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    No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
    note moyenne
    4,1
    26034 notes dont 2173 critiques
    répartition des 2173 critiques par note
    856 critiques
    631 critiques
    134 critiques
    274 critiques
    156 critiques
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    2173 critiques spectateurs

    Raw Moon Show
    Raw Moon Show

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    3,5
    Publiée le 22 août 2013
    On nage en plein chef d'oeuvre pendant une grosse demi heure, puis il y a un je ne sais quoi qui se dérègle (possible baisse de rythme, personnages un peu plus figés dans des postures, mécanique de la course poursuite contre la mort qui devient trop lisible) jusqu'à un épilogue assez quelconque. Au final, un très bon Frères Coen, mais si seulement ils avaient tenu la distance comme sur cette première ligne droite, aïe aïe aïe, je ne te dis que ça...
    ferdinand75
    ferdinand75

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    4,0
    Publiée le 22 novembre 2013
    Une réalisation absolument superbe, luxuriante, esthétisante à souhait. Des plans larges , des plans séquences, des images de désert à couper le souffle. Des couleurs hyperréalistes , pour une des plus belles oeuvres des Freres Coen. Par contre le film pêche par le scénario, pas tant l'adaption , mais le livre de Cormac mac Carthy , à la base de l'adaptation. Le succès de cet auteur est assez incompréhensible, le livre est mal fagoté, irrationnel , sans queue ni tête. Mais il est la mode, on se demande pourquoi ... Pour ma part je n'ai même pas pu le finir. C'est pourquoi les frères Coen ont d'autant plus de mérite car le film tient plutôt bien la route et ils ont su resserrer le récit et le clarifier. Mais il reste beaucoup d'incohérence, des personnages qui arrivent et disparaissent soudainement ( le chasseur de primes), des chutes non attendus, la mort du héros , on ne sait pas trop pourquoi "en loucedé"..Tous les acteurs sont excellents et là encore c'est la force des Coen , des vais directeurs d'acteurs; tout cela est maîtrisé et abouti. Avec un bon scénario, basé sur un bon polar , c' eut été un chef d'oeuvre.
    buddy-holly
    buddy-holly

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    5,0
    Publiée le 4 janvier 2011
    Un chef-d'oeuvre,une leçon de cinéma,un film culte.Un film noir d'une noirceur qui pue positivement les Coen,il ya bien que ces deux fréros qui peuvent des films de ce genre.Une adaptation magistrale du roman de Cormac McCarthy.L'histoire est sublime,parfois drole et dégoulinante de sang et de noir,la mise en scène est magistrale,Javier Bardem est exceptionnelle et Josh Brolin et Tommy Lee Jones sont très bons,la non présence de la musique fait qu'augmenter encore et encore la tension particulièrement forte,les dialogues et l'humour sont incroyablements Coenien,la photographie est sublime et les paysages sont magnifiques.Chapeau les Coen ! 4 oscars: meilleur film,réalisateur,scénario et meilleur second role masculin.Les Coen à leur apogée...
    Aulanius
    Aulanius

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    5,0
    Publiée le 11 août 2010
    Une très belle surprise pour ce long métrage des frères Cohen. Vraiment original avec une univers assez spécifique, des personnages variés et hors du communs, une ambiance sympa, des bons plans, etc...Casting intéressant, pas de "lassage". Cependant la bande originale est quasi-inexistante, c'est bien dommage. Le film est à l'image de son titre, c'est à dire, marginal. Une création à récommander à tous les cinéphiles, bon film !
    Eselce
    Eselce

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    3,5
    Publiée le 5 novembre 2016
    Traque pour de l'argent. L'originalité réside surtout dans l'arme à pression du tueur et son comportement atypique. Il y a un bon rythme et de l'action bien dosée dans la traque. Un bon divertissement même si le final laisse un goût d'inachevé.
    Housecoat
    Housecoat

