Autant le dire tout de suite: là, on se trouve dans le teen-movie pur jus. Je ne suis d'emblée pas fan du genre (même ado, c'est jamais passé...), mais j'aime les comédies à l'américaine, les feel-good movies, ce genre de production à consommer sans modération, sans se poser de questions et surtout sans arrières-pensées. Le hic, c'est qu'avec College Attitude, on frôle la mort cérébrale... Josie Geller, rédactrice pour le Chicago Sun-Times, ambitionne de devenir journaliste. Dotée d'une sacrée culture littéraire, d'un bon coup de stylo et d'un professionalisme qui lui vaut le respect de ses supérieurs, sa carrière manque cependant de souffle et sa vie privée est un désert. a 25 ans, elle attend encore le prince charmant qui lui offrira son premier vrai baiser. Une opportunité s'ouvre bientôt à elle: celle de mener une enquête exclusive sur les lycéens des années 90, en infiltrant le lycée South Glen. Le hic, c'est que Josie a gardé de bien cuisants souvenirs de ses années lycée, durant lesquelles elle était connue sous le surnom peu flatteur de "grosse truie". Rassemblant son courage, elle va tenter de s'intégrer à la communauté rapace de South Glen... Bon, déjà, à la lecture du pitch, ça donne moyennement envie (mais pourquoi ai-je visionné ce truc bon sang?). On verse d'emblée dans le gnangnan. Encore que l'histoire, bien traitée, peu encore s'avérer originale... mais non. Dés le départ, ça se gâte. On a affaire à une Drew Barrymore grimée en Bridget Jones, mais en bien moins drôle (c'était sans doute un préquel), employée comme gratte-papier dans un journal minable. Peu d'amis, pas de vie sociale, maniaque au possible avec des passe-temps de grand-mère, l'héroïne n'attire pas vraiment la sympathie sur elle. Loin s'en faut. Et la composition pâlichonne de Barrymore n'arrange rien. Le thème principal du film non plus d'ailleurs. Sujet chérit par les américains, semble-t-il, les années lycée, et surtout, les années lycée mal vécues (faut-il y voir un quelconque symptôme de la société américaine?). Ici, on a encore droit aux pires clichés: la nana mal coiffée, mal sapée, intello sur les bords, bouc-émissaire de tout un bahut, véritable phénomène de foire qui fait les frais de toutes les plaisanteries salaces de ses petits camarades. On sait que ça existe. On est touché par tant de mal-être, on se reconnait dans quelques aspects de ce parcours du combattant qu'est l'adolescence... Mais là, noyée dans le ridicule ambiant, cette tranche de vie peine àémouvoir sincèrement. Au mieux, elle suscite un peu de colère. Au mieux. Amer constat de l'héroïne: presque dix ans après, rien n'a changé. La structure sociale (déjà bien connue de n'importe qui aura vu ne serait-ce qu'un teen-movie) du lycée reste inchangée, entre leaders sportifs et esthétiques, intellos binoclards épris de mathématiques, moutons bêlant gentiment au rappel battu par les fanfarons, ratés condamnées et élèves papier-peint. Alors évidemment, on sait déjà que l'expérience sera différente pour notre protagoniste, cette fois: une deuxième chance, ça ne se rate pas. Sauf que la nana en tient une sacrée couche, et qu'elle s'entête à rester débile. Entre gags pas drôles et clichés de la vie étudiante, la journaliste qui tente d'infiltrer incognito un lycée - avec bien moins d'efficacité qu'un Bernard de la Villardière pour Enquêtes Exclusives - peine à se faire accepter (evidemment, du haut de ses 25 ans, elle en paraît à peine 16) n'ayant sans doute pas le recul nécéssaire. C'est affligeant. Seule l'intervention de son frère, un mec cool (David Arquette) qui a réussi à se faire engager dans l'équipe de baseball du lycée (c'est pratique), va contribuer à faire de cette nana pas dégourdie la coqueluche du lycée. Nooooonnn.... Pas possiiiiible! Ajoutez àça une idylle d'une platitude mortelle avec l'un des professeurs (Michael Vartan, encore beaucoup de boulot à l'époque...) qui frôle le scandale, un trio de poupouffes sapées comme des barbies (Jessica Alba), des petits craignos et une élève forcément plus intelligente mais évidemment pas populaire (Leelee Sobieski) qui devient la copine de Josie, et vous obtenez un cocktail débilisant à souhait. Le tout pour 1h35 d'ennui, émaillé de quelques rares moments qui prêtent à sourire. Ma seule étoile vient récompenser les efforts sincères de David Arquette, et la présence rafraîchissante de Molly Shannon. Pas speggel pour un sous. Banal à pleurer.