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Mjoly
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2,0
Publiée le 11 mai 2026
Difficile de croire à cette histoire, aux ficelles bien trop grosses. On a l'impression que la seule idée était de faire en sorte que le personnage principal soit victime d'une malédiction, peu en importent les raisons. Heureusement, il y a Mitchum, splendide...
Je m attendais à un Western un peu vieillot et cheap en lançant le film, ce ne fut pas du tout le cas. Réalisé par Raoul Walsh qui n était pas un novice dans le genre, c est un film aux qualités esthétiques indéniables, la photo est soignée les décors parfaitement utilisés. Le scénario oriente le film plus vers la psychologie de ses personnages sans pour autant délaisser le spectacle, l attaque finale sur la propriété recèle des plans de toute beauté . Et puis il y a Robert Mitchum et personnellement cela suffit souvent à me faire apprécier un film.
Avec La Vallée de la peur, Raoul Walsh teinte le western d’accents psychanalytiques, transformant la vengeance en névrose enfouie. Robert Mitchum incarne un héros hanté, dont le passé refoulé nourrit une tension plus intérieure que véritablement épique. Walsh installe une atmosphère sombre et atypique pour le genre, mais cette orientation psychologique reste parfois esquissée plutôt qu’approfondie. Le récit avance par fragments, comme s’il hésitait entre étude de caractère et western classique. Reste une œuvre singulière et intéressante dans sa tentative de renouvellement, mais dont l’ambition demeure partiellement aboutie.
La dernière image ? La horde (sauvage) de poursuivants quasiment sans visage dans la nuit noire (nuit américaine imprégnant le film comme le cauchemar du personnage principal)... Une séquence qui culmine avec l'encerclement la villa des mariés puis l'évasion au nez et à la barbe des silhouettes indistinctes... J'aurais pu citer parmi les moments qui m'ont impressionné la fantastique séquence d'affrontement (à distance) de Rand et de son frère, là encore fantôme au loin sur un relief escarpé.
J'avais adoré White Heat de Walsh. Et j'avoue avoir été fasciné par le caractère singulier de Pursued. Parce que voilà un western profondément atypique, sombre, cauchemardesque, hanté, qui s'enracine autour de l'idée d'une malédiction comme dans les grands films noirs. Les ingrédients sont ceux d'une tragédie grecque mêlant Oedipe, amours interdits, épisodes quasi bibliques, où le destin s'acharne sur un homme dont les souvenirs enfouis profondément cherchent à se frayer un chemin jusqu'à la surface...
Tout n'est pas parfait. Je goûte assez peu les moments où la psychanalyse vient brouiller le signal d'une belle scène d'action comme lorsqu'il se rappelle enfin dans cette ferme en ruines. Pas terrible non plus les moments comme sur un lit d'hôpital où on lui parle de ses fièvres délirantes - trop démonstratif..
Mais en revanche j'adore l'atmosphère curieuse, ces personnages hauts en symboles comme ce Callum incarnant la malédiction qui ne veut jamais cesser, glissant subrepticement l'arme fatale dans les mains d'une future victime, le frère ou le prétendant, un peu comme Louis Cypher alias Bob De Niro dans Angel Heart face à Mickey Rourke.
Autant d'éléments qui apportent une touche presque fantastique, mythologique. D'ailleurs ce destin maudit s'incarne aussi dans la fameuse pièce qui décide à pile ou face du chapitre suivant pour le héros jusqu'à ce qu'il fasse une rencontre opportune dans cette salle de jeux où la chance lui sourit enfin mais sera de courte durée... Un cataplasme, un emplâtre sur une jambe de bois.
Dernière idée extraordinaire : ce mariage qu'elle consent à faire pour le seul plaisir de l'achever... On est alors dans du Jim Thomson (j'ai pensé au final de Nuit de fureur)
Pour tout cela, Pursued est à voir ou redécouvrir.
