Flav43
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1 - Très mauvais
En cinéaste des Etats-Unis, John Ford se devait de consacrer un film à l’oppression latente des noirs. C’est donc dans l’objectif d’équilibrer la balance-représentative du cinéma fordien que le cinéaste entreprend «Sergeant Rutledge» (USA, 1960). Pour dépeindre un «peuple noir» nécessaire aux Etats-Unis, Ford les intègre aux armées et critique virulemment le racisme lors du procès autour duquel s’articule le film. Cette architecture narrative, en flash-back, coutumière de Ford lorgne là un peu trop du côté d’Hitchcock. Entendons ici le retournement de situation final habilement mené. Cependant, cette sage volonté d’anti-racisme, cette scénographie temporelle inventive ne suffisent pas à voiler la caricature des personnages. Hormis Woody Strode (le sergent Rutledge) le reste de la distribution sombre dans le pathétique. Les plus illustres exemples étant le colonel Otis et sa femme, insupportables d’emphase grotesque. Les personnages du lieutenant Tom Cantrell et Mary Beecher, icônes idylliques sortis tout droit d’un «Rear Window», édifient également la schématisation des protagonistes. L’usage des lumières toutefois, notamment lors du tribunal, figure les introspections avec ingéniosité. Cela constaté, l’intérêt se limite très vite. Certes John Ford, en maestro du classicisme hollywoodien, réussit toujours à ne jamais perdre son spectateur mais il reste une marge abyssale entre l’attention minimum qu’on peut porter à un film et l’intérêt nécessaire à en faire une grande œuvre. Et «Sergeant Rutledge» n’est certes pas une grande œuvre. Alors qu’en reste-t-il ? L’indice que, non, John Ford n’était pas raciste et qu’il aimait tout ceux qui peuplait son pays. Sur le racisme, «Cheyenne Autumn» (USA, 1964), grand film, entre autre mémorial sur les Cheyennes, retiendra d’avantage notre attention là où la chronique de «Sergeant Rutledge» n’en saisit qu’une vague attention.
Ajoutée le 14 oct. à 17h56
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