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Philharmonia : dans les coulisses de la série musicale événement de France 2
Par Jérémie Dunand (@JejeSeries) — 20 janv. 2019 à 16:00
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France 2 lance mercredi "Philharmonia", sa nouvelle série qui nous plonge dans les coulisses d'un orchestre philharmonique national, entre drame, thriller, et soap. Une fiction à ne pas manquer sur le tournage de laquelle nous nous étions rendus.

Philharmonia, dès le mercredi 23 janvier sur France 2
1. Philharmonia, dès le mercredi 23 janvier sur France 2 +

Après une année 2018 marquée par des nouveautés comme Le Chalet, Speakerine, ou Les Rivières Pourpres, France 2 entame 2019 avec la série événement Philharmonia, créée par Marine Gacem (Cherif) et réalisée par Louis Choquette, dont les deux premiers épisodes seront diffusés ce mercredi 23 janvier à partir de 21h. Une plongée réussie dans l'univers de la musique classique, rarement abordé à la télévision (hormis sous l'angle de la comédie avec Mozart in the Jungle), à travers des histoires de rivalités, de trahisons, et de familles jouissivement teintées de thriller psychologique et de soap haut de gamme à la Murder.

Portée par une distribution au diapason, emmenée par Marie-Sophie Ferdane, Lina El Arabi, François Vincentelli, et Tomer Sisley, Philharmonia est notre série coup de coeur de ce début d'année, qui apporte une vraie fraîcheur bienvenue dans le paysage audiovisuel français, loin des séries policières qui sont encore légion. AlloCiné avait eu la chance de se rendre en février 2018 sur le tournage de cette série en six épisodes, à la Philharmonie de Paris, où l'équipe et les comédiens principaux nous avaient présenté cette fiction dramatique à la fois divertissante, envoûtante, et de service public...

Philharmonia, de quoi ça parle ?

Hélène Barizet est une musicienne prodige devenue chef d’orchestre. Nommée à la tête du Philharmonia contre l’avis de la Direction et des musiciens, elle est la première femme à diriger un orchestre permanent. Son audace et sa conduite nourrissent les rancœurs tout autant qu’elles forcent l’admiration. Le Maestro a une saison pour faire sa place et sauver l’orchestre. Elle peut compter sur Selena Rivière, une jeune violoniste virtuose pour l’y aider. Hélène l’a nommée premier violon, bien décidée à lui transmettre sa passion et son génie musical. Mais comment transmettre quand tout ce que l’on souhaite, c’est rompre avec le passé ?

Une femme à la tête d'un univers masculin

Mardi 20 février 2018, c'est à la Philharmonie de Paris, lieu emblématique de la musique classique, qui a dès le début tenu à servir de décor à la série et a permis aux équipes d'investir ses murs trois semaines durant, comme nous l'explique la productrice Rose Brandford Griffith, que nous nous rendons pour assister à une journée de tournage de Philharmonia, qui promet déjà d'être un vrai événement pour France 2. Ce jour-là est tournée une scène capitale de l'épisode 4, durant laquelle Hélène Barizet, la chef d'orchestre du Philharmonia incarnée par Marie-Sophie Ferdane, tente de reprendre sa place après une déconvenue sous les yeux de celui qui essaye de lui voler son poste et de tous les membres de l'orchestre. Une séquence forte et vibrante, à l'image de cette héroïne tout sauf lisse, qui nous emmène avec elle dans les coulisses de l'arène qu'est un tel orchestre.

"On suit l’arrivée de la première chef d'orchestre femme à la tête de la Philharmonie", nous explique l'étonnante Marie-Sophie Ferdane entre deux prises. "C’est un événement car c’est une femme et car elle vient des Etats-Unis. Elle a des modes de direction atypiques. Elle a une façon de diriger le groupe un peu extrême, un peu violente. On suit comment elle va dans un premier temps apprivoiser l’orchestre, les syndicats, les musiciens. Modifier l’ordre établi de l’orchestre et se confronter à la direction, aux syndicalistes, et à la puissance des vieux musiciens qui sont là en essayant de nommer une jeune fille premier violon. Une femme à la tête d'une grande structure musicale ça n'existe quasiment pas, on a fait des recherches, alors en mettant une femme tout en haut de cet univers très masculin on voit comment cela provoque des réactions machistes, mais pas seulement. On la traite d’hystérique, on prend sa féminité et on la retourne contre elle. Ce qu’elle faisait à New York n’est pas admis en France. Et elle, à force de prendre des coups, elle va devoir se transformer radicalement. Et puisqu'elle vit avec un compositeur, elle vient avec des idées nouvelles. Notamment l'envie de faire jouer des compositions contemporaines. Elle essaye de changer la façon d’aborder la musique classique, mais ce n'est pas simple".

