Derniers Avis : Devine qui vient dîner... - Page 4
Devine qui vient dîner...
Note moyenne
3,9
724 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
82 critiques spectateurs
5
15 critiques
4
31 critiques
3
26 critiques
2
6 critiques
1
4 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Dadou
82 abonnés
1 360 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 11 novembre 2012
Un film tolérant, parfois drôle de l’Amérique conservatrice des années 70. Si le film est une photographie de cette période de ségrégation, il reste toujours d’actualité.
Une fresque un tantinet osée sur le racisme et plus précisément la ségrégation entre les Noirs et les Blancs dans une Amérique encore conservatrice en matière de Droits civiques. Pourquoi un tantinet ? Parce que le Civil Rights Act a été établi trois ans avant la sortie du film en salles et parce que les mœurs ont bien changé surtout à San Francisco… N’oublions pas que le fameux Summer of love de 67 s’était déroulé dans cette ville quelques mois auparavant. On supposera donc également que cette fresque se base aussi sur les croyances de la bourgeoisie américaine (les parents de Joey, la fille et future épouse) et à priori sur son opposition contre une union mixte (celle de Joey et du Dr Prentice, le futur mari). La religion est également partiellement évoquée. Le casting est mémorable : Spencer Tracy (M. Drayton, le père), dont c’est le dernier film et le dernier monologue final (et quel monologue !), est le compagnon de Katharine Hepburn qui joue la mère de Joanna, Joanna –ou plutôt Joey- elle-même interprétée par la nièce d’Hepburn (Katharine Houghton). Enfin, le nœud du problème et le Docteur John Wade Prentice (Sidney Poitier, magnifique) et prétendant auprès de Joey. D’autre part, certains seconds rôles sont à noter comme Tillie (Isabel Sanford), l’employée de maison, fait preuve d’un protectionisme impressionnant envers Joey et la scène avec plan oblique où cela barde entre John et Tillie rappelle bien celui de ‘La Fureur de vivre’ dans les escaliers. De même, Monseigneur Ryan est très ouvert et se réjouit de voir M.Drayton hésitait de la sorte, il humorise même en disant qu’il sera présent au dîner pour ne rien manquer et surtout pour équilibrer la parité Blancs/Noirs ! Réactionnaires contre libéraux, le débat n’est pas aussi simple. Certes, le thème du film est plutôt osé puisuq’à l’époque encore beaucoup d’Etats du sud des Etats-Unis interdisaient l’union mixte mais aussi puisque le Ku Klux Klan sévissait toujours. Pas de manichéisme cependant, tout est en nuances et cela se voit bien sûr dans les sentiments des différents personnages… On est presque en état de crise diplomatique au vu des discussions qui se déroulent. Les deux parties divergent, les pères sont contre et les mères sont pour. Bref, rien n’est acquis et c’est en cela que le rythme est détonant. Malgré tout, l’environnement est bien restreint : tout ou presque se passe dans la résidence des Drayton à San Francisco avec en toile de fond le Golden Gate Bridge, le décor est figé (normal c’est une superposition grossière, technique appliquée même en voiture), avec un budget de 4 millions les efforts auraient pu être plus denses. En conclusion, toutes ces péripéties avec l’approbation des deux familles, la considération de l’avenir des enfants, paraissent impensables de nos jours et même plus : C’est une gigantesque mascarade théâtrale ! Un choc envers le spectateur est donc le but du film. Film qui joue donc un rôle bien plus important qu’un drame avec des touches d’humour par endroits, c’est aussi et surtout un témoignage sur le climat social des années 60 et les problèmes de mœurs qui s’y rattachent.
C'est amusant de voir cette Amérique qui se veut libérale, mais qui est en fait très conservatrice et pleine de préjugés. Les rôles sont superbement interprétés par les deux monstres sacrés, ils jouent avec une telle simplicité, une certaine nostalgie dans leurs jeux, car on sent bien que ce couple ne sera plus réunis à l'écran. Que reste t-il après la grande élocution de Spencer Tracy, un film touchant mais pas forcément pour son propos.
