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La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy, là au moins c'est facile de faire le résumé. Moi qui suis du genre à ne pas aimer les bluettes, les mélanges en tout genre, le communautarisme, il faut bien que je me rende à l'évidence, j'aime la culture Yiddish. Même si hélas je ne la connais pas, n'ayant fréquenté que des Sépharades à Paris. Elle est basée sur la mixité sociale à force d'émotion artistique qui peut aller chez les riches comme finir sur le trottoir, la mixité raciale puisque le nomadisme oblige forcément à voyager sans revendiquer sa culture en position de force, et sur la mixité sexuelle, sans diktat puisque l'on reste ouvert au monde dans toute sa diversité. Mais l'essentiel n'est pas là, le film est longuet, parfois facile ou râté, notamment dans son budget. Le montage ou la caméra sont tout sauf originaux, sauf le plan du miroir de l'ascenseur absolument superbe. Mais, si on est suffisamment métropolitain pour ne pas juger les mœurs et les revendications de toutes ces minorités, on s'y laisse totalement aller. On est bercé par une humanité idéale, faite de liberté et de je m'en foutisme léger, d'adulescence talentueuse, bien loin des petitesses de rond de cuir de la France bien pensante au cerveau étriqué par trop de TF1. Pas la peine de préciser que si vous n'aimez pas les juifs, les arabes, les pédés ou pire les travestis, passez votre chemin, vous ne rirez pas comme dans la cage aux folles. Ici, rien de vulgaire, rien de déplacé, tout est délicat, lent et flottant, voire aérien. Il y a notamment un très beau travail de script, où toutes les scènes semblent trouver leur dose de hasard réaliste. Mais inutile de nous voiler la face, si le film est basé sur Antoine de Caunes, royal en artiste immature et gentiment déprimé à la Klezmer, la révélation princière est le magnifique et extraordinaire Mehdi Dehbi. Il crève l'écran en travesti exigeant, et on espère que, pour une fois, le cinéma français saura trouver une place à l'arabe de service pour autre chose que le braqueur ou l'oiseau de nuit du Marais. Ne le laissons pas repartir en Belgique. Un tout petit film, mais un grand bol d'oxygène qui donne de l'énergie pour la semaine. Superbe. PS : je n'ai pas vu « L'homme est une femme comme les autres », mais ce film est parfaitement indépendant.
Ajoutée le 13 déc. à 01h27 Signaler un abus
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