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Cartouches gauloises
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Cartouches gauloises" et de son tournage !

Un pari autobiographique

L'élaboration de Cartouches Gauloises a demandé de nombreux efforts à Mehdi Charef. Situé au printemps 1962, juste avant que l'été ne vienne célébrer l'indépendance de l'Algérie, le film raconte en effet un morceau de la propre histoire du réalisateur. Toutefois, ce dernier n'a pas souhaité s'immerger dans un récit totalement autobiographique : "Il y a beaucoup de choses qui viennent de moi, de mon expérience : ma tante, l'oncle emprisonné par les soldats français et emmené dans le camion, ma mère qui se fait frapper par le harki... Je n'ai pas voulu creuser mes propres souvenirs, je me suis contenté de ce que je me rappelais clairement, cela suffisait pour faire mon film. Pour le reste, ce sont des choses que mes parents m'ont racontées plus tard."

Une gestation longue...

Majoritairement autobiographique, Cartouches Gauloises ne s'est pas construit en un jour. Si l'envie était là, Mehdi Charef avait quelques appréhensions à retourner dans cette partie de son enfance. "Cela ne s'est pas fait tout de suite parce que je craignais les gens : Français, Harkis, Algériens... La vision que j'avais de la guerre n'était pas celle des adultes, et je le savais. Je suis d'une génération où mon père me disait qu'il fallait se taire quand on habitait dans un pays étranger, et surtout ne pas faire de politique, ni de manifestations... Je n'ai pas pu écrire pendant longtemps car j'étais inconsciemment attaché à ça. Et je ne voulais pas que, sur certaines scènes, on reproche au petit Algérien que je suis de régler ses comptes avec la France. Mais, à un moment donné, ça doit sortir : on en a marre de ce silence, marre qu'on dise que ce n'était pas une guerre, alors que c'est faux. J'avais besoin de le dire. A chaque film que je faisais, à chaque film qui me tenait à une distance confortable de Cartouches Gauloises, ce film revenait, attendait que je m'en occupe comme un enfant qui attend son père et qui veut se faire raconter son histoire, son enfance."

... et douloureuse

Afin de se plonger dans ce film, Mehdi Charef a dû se replonger dans tous les souvenirs qu'il avait tenté d'occulter. De ce long procéssus, il est parvenu à retirer une expérience aussi unique que douloureuse. "Quand j'ai commencé à écrire Cartouches Gauloises, j'ai tout retrouvé... les cicatrices, les douleurs. J'ai aussi retrouvé intact le malaise de fouiller dans ma mémoire lorsque je suis revenu à Tlemcen et Maghnia en repérage... L'angoisse quand j'ai posé mes valises à quelques dizaines de kilomètres des lieux de mon enfance. Il y a beaucoup de scènes dans le film où sur le moment, je croyais faire du cinéma et le soir, le lendemain, j'étais très mal. Parce que j'étais allé dans quelque chose que j'avais vécu très fortement, très douloureusement. Non seulement, je la revivais, mais j'étais là à le recréer, avec des acteurs et des techniciens. Et je l'avais voulu."

Des cartouches d'enfance

Mehdi Charef a choisi le titre Cartouches Gauloises en raison de souvenirs et d'effluves liés à son enfance. "Quand j'ai commencé à vendre les journaux dans les bistrots français, tous les soldats fumaient tellement ils étaient stressés. Une odeur que je ne connaissais pas, car le tabac étant trop cher, nos parents chiquaient et ne fumaient pas. Il y avait ces paquets blancs, verts, bleus, ils avaient des cartouches entières gratuites, il y en avait partout, j'aimais bien les voir... Et puis Gauloises parce que c'est l'histoire de la France, les Gaulois, comme on nous apprenait à l'école... Et les cartouches, c'est aussi les balles qu'on entendait siffler."