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    4,5
    Publiée le 28 septembre 2017
    Avec No Country for Old Men, les Coen repassent mettre en pratique leur facette la plus prometteuse, celle du film noir. Et le fait d'avoir pondu là un de leur film les plus cultes est encore plus surprenant en voyant qu'ils enchaînent ce film après deux comédies inégales (leur dernier film c'était quand même Ladykillers quoi, c'était bien mais entre les deux, il y a quand même tout un monde). No Country for Old Men détonne en étant leur oeuvre la plus sombre et nihiliste (mais non je ne parle pas des nihilistes Allemands de The Big Lebowski !). En 1980, un cow-boy nommé Llewelyn Moss (Josh Brolin) qui chassait en plein désert Américano-Mexicain trouve par hasard la scène macabre d'un deal qui a mal tourné. Trouvant un sac de billets vert, il l'emporte. Il ne le savait pas, mais par cet acte il va se mettre à dos le mal incarné en la personne d'Anton Chigurh (Javier Bardem) et va provoquer une véritable tempête meurtrière qui emportera dans son sillage les derniers vestiges de croyance d'un monde juste du Sheriff Bell (Tommy Lee Jones). C'est surtout à travers ces trois personnages que No Country for Old Men révélera tout son potentiel en se levant en un film qui s'avère être bien plus complexe dans le fond qu'une simple chasse à l'homme. La mise-en-scène utilisée dans le film nous place dans un environnement désertique mais froid et sans la moindre pitié. L'absence totale de musique durant cette traque rend chacun des moments du film plus anxiogènes. Et surtout, les Coen renoncent à tout parti-pris surréaliste et rendent leur film que plus réel et plus immersif, ce qui fait encore plus contraster le personnage de Javier Bardem rendu mille fois plus effrayant qu'il le ne serait dans un film plus romancé. C'est justement ce décors qui permettra aux Coen de rendre le film plus profond à travers ces trois personnages principaux. Llewelyn Moss fait office de personnage principal, et on peut facilement l'identifier en tant que héros puisqu'il aura un moment de bonté en apportant de l'eau à un homme mourant malgré le danger évident spoiler: (ce qui provoquera fatalement son identification par les deux autres tiers parti. Il n'y a décidément aucune once de bonté possible en ce monde). Malgré une débrouillardise qui force le respect, l'argent et le danger vont le faire évoluer au long de cette chasse. Anton Chigurh. Il est LE personnage qui a rendu ce film culte que ce soit pour le jeu parfait de Javier Bardem que pour le soin d'écriture. Poursuivant implacablement l'argent et tuant par pur gratuité, chacune des scènes avec lui est pur moment de terreur et de tension. Rien ne l'arrête et le film accumule les scènes qui renferme le sort de Llewelyn entre ses mains. spoiler: Lorsque une porte de délivrance s'ouvre à lui en la personne de Carson (Woody Harrelson), Chigurh arrive et le tue avant même que ce personnage ait pu servir à quoi que ce soit. On le définit comme un psychopathe car nous ne savons rien de lui. Son nom ne dégage aucune origine, son passé est inconnu, pourquoi veut-il l'argent ? Pourquoi autant de cruauté ? Il démontre par chacune de ses scènes que ce qui nous menace est encore plus terrifiant lorsque nous ne savons rien de lui. On sait si peu de choses sur lui qu'on le définit en psychopathe jouissant de sa cruauté purement gratuite, mais le plus véridique serait de le qualifier de mal incarné. Est-ce le Diable ? Il ne provoque sur son sillage que morts, discorde et désolations, rien ne l'arrête sur le chemin de son objectif tel le Terminator mais en plus fascinant et horrifiant car Chigurh est impossible à cerner. Si il est blessé, il se ressoude, si on le rencontre, on dessoude. Comme sur l'affiche du film, il est envahissant et omniprésent. Peut-être n'est-il pas un tueur ordinaire, peut-être est-il tout simplement le mal personnifié. Ce qui amène au fond du film qui prend sens avec le troisième personnage du film. Le Sheriff Ed Tom Bell. Flic désabusé par le monde qui l'entoure, ce qui permet à Tommy Lee Jones de jouer Tommy Lee Jones en étant parfaitement en adéquation avec ce que le film propose. Malgré son statut de personnage très secondaire du film, il s'avérera ironiquement être son point central et la référence au titre. C'est quand on prend du recul sur son rôle dans l'histoire que cela prend sens, spoiler: c'est à dire...Rien du tout. Car oui, le Sheriff passera son temps à vouloir aider Llewelyn à sortir du piège dans lequel il s'est fourré, mais jamais le Sheriff ne parviendra à le sauver ni même à coincer Chigurh et encore moins à les rencontrer (là par-contre on pourra dire qu'il a eu un putain de coup de bol). Pire, il ne stoppera pas le moindre crime. Le constat est simple, il est dépassé. L'époque changeante l'a laissé sur la route, nous ne sommes plus à l'ère des Westerns mais aux Slashers, les jeunes comme Llewelyn et Chigurh peuvent s'entretuer autant qu'ils veulent et transformer son monde en bain de sang sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Le policier vieillissant qu'il est ne peut apporter de bonté dans ce monde nihiliste qui n'épargne personne et ses derniers résidus de croyance en un monde meilleur s'évanouissent. Un monde qui n'est pas pour le vieil homme qu'il est. Si Anton Chigurh est l'incarnation du mal, alors la philosophie qui pointe le bout de son nez dans les dernières minutes du film veut dire que l'on ne peut stopper le mal dans un monde pareil où les aînés ne sont plus que des inaptes à pouvoir faire régner la justice et à lancer la discorde régner. De la bonne philosophie nihiliste est sombre qui n'a rien à envier à La Horde Sauvage de Sam Peckinpah qui nous présentait des hommes dépassés par la nouvelle ère qui se profilait se débattant pour survivre dans un monde terriblement injuste. No Country for Old Men est aujourd'hui l'un des films les plus populaires des Frères Coen. Eux qui sont dans la soixantaine, on espère qu'ils ne vont pas rouiller et nous montrer qu'ils en ont encore sous le pare-choc.
    Ragnar38
    Ragnar38

