Il ne se passe quasiment rien. Tout est dans l'atmosphère et les petites relations entre les personnages. Soit, c'est bien réalisé, plutôt juste (N. Cazalé/C. Hesme/L. Rovère) mais assez creux. Le personnage d'Antoine est ennuyeux. Le regard porté sur ce bout de campagne est vraiment ringardisant. Ca inspire la pitié. Au moins, y a un côté concret, rassurant, mais trop téléfilm.
Bonne surprise que ce petit film sans prétention. Ok, on n'évite pas les bons sentiments, le retour aux valeurs, les joies de la campagne...certes, mon tout est très politiquement correct et de bon aloi. Il y a cependant un petit plus qui fait que le film fonctionne. Au final un bon petit film très agréable à regarder avec plusieurs scènes intéressantes et des acteurs engagés. Pas mal.
Le Fils de l'Épicier est un petit miracle, une très bonne surprise de l'été.
Un scénario irrésumable, un sujet difficile à définir, des acteurs peu connus... Et l'on obtient pourtant un très bon film. Un de ceux qui donnent le sourire et rendent meilleur.
Construit autour d'un personnage un peu taiseux, le film croise plusieurs thèmes "on ne peut plus casse-gueules" : rapport compliqué d'un fils à sa famille, timidité avec les filles, petites galères de jeunes parisiens et petites vies des vieilles personnes isolées dans la Drôme... Avec un tel cahier des charge, nous risquions le "film français ennuyeux" ou le "film pour bobos en mal de bonne conscience"... Et pas du tout...
C'est d'abord la grâce qui touche le spectateur : grâce des acteurs (tous excellents et très bien dirigés), grâce des dialogues (qui sonnent "justes"), grâce des mouvements de caméras (le réalisateur s'offrent quelques "cartes postales" assez belles et courtes pour ne pas ruiner la dramaturgie, et même souvent la servir) et grosse surprise : grâce du scénario, qui, tout en accords mineurs, vous porte jusqu'à la dernière minute sans un instant d'ennui ou de déconcentration...
Ce film est un hommage aux commerçants ambulants, qui "tournent" dans les campagnes isolées et sont bien souvent le seul lien social qui leur restent.
Il est aussi teinté de road movie (excellente bande son, dommage qu'elle ne soit pas éditée) et de quête initiatique : le fils de l'épicier s'humanise à mesure qu'il s'aperçoit de son utilité auprès des vieilles personnes et de l'affection que lui porte son amie...
Encore une chose : les paysages drômois sont magnifiquement filmés ; cela donne envie de découvrir cette région peu fréquentée du "Diois"...
Le film bénéficie déjà d'un très bon "bouche à oreille", mais il ne restera plus très longtemps en salle... Courrez-y avant qu'il ne soit trop tard...
Sont-ce mes propres souvenirs des camions de l'épicier, du charcutier, du poissonnier qui passaient dans ma petite campagne natale ? Citadine aujourd'hui mais restée proche de la nature, aidée par un miraculeux bout de jardin et des chats, j'ai raffolé de cette promenade. Bien compris la rogne entre père et fils, la mère philosophe qui ne sait pas penser à elle, cette bourrique de Lucienne et cette jeune "rapportée" si tonique, un coach à elle toute seule ! Bien reçu les coups de guitare folk, cette mélodie "has been" de la fin invitant à "creuser" dans ces métiers-là (seule question à se poser : est-ce encore vivable financièrement ?). Pour ceux qui se sentent pleins d'énergie (auxiliaires de vie, il n'y a pas que les maisons de retraite !), aller livrer les chers vieux troglodytes bourrus, imbriqués tout là-haut dans leur montagne ! En circulant, mettre un bras à la portière dans le vent léger, sentir une fleur au soleil, et revenir fourbu, avec ce sentiment d'une incontestable contribution (ces petits services rendus en plus)... Et comme tout le monde quand même, des soucis familiaux, son propre caractère, devoir toujours se remettre en cause. Le silence s'apprivoise loin du tapage urbain, et la ruralité, surtout dans un joli coin, peut avoir une saveur insoupçonnée. Cher petit camion blanc sillonnant les routes de la Drôme, espérons qu'il en existe encore quelques-uns ! Ce joli film peinard en dit des choses sur la qualité de vie, il s'adresse à ceux qui en ont marre du métro-boulot-dodo et aucune envie de s'expatrier à perpète, serait-ce devenu si rare ?
