Daucun regrette la thématique surannée des trois métrages, plus évocatrice, paraît-il, dune Amérique post-Vietnam ou post-Watergate, que des souffrances contemporaines. On est aussi en droit dappréhender Family Portraits comme une nouvelle métastase apparue dans le paysage cinématographique de lAmérique post-11 septembre, et voir dans le processus de reproduction de modèles et de valeurs préexistants (familiaux en loccurrence) mis à luvre dans les deux premiers segments du film, précisément un écho à cette propension de lAmérique à reproduire les même réflexes et tentations hégémonistes, aveugles et sourdes aux conséquences que des choix et comportements politiques similaires ont eu par le passé (beaucoup de ponts à jeter entre la guerre du Viet-nam et la guerre en Irak, entre le Watergate et lIrakGate quauraient du provoquer les mensonges avérés mais déjà acceptés, et sans conséquence immédiate, prononcés par ladministration Bush à propos des soi-disant projets belliqueux du régime de Saddam Hussein). LAmérican way of life, attaqué en premier lieu lors des événement su 11 septembre, nen est que plus menacé, fissuré, plus encore aujourdhui peut-être, puisquil sest pérennisé et renforcé depuis toutes ces années. Et le fait que la réalisation des deux premiers segments soit antérieure à 2001 ny change rien. Nous y observons métonymiquement une société américaine autocentrée, repliée sur elle-même, trop assise sur ses principes et ses valeurs à courte vue, et que guette la catastrophe. Le troisième segment, plus récent, réalisé après 2001, dans lequel Douglas Buck ne nous montre rien, à linverse des deux premier courts métrages, de lhorreur vécue, faisant démarrer son récit un an après le drame), shumanise ; où le pire acte de barbarie donne malgré tout droit au pardon de lune des victimes, à condition de faire acte de contrition et de gagner en humilité. Vux pieux de Douglas Buck, sans doute, mais qui relève la trilogie dune touche doptimism