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    5,0
    Publiée le 2 mars 2020
    Un Véritable Must. Après les formidables The Big Lebowski & O Brother, Ethan & Joel Coen font un retour gagnant avec ce Thriller Électrisant et Crépusculaire qui nous laisse totalement pantois après visionnage. Pour Commencer la Réalisation est Somptueuse et Fluide tout en nous plongeant dans une ambiance Macabre et Oppressant qui nous met directement dans le bain et qui est accompagné d'une BO magnétique mais discrète de Carter Burwell qui est en parfaite symbiose avec le long métrage. Ensuite le Scénario est Prenant et Ludique tout en arrivant a nous tenir en haleine du Début jusqu’à la Fin tout en regorgeant de quelques Rebondissements inattendus dont notamment un Dénouement Final particulièrement Culotté et Ambiguë dont le film parvient a aborder des Thématiques comme la Vieillesse,la Nostalgie,la Dépression,la Cupidité et le Désespoir qui sont subtilement mis en avant a travers son Rythme lent qui peut déstabiliser pendant 2h02, Ajouter a cela une Succession de Scènes devenues d'Anthologiques en passant par un Suspense Permanent qui monte en intensité pour ne plus lâcher prise en passant par des Scènes de Violences particulièrement Brutales et Insoutenables a déconseiller aux âmes sensibles mais aussi quelques rares Séquences D'Actions d'une redoutable efficacité avec en prime une bonne dose d'Humour Noir pleine de Cynisme et d'Absurdité ainsi qu'une Note D’Émotion qui apporte d"épaisseur dramatique a travers quelques scènes intimistes trés poignantes qui apporte un supplément a l'intrigue. Pour Finir le Casting est Formidable avec notamment son Trio D'Acteurs exceptionnelles dont on retrouve en haut de l'affiche le Magistral Tommy Lee Jones qui est Formidable de justesse dans la peau du Shérif Bell un policier expérimenter proche de la retraite Désabusé,Mélancolique et Déterminé qui se retrouve mêler dans une Enquête Sordide et Complexe dont l'acteur livre une prestation grandiose a ce Personnage Fatigué et Philosophe, Autour de notre Shérif Vieillissant on retrouve au passage l'Excellent Josh Brolin qui est irréprochable dans la peau de Llewelyn Moss un Texan ancien Vétéran de Guerre devenu un Chasseur Retraité Dépressif,Cynique et Touchant qui se retrouve pris en chasse suite a une suite de quiproquos par un Antagoniste Diabolique et Méthodique sous les traits du monumental Javier Bardem qui est au sommet de son art dans la peau de Anton Chigurh un Tueur a Gages Machiavélique,Impitoyable,Intriguant et Charismatique qui rentre au cercle fermé des plus Grands Méchants marquants dans l'Histoire du Cinéma et qui rejoint par quelques Seconds Rôles trés Consistants composer des irréprochables Woody Harrelson,Kelly Macdonald,Garret Dillahunt et Stephen Root qui apportent leurs contributions a cette Distribution Magistrale. En Conclusion, No Country For Old Men est assurément un Diamant Brut du Septième Art qui confirme le Talent Inclassable et Méticuleux des Cinéastes Ethan & Joel Coen qui font parti des Réalisateurs intemporels du Cinéma qui signent ici un Film alternant avec brio Western,Road Movie,Comédie et Thriller qui est a la fois Hypnotisant,Haletant,Sombre,Touchant et Poisseux qui rentre directement au Panthéon des Chef D’œuvres marquants des Années 2000 et qui parvient également a être l'une des meilleurs adaptations de Roman de Cormac McCarthy transporter au cinéma dont les amateurs de Suspense et de l'univers singulier des Frères Coen seront conquis par cette perle Cinématographique a découvrir de toute urgence.
    loulou451
    loulou451