Bon c'est pas le film de l'année, c'est sympa, bien dialogué, bien vu. Un univers rarement dépeint au cinéma, le charme de la campagne. Au dela d'un aspect un peu convenu et d'une fin assez prévisible (bien sur qu'il va retourner vivre au pays, et sa belle aussi,bien sur que le papa au fond n'est pas un mauvais bougre etc),on se laisse gagner par les dialogues, le rythme et le charme des interprètes: N Cazalé bien sur, mais surtout les seconds roles Jeanne Goupil et Daniel Duval toatalement crédibles et touchants dans le role des parents, et bien sur Paul Crauchet et l'impayable Liliane Rovère, comme toujours parfaite et qui dame le pion à tout le monde par la cocasserie et l'humanité de son interprétation; elle fait un sort à chaque réplique ! et pour la bonne bouche Clotilde HESME qui va bientôt nous devenir indispensable : belle, libre, vivante, naturelle, elle incarne la vie et illumine le film Quelques mois apres le film d'honoré, moi je vous le dis : actrice à suivre !
Un joli voyage dans une France calme, cette histoire sous un aspect tendre nous donne un clein d'oeil sur les difficultés d'une famille en conflit. La nature, les circonstances vont faire que cette histoire nous donne un parfum agréable de l'évasion.
Un petit bijou d'humanité et de tendresse que ce film optimiste qui ne paie pas de mines mais qui, avec des interprètes remarquables et en soulevant des problèmes sociétaux fondamentaux comme la solitude ou la désertification des campagnes, sans jamais sombrer dans le pathos, ne peut que remporter l'adhésion du spectateur. En tous cas, il remporte la mienne haut la main!
Pour un peu, on quitterait Paris pour s'installer dans le "rectum" du monde dès la fin du générique, tant cette histoire profondément apologétique du provincialisme et de la famille sonne juste. Aller vendre des petits pois dans sa camionette ambulante et en profiter pour réparer la fenêtre du petit vieux paumé dans sa cambrousse et qui "s'il se penche n'est pas sûr de réussir à se relever" : quel programme ! Bon, soyons sérieux deux secondes : le cinéaste n'y va pas avec le dos de la cuillère quand même ! Les personnages sont beaux, jeunes, attachants (Liliane Rovère géniale !), l'histoire se passe dans le Vaucluse, en plein été et Paris n'est qu'un capharnaum puant et criant où stress et déprime vous guettent à chaque coin de rue. Bref, tout cela n'est pas très objectif. Mais on y croit et si on se prend à rêver de partager sa thébaïde avec le sympathique Nicolas, c'est parce que toute l'équipe de ce petit film formidable a su jouer de sincérité, là où Boujenah and co nous ont tartiné du foutage de gueule à 24 images/seconde. Toute la différence est là...
Très beau film : touchant, pertinent, réaliste, dépaysant... Les comédiens sont tous excellents (mention spéciale à Nicolas Cazalé et Liliane Rovère, cette dernière étant vraiment très drôle !). C'est un film qui parle tout simplement de la vie mais avec un regard intelligent et tendre. A voir sans hésitation !
A tous ceux qui trouvent l'image de la campagne trop naïve : n'est-ce pas plus condescendant et grotesque de penser que la campagne mérite plus de gravité? Des clients d'épicerie ambulante comme ceux que l'on voit existent, des retours "naïfs" au monde rural aussi. Et quand bien même cela serait une pub idéaliste de la campagne, cette dernière n'en a-t-elle pas besoin pour offrir à ses vieux de la compagnie ?