Critique :
Sophie Marceau est franchement maligne. Pour contredire que son film parle de son désamour avec Zulawski, il n'y a... qu'elle ! Chaque détail (si ce n'est le nombre d'enfants) coïncide subtilement mais sûrement à sa relation avec le cinéaste polonais. A se demander si le dialogue - pontifiant - n'est pas le sien (personnellement, je vois bien Marceau dire les mots qu'elle fait dire à Godrèche - parfaite -...). La première demi-heure est vraiment belle : la finesse de l'écriture qui sait retranscrire la lassitude du quotidien, l'aprêté de "l'envers du décor", la simplicité (l'un des enfants avec son t-shirt Pokémon) mêlée à l'effet tilt (manque d'amabilité entre le mari et la femme)... l'on sent la maturité d'une femme d'abord et surtout, et d'une réalisatrice ensuite. Marceau a fait sa petite thérapie personnelle, fait de ce film un miroir (peut-être pour elle, mais aussi pour les autres), écrit l'émotion qui jaillit d'on ne sait où pour la guider vers des nébuleuses tout aussi indécises. Une sorte d'épilogue poignant pour le couple Marceau-Zulawski (mais surtout pour eux, quand même!). Seulement voilà : la deuxième partie est une catastrophe. Entre réalisme et onirisme, tout ne devient alors qu'incohérence et scènes prétentieuses, l'actrice semblant nous dire "Voilà, je sais faire du cinéma vach'tment perso, très à la MARCEAU". Chichiteuse à souhait, cette dernière heure s'écroule, recroqueville le film sur lui-même, petit drame fragile malgré une sincérité patente. C'est dommage... En tout cas, ce film ne m'a pas donné envie d'aimer (loin de là), j'en suis sorti désespéré. Alors Sophie, SVP, au nom de votre public, parlez d'amour de façon plus ouverte, plus lumineuse. Car votre film est d'un pessimisme accablant. Je pense ne pas être le seul à pouvoir vous le reprocher.