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Champs-Elysées Film Festival 2018 : "On y va la fleur au fusil, et on espère que les cinéphiles préfèrent le cinéma que le foot !"
Par Brigitte Baronnet (@bbaronnet) — 14 juin 2018 à 14:20
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Alors que la Coupe du Monde s'apprête à ouvrir les hostilités, plusieurs festivals de cinéma se tiennent en parallèle, parmi lesquels le 7e Champs-Elysées Film Festival, qui mise pleinement sur une programmation indépendante et cinéphile cette année.

Sophie Dulac avec le réalisateur John Cameron Mitchell
Sophie Dulac avec le réalisateur John Cameron Mitchell +
John Cameron Mitchell présentait mardi en ouverture son nouveau long métrage How to Talk To Girls At Parties
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La 7e édition du Champs-Elysées Film Festival a donné son coup d'envoi ce mardi, avec How To Talk To Girls At Parties avec Nicole Kidman en ouverture. Alors que la compétition bat son plein, nous avons rencontré sa président, Sophie Dulac qui évoque à notre micro cette nouvelle édition placée sous le signe de l'indépendance... Le Champs-Elysées Film Festival 2018 se tient du 12 au 19 juin 2018.

AlloCiné : Alors que la Coupe du monde commence aujourd'hui, on peut voir dans le Champs-Elysées Film Festival une jolie forme de contre-programmation. Est ce quelque chose que vous avez en tête justement ? On sait que pour les salles de cinéma, cet événement a forcément une incidence sur la fréquentation…

Sophie Dulac, présidente du Champs-Elysées Film Festival et distributrice : Tous les deux ans, il y a la Coupe du Monde ou la Coupe d’Europe, et ça se passe au mois de juin. Effectivement, c’est toujours au moment où l’on fait notre festival, donc on est un peu habitués maintenant. Oui, ça a quand meme une incidence, clairement. Et c’est assez compliqué. Peut être moins maintenant parce que c’est le début de la Coupe du monde, mais après oui.

On en a tenu compte parce que l’on a choisi ces dates en fonction des matchs de poule et pas des matchs plus importants, car plus on avance dans le temps, plus les matchs sont importants. Donc on est vraiment tout au début et on a fait la programmation en fonction aussi des matchs, de l’ouverture et des moments où la France joue... On programme après ces matchs.

Il y a deux ans, on avait fait une programmation qui s’appelait « On s’en foot » où l’on avait par exemple programmé Coup de tête qui est d’ailleurs un film génial de Jean-Jacques Annaud. Cette année, on n’a pas trop pensé à ça ; il faut trouver les films de contre-programmation, qui vont aller un peu à l’encontre, et ça ne correspond pas forcément à notre programmation. On y va la fleur au fusil, et on espère que les cinéphiles préfèrent le cinéma que le foot ! Les deux ne sont pas incompatibles ! (rires)

On se revendique vraiment cette année, de manière volontaire, 100% indépendant. 

Parlons de la programmation justement. L’année dernière, vous aviez pris un virage un peu différent, tourné vers l’indépendance, et c’est un mot, qui, je crois, vous est cher. Diriez-vous que allez encore plus loin dans cette voie cette année ?

On se revendique vraiment cette année, de manière volontaire, 100% indépendant. Pourquoi ? Parce que j’aime évidemment le cinéma indépendant, ça s’est sûr. Mais on s’est surtout rendus compte que l’idée de vouloir toucher les cinéphiles et aussi le grand public qui vient sur les Champs-Elysées n'était en fait pas une si bonne idée que ça. D’abord, en communication, c’est plus compliqué : on ne sait pas vraiment à qui on s’adresse. Et on s’est surtout rendus compte que ce sont majoritairement des cinéphiles qui reviennent sur les Champs voir du cinéma indépendant. Communiquons sur l’indépendance complète aussi bien sur la programmation que sur les invités. Et ça marche car on a vendu cette année beaucoup plus de pass que l’année dernière.

Le public que vous avez justement, arrivez-vous à le cerner un petit peu ? Qui est-il ?

C’est plus dur à dire. C’est un public relativement jeune, qui ne vient plus sur les Champs-Elysées, ça c’est très clair. C’est un public qui est plutôt dans les quartiers dans lesquels il y a du cinéma comme les Grands Boulevards, Saint Germain… Mais plus du tout les Champs-Elysées. C’est un public qui a envie de découvrir des films dont il sait qu’ils n’auront pas forcément le loisir de les voir sur grand écran, notamment le cinéma américain indépendant. Un public qui aime le cinéma américain et qui pendant une semaine décide de revenir.

Un public qui aime le cinéma américain et qui pendant une semaine décide de revenir.

Il y a aussi des gens qui ne sont pas parisiens du tout, qui viennent de province, voire de l’étranger, et qui prennent une semaine pour venir. Je ne dis pas que nous sommes à vocation internationale, mais quand même ça commence. C’est un public assez jeune pour la compétition française ou américaine, plus mélangé pour les avant-premières et un peu plus âgé dans les masterclass en fonction des talents qui sont là.

Bestimage
Le jury long métrage du Champs-Elysées Film Festival 2018

L’année dernière, vous avez initié la compétition française. Est-ce que depuis un an, vous avez vu du changement par rapport à cette compétition ? Est-ce que vous avez reçu peut être encore plus de films ? Et quels sont les profils de films que vous recevez et acceptez ?

On en n'a pas eu tellement plus qu’avant. D’abord parce que le cinéma français attend Cannes en général et tout le monde est persuadé qu’il va aller à Cannes donc on ne décide de rien avant que Cannes ait choisi un film. En plus, la difficulté avec le cinéma français, c’est que soit c’est un excellent film avec du casting et c’est plutôt une avant-première, soit malheureusement ce sont des films qui ne sont pas au niveau. Pour trouver le juste milieu pour avoir un film de qualité qu’on peut mettre en compétition, c’est difficile. On en a vu beaucoup. On a pas mal débattu sur certains.