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    5,0
    Publiée le 16 mars 2008
    Un pur chef-d'oeuvre signé des frères Cohen. A bien y réfléchir, le plus abouti de tous leurs films. On est loin ici de l'humour acide de "Fargo", du terrifiant "Barber" ou du délirant "big Lebowski". Avec "No country for old men", les frères Cohen sortent littéralement des sentiers battus, renouvèlent leur genre en se permettant le luxe de donner un coup de jeune au western. Une oeuvre crépusculaire à ranger aux côtés de l'incomparable "Impitoyable". Que dire de plus ? L'interprétation est parfaite, Tommy Lee Jones meilleur que jamais et Javier Bardem terrifiant en tueur psychopathe jouant la vie de ses victimes à pile ou face. Ici, nulle place pour le manichéisme. L'enfer règne sur terre, Satan y envoie ses anges damnés et les hommes font ce qu'ils peuvent pour leur échapper. Au final, nul n'en réchappe. L'homme est un prédateur pour l'homme et la vie, comme l'amour, finiront par disparaître. Un film d'une puissance rare.
    Alex T.
    Alex T.

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    4,0
    Publiée le 16 mars 2017
    Un superbe thriller magnifiquement mis en scène et interprété. Les frères Coen prouvent une fois de plus tout leur maîtrise en offrant des plans magnifique et un sens du suspens digne des meilleurs films de Alfred Hitchcock! Les trois acteurs principaux sont géniaux, chacun dans leur style ils portent le film à la perfection! Seul petit reproche, le rythme est très lent car le film se font assez contemplatif.
    Skipper Mike
    Skipper Mike

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    5,0
    Publiée le 9 août 2012
    Une sorte de western moderne qui prend aux tripes (et en ce sens, il est bien plus abouti que "True Grit"), avec des acteurs fabuleux, notamment un Javier Bardem terrifiant. "No Country for Old Men" est peut-être le chef-d'oeuvre des frères Coen. Les paysages sont magnifiques, le suspense haletant, seul l'humour des deux réalisateurs-producteurs-monteurs-scénaristes est moins présent que d'habitude, ce qui donne un film plus sombre, mais il existe quand même par endroit et sait se faire apprécier. Un Oscar du Meilleur Film amplement mérité !
    totoro35
    totoro35

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    4,0
    Publiée le 2 août 2010
    Attention, les frères Coen sont enfin de retour ! Non pas que leurs deux précédents étaient mauvais mais bon, c'était pas du grand cru ! Tandis que là... Sur un pitch mille fois vu, les terribles frangins signent une ballade funeste, où la présence de la mort est persceptible à chaque plan (sublimes en plus. La mise en scène est une véritable leçon de cinoche qui laisse sur le cul, les comédiens sont tous géniaux, mention spéciale à Javier Bardem qui réussi l'exploit d'être encore plus flippant que dans Perdita Durango ! Que dire aussi de l'humour tellement noirissime et froid que l'on se sentirai presque coupable d'esquisser un sourire. Vivement le prochain !
    Cluny
    Cluny

