En 1968, Isaac Asimov se demandait si les androïdes rêvaient de moutons électriques. Deux petites décennies plus tard, John Lasseter et son équipe s’interrogeaient quant à eux sur ce à quoi pouvait bien rêver un monocycle. Leur réponse nous sera dévoilée dans le magasin de vélos d’Eben. Nous y pénétrons. Il y fait sombre, rien ne vit, le lever du jour semble encore bien loin. Alors oui "Red’s Dream" n’est pas un court-métrage trépidant et humoristique comme ceux que le studio pondra souvent par la suite, pourtant il interpelle. On a le sentiment étrange de violer l’intimité d’un élément que notre logique n’accepte que comme inanimé, d’observer sa perception d’objet et de la comprendre. Pixar prend et gagne le pari de démontrer l’ampleur de ses capacités techniques en s’attachant principalement à jouer sur nos émotions plutôt qu’en nous en mettant plein la vue. En résulte un moment profondément mélancolique, parcouru par un blues des soirs de pluie.