Dotée d'une superbe photographie cette chronique atypique emprunte aux codes de la tragédie antique pour dénoncer les haines généalogiques ainsi que les silences ou mensonges familiaux qui en gangrènent tous les membres. Suivant les étapes d'un schéma narratif classique, l'histoire (construite sur une analepse quelque peu maladroite) d'un homme condamné par sa naissance (Robert Mitchum dont le regard impénétrable redouble l'incertitude de son destin) instaure une menace latente que la partition de Max Steiner renforce. S'appuyant sur un impeccable casting (impériale Judith Anderson, ardente Teresa Wright, crapuleux Dean Jagger) la réalisation souligne les questionnements des protagonistes, en lutte constante non seulement avec des obstacles extérieurs mais avec leurs tourments, leurs passions, leurs dilemmes, jusqu'à un dénouement révélant l'origine des traumas. Une belle proposition (un peu trop explicative) de western psychologique!
Un western sombre et grave (la photographie en noir et blanc accentuant l'effet) mettant en scène Robert Mitchum et Teresa Wright, tous 2 excellents, au service d'un scénario intéressant (même si relativement prévisible) et d'une narration originale, puisqu'il s'agit de flashbacks (peut être un des tous premiers westerns utilisant ce style, en tout cas bien avant "L'homme qui tua Liberty Valance"). On suit le récit de Jeb Rand depuis son plus jeune âge sans jamais s'ennuyer, Raoul Walsh mettant en avant la psychologie de ses personnages et multipliant les moments forts, que ce soit dans la relation amoureuse ou dans les différents affrontements. Relativement peu connu, "La vallée de la peur" fait cependant parti des "100 chefs-d'oeuvre du western", ce qui est largement mérité...
Dès le début la narration en flash back fait craindre le pire avec la voix off. La suite n'arrange rien : lenteur de la mise en scène, mauvais jeu des acteurs. On a même droit à Mitchum qui pousse la chansonnette...Raoul Walsh ou pas, un western très mineur et oubliable.
Un western qui se démarque de tous les classiques tournés pendant « l’âge d’or » du genre. Point de grandes chevauchées, point d’héroïsme, pas de référence à la moindre conquête. Par l’ambiance et le style, il tend vers le film noir et par l’histoire, les personnages et le poids du destin, vers la tragédie. Mais son originalité principale réside dans les liens qu’il établit avec la psychanalyse, qui fait à l’époque son apparition dans le cinéma Américain. Cette dimension est constamment présente : le personnage de Jed est marqué par un traumatisme d’enfance, qu’il faudra mettre à jour. Ses comportements sont déterminés par ses tourments et ses interrogations sur son histoire et sur sa nature. Les dangers ne proviennent pas que d’un « ennemi » extérieur, comme traditionnellement dans le genre, ils sont aussi et surtout intérieurs. La plus grande partie du film est constitué d’une narration par Jed des évènements marquants de sa vie ; mais cette narration s’adresse à Thor, sa sœur « adoptive » (encore qu’un certain flou subsiste jusqu’à imaginer un inceste), qui a vécu la plupart des dits évènements ; cette narration est alors plutôt une revisitation de son existence, un exercice cathartique. La mise en scène de Walsh est efficace et parfaitement adaptée au propos, ce qui fait de « Pursued » (« Poursuivi », le titre original) une œuvre marquante.
Dans le genre western, nous avons ici un film psychologique. Avec le personnage de Robert Mitchum qui a vécu des scènes traumatisantes dans son enfance, qui reviennent par flashs, sans qu'il comprenne d'où elles viennent. Puis cela reviendra progressivement bien sûr. Il apparaîtra que sa famille a été massacrée et qu'il a été recueilli par une autre famille lier ou massacreur. Robert Mitchum incarne ce personnage dont le parcours est sinueux, personnage principal, car ses soucis psychologiques n'en font pas un personnage très sympathique, mais le spectateur comprend qu'il a vécu quelque chose de traumatisant. Ce western psychologique est très bien écrit et rondement mené. Un élément important est la photographie du film, en noir et blanc des images où plutôt le noir domine, mais aussi le blanc, sans trop de gris. Que ce soit en extérieur de jour ou en intérieur. Et avec d'ailleurs beaucoup de scènes qui donnent l'impression de se dérouler ni de nuit ni le jour dans un entre-deux comme si nous étions dans l'esprit du personnage de Robert Mitchum en permanence entre deux navires entre son cerveau enfant et son cerveau d'adulte qui n'a pas encore compris ce qui s'est passé où il se trouve où il va aller.