Nous avons vu beaucoup de films et avons beaucoup débattu sur certains.

C’est un peu plus dur que pour les Américains. Mais en même temps, je pense que c’est utile de faire ça, car ce sont souvent des films qui n’ont pas de distributeurs, c’est souvent une première pour eux d’être vus dans un festival j’espère maintenant de renom. Il se trouve que ceux qui ont beaucoup de succès pendant le festival ont parfois du mal à trouver un distributeur quand même après, c'est pour ça que l'on dote les prix. Mais ça reste franchement difficile au niveau de la sélection très honnêtement.

Pouvez-vous également nous parler de votre line-up à venir en tant que distributrice ?

On sort Trois jours à Quiberon d'Emilie Atef. Le 4 juillet, il y a un documentaire auquel je tiens particulièrement qui s'appelle Femmes du chaos vénézuélien de Margarita Cadenas qui est un documentaire avec cinq portraits de femmes qui vivent au Venezuela. Il n'y a aucun film sur le Venezuela, que ce soit en documentaire ou en fiction, et je trouve qu'il est formidable. Le 18 juillet, nous sortons Mon tissu préféré de Gaya Jiji, qui était à Un Certain Regard cette année. A la rentrée, nous avons le prochain Claire Simon, Premières solitudes. On travaille beaucoup avec elle. Nous aurons certainement le film de Semih Kaplanoğlu, La Particule humaine.

Sophie Dulac Distribution.
3 jours à Quiberon, sorti ce mercredi, est distribué par la société de Sophie Dulac. Il a récemment fait l'objet d'une polémique.


Souhaitez-vous répondre à Sarah Biasini [la fille de Romy Schneider] qui vous a interpellée à propos de Trois jours à Quiberon [que Sophie Dulac distribue] ?

Vous n'êtes pas la première à me demander ça. Non, très franchement, je ne vois pas quoi lui dire. Je ne peux que comprendre sa position. C'est sa mère. Elle a le sentiment qu'on attaque l'image de sa mère. Qu'est-ce que vous voulez faire contre ça ? Je ne lui réponds rien. C'est vrai qu'elle m'a envoyé un courrier très honnêtement auquel je n'ai pas répondu, parce qu'à l'époque je n'avais pas de quoi lui donner des arguments, et en même temps, si c'était pour me demander de ne pas faire le film, ça serait resté en l'état.

Je comprends très bien que Sarah Biasini n'ait pas envie qu'on imagine qu'on salisse le portrait de sa mère, ce qui n'est pas le cas

Donc je comprends. C'est difficile. Quand on est la fille d'une telle icône, c'est aussi un poids à supporter et je comprends très bien qu'elle n'ait pas envie qu'on imagine qu'on salisse le portrait de sa mère, ce qui n'est pas le cas. C'est un très beau film. Ce n'est pas un biopic. Ça retrace vraiment trois jours de la vie de Romy Schneider avec son dernier interview au Stern. Tout ce qu'on dit est l'exacte réalité. On a fait très très attention justement à rester sobre, on n'a pas du tout voulu donner une image de Romy Schneider qui n'est pas la bonne. Donc je comprends. 

La compétition du Champs-Elysées Film Festival 2018 :

LONGS MÉTRAGES INDÉPENDANTS FRANÇAIS
  • 68, mon père et les clous de Samuel Bigiaoui
  • Cassandro The Exotico de Marie Losier
  • Contes de Juillet de Guillaume Brac
  • Funan de Denis Do
  • La trajectoire du homard de Vincent Giovanni et Igor Mendjisky
  • Naufragé volontaire de Didier Nion
LONGS MÉTRAGES INDÉPENDANTS AMERICAINS 
  • 1985 de Yen Tan
  • Hale County This Morning, This Evening de Ramell Ross
  • Madeline's Madeline de Josephine Decker
  • My Name is Myeisha de Gus Krieger
  • Sollers Point de Matt Porterfield
  • Tyrel de Sebastián Silva
Courts métrages indépendants américains
  • Absent de Sudarshan Suresh
  • After/Life de Puck Lo
  • Agua Viva d'Alexa Lim Haas
  • Caroline de Logan George et Celine Held
  • Disintegration 93-96 de Miko Revereza
  • Great Choice de Robin Comisar
  • Hair Wolf de Mariama Diallo
  • Ready for Love de Dylan Pasture & Lauren McCune
  • Skip Day d'Ivete Lucas et Patrick Bresnan
  • The Shivering Truth de Vernon Chatman et Cat Solen 
Courts métrages indépendants français
  • Allonge ta foulée ! de Brahim Fritah
  • But You Look So Good de Marina Ziolkowski
  • De Natura de Lucile Hadžihalilović
  • Huit de Mathieu Mouterde
  • Le mal bleu d'Anaïs Tellenne et Zoran Boukherma
  • Ordalie de Sacha Barbin
  • Plus fort que moi de Hania Ourabah
  • Poke de Mareike Engelhardt
  • Silence de Léo Cannone et Thibaud Lomenech

Avant-premières (hors compétition)

  • How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell (film d'ouverture)
  • Damsel de David et Nathan Zellner (film de clôture)
  • C'est qui cette fille de Nathan Silver
  • Come as you are de Desiree Akhavan
  • Piercing de Nicolas Pesce
  • Unsane de Steven Soderbergh 

Plus d'information : http://www.champselyseesfilmfestival.com/2018/

La bande-annonce de Paranoïa de Steven Soderbergh, présenté en avant-première ce vendredi soir :

Paranoïa Bande-annonce VO

 

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