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Chez Chronicart, on voit en «Mother» une « rupture dans la continuité » plus qu'une « parenthèse mineure » dans l'oeuvre du talentueux Bong Joon-Ho. Pour ma part je penche davantage vers la deuxième assertion : j'ai eu la désagréable impression de sentir les limites du cinéma du coréen en visionnant son dernier long métrage (le temps et son prochain film me donneront tort je l'espère). Par bien des aspects il m'a semblé en deçà de son inoubliable «Memories Of Murder» (la comparaison est inévitable tant ils sont proches). Il est vrai que son scénario regorge de rebondissements en tous genres : incroyable comme Bong Joon-Ho maîtrise son récit, on a l'impression (souvent confirmée) que tout peut arriver, que notre perception des personnages (et du film) peut changer du tout au tout l'espace d'un instant. Surtout que la virtuosité de la mise en scène prolonge ce sentiment d'omnipotence du réalisateur! Malheureusement si pris un à un les éléments du scénario surprennent, fascinent même, dans son ensemble l'histoire reste relativement attendue : quand on a goûté à «Memories Of Murder» difficile de se satisfaire de certains raccourcis... Surtout que Bong Joon-Ho centre son film sur la mère et son fils, les personnages secondaires étant assez peu développés, fait d'autant plus dommageable que les deux protagonistes principaux manquent parfois de subtilité dans leur écriture (et leur interprétation!). Malgré une inventivité quasi-constante, on sent quelque peu le style de Bong Joon-Ho s'épuiser : quand «Memories Of Murder» avançait avec évidence et limpidité, «Mother» se perd peu à peu dans des justifications un peu vaines et s'éteint avec un goût d'inachevé. Bong Joon-Ho a perdu la liberté absolue de son cinéma : désormais relative, elle laisse entrevoir les figures imposées de «Mother», son carcan, là où «Memories Of Murder» faisait fi de toute convenance et marquait peut-être plus par son insolence folle que par son habile scénario. Ici ce dernier semble être le principal argument du film, au bénéfice duquel Bong Joon-Ho paraît avoir abandonné ce qui faisait le charme de son art... Certes son talent reste indéniable, dommage seulement qu'il ait mis de l'eau dans son vin... [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 20 mai 2012 à 12h22 Signaler un abus
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