On ne s'en aperçoit évidemment pas de suite mais le film monté en flash-back contient dès le début une belle erreur de narration, puisque la scène d'intro retire tout suspense à la scène de la chambre nuptiale. Le film est long à démarrer et ne s'active qu'après que Mitchum soit revenu de la guerre, Toute la fin est absurde, le retournement de veste de Teresa, l'explication psychanalytique, et le final abracadabrantesque. Le pari affirmé des auteurs de vouloir faire un western psychanalytique ne m'a pas paru réussi, reste quelques scènes mémorables comme la scène du bal et ce qui s'en suivit, une magnifique photographie, l'interprétation habité de Robert Mitchum ou la présence de Teresa Wright dont la beauté crève l'écran.
« On est habitué de voir des cow-boys se rivaliser, des bandits, des indiens et des shérifs dans des westerns, ce qui n’est pas le cas pour le film « La vallée de la peur » ... Ce fabuleux film est, pour moi un western vraiment ex-cep-ti-on-nel ! Wouah ! Vraiment original, là où s’en mêle la psychanalyse ! C’est une triste histoire d’un jeune cow-boy Jed Rand, traumatisé par les souvenirs des bottes où étaient accrochés des éperons, allant et venant sur un paquet de bois quand il était un petit garçon caché pour éviter le massacre qui a décimé sa famille ... Il est recueilli par sa mère d’adoption de deux enfants, qui est en réalité, une sœur d’un tueur. Ce traumatisme sera refoulé mais resurgit à chaque fois dans ses cauchemars ... Il se reconstruit mais il est obsédé par son passé obscure. Il voudra fouiller pour comprendre comment il en est arrivé à souffrir à cause de ses souvenirs inexplicables. L’intrigue est exaltante, passionnante ! Des secrets familiaux, des non-dits peuvent peser dans la vie de tout le monde. Ouh, le film est plein de mystères et de suspenses que j’ai parfois l’impression de vivre dans une atmosphère hitchcockienne avec des protagonistes tellement imprévisibles, là où règne la haine palpable et la vengeance ! Totalement intriguant ! Le cow-boy Jeb Rand est joué par l’acteur magistral Robert Mitchum, l’inoubliable pasteur dans « la nuit du chasseur » de Charles Laughton ! Il est époustouflant, il ne surjoue pas pour se montrer comme un héros fort ... C’est juste un simple cow-boy qui ne comprend pas pourquoi des malheurs s’acharnent contre lui ! Des personnages sont bien exploités dans le film pour comprendre chaque de leur vision. Ils nous frappent par leurs rapports qui s’affrontent ... il faut absolument voir ce film !
Le film « la vallée de la peur » est aussi une magnifique photographie en noir et blanc. J’adore voir la caméra prendre le temps de filmer sans bouger devant les personnages qui prennent le temps d’observer, de réagir et de s’exprimer ... Et, le noir et le blanc renforce la beauté du film et l’intensité des jeux d’acteur ! A absolument voir ! J’ai adoré ce film »
Je découvre ainsi Walsh avec l'un de ses films majeurs des années 40 et je dois bien reconnaître que mon avis est très partagé. J'ai, d'une part, apprécié le travail sur la lumière, le jeu maîtrisé des acteurs (Mitchum est d'une classe inégalée), quelques musiques entraînantes et quelques scènes réellement troublantes : certains passages sont parfaits, comme celui de l'enrôlement pour la guerre contre les Espagnols, où le prévôt Callum, introduit par une musique angoissante, un habile jeu de caméra et un habit noir qui assombrit l'écran incarne à la perfection le pouvoir en temps de guerre. D'autre part, cependant, je dois reconnaître que le film a plusieurs scènes superflues, une omniprésence musicale malséante (certaines scènes tout à fait ordinaires, comme une course de carriole sont secondées par des musiques épiques, presque conçues pour de grandes batailles, c'est risible), une grandiloquence hollywoodienne indécrottable, des failles scénaristiques graves, notamment dans le comportement binaire et d'une extrémité qui confine à la bêtise de Teresa Wright, dont l'attitude n'est jamais rationnellement explicable... Je suis donc partagé. C'est un western à découvrir, et c'est une belle histoire, mais son dénouement n'est pas crédible (en plus d'être ridicule) et certaines scènes ennuient plus qu'elles n'intriguent...
Un western atypique qui fait la part belle à la psychanalyse au détriment de l'action. C'est parfois presque du Hitchcock dans l'ambiance, la caméra et les secrets. Vraiment intriguant.