La Star
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Shawn777

807 abonnés 3 938 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 juin 2025
Ce film, réalisé par Stuart Heisler et sorti en 1952, tombe à point nommé pour Bette Davis puisqu'elle sort de sa consécration de "Eve" mais approche le tunnel de la cinquantaine et dans une industrie où les stars vieillissantes sont très vite remplacées par de plus jeunes, il y a de quoi s'inquiéter pour l'avenir de sa carrière. C'est donc dans ce contexte (Bette Davis avait laissé entendre que le personnage était un portrait à peine voilé de Joan Crawford, sûrement un pic de plus) que nous suivons Margaret Elliot une star déchue et ruinée, prête à tout pour reprendre sa carrière en main. Sorti deux ans après "Boulevard du Crépuscule", les similitudes sont bien là mais malheureusement avec beaucoup moins de panache. J'ai en effet trouvé la première partie du film assez molle, on suit les déboires de la star sans grand intérêt puis les scènes avec son ancien amant ne sont pas bien passionnantes non plus. C'est lorsqu'elle décroche une audition pour la sœur d'un rôle qu'elle convoitait depuis des années (finalement prit par une star plus jeune) que le film se réveille enfin. On voit en effet ici toutes les ficèles de l'industrie, alors en plus gentillet certes, mais c'est tout de même assez parlant. Et puis c'est aussi à ce moment-là que la psychologie du personnage évolue. Voulant absolument interpréter le rôle qu'elle convoitait, elle délivre une prestation sensuelle qui la ridiculise complètement. Et c'est vraiment à partir de ce moment-là que l'on se prend d'affection pour le personnage, qu'on la prend enfin en pitié puisqu'elle était, jusque-là, assez agaçante car imbue d'elle même mais surtout de son image. Le personnage a également un autre point très intéressant, celui de son rapport à la célébrité et sa manière d'appréhender le monde une fois sortie de cette zone de confort complètement en dehors des réalités. Ainsi, pour survivre psychologiquement, elle vit différentes périodes difficiles de sa vie comme un rôle qu'elle interpréterait à l'écran, ce qui lui permet de faire face à l'adversité de manière détournée, en portant littéralement un masque. Le rapport avec la fille est également très intéressant mais malheureusement très expédié en milieu de film. Quant à Bette Davis, inutile de dire qu'elle excelle dans ce personnage, comme à son habitude. "La Star" est donc un film en demi-teinte, au sujet très intéressant mais qui possède beaucoup trop de longueurs.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 avril 2020
Un mélo honorable bien qu'ayant quelque peu vieilli, pouvant toutefois compter sur la présence de la toujours remarquable Bette Davis.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 mars 2009
Bette Davis, monstre sacré du cinéma américain s’il en est, explore dans «The Star» (USA, 1952) de Stuart Heisler les mouvements sentimentaux de la vie d’une célébrité. Ancienne lauréate d’un Oscar, Margaret Elliot (B.Davis) traverse une crise existentielle au terme de sa quarantaine. Cette «traversée du désert», comme en connaissent tant de personnalités du spectacle, lui permet de s’ouvrir les yeux à la réalité sociale telle qu’elle est. Au contact d’un homme banal (interprété par l’exceptionnel Sterling Hayden), l’actrice fait l’apprentissage des aléas fluctuants de la vie. Derrière cette initiation à la réalité, le méconnu Stuart Heisler développe, dans le rapport entre Davis et Hayden, une véritable poétique des relations humaines. «The Star» est peut-être loin de grandes œuvres philanthropes comme celles de Renoir, Kurosawa, Antonioni, Mizoguchi ou Hawks mais, à la mesure d’une production indépendante de Bert E. Friedlob Productions, réussit à tisser un fil singulier des accointances humaines. Bette Davis, dans un rôle curieusement biographique, fait encore et toujours l’exemple d’un jeu nourri par la pure passion, semblablement exempte de toute considération de bien paraître. La présence de la jeune Natalie Wood à ses côtés fait côtoyer, au cours de quelques scènes, deux grandes actrices du cinéma américain. Film américain sur le système hollywoodien, «The Star» ne risque-t-il pas de se cloisonner dans son seul milieu ? Comme le disent les adeptes béotiens de la formule rapide, non moins stupide, «The Star» ne risque-t-il pas de se «regarder le nombril» ? La rencontre que le film propose entre une célébrité déchue d’Hollywood avec un quidam, tout cela scellé sous une forme efficace, est travaillée mais peu singulière. Stuart Heisler tente la jonction entre deux régimes de réalité, celui du spectaculaire Hollywood et celui du modeste monde, tout en préférant, sur un mode mineur, l’esthétique discret des studios.
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