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Les courts métrages de Pelechian sont moins poétiques qu'hilarants, véritables parodies de documentaires soviétiques, parodies feutrées, mais acides à souhait, dans cette manière de mêler des images de gloire et de désastre, et de les accompagner de musiques absolument inappropriées et grandiloquentes (ainsi cette scène de descente des meules de foin du sommet d'une colline sur fond des quatre saisons de vivaldi). Ces films révèlent une donnée fondamentale du cinéma : le montage est affaire d'intelligence, de langage, et si tout le monde est capable de voir et comprendre un plan, cela ne signifie pas que ces mêmes personnes comprennent le lien entre deux plans, et l'émotion que cela crée, où l'idée que cela insuffle. Parfois, Pelechian se fait lyrique (la scène des pleurs après les retrouvailles dans 'Nous'), et le lyrisme est pour lui affaire de frénésie, de tourbillon, de trop plein, de détails (la caméra passe sur les mains, les visages, très vite, elle tourne, elle répète la même scène deux, trois, dix fois, jusqu'à overdose, jusqu'à la libérer de son sens immédiat, afin de lui donner sa téciture la plus juste, sa vérité la plus poignante). Il faut aller voir les films de Pelechian. Peut-être devrons-nous attendre cinquante ans avant qu'un distributeur ne se charge de les reprogrammer.
Ajoutée le 01 août 2007 à 01h02 Signaler un abus
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