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Le film « Daratt » se déroule au Tchad mais pourrait se situer dans n’importe quel pays d’Afrique ayant été frappé par une guerre civile. Le réalisateur nous parle avec ce film de vengeance et de pardon, l’action se déroulant en 2006, après la guerre civile, alors que les criminels de guerre ont été amnistiés. Atim, dont le père a été tué durant cette guerre, se voit confier un revolver par son grand père afin de retrouver le responsable et se venger. Son périple le mène dans un village auprès d’un homme qui fabrique et vend du pain. Après s’être fait engagé comme apprenti, Atim va nouer des relations étranges avec cet homme taciturne vivant seul avec sa femme qui attend un enfant. La mise en scène épurée de Mahamat Saleh Haroun peut rebuter au premier abord. Peu de dialogues, pas ou peu de musique en accompagnement, une histoire centrée essentiellement sur les deux personnages principaux, la vie des habitants de ce village n’étant pas le propos du récit. « Daratt » n’est pas un film à l’abord facile. Cependant, les sentiments égrainés dans ce long métrage en disent plus long sur la nature humaine que nombre de films occidentaux tapageurs. « Daratt » offre une conclusion forte et émouvante à qui aura eu la volonté de suivre jusqu’au bout ce film atypique. Les acteurs amateurs de « Daratt » au jeu épuré de tout maniérisme donnent à cette réalisation un aspect documentaire et naturel indéniable. Les films africains sont suffisamment rares sur nos écrans pour ne pas négliger cette production hors norme.
Ajoutée le 23 avr. à 11h29 Signaler un abus
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