous les films cités (sauf deux ou trois que je n'ai pas vus). Je sais quoi regarder ce soir.
    • jean_no
      Oui, enfin, je suis assez d'accord avec vous sur le fait que les gens ne réfléchissent plus beaucoup, mais quand même... Il y a des films, si tu n'es pas perché comme le réal, tu peines à comprendre...Ensuite, des fois, il n'y a justement rien à comprendre... David Linch l'a dit lui-même sur sa série Twin Peaks: Il mettait des éléments comme ça, car il en avait envie, sans pour autant leur attribuer un sens. Certainement pour faire plaisir aux adeptes de masturbations intellectuelles.
    • Eljah
      Y'a quelque chose à comprendre dans Under The Silver Lake ? Non, si ce n'est une empilade de références à la pop culture qui servent à masquer le vide intersidéral d'un récit sans queue ni tête.
    • Cobrax
      Pour ce qui est des films de David Lynch j'ai trouvé Lost Highway encore plus incompréhensible que Mulholland Drive
    • marvin s
      pourtant inception n'a rien de compliqué ^^
    • Leonzat
      Moi je l'adore et je l'ai revu plusieurs fois. J'ai acheté le livre après avoir vu le film : et je confirme que les dialogues sont pratiquement identiques, c'est troublant. Cronenberg à enlevé le journal de Benno et modifier quelques petites choses. Pour moi, c'est une source de citations inépuisable et le film est un trip visuel, musical et surtout philosophique.
    • Herendil
      Le truc, c'est que aujourd'hui, Hollywood a habitué les spectateurs à la facilité. Certes, certains des films cités ici proviennent d'Hollywodd mais il s'agit d'ovnis. Tous les films cités ici ne sont pas complexes à comprendre. Il suffit de faire fonctionner ses méninges. Mais, c'est bien connu, les spectateurs vont au cinéma pour décompresser et non pas pour réfléchir. Comme si l'un était incompatible avec l'autre.
    • Morcar
      Ça dépend à qui s'adresse le critique cinéma. S'il s'adresse au grand public, il va justement citer des films plus connus de celui-ci, pour ne pas le perdre.Ce n'est donc pas surprenant que Mullholand Drive soit plus souvent cité.
    • L'Indien zarbi a moitié a poil
      Lars Von trier , c'est quand même du lourd , Epidemic par exemple .
    • Guillaume B.
      C'est vrai que Lynch est probablement le plus habitué et célèbre des réalisateurs à faire de ses films des oeuvres avec des histoires qui rendent difficile la simple rationalisation.De la part du grand public, c'est compréhensible. De la part des critiques ciné, on pourrait attendre un peu plus en revanche.
    • Big Mac S.
      Sacré cocktail xD
    • Big Mac S.
      Merci pour cet avis éclairé et mesuré. J'avais également pensé à Blue Velvet avec le peu d'infos que j'ai sur le film, le côté enquête tout ça... De toute manière dès qu'un film est un peu bizarre, il est comparé à du Lynch, c'est systématique ^^ Et souvent à Mulholland Drive, peut-être parce que c'est le plus connu.
    • Guillaume B.
      x Nintendo...
    • Guillaume B.
      Le miroir est sublime. Un film envoûtant et, après Stalker (qui aurait mérité de figurer dans la liste, tout comme Solaris), mon Tarkovski préféré.2001, une merveille de SF.Mulholland, mon Lynch préféré. Harring/Watts, la musique de Badalamenti, la mise en scène; j'en suis fou. Par contre, je suis d'accord, il y a plus obscur et dur à interpréter que MD, qui s'approche plus facilement côté rationalisation. Inland empire étant un trip auquel je n'ai non seulement rien compris mais qui est aussi le seul Lynch que je n'aime pas du tout.J'avais aussi adoré If follows et même si, thématiquement, le Under the silver lake, recèle bien plus d'idées et de profondeurs, je le trouve moins accompli (des circonvolutions scénaristiques qui n'apportent que peu et se terminent un peu laissés en plan -mon impression en tout cas-, un film qui met du temps à démarrer et encore plus à se finir, rebondissant de façon un peu répétitive et redondante par moments, avec des aspects mystérieux qui paraissent parfois en décalage avec le fil général...) sur le plan narratif et immersif. Belles images, pas mal de belles scènes, des idées à la pelle, un festival de clins d'oeil pop (jeux vidéo, films, musique...) mais qui parfois se donne plus l'air intelligent qu'il ne l'est. Enfin, chacun sera soit ensorcélé soit déboussolé (on l'a vu sur le forum, des avis radicalement différents sont présents).Par contre, perso, je le rapproche plus côté Lynch du Blue velvet du fait qu'on se rapproche de ce parcours d'un personnage qui, fort d'un élément de mystère venant rompre sa monotonie, se lance dans une enquête un peu voyeuriste qui va lui faire découvrir l'envers vicié d'une bourgade américaine toute sage en apparences. Pour moi, on a beaucoup parlé de Mulholland pour le côté un peu onirique du film (mais bon, Lynch n'a pas le monopole) et le fait que ce soit à Hollywood. Cependant, pour le reste, le film n'a rien à voir du tout avec le chef d'oeuvre de Lynch, que je trouve à la fois plus tragique, émouvant et drôle que le Mitchell.Mais ça reste une curiosité qui mérite le coup d'oeil.
    • ghyom
      Under the silver lake c'est pas seulement Mulholland Drive, c'est Mulholland Drive X The Big Lebowski X Fenêtre sur cour X Le Roi pêcheur X Vertigo X ... ^^
    • Big Mac S.
      Va voir la vidéo du Fossoyeur du film. Théorie intéressante :)
    • Big Mac S.
      Le roman de Don DeLillo, plutôt court, aide bien à comprendre le film et la fin est beaucoup plus claire quasiment dès le début.
    • Big Mac S.
      Il m'en manque quelques uns (surtout Persona et Le Miroir qui m'attendent depuis tellement longtemps...) mais j'ai adoré chacun des autres films (oui même Mother!, Aronofksy n'a pas fait un seul film qui ne soit pas passionnant !). Ils sont d'une richesse inépuisable, peut-être parfois prétentieux mais peut-on reprocher à un réalisateur de vouloir repousser les limites du cinéma ?Je suis dingue de 2001 mais Mulholland Drive est mon film préféré de tous les temps. Il est en fait très clair une fois les pièces du puzzle remis dans l'ordre. Lynch a répété plusieurs fois que le film, contrairement à d'autres dans sa filmo, n'était pas sujet à interprétation et qu'il y avait bien une histoire simple parfaitement compréhensible avec un début, un milieu et une fin. Eraserhead, Twin Peaks, Lost Highway et Inland Empire sont bien plus complexes.J'ai hâte de voir ce Under The Silver Lake, beaucoup comparé à Mulholland Dr. J'avais adoré It Follows et en plus y a Riley Keough dedans...
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