Jean Claude Lother / Merlin Productions / FTV

Semblable à aucune autre, pour la place qu'elle donne à la musique notamment, Philharmonia est née dans un premier temps d'une idée de Rose Brandford Griffith, une "musicophile", de son propre aveu, qui après s'être rendue compte qu'un orchestre était "une microsociété avec ses propres codes", a rencontré la scénariste Marine Gacem et lui a demandé de tisser une histoire se déroulant dans cet univers passionnant et méconnu du grand public. "J'ai pu faire trois mois d'immersion à Radio France avec l'orchestre national et j’ai assisté à beaucoup de choses qui ont nourri le scénario", raconte la créatrice de Philharmonia. "Je m’étais toujours demandée pourquoi il n’y avait pas de femme chef d'orchestre et en créant cette héroïne je me suis dit que ça me permettrait peut-être de répondre à ma question. Et puis en terme de dramaturgie, puisque qu’il n’y avait pas de femme avant, ça donnait une sorte de pire du pire. J'avais envie de parler de passion, de transmission, du rapport mère-fille, que j’ai transposé entre une chef d’orchestre et un premier violon. Je voulais partir de l’histoire d’une femme chef d’orchestre qui rencontre une femme premier violon et a envie de lui transmettre sa passion et son savoir".

Un défi : démocratiser la musique classique

Avec son intrigue qui mélange astucieusement les genres et ses acteurs populaires et aimés du public (Tomer Sisley, François Vincentelli, Véronique Jannot, Jacques Weber, Charlie Bruneau), Philharmonia allie divertissement grand public et univers original. Avec une vraie volonté de la part de la production et de sa créatrice : "démocratiser la musique classique". "C’est quand même très dommage que la musique classique, qui est très accessible et universelle, soit considérée comme de la musique élitiste ou super ringarde", avoue Rose Brandford Griffith, qui espère que le public se laissera emporter par cette proposition originale. D'autant plus que, comme l'explique François Vincentelli, qui joue le percussionniste et syndicaliste Yvan Borowski, la musique classique est déjà présente dans la vie de chacun d'une manière ou d'une autre : "Je pense que beaucoup de gens n’ont pas conscience qu’ils aiment la musique classique. Cela leur fait juste peur car ils ne connaissent pas qui a fait quoi. Mais on s’en fout en fait. Pour moi, il y a encore peu de temps, Zaratoushtra c’était juste la musique de 2001, l’odyssée de l’espace. C'est comme Les Quatre Saisons de Vivaldi. Tout le monde y est sensible, on les a tous entendues quelque part, sans en être forcément conscient".

À travers ses morceaux du répertoire classique, ses ré-orchestrations de morceaux rock ou pop (dont Boys Don't Cry de The Cure), ou ses morceaux originaux composés dans la série par Peter Faulkner (Guillaume Dolmans), le mari d'Hélène, et créés pour Philharmonia tout spécialement par le compositeur Etienne Perruchon, la nouvelle série de France 2 fait de la musique un vrai personnage de l'histoire. "La musique est un vecteur pour raconter l’histoire, un vecteur de la trajectoire des personnages", nous explique Louis Choquette, le réalisateur des six épisodes. "C’est un personnage à part entière, voire plusieurs personnages, car la musique accompagne certains des héros dans leur vie. Dans le côté thriller bien sûr, mais aussi dans le drame humain intérieur qui se joue pour les deux héroïnes, Hélène et Selena".

