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Le dernier film d’Emmanuel Finkiel est très beau. J'ai quitté la salle avec le sentiment que j'aurais pu suivre ses personnages encore quelques heures. Parce que je m'identifiais à tous et à aucun. Parce qu'à chaque séquence je me demandais ce qu'ils voyaient... Tous semblent chercher du regard un autre monde que celui appréhendé par leurs yeux... Ce film ne traite absolument pas du même sujet que « Welcome » (auquel on l’a souvent comparé). Finkiel s’intéresse d’abord aux hommes, à leurs visages. Nulle part… est un film sur les regards. Ici ils sont dissimulés derrière une frange, gênés par une grille, la buée ou la brume, déformés par des lunettes. Et nous, spectateurs, ne voyons jamais avec leurs yeux. qu'est-ce qu'ils voient? Qu'est-ce qu'ils cherchent? Et moi, qu'est-ce que je vois? Qu'est-ce qu'on me montre? Pendant une heure et demie, ce film m'a rappelé cette phrase de Godard "Une image n'est pas forte parce qu'elle est brutale, mais parce que l'association des idées est lointaine". Alors est-ce que ce serait ça, la "terre promise": une image mentale?
Ajoutée le 09 oct. à 15h53 Signaler un abus
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