Un hymne à l'enfance

Si Mehdi Charef a choisi de placer son histoire sous le signe de l'enfance, c'est parce qu'il souhaitait parler de la guerre d'Algérie telle qu'il l'a vécue étant enfant. Né en 1952, avant le début de la guerre, le réalisateur en a gardé des souvenirs vivaces qu'il fallait absolument rendre à travers les yeux d'un enfant. " Ce que m'ont raconté les grands ensuite ne m'a pas plu, je leur en ai voulu, car ils parlaient de leur guerre, mais ne parlaient pas de la nôtre... On la faite quand même, moi accrochée aux jupes de ma mère, on l'a faite, on a eu les mêmes douleurs... Je n'avais jamais parlé de moi en tant qu'enfant... On a besoin de parler de soi enfant, avec ses parents, choses dont mes parents ne me parlaient jamais... J'avais l'impression que ce gamin ne méritait pas qu'on parle de lui. Je sentais qu'il était toujours vivant cet enfant, je sentais son coeur battre, il respirait juste à peine, et j'avais de plus en plus mal... L'exil aussi y a fait, je ne voulais pas partir, c'est mon père qui nous a fait venir... J'aimais bien être là bas, je m'y sentais bien, je m'y sentais fort... Le fait de venir à Nanterre m'a cassé. Et ensuite j'ai cassé l'enfant, je n'ai plus jamais voulu parler de lui, comme si c'était sa faute..."

Le sifflement d'une balle

Parmi ses nombreux souvenirs d'enfance, Mehdi Charef a profondément été marqué par le sifflement des balles :"La première fois j'avais trois ou quatre ans. Je suivais les vieux et les soldats couraient dans la montagne. Ils suivaient un berger qui était à cinquante mètres, ils lui ont tiré dessus et il est tombé dans l'herbe. C'est la première fois que j'ai entendu siffler une balle."

Nico alias José

Comme Cartouches gauloises comporte une grande part d'autobiographie, le personnage de Nico provient directement de l'enfance de Mehdi Charef "J'avais aussi un "Nico", il s'appellait José. J'allais chez lui, son père était électricien et s'occupait de toute l'électricité du village. On s'est vraiment connus la dernière année. C'est devenu intense et grave quand il a compris, en écoutant ses parents et la communauté française, que c'était inéluctable qu'il parte. Je le voyais plus, comme s'il voulait rester avec nous."

A la recherche des deux enfants

Afin d'incarner Nico et Ali, le réalisateur a procédé à de nombreux castings. En solo puis par pairs, il a rencontré 400 à 600 enfants en France et en Algérie, afin de dénicher les deux perles rares. "ll fallait qu'ils parlent arabe couramment, ce qui n'était pas toujours le cas, et qu'ils parlent français aussi... Le coup de foudre est venu à Oran. Nico, le vrai, était toujours un peu nerveux, il avait un côté agressif de celui qui voulait être le chef, et Thomas avait un peu cet air-là. Cela avait l'air d'être facile pour lui, c'est ce qui m'a décidé. Pour Ali, c'est la façon dont il est arrivé. Il avait de très longs bras, il avait lui aussi l'air très sûr de lui et envie de le faire. Parfois certains enfants n'ont pas très envie, ils sont juste poussés par leur parents ; eux avaient vraiment envie de faire ça. Je sentais une liberté dans l'expression, sans se forcer, ils étaient libres dans leurs têtes..."

Les aléas du casting

Dans Cartouches Gauloises, Nico, le meilleur ami d'Ali, a les cheveux bruns. Pourtant, José, l'ami d'enfance qui a inspiré le personnage à Mehdi Charef, avait, lui, les cheveux blonds coupés en brosse. "Quand j'ai commencé le casting, j'ai pensé que l'acteur, comme dans la vie, serait blond. Et que je lui couperai les cheveux en brosse. Et puis finalement j'ai pris un brun car, de tous les comédiens que j'ai vus, il avait une pêche incroyable... Il donnait beaucoup de légèreté au personnage, et en même temps c'était un gamin très intelligent... Du coup on oublie vite ce qu'on cherchait... "

La cabane algérienne

Dans Cartouches Gauloises, les enfants passent une grande partie de leur temps à la construction d'une cabane. Cet évènement est directement emprunté à l'enfance algérienne du réalisateur, au cours de laquelle, il a, lui aussi, construit une cabane avec ses amis français. Si sa cabane n'était pas tout à fait la même que celle du film, elle représentait à l'époque le même symbole. Mehdi Charef a d'ailleurs mis trente ans à en comprendre la signification. "C'est en écrivant la dernière version du scénario que je me suis rendu compte que cette cabane symbolisait l'Algérie. Cela m'a paru d'autant plus évident lorsque j'ai commencé les répétitions avec les enfants, Ali Hamada et Thomas Millet , surtout quand ce dernier dit à son ami : "T'es content de nous voir partir, comme ça tu auras la cabane pour toi tout seul".
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