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loulou451
149 abonnés
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2,5
Publiée le 11 août 2008
Un ovni dans la carrière déjà si prolifique de Nicholas Ray !! Hors du temps, hors des modes, ces "dents du diable" sont surtout prétexte à son réalisateur de redécouvrir, comme un Rousseau l'a fait en son temps, l'homme à son état sauvage, libéré de sa conscience judéo-chétienne et de la religion. Une œuvre forte dominée par l'interprétation magistrale d'Anthony Quinn.
"The Savage Innocents" nous fait suivre Inuk, un chasseur inuit solitaire vivant au Pôle Nord, qui cherche une femme, et va découvrir le monde des Blancs. Le film démarre comme un documentaire sur les conditions de vie et traditions des Inuits, avec une voix off expliquant ce qui se trame, et bon nombres de scènes de vie quotidienne. Un choix un peu étrange, pour un sujet sans doute original à l'époque, mais qui semble aujourd'hui traité avec un poil de condescendance et de caricature. Néanmoins, le scénario pointe du doigt de manière intéressante l'influence désastreuse de la culture occidentale sur les communautés repliées sur elles-mêmes (Inuk, plutôt que de chasser pour nourrir sa famille, préfèrera massacrer des animaux pour avoir des fourrures à troquer aux Blancs). On a également le droit à quelques jolis plans filmés dans le Grand Nord, et à Anthony Quinn, charismatique en inuit à bon fond et aux manières dures, à l'image de son environnement. Cependant, mise à part dans le dernier acte, plus orienté survival, l'intrigue n'est pas forcément passionnante.
Un film surfait d’un cinéaste surfait. Nicholas Ray, qui n’a à mon sens tourné que deux films à retenir (son tout premier, Les Amants de la nuit et Johnny Guitare) se livre ici à une espèce d’étude ethnologique sur les esquimaux à travers la vie d’un chasseur incarné de manière outrancière par Anthony Quinn. Les mœurs de ces « sauvages » sont passées à la moulinette de la civilisation et de la culture américaines et rapportés de façon caricaturale. Seul élément à retenir de ce « désastre » cinématographique : de belles images de la banquise et de sa faune…
Malgré de beaux paysages maculés du sang d'animaux massacrés pour l'occasion, il n'y a pas grand chose à retenir de ces ploucs de la banquise (les personnages du film)) qui rencontre la civilisation des culs-terreux. Un hommage risible et raté aux esquimaux. Plus que de l'ethnologie; de la ploucologie!
Sujet intéressant ! Un film à découvrir pour la prestation d anthony Quinn et la touchante innocence des personnages. Un film sur le choc des cultures mais aussi sur la simplicité et la dureté de la vie sauvage..
J'aurais voulu aimer ce film, son décor polaire et ses personnages indigènes inédits. Mais cette réalisation de Nicholas Ray est vraiment trop maladroite, quand elle n'est pas franchement grotesque. Je n'ai trouvé d'intérêt ni dans la fiction (scénario bien trop faible) ni dans la prétention des auteurs à donner une valeur ethnologique à l'existence du chasseur esquimau Inuk. Si l'aventure de ce dernier avait eu quelque valeur, Ray aurait réalisé un étonnant western arctique. Mais Anthony Quinn est bien mal servi par les dialogues, qui -dans la version française- relève du baragouinage, tandis que la représentation des us et coutumes esquimaudes n'a pas grand-chose de vrai. Même le paysage de neige et de glace, soit filmé par Nicholas Ray, soit extraits de documentaires, manque de caractère et d'authenticité. Ainsi, dans le sillage de son traineau ou dans son rustique igloo, Nicholas Ray égraine les clichés exotiques de l'esquimau sachant chasser ou sachant "rire" avec son épouse, et je n'en dirai pas davantage à ce sujet. On touche le fond lorsque le candide Inuk approche la civilisation blanche, forcément corruptrice et ses tentatives d'évangélisation. Cette courte étape du film additionne les lieux communs et le souci humaniste de Ray, quant à la préservation des valeurs indigènes, n'en est que plus élémentaire et mièvre. La composition d'Anthony Quinn flirte constamment avec le ridicule et le film, manquant de maturité et d'intelligence, passe tout à la fois à côté de l'étude de mœurs rigoureuse et de l'aventure extrême.