vince113
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5 - Chef d'oeuvre
Diamant noir dans l'oeuvre de Siodmak, "The Spiral staircase" marque à la fois son plus grand coup d'éclat formel et s'impose comme une oeuvre séminale puisqu'il s'agit tout simplement de la matrice du thriller moderne. Au niveau esthétique, d'abord, nous sommes ici à la quintenscence de l'expressionisme baroque, que le cinéaste va ensuite décliner sur plusieurs films (dont les magnifiques Phantom Lady et Criss Cross). Siodmak fait preuve ici d'une inventivité visuelle qui restera inégalée dans sa carrière : on n'y compte plus les trouvailles de mise en scène (les scènes de meurtres, à la limite de l'expérimental, la vision de l'héroïne sans bouche, etc.) et le travail sur l'espace, à l'intérieur de la maison, débouchant sur la création d'un véritable espace mentale (la demeure comme métaphore du cerveau malade du tueur). D'une incroyable modernité, ce travail sur le genre annonce autant l'abstraction visuelle d'un Argento (la première séquence de meurtre est reprise quasiment plan par plan dans Tenebrae) que l'approche conceptuelle d'un kubrick (l'hôtel-cerveau de Shining). A ce coup de force visuel, s'ajoute un traitement novateur de la figure du psycho-killer qui n'est plus un déviant en marge du monde (M le Maudit), mais au contraire qui en est son épicentre (le très respectable "Professeur"), le produit d'une société sclérosée, le retour de son refoulé (la violence ontologique d'un pays qui élève la force comme valeur suprême). Le film marque aussi l'assimilation d'un discours freudien qui fera long feu, en commençant par Psychose. Un film somptueux et une oeuvre clé, qui se permet en plus l'audace de placer au centre de son dispositif une héroïne muette. Ce qui est pour le moins gonflé dans le cadre d'un drame romanesque, et encore plus pour celui d'un thriller horrifique ! A découvrir absolument.
Ajoutée le 08 juin 2010 à 18h47
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