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Trois Femmes... un homme. On pourrait croire à une histoire de sexe, de séduction ou d'adultère dans laquelle s'entremêleraient jalousie, fantasme et homosexualité, un film classique quoi! Ajoutons à cela une forte dose de dualité, de violence contenue et d'onirisme et on rempli le cahier des charges du film d'adultère. On est pourtant très loin de ce genre de film, c'était en tout cas comme cela que j'attendais Trois Femmes et j'ai été grandement surpris. Après une première partie tendance liquide - où des corps vieux et humides se prélassent au milieu de jolies aides-soignantes - filmée de mains de maitre par Altman, au point de nous donner presque l'impression de ressentir cette "liquidité", de pouvoir palper cette moiteur on entre ensuite dans une sorte de huis clos. Une véritable misère existentielle et sociale se dégage peu à peu de ces images, le monde de Shelley Duvall et Sissy Spacek alternant entre leur appartement tendance fleurs jaunes et vertes et un bar paumé au milieu du désert appelé Dodge City. C'est ici qu'apparait la femme numéro 3 : Janice Rule - enceinte de Robert Fortier, l'Homme de l'histoire, l'élément perturbateur - une artiste silencieuse qui va mobiliser l'attention de Sissy et être indirectement l'élément déclencheur de toute la folie dans laquelle va baigner cette histoire. Tantôt moite, tantôt désertique les personnages semblent évoluer dans des univers presque oniriques et Altman nous égare rapidement dans un monde ou rêve et réalité se croisent. Ces femmes sont invisibles, j'ai rarement vu la solitude filmée de cette façon, c'est absolument grandiose. Shelley Duvall est superbe et tellement fine et juste. Je me suis demandé comment Kubrick avait fait pour la rendre aussi peu attirante dans Shining. Sissy Spacek qui a le rôle de celle qui exprimera de façon "explosive" la dualité est à tomber. Janice Rule a un rôle plus effacé mais sa présence ne laisse jamais indifférent. Il faudrait 10000 caractères pour parler de ce film tant il est riche à tous les niveaux, et que dire de la fin. Tellement de choses car c'est le genre de film sur lequel on passe des soirées entières à discuter entre amis pour savoir qui a raison, quelles sont les pistes données par Altman et celles que l'on doit deviner. Un peu comme Mullholand Drive à sa sortie, vous savez. J'ai adoré comment Altman joue avec le thème de la transgression aussi bien esthétiquement que "scénaristiquement". Une scène toute simple : Sissy Spacek qui met la tête dans l'eau dans la piscine de l'institut. Si simple mais quel effet. Un film superbe, fort qui nous emmène avec lui sans qu'on y prenne garde et nous laisse avec des points d'interrogations et tellement d'admiration.
Ajoutée le 15 sept. 2012 à 19h29
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