Misoramengasuki
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4 - Très bien
Staline a vu dans "Ivan le Terrible" une critique de son pouvoir. Etrange, vu l’apologie que le film fait de l’autocratie (au nom du peuple, bien sûr), le plaidoyer qu’il propose pour l’unité de la Russie, la dénonciation des ingérences étrangères… autant de thèmes qui auraient dû plaire au bon Joseph. D’autant que le film passe allègrement sur les épisodes les plus sanguinaires du règne d’Ivan (massacre de Novgorod, etc.) et se concentre sur sa lutte contre les boyards rebelles à son autorité. La volonté de propagande est évidente : on est en pleine Seconde Guerre mondiale, et Eisenstein n’en est pas à son coup d’essai dans ce domaine. On ne retrouvera pas ici l’urgence et le lyrisme échevelé d’ "Alexandre Nevsky", mais un ton plus méditatif, une angoisse plus prégnante. Il est dommage que la partition de Prokofiev ne soit pas la plus marquante de celles qu’il a écrites pour le cinéma, mais l’art du metteur en scène n’en est pas moins confondant. Effets de perspective poussés à l’extrême, virtuosité des jeux d’ombre et de lumière, somptuosité des décors et des costumes : les images sont d’une beauté vertigineuse. Le jeu des acteurs, proche de la pantomime, s’inscrit parfaitement dans cette esthétique – et on remarquera l’importance des voix, toutes d’une puissance et d’une beauté proche de celles des chanteurs d’opéra. Bien sûr, il faut adhérer à ce cinéma aux effets très appuyés, grandiose et emphatique. Tout cela est daté, mais reste terriblement impressionnant.
Ajoutée le 22 déc. 2009 à 23h23
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