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Chez Fellini, les escrocs sont des clowns. Mais des clowns tristes, des minables condamnés à une vie insignifiante et une fin aussi glorieuse. Après le succès mondial de La Strada, Fellini réalise une œuvre plus mineure, mais non moins dramatique, Il Bidone. C'est l'histoire pitoyable de ces voleurs ratés qui vont de coup en coup sans jamais pouvoir décoller. Ils se déguisent comme les gens du cirque, et l'on retrouve avec leur recherche de mise en scène dans leurs méfaits la passion de Fellini pour le spectacle. Mais le rire côtoie les larmes, et ce n'est que pour nous enfoncer dans le pathétique que Fellini nous fait cheminer dans la bassesse et la misère de ses personnages : ils dérobent les plus indigents et les plus démunis, sans honte ni vergogne. L'un d'eux est marié, et il finit par éprouver des remords pour sa dignité perdue, de même que le plus âgé d'entre eux, lassé par une vie de rapines et de lâchetés. Federico Fellini est désabusé devant tous ces individus solitaires parce qu'isolés, de même qu'il sera enthousiaste face aux foules et aux familles unies.
Ajoutée le 12 mai 2012 à 19h25 Signaler un abus
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