Flav43
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4 - Très bien
Les moyens les plus mineures, ceux rejetés par le centre, sont bien souvent les plus appropriés pour témoigner d’une situation puisqu’ils ne sont dépendants d’aucune institution officielle. Rabah Ameur-Zaïmeche, un des cinéastes français les plus prometteurs, offre avec «Dernier maquis» (France, 2008) l’image d’une petite entreprise où certains employés s’insurgent contre l’autorité patronale à la suite de leur renvoie. Loin d’être une fresque ou de se positionner en exemple, le film fait d’une entreprise musulmane de réparation de palettes une figure banale et en même temps chargée de la symbolique communiste (grâce à la critique de la hiérarchie professionnelle et au rouge dans lequel baigne le film). En traitant de la place de la religion dans le milieu du travail et du travail dans la religion, Ameur-Zaïmeche s’attèle à une des pierres angulaires de la société occidental, celle qui articule le domaine intime de l’individu (la religion) et le domaine public (le travail). Par des moyens modestes, exempts de toute volonté de spectacle ou de nécessité de grandiose, le cinéaste aborde une des singularités de la société française faite par ceux qui l’ont rejointe à la décolonisation, les originaires du Maghreb. Originellement catholique, le cinéma hexagonal trouve, grâce à des cinéastes comme Ameur-Zaïmeche ou Kechiche, les porte-paroles d’une communauté-pilier de la France contemporaine. La façon labile dont les protagonistes sont à la fois de singuliers protagonistes et représentants d’une idée joint le commun à l’idéal. Ameur-Zaïmeche défend par le truchement de sa pratique du cinéma et des plans qu’il crée une idée pragmatique du communisme, un but précis vers lequel tendre. Fondamentalement ancré dans les conditions sociales, «Dernier maquis» bâtit un lieu de refuge où la communauté musulmane peut s’épanouir. L’intelligence d’Ameur-Zaïmeche réside alors dans la critique de cette nécessité de la communauté musulmane pour pérenniser sa culture à se cloîtrer.
Ajoutée le 30 déc. à 17h51
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