Braquage à l’anglaise est une tuerie, un film qui la première fois que je l’ai vu m’avais beaucoup marqué par son scénario, ses acteurs, son originalité, bref son génie.
Les acteurs justement sont parfaits. Difficile de dire mieux. Statham trouve à mon sens ce qui est jusqu’à aujourd’hui son meilleur rôle, et sa prestation est mémorable. Charismatique et humain, il compose un personnage réaliste et solidement construit, et il emporte tout sur son passage. Autour de lui gravitent des interprètes plus ou moins connus mais non moins remarquable. Pour ma part j’ai adoré la prestation de David Suchet, qui dans un contre-emploi total par rapport à Hercule Poirot se lâche complétement en méchant. Il est assez génial dans ses apparitions. Toutes l’équipe de Statham est aussi tout à fait convaincante, et honnêtement jusque dans les moindres rôles le film a réussi son casting. Lord Drysdale par exemple est superbement interprété, et pourtant il apparait quoi, trois minutes à tout cassé.
Le scénario est tiré au cordeau. Rien à redire là encore. Le film mêle avec un talent incomparable film de braquage, histoire, relations humaines, pour un résultat qui décoiffe littéralement. Si le début paraitra un peu embrouillé avec une succession de scènes pas toujours très claires, passé les dix premières minutes Braquage à l’anglaise devient enthousiasmant, et offre un scénario totalement jouissif et qui se conclue sur un final mémorable. Humour, violence, émotion, sentiments, s’entrecroisent dans un film qui est tout de même un vrai petit bijou à suivre.
La réalisation est signée d’un Donaldson en grande forme. Son métrage est superbement tourné, avec vivacité et allégresse, c’est toujours très lisible, Donaldson sait ménager le suspens, sait offrir des scènes suggestives géniales (celle avec la décapeuse) et il a clairement le sens de l’image, offrant de superbes plans par moment, qui font honneur à la reconstitution d’époque. Là aussi il faut souligner le travail d’accompli, tant sur les décors que sur la photographie, pour offrir une Angleterre des années 70 plus vrai que nature. C’est plus qu’enthousiasmant. Cerise sur le gâteau, la bande son ne manque pas d’allure non plus, avec en introduction un thème bien connu, qui pose l’affaire. En tout cas Braquage à l’anglaise est un petit chef-d’œuvre qui derrière son titre un poil léger je trouve comparativement à la qualité du métrage, mérite d’être découvert. Intelligent, magnifiquement interprété, optant pour des choix judicieux, c’est un franc plaisir qui vaut largement le visionnage. 5.