keating
24 abonnés |
Lire ses 414 critiques
|
3.5 - Bien
La forêt de Mogari aborde des thèmes éternels comme la nature et la mort, en leur donnant une authenticité japonaise et en proposant une expérience visuelle et sensorielle pleine de délicatesse. Namoi Kawase situe son récit avec deux personnages dans une maison de retraite, apparemment opposé (vieux-jeune, démence-innocence,...) mais lié par un drame commun : le deuil. Les premières minutes sont alors très lourdes, introduisant les clichés et la difficulté de communication entre les deux héros à coup de gros sabots. on se doute bien de ce qui va se passer : la nature va remplacer la civilisation et va les unir. Gros problème de stéréotypes, donc. Et pourtant ... et pourtant il suffit que Kawase filme une scène en pleine nature pour qu'on se laisse prendre au jeux. Une partie de cache-cache dans les jardins, qui inaugure la quête des personnages vers la pureté et le dépassement du deuil. Et petit à petit l'émotion monte. La cinéaste crée l'émotion avec puissance, en allant chercher l'animisme japonais, en donnant vie à chaque particule vivante de la forêt, qui va peu à peu être en communion avec l'homme. On pense alors, avec moins de virtuosité il est vrai, aux oeuvres d'un Terence Malick ou du Kurosawa de "Dersou Oulaza". L'émotion est en tout cas authentique. Il faut applaudir pour cela les deux acteurs, surtout le premier rôle masculin, un acteur non professionnel (!!) qui joue en donnant tout son coeur. "La forêt de mogari" est parfois prévisible ou démonstratif, mais possède des moments de pur bonheur cinématographique. Une cinéaste à suivre, assurément.
Ajoutée le 12 mai à 16h34
Signaler un abus