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    4,5
    Publiée le 16 octobre 2012
    Alléluiah, la même semaine nous offre les retours de Tim Burton et des frères Coen. Après des escapades vers les douceurs chocolatées ("Big Fish" et "Charlie" pour le premier, "Intolérable Cruauté" et "Ladykillers" pour les seconds"), nous retrouvons l'un et les autres dans leur quintessence. Certes, il y avait bien quelques cadavres balancés du haut d'un pont dans "Ladykillers", mais on était évidemment dans le registre de la farce et de la légèreté. "No Country for Old Men" ne pointe clairement pas dans cette catégorie. Non qu'on n'y retrouve pas le comique de situation, et surtout le comique de mots dans des dialogues étirés jusqu'à l'absurde, chers aux frangins de Minneapolis ; mais la tension de la mise en scène fait écho au style de Cormac McCarthy, mélange du phrasé de la Bible, du parler des analphabètes et de puissance narrative des prosateurs américains. Les fères Coen eux-mêmes soulignent la noirceur et la violence de l'histoire, comme l'explique Joel : "Il y a pas mal d'humour dans le livre, même si on ne peut pas franchement le qualifier de roman humoristique. C'est un humour très noir - et c'est la caractéristique qui nous définit. Le livre est également violent, presque sanglant. C'est certainement d'ailleurs le film le plus violent que nous ayons jamais fait." Dans une autre interview, ils expliquent que ce qui les avait aussi attirés dans ce roman, c'était le fait que les trois personnages principaux qui se traquent mutuellement ne se rencontrent quasiment jamais, et le rendez-vous final entre Moss et Chigurh ne nous est pas montré, puisque dans la dernière partie, le récit bascule du point de vue du troisième protagoniste. Le style des frères Coen, fait de ralentissements, d'étirement puis de soudaines accélérations, d'alternances de longues scènes de bavardages saugrenus, de brusques explosions et d'ellipses déroutantes s'adapte particulièrement bien à un tel propos. Un homme trouve une fortune issue du trafic de drogue, il est poursuivi par des Mexicains, puis par un tueur qui élimine ses deux commanditaires, tueur lui-même pisté par un sosie de Michael Schumacher envoyé par un magnat texan, alors que le shérif du lieu du carnage se met sur la piste de ce beau monde : ce résumé est à l'image de l'histoire elle-même, embrouillée et tarabiscotée, et ça n'a aucune importance, puisque la sacoche est un McGuffin, et chaque personnage une incarnation de ce monde qui change dans les années 80. Josh Brolin incarne Llewelyn Moss, le mec droit dans ses bottes de cowboys (elles jouent d'ailleurs un rôle important) qu'une erreur, ou plutôt deux : celle, morale, d'avoir pris l'argent et celle, prépondérante, d'avoir éprouvé de la pitié pour le seul survivant du carnage, précipitent dans une fuite de motel minable en hôtel décati, mû d'abord par l'appât du gain puis par l'instinct de survie. Tommy Lee Jone retrouve la frontière Mexicaine de "Trois Enterrements", et un nouveau personnage eastwoodien, mais avec moins de prise sur le destin et encore plus de désenchantement devant la violence quasi technocratique et aveugle qui s'empare du monde. Cette violence a un visage, celui de Javier Bardem. Dans la catégorie tueur psychopathe, Jude Law avait placé la barre très haut dans "Les Sentiers de la Perdition", avec son personnage tonsuré coiffé d'un chapeau melon trop étroit et qui avait choisi comme couverture la photographie des scènes de crimes. Dorénavant, il faudra faire référence à la performance de Javier Bardem, avec sa coiffure à la Mireille Mathieu, son goût pour le lait et sa bouteille d'air comprimé pour faire sauter les serrures et les crânes. Effrayant quand il tue (il semble en transe quand il étrangle le policier qui l'a arrêté), il est peut-être encore plus inquiétant quand il parle, notamment dans la longue scène où il joue la vie d'un pauvre pompiste à pile ou face. Cormac McCarthy a expliqué aux frères Coen qu'il avait choisi le nom de Chigurh parce qu'il n'existe nulle part, afin de souligner l'absence d'origine du personnage. Destructeur et indestructible, Anton Chigurh oeuvre pour que le vieil homme du titre que "ce pays est dur à vivre". Tout à la fois western, polar et road movie, "No Country for Old Men" est certainement le meilleur film des frères Coen depuis "The Big Lebovski", plus sombre et plus grave que ce dernier, tout en suscitant le même rire grinçant. Un bon Ken Loach, un très bon Burton et un excellent frères Coen, l'année 2008 démarre décidément fort bien !
    Shelby77
    Shelby77