16 171 abonnés
13 133 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 20 mai 2012
Que faire si votre fille adorèe (la jolie Katharine Houghton dont ce fut le seul titre de gloire) dèsire èpouser un Noir ? La question ne se pose pas en 2012 mais en 1967 ce fût une autre affaire pour le couple Drayton! 2 Oscars à Hollywood (dont celui du meilleur scènario) pour ce film archi-cèlèbre de Stanley Kramer qui traite des conflits sociaux dècoulant de la diffèrence de races dans un couple qu'il soit Noir ou Blanc! Comme souvent Kramer voulait utiliser le cinèma comme moyen de communiquer un message (celui du racisme ici) à la conscience de l'humanitè! Dècèdè quelques jours après le tournage, Spencer Tracy fait une excellente prestation en père de famille ronchonneur (il faut le voir manger une glace dans un fast food) et Katharine Hepburn, plus dans la comprèhension et l'èmotion, reçoit l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprètation (rappelons qu'Anne Bancroft fut nommèe la même annèe pour "The Graduate"). Quant à Cecil Kellaway, il campe un curè de choc ne lèsinant pas sur le bourbon! Complètement dèpassè aujourd’hui, le film n'en demeure pas moins un classique avec le grand Sidney Poitier qui restera quoi que face la bonne conscience de l'Amèrique libèrale...
Si les propos tenus par les personnages de cette comédie romantique peuvent sembler surannés, le thème de la discrimination, sous quelque forme que se soit, reste un problème universel. En opposant ainsi les familles d’un couple métissé dans une Amérique en pleine lutte pour les droits civiques en était donc une approche intéressante qui allait faire de cette histoire une réflexion sociopolitique intemporelle. De plus, le casting embauché par Stanley Kramer se devait de rendre son œuvre culte. Cependant, la mise en scène mollassonne et la facilité avec laquelle est traité ce sujet délicat lui fait perdre beaucoup de son charme tant les ficelles narratives semblent énormes pour nous mener vers un happy-end fort convenu. Il s’agit toutefois d’un film à voir pour réaliser la mentalité de l’époque.
Passionnant de voir cette confrontation où en définitive l'opposition ne vient pas forcément d'où on l'attend. Sydney Poitier est excellent et le couple mythique Hepburn-Tracy n'est pas en reste. A voir ou revoir...
En fait, j'ai vu ce film surtout à cause de "It's a mad mad mad mad world" qui a été une merveilleuse découverte, qui m'a enchanté de par son ambiance décomplexée typique de son époque, ou de l'idée que je m'en fais. Et encore une fois, j'ai retrouvé ce léger sentiment de mélancolie devant Devine qui vient dîner, lui aussi manifeste des moeurs de son temps. On a de belles couleurs, de jolies vues d'extérieur, des personnages attachants, et voir Spencer Tracy, fragile, dans son dernier rôle, ça fait quand même quelque chose. Mais bon, malgré quelques scènes très sympathiques et une BO mignonne comme tout, l'ensemble n'est pas assez relevé, il manque clairement de l'humour pour que le film soit plus vif, plus jovial, et moins académique. Car entre les 15 premières minutes et les dix dernières, ça tourne souvent autour du pot. Ça se suit sans grand déplaisir, mais voilà, on ne tient pas là non plus le divertissement du siècle, quand bien même il est relativement touchant et frais. Mention bien, pas plus hélas, car je m'attendais à mieux.
Bon, c'est vrai que ces trois étoiles peuvent paraître bien indulgentes tant le discours et le ton de ce « Devine qui vient dîner » paraîssent aujourd'hui vieillots et caricaturaux, et il m'a fallu d'ailleurs un bon petit moment pour m'y habituer. Cela dit, et même s'il vous sera bien difficile de ne pas sourire à plusieurs reprises devant des propos que même Claude Guéant et Brice Hortefeux n'oseraient pas tenir (quoique, sait-on jamais), il faut reconnaître un certain charme à cette oeuvre certes complètement dépassée, mais où l'on appréciera un casting quatre étoiles (bien que Spencer Tracy ne fasse ici pas franchement dans la dentelle, mais bon, quand c'est fait avec talent) et une sincérité manifeste, certaines vérités, bien qu'éculées, n'étant jamais mauvaises à attendre... Bref, du cinoche assez pantouflard, plutôt dispensable, mais pas déplaisant pour autant, surtout si l'on fait l'effort de replacer le film dans son contexte. Honnête.
