Flav43
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0.5 - Nul
Dans cette première période de collaboration entre le scénariste Dudley Nichols et le réalisateur John Ford est né «The Lost Patrol» (USA, 1934). Moyen-métrage, le film s’apparenterait presque à l’extrême du cinéma fordien. Une légion de soldats, traversant les déserts arides de Mésopotamie, se trouve perdue après le meurtre de leur commandant. Ils trouveront refuge dans une oasis. Aucun suspense, il est évident que tous vont mourir hormis le héros principal, exemple de résistance mental, interprété par Victor McLaglen (à la ressemblance trouble avec Charles Vanel). La communauté, la primauté de la masculinité, les conflits du bien et du mal, Ford schématise son cinéma à tel point qu’il le ridiculise. Le courage suicidaire qui semble mouvoir chacun des protagonistes les représente comme des signes de bêtise. Non pas qu’on en juge le comportement mais plutôt que cela en affecte le film d’une irritante façon. Cependant si l’intrigue et son mode de narration souffrent de lacunes évidentes, c’est l’assurance débordante de la musique qui finit d’exploser le film. Fruit du mythique Max Steiner, compositeur phare de l’âge d’or d’Hollywood, sa composition ultra-illustrative, soulignant chacune des actions avec une bêtise sans pareille, s’opiniâtre à prendre le spectateur pour un demeuré. Peureux de l’incompréhension du spectateur, c’est déjà là l’ombre de ce qu’est l’industrie hollywoodienne de nos jours : une mère qui tient le spectateur par la main, de peur qu’il s’échappe. Hormis ces failles grossières, «The Lost Patrol» n’est pas exempt de qualité (bien qu’elles soient moindres). Le décor phantasmatique des dunes désertiques, l’évocation des ennemis (brisée in fine) et les lignes tranchées du noir et blanc, encadrant les ombres et oppressant l’atmosphère, constituent les uniques intérêts du film. Avec «The World moves on» (USA, 1934), Ford avait fait mieux, il faudra peut-être attendre 1939 et son «Stagecoach» pour qu’enfin John Ford devienne la légende.
Ajoutée le 12 oct. à 15h04
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