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Un film réussi, mais dans lequel il n'est pas facile d'entrer. A Singapour, un pré-ado vit avec son père, récemment arrivé de Corée, paumé et totalement brisé par sa rupture avec sa femme. Le père travaille la nuit, le fils vit le jour. 4h30 est l'heure où, chaque matin, le fils tente d'établir un lien. Il n'est pas facile de faire passer à l'écran le vide et l'incommunicabilité. Royston Tan, visiblement inspiré par le cinéma minimaliste de Tsai Ming Liang, y parvient avec pas mal d'imagination, un sens aigu du détail qui fait sens, quelques pointes d'humour bien placées et une grande tendresse pour son personnage principal, étonnamment incarné par le jeune Xiao Li Yuan. Pourtant, le film n'est pas de ceux qu'on aime spontanément, tant son parti pris de lenteur et de silence, conjugué à la froideur des décors, tient le spectateur à distance et l'oblige à un effort intellectuel pour entrer dans l'esprit des personnages. L'univers contemplatif de "4:30" ne contribuera pas à faire évoluer l'image, malheureusement trop répandue, d'un cinéma asiatique chiant et élitiste. Ce n'est pas une raison pour ignorer le film, mais c'est une limite qu'on ne peut pas négliger.
Ajoutée le 15 févr. 2011 à 18h57 Signaler un abus
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