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«Au travers des oliviers» peut être vu comme le 3ème volet d’une trilogie entamée avec «Où est la maison de mon ami» et «Et la vie continue». Ces 3 films s’imbriquent les uns dans les autres comme des poupées gigognes, et comprendre le rapport qu’entretiennent les films entre eux n’est pas anecdotique mais permet d’appréhender toute l’intelligence de ce cinéma au travers du travail sur la réalité cinématographique et la recherche de vérité que mène Kiarostami. Ainsi, dans «Et la vie continue», Kiarostami revenait sur les lieux du tournage de «Où est la maison» dévastés par un terrible tremblement de terre. Il mettait en scène un réalisateur à la recherche des acteurs du film et interrogeant les survivants. Dans «Au travers des oliviers», Kiarostami démonte la réalité cinématographique mise en place dans «Et la vie continue» en filmant les coulisses du tournage d’une des scènes. L’ancien réalisateur devient simple acteur, un nouveau réalisateur apparaît, et Kiarostami supervise ce nouveau temps cinématographique, s’offrant même une apparition à l’écran (le film dans le film dans le film). Nous devenons donc conscients que Hossein, dans «Et la vie continue», jouait un rôle puisque nous le voyons ici sur le tournage, engagé dans une nouvelle réalité (il cherche à conquérir l’actrice qui lui donne la réplique), qui elle-même nous apparaît instantanément comme fictionnelle puisque que Kiarostami a démonté l’illusion de vérité cinématographique. Et pourtant, ça marche. Nous sommes pleinement et «véritablement» émus et passionnés par cette histoire d’amour. Kiarostami vient de nous démontrer la capacité du cinéma, même s’il n’est que mensonge, à capter la vie, la vraie. Mais «Au travers des oliviers» n’est pas qu’un film intelligent. C’est aussi un très beau film sur lequel affleure une douce poésie qui a le don de conquérir nos émotions. Le dernier plan est purement cinématographique et nous rappelle, au-delà du propos et de la réflexion, à l’évidence poétique de l’art
Ajoutée le 29 oct. 2008 à 14h06 Signaler un abus
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