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Tedo, un enfant d'une dizaine d'années, géorgien réfugié à Tbilissi depuis que la guerre a ravagé son Abkhazie natale, tente de retrouver son père resté au pays et qu'il n'a quasiment pas connu. L'occasion pour lui de traverser des régions passablement dévastées, où le crime, la corruption et la haine entre communautés gangrènent tout. Le gamin est affecté de strabisme, et son regard est justement le fil conducteur du film de George Ovashvili. Regard parfois étonné, souvent effrayé ou durci par la nécessité de faire front dans l'adversité. Parfois même, rien d'autre à faire que de fermer les yeux face à la violence de certaines situations, comme ce viol commis par deux lascars sur une jeune fille ramassée en stop, ou cette exécution sommaire à un check point tenu par des Casques bleus russes. Quelques jolies séquences, comme cette soirée dans une famille abkhaze qui a perdu son fils dans la guerre: accueil glacial au début, puis amorce d'une fraternité qui transcende les clivages ethniques. Une fin bien trouvée aussi, avec cette danse de Tedo au milieu des chasseurs - symbole d'un passage à l'âge adulte qui vient vite dans un environnement aussi impitoyable. Reconnaissons néanmoins que le langage cinématographique du réalisateur est assez basique, et qu'il s'agit essentiellement de nous faire visiter une contrée peu connue à travers un parcours initiatique assez balisé, qui permettra au jeune héros de retrouver peu à peu, non pas son père, mais ses racines et son identité. Difficile de juger les acteurs: à première vue, leur style semble très déclamatoire, mais peut-être est-ce normal en Géorgie... Quoiqu'il en soit, l'intérêt principal de "L'autre rive" est bien documentaire: plongée très proprement réalisée dans un univers qui, s'il ne donne pas forcément envie d'aller passer ses vacances en Géorgie, impressionne par son côté viscéral et brut de décoffrage. A découvrir.
Ajoutée le 25 févr. 2012 à 02h20 Signaler un abus
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