Jean Claude Lother / Merlin Productions / FTV

Et si le réalisateur de Philharmonia avoue que ce n'est pas toujours simple de filmer la musique, "car il faut que tout soit toujours crédible à l'image", il avoue avoir pris un réel plaisir à orchestrer la partition écrite par Marine Gacem. Mais le principal défi de la série, sur le tournage et en amont, est évidemment revenu aux comédiens qui, mélangés à l'écran à des musiciens professionnels de l'orchestre national d'Île-de-France (l'ONDIF), ont dû être coachés pour pouvoir jouer eux-mêmes des instruments. "Je n’ai jamais autant préparé un rôle, il y avait un vrai travail de comédien", confie Lina El Arabi, bluffante dans le rôle du premier violon Selena Rivière. "On avait un vrai travail de coaching sur la musque. On joue vraiment, on a vraiment travaillé les partitions. Le but c’était que Louis Choquette soit le plus libre dans ses plans. Donc il fallait que dans nos gestes on soit le plus proche de la réalité. On ne peut pas s’improviser grands musiciens, mais il fallait que les gestes, que les doigts soient au top. Je voulais que les gens qui s’y connaissent vraiment y croient et se disent "Ah oui, c’est vraiment eux qui jouent"".

Et alors que ce jour-là, sur le tournage, les comédiens jouent une scène durant laquelle l'orchestre répète Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, avec en fond sonore un enregistrement réalisé en studio par l'ONDIF, on prend conscience de toute l'ampleur du travail, tant les mouvements, les gestes d'une précision folle, et le souffle dément qui se dégage de l'ensemble nous laissent totalement bouche bée. Une impression qui se confirme pleinement une fois la totalité de la saison visionnée. "François faisait déjà de la percussion, Marie-Sophie et Lina du violon", raconte Louis Choquette. "Cela donne de la crédibilité à la série bien sûr, mais c’est plus que ça, ça donnait une espèce d’inspiration. Grâce à eux, il n’y a aucun doute que ces personnages-là sont de vrais virtuoses". Et le pari est réussi tant on croirait être face à un réel orchestre de compétition.

Un thriller psychologique plein de mystère

Ne se contentant pas d'être une plongée dans le microcosme qu'est un orchestre national, Philharmonia vire rapidement du côté du thriller psychologique mais évite heureusement de tomber dans l'intrigue policière, enquête à la clé, comme dans bien trop de séries de nos jours. Et si sur le papier on pouvait légitimement se demander si l'aspect coulisses et musique ne pouvait se suffire à lui-même, Louis Choquette nous assure que les éléments de thriller n'ont rien d'artificiel et n'ont pas été ajoutés à la demande de la chaîne : "L'idée est sans aucun doute de s'assurer un plus large public. Mais l’aspect thriller est imbriqué dans l’histoire dès le départ. C’est induit par la trame des personnages. En anglais on parle de "character driven series", et c’est vrai ici, ce n’est pas l’action qui mène l'intrigue, c’est la trajectoire intérieure des personnages. Et le côté thriller fait partie de ça, ce n’est pas quelque chose qui vient par dessus. C’était dans le ton de la série, on l’a joué dès le départ. On aurait pu faire une série sur la musique sans thriller à mon avis, mais je trouve que ça apporte beaucoup, ça offre un certain rythme à la série".

Et force est de constater que les axes narratifs aux accents de thriller apportent effectivement une vraie tension et un vrai tempo à Philharmonia, qui nous tient en haleine tout du long de ses six épisodes. "Il y a un vrai mystère", assure François Vincentelli. "Sans trop en dire, on peut teaser qu'il est question d'une malédiction", renchérit Marie-Sophie Ferdane. "Il y a un problème dans la famille d’Hélène Barizet qui se transmet et qui va émerger. Des choses qui affleurent progressivement dans la série. Au début on voit des choses étranges et on ne peut pas immédiatement identifier pourquoi Hélène se comporte de la manière dont elle se comporte. Mais c’est expliqué petit à petit". Jusqu'à un final très réussi, qui offre un duo musical au sommet entre Hélène Barizet et Selena Rivière, et livre ses réponses. Enfin presque toutes, car le récit reste suffisamment ouvert pour permettre une saison 2 à laquelle Marine Gacem avoue avoir déjà réfléchi, même si la chaîne ne semble pas envisager de suite à l'heure actuelle.

La bande-annonce de Philharmonia, qui débute mercredi sur France 2 :

Philharmonia - saison 1 Bande-annonce VF

 

Propos recueillis le 20 février 2018 à Paris

 

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