Très bonne histoire. Ce que je trouve dommage par contre c'est que le scénario manque d'éléments. On a l'impression par moment qu'il manque des scènes et que le sujet est vite bâclé.
Triste réalité de la vie de nos quartiers, des jeunes qui pour s'affirmer ne savent utiliser que la violence. On pourrait croire à une histoire vraie! C'est sombre et bien réalisé.
Elbé expose le renferment social au regard de deux frère. L’un flic convaincu par l’emploi du bâton, l’autre, médecin flegmatique adepte du dialogue. Dualité qui concerne tout un chacun et qui nous tiraille en permanence. La symbolique du rapprochement turc et arménien est exemplaire, un pas vers la tolérance et l’amitié. Les intentions sont vraiment bonnes et à priori un potentiel énorme. Mais quel gâchis ! J’ai rarement vu des dialogues aussi mauvais, aussi plats, j’en étais choqué. Les acteurs ne sont pas aux meilleures de leur forme, des rôles sans consistance à part pour Ronit Elkabetz qui parvient à donner du caractère à son rôle très peu crédible. L’histoire au quartier n’est pas crédible du tout, on y croit pas une seconde, c’est mal joué, ça sonne faux, j’avais hâte que ça se termine mais parfois des bribes d’éclat nous retiennes et nous repousse vers la fin où le destin des personnages se croise. Elbé en fait trop. N’est pas Inarritu qui veut.
Pour un 1er film, Tête de Turc est plutôt une réussite. On est bien immergé dans ce quartier difficile, Pascal Elbé ne prend aucun parti. Reste que le film manque de rythme et que peut être le fait de savoir qui sauve le médecin dès le début gâche l'ensemble.
Ce film traite parfaitement et avec réalisme, entre-autre, de la violence dans les banlieues, de l'amour maternel, et d'être à la fois le coupable et le héros.
Film sobre , recoupant plusieurs histoires en une seule , ce "tete de turc" réussit à ne pas tomber dans le mélodrame classique et évite tous les pièges des clichés de la banlieue . Accompagnée de bons acteurs , l'intrigue du film est plaisante , sans pour autant accrochée . Le film aborde des thèmes multiples ( banlieue , famille etc..) , sans pour autant les travailler réellement . La trop grande sobriété du film le dessert et le film manque cruellement d'énergie et de rebondissements .
Si les trois "frères" au cinéma sont égaux à eux-mêmes dans leur interprétation, il n'en va pas de même pour la majorité des autres acteurs. L'ambiance est plutôt téléfilm ce qui discrédite le propos. Beaucoup de allocommentaires ici parlent de clichés. Difficile très probablement de s'en départir surtout sur de tels sujets tant débattus souvent à tort et à travers. L'important est peut-être de savoir les sortir de leur carcan et ici, les auteurs n'ont peut-être pas bien réussi à les en extraire . Le film aurait mérité certainement de s'étirer plus sur la longueur afin que ces sujets soient plus profondément traités, plutôt que survoler, mieux éclairer. Certaines situations sont également bien trop "gentillettes". Quant aux fins (selon les protagonistes) autant que prévisibles elles sont bien trop effleurées. Pas assez de profondeur, pas assez de réalisme, pas assez d’interprétations à la hauteur, pas assez de souffle empêchent, me semble, cette production d’atteindre son potentiel de bonne oeuvre.
La banlieue, l'immigration, l'opposition et l'impossible dialogue entre les forces de l'ordre et la jeunesse, la famille, le racisme, la bêtise, la violence, la loi du silence, la drogue, l'éducation, Pascal Elbé passe en revue les malaises de notre société en se nourrissant de tout ce que l'on connait bien. Grâce à un scénario original qui ne cesse de gagner en force à mesure que l'on avance dans le récit, Elbé arrive habilement à noyer ce côté rabâché dans la dualité perpétuelle de son personnage principal. Ce jeune qui se veut à la fois bourreau et sauveur est au centre de ce film aux personnages soignés, profonds et justement interprétés. Que ce soit Roschdy Zem, Samir Makhlouf qui donne vie à ce jeune Borat, le trop peu présent Simon Abkarian, où n'importe quel second rôle, tout semble soigné et, sans dresser de jugement, Elbé insiste sur le fait que nous n'évoluons pas dans un monde manichéen. Il fait ainsi perpétuellement jouer la notion de causes à effets évitant la victimisation et la généralisation. Seuls bémols, le veuf trop peu exploité qui ne semble être qu'un prétexte et une fin malhabile et expédiée qui nous laisse un peu perplexe malgré sa cohérence. Dommage car le film ne dure pourtant qu'une heure vingt. Avec un peu de recul, un film fort, juste et adroit au niveau du scénario qui mérite qu'on s'y attarde.
J'avais espéré un film différent, ou, du moins, traité intelligemment, sans trop d'aspect "chronique sociale". En vain. C'est bel et bien un film français :-(