pierregrenet
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5 - Chef d'oeuvre
Un des meilleurs films de l'année. Tout surprend, la durée limitée à 65 minutes dans un rythme parfait, le climat général créé par le suivi pas à pas du personnage, quinqua ou sexagénaire, peu importe. Quelle incroyable cécité des critiques professionnels qui commentent les effets de caméra et ne saisissent pas le dévoilement final qui exprime mieux que beaucoup d'autres la crise et le désarroi d'un pays voué à l'ultra libéralisme et qui a détruit tous les services publics. La brèche de la grande crise a été colmatée par le soja transgénique, mais les structures du pays ont été brisées. Des luttes se sont développées dans les usines autogérées, dans le combat des peuples autochtones, mais la population classe moyenne est sous le choc, les sans terre, les sans logement, les chômeurs sont dans la misère. Ce film poignant qui se démarque des films militants est du niveau de l'Etranger ou de la Nausée. Comment des systèmes à la dérive peuvent priver de leur existence les êtres. Dans son errance, l'homme rencontre une fille qui ne supporte pas son boulot de serveuse pour faire ses études. Elle est choquée et pas que l'homme la regarde, c'est une rencontre en plein désarroi et ils se ratent. En pleine tension, le dénouement du film est limpide pour ceux qui veulent bien ouvrir leurs yeux sur le Public et le Privé. Espérons que les cinéphiles amateurs de cinéma exotique et de l'avant garde argentine n'en restent pas aux plans séquences, à la caméra à l'épaule et soient capables de comprendre le sens du film. Difficile d'écrire sur ce film sans évoquer la scène finale, mais il ne faut pas priver du processus les futurs spectateurs que j'espère nombreux.
Ajoutée le 13 oct. à 11h30
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