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    4,0
    Publiée le 15 janvier 2017
    Critique de "No Country For Old Men". Difficile de donner mon ressenti sur un tel film. Les frères Cohen nous plonge dans un western moderne de course poursuite impliquant un psychopathe à l'arme improbable, un chanceux qui ramasse des millions de dollars (mauvaise idée qu'il regrettera par la suite) et l'homme qui veut rétablir l'ordre et mettre fin à cette traque sanglante. No Country For Old Men c'est un peu l'affrontement entre le bien et le mal. Javier Bardem dégage un charisme impressionnant, chaque scène où il apparaît est un moment spécial. On regrettera la mollesse niveau scénario au milieu du film. 4/5
    boscopax
    boscopax

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    5,0
    Publiée le 17 septembre 2008
    Un véritable chef d'oeuvre mélangeant les genres à la perfection. Un tueur absolument impressionnant, des acteurs usés, burinés, loins des tabloïds. Ici, l'odeur du sable, du sang et de la sueur traverse l'écran pour nous prendre à la gorge sans jamais en partir pendant plus de 2 heures 15. Impossible de donner un genre au film des frères Coen : à la fois western, polar, aventures, drame, politique...Tout cela à la fois. Chapeau.
    Audrey L
    Audrey L

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    5,0
    Publiée le 14 juin 2017
    À la fois ténébreux par sa violence aseptisée de toute émotion, et brillant d'une intelligence rare, vous tenez No Country for old Men. Une histoire d'argent sale qui est convoité par différentes mains plus ou moins honnêtes, les (très) grandes lignes du synopsis pourraient sembler banales, mais ça serait oublier les intrigues secondaires (toutes les histoires que raconte ou entend Tommy Lee Jones qui expliquent avec force et concision le "il n'y a pas de terres pour les vieux hommes"). Violent sans tomber dans la facilité du gore, en offrant là une voie dorée pour le jeu unique que nous offre Bardem : froid, sobre, méthodique et bourré de tics, mais terrifiant à souhait. Sa présence souvent entraperçue est synonyme de moment fort et pourtant froid en émotion, un coup de maître de Bardem, l'impassible tueur. Son petit jeu de pile-ou-face est ahurissant, et on se demande avec appréhension ce que l'on ferai à la place de la victime... Beaucoup ne verront plus les bombonnes à air comprimé de la même façon après ce film... Des séquences filmées avec brio (les ombres du shérif et de son acolyte qui se répondent dans la lumière devant un magasin, un Bardem qui se tient dans l'obscurité d'un coin de lit et ne laisse entrevoir que ses yeux au regard glacé... Terriblement efficace). Les dernières paroles du film laisseront plus d'un spectateur pantois, mais il faut les comprendre pour tirer la fin de la magnificence de ce film sans issue pour les hommes âgés ( spoiler: Tommy Lee Jones raconte deux rêves dans lequel son père le devance à cheval pour se planter dans l'obscurité de la nuit et attendre son fils... Ou comment Tommy Lee Jones avoue qu'il sait que, comme son valeureux père, il commence à se faire vieux et va bientôt le rejoindre dans les ténèbres... D'ailleurs, n'y a-t-il pas un générique fondu au noir juste après ? Et l'on se rappelle que le shérif a déjà devancé de vingt ans l'âge auquel son père est mort, qu'il est écœuré de n'avoir pas pu sauver sa dernière enquête, et qu'il entretien un rapport incertain avec la religion... ). Non, décidément, il n'y a aucun pays pour ceux qui vieillissent. Sombre, brillant, violent, méticuleux, une leçon.
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