"Devine qui vient dîner" est un des rares films dont on peut se dire avec satisfaction qu'il a beaucoup vieilli. En 1967, il était encore inconvenant pour des parents blancs de voir leur progéniture épouser un(e) Noir(e) ; et vice-versa. Le film est donc une photographie intéressante d'une époque révolue où les parents avaient leur mot à dire sur les mariages de leurs enfants, et où on avait également tendance à se marier un peu rapidement. Evidemment, il y a un côté un peu artificiel dans ce film, surtout dans son dénouement ; il serait également intéressant de se demander ce qu'il se serait passé si le personnage joué par Poitier n'était pas un médecin célèbre et réputé, mais un homme lambda, donc forcément moins "fréquentable". Le film n'est pas parfait, même s'il était important qu'il soit fait. Et on peut évidemment sourire lorsque le couple interracial s'imagine voir leurs enfants devenir président de la République ; en 1961, quelques années avant le tournage, est né en effet un certain Barack Obama, d'une mère blanche et d'un père noir. "Devine qui vient dîner" est également le dernier film de Spencer Tracy, qui joue une nouvelle fois le "père de la mariée", au côté de son amour Katharine Hepburn, oscarisée d'ailleurs un peu trop rapidement...
Comédie dramatique autour des préjugés raciaux. Le film montre que même dans le milieu des gentils libéraux progressistes de San Francisco, le mariage mixte n’était pas une chose acquise en 1967. 40 ans plus tard, Obama était élu président. On mesure l’immensité du chemin parcouru aujourd’hui.
Un bon film qui a apporté beaucoup de choses à la société lors de sa sortie. Les lois qui interdisaient les mariages interraciaux ont été abolies, Sydney Poitier a été le premier acteur a avoir été récompensé d'un oscar. Les scènes sont très fortes en émotion, les dialogues sont bien écrits. le propos est fort. Critiquer le racisme a l'époque était inconcevable. Le message délivré est pertinent. Ce film n'a pas beaucoup vieilli en lui même.
Aujourd'hui le film semble ambigu et moins au goût du jour, mais il faut reconnaître qu'à son époque, il fallait le faire et l'a été de manière plus que correcte.
Un film qui était audacieux pour l'époque mais qui conserve une certaine actualité dans certains propos et dont certaines questions qu'il pose n'ont toujours pas trouvé de réponses à l'heure actuelle. Pas vraiment une comédie, plus un film qui radioscopie la société, aussi bien US des années 60 que la notre, à travers la destinée d'un couple mixte et surtout les problèmes que cela posent dans leur entourage. Le beau rôle est pour S. Tracy dont le monologue final n'épargne personne et qui prône la tolérance. Bien joué, bien filmé, ce film s'apparente presqu'à une pièce de théâtre et multiplie les rebondissements afin de réunir un maximum d'avis dans un même endroit. S. Tracy est magistral, tout comme K. Hepburn, S. Poitier est un peu lisse et neutre sauf dans une scène magnifique et si je m'attendais plus à une comédie, ce film reste plaisant, engagé et à voir absolument. D'autres critiques sur
L'énorme succès de Devine qui vient dîner s'explique très facilement, comme toutes les productions de Stanley Kramer qui vont dans un sens humaniste et voulant détruire les préjugés racistes de la société américaine. Même s'il s'était tenu à ce genre de propos, il aurait difficilement atteint la fadeur, car c'est toujours intéressant de voir comment réagissent d'honnêtes citoyens, ayant toujours prêché la tolérance et le respect, quand ils apprennent que leur propre fille épouse un noir ! Et avec de tels acteurs, Kramer n'a de boulot que pour les dompter : Spencer Tracy et Katharine Hepburn, secondés par l'excellent Sidney Poitier. Mais non, le film va au-delà, et il s'agit d'une complète remise en question de la personnalité des protagonistes. Il est d'ailleurs intéressant de constater que l'histoire avance et les décisions sont prises uniquement à deux. Seul, on hésite, et à partir de trois, il n'y a plus de véritable discussion, mais des propos insignifiants, faux ou hors de propos. Toutefois, le nœud gordien est tranché trop facilement, à force de bons sentiments et de beaux discours.