Foxy Brown est un film de blaxploitation pas mal, même si clairement ce n’est pas le meilleur, ni sur la forme, ni sur le fond. Pour ma part il mérite sans doute d’être vu une fois, mais n’a rien d’un film culte.
Je commence par l’interprétation. Celle-ci est évidemment emmenée par Pam Grier. Elle joue très juste, visiblement elle est dans son élément. Elle impose une présence charismatique et son personnage sans difficulté. En outre, sexy en diable, c’est elle qui donne vraiment le ton du film, et lui confère un réel intérêt. Pour les autres interprètes en revanche, c’est trop faible de manière générale. Le souci c’est qu’il y a un gouffre entre Grier et ses comparses, du coup ca peut choquer réellement. Du coté des méchants par exemple, et en particulier du leader, il y a un gros manque de charisme, de puissance, il manque un acteur béton. Quelques seconds rôles surnagent, comme les deux gros bras qui agressent Grier ou le vieux pervers bien drôle, mais c’est trop juste pour marquer.
Le scénario est assez bon. Certes l’histoire de vengeance c’est du vu et revu, mais la manière dont elle est conduite marque une originalité bienvenue. Assez calme en matière d’action, assez sobre en matière d’humour, Foxy Brown se concentre beaucoup sur son personnage principal, sur la manière dont elle échafaude ses plans, et se termine sur un moment assez anthologique. Ce n’est en sommes pas un gros film bourrin, ni un film parodique, et le scénario est loin d’être idiot, même si tout n’est pas parfait. Rythmé, je souligne aussi le fait qu’il accroche bien.
Sur la forme, c’est moyen. Hill n’avait évidemment pas un gros budget, et le travail qu’il livre s’en ressent. Sa mise en scène est efficace. C’est sans imagination, mais carré et typé comme tout bons polar urbains des années 70. Il arrive plus d’une fois à sauver la mise lors de scènes d’action qui aujourd’hui ont clairement vieilli (il s’en sort bien par exemple avec la scène de l’avion, sur la fin). La photographie elle est datée. Les couleurs manquent de contrastes, il y a peu de recherches esthétiques, ce qui est assez dommageable au film. En effet le générique, coloré, rythmé, très seventies annonçait un film haut en couleur, et finalement, si les costumes, la musique sont réussis de ce point de vue, la photographie et les décors ne sont pas au point. Les décors en effet manquent cruellement de charme, de recherche, c’est très simpliste. Pour revenir sur la musique celle-ci est géniale en revanche.
Pour conclure, Foxy Brown n’est pas le meilleur film de blaxploitation, mais s’avère un très honnête divertissement. Pas transcendant, ni sur le fond ni sur la forme, il a néanmoins de réels atouts, à commencer par une Pam Grier qui appuyait encore un peu plus ici son statut d’actrice culte. Doté d’un petit budget, Foxy Brown s’en sort pas si mal, et joue un plein la carte sexy et musclée qui aurait pu fonctionner encore mieux si le film avait offert un antagoniste à la hauteur. En tout cas pour les amateurs du genre, pour les fans de Pam Grier, et globalement pour ceux qui aiment les polars urbains à l’ancienne, Foxy Brown mérite le détour.