Le Cri
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Note moyenne :   3,6 pour 55 notes dont 11 critiques  | 
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nekourouh

30 abonnés | Lire ses 689 critiques |

   3 - Pas mal

Film brillant malgré quelques faiblesses. Une chose est certaine : Antonioni parvient à emporter son spectateur, le film ne provoque aucun ennui. La mise en scène est assez classique. Une sorte de néorréalisme un peu plus Antonionien mais légèrement. Celui ci montre à travers ce film les aspects de son grand talent, mais ne décolle jamais réellement dans un point de vue plus artistique. En effet, il faut tout de même relativiser, lorsque l'on a en tête L'Avventura qu'il réalisa avant, Le cri apparait tout de même bien moins intéressant. Cependant, le public cinéphile saura voir sans difficultés de nombreuses richesses dans cette oeuvre. Richesse déjà dans l'interprétation, les acteurs sont bons et bien dirigés. Une belle richesse dans la gestion du mouvement avec un découpage de qualité. Richesse dans la musique et dans son utilisation. Richesse esthétique dans un bon nombre de plans. Et une richesse emotionnelle considérable mais un peu noyée dans le reste. Le scénario est intéressant. Notamment pour la réflexion qu'il entame sur le couple et l'amour à travers toutes ces relations de l'auteur avec ces femmes. Belle réflexion également sur l'enfance et la vieillesse. Le final par contre est très moyen : sans subtilités, sans poésie... La chute de l'enfant dans Allemagne année zéro de Rossellini était bien plus belle et bien plus justifiée. Etant donnée la forme du Cri, la fin me semble être la faiblesse de l'oeuvre. A voir !

Alexcherbourg

1 abonné | Lire ses 73 critiques |

   4.5 - Excellent

Sec, austère, absurde, porté par une photographie sublime, le Cri dissèque la détresse sentimentale, l'incommunicabilité dans le couple. Le film est un road-movie autant qu'un voyage intérieur, orné de lignes de fuite qui ne convergent jamais (Pô rectiligne, rangées d'arbres, routes...) comme les solitudes des êtres, malgré les rencontres de passage, les amours imaginaires, et à cause aussi de la réalité matérielle.


il_Ricordo

79 abonnés | Lire ses 407 critiques |

   4 - Très bien

Le Cri est le dernier film de la première période de l'œuvre de Michelangelo Antonioni, avant de connaître une renommée internationale grâce à L'Avventura. Dans ses premiers films, Antonioni s'intéresse au mode de vie de simples gens, leurs relations et surtout ce qu'il partage le mieux, leur désarroi dû à une vie désorientée et sans but. Depuis que sa maîtresse Irma (Alida Valli) lui a manifesté sa ferme intention de le quitter quand elle apprit la mort de son mari en Australie, Aldo, un pauvre ouvrier italien, se sent perdu à jamais. Il décide de quitter son village pour aller trouver du travail, avec sa petite fille Rosina qui lui est très attachée. Tous les personnages féminins qu'il croise paraissent avoir une vie insignifiante et envient celle de quelqu'un qui voyage. Mais lui, partout où il va, ne trouve que l'ennui et la monotonie. Ainsi, ce ne sont pas les brèves aventures qu'il connaîtra en route qui vont lui redonner le goût de vivre, et après plusieurs amours réciproquement déçues, Aldo retourne dans son village en pleine crise d'expropriation. En retrouvant la raffinerie où il travaillait auparavant, Aldo monte dans une tourelle, entend Irma qui l'a reconnu et le hèle. Spoiler : Pris de vertige ou désemparé, il tombe et meurt sur le coup, comme Silvana Mangano huit ans plus tôt dans Riz amer. La mise en scène d'Antonioni ne permet pas de savoir exactement s'il s'agit d'un suicide ou d'un accident.Le film porte son nom à cause du hurlement de terreur poussé par Alida Valli devant la chute instantanée de son amant. Le Cri, un film profondément sombre, annonce les grands films qui vont suivre, de L'Avventura au Désert rouge, où l'incommunicabilité des êtres les enferme et les repousse malgré eux.

stebbins

216 abonnés | Lire ses 1783 critiques |

   3.5 - Bien

Dans Il Grido la mise en scène de Michelangelo Antonioni se caractérise par un rythme lent, une utilisation pléthorique du panoramique et par une vision de la violence particulièrement dénudée. D'une belle limpidité dans son récit et sa lumière ce film méconnu - qui figure parmi les premiers d'Antonioni - témoigne d'une unité captivante annonçant les futurs chefs d'oeuvre du réalisateur. Mineur dans une filmographie plus que prestigieuse mais essentiel pour qui souhaite découvrir un peu plus le cinéma d'Antonioni Il Grido marque par sa modernité mobile, sa crudité psychologique et sa maîtrise technique. Le récit, à la fois simple dans ce qu'il raconte et complexe dans sa structure, fait corps intégral avec la mise en scène du cinéaste en montrant des personnages torturés incapables de ( bien ) choisir. Aucunement démonstratif Il Grido séduit par sa simplicité et ses images sciemment élaborées. On aurait juste aimé un peu plus d'ampleur générale, Antonioni ne parvenant jamais à dépasser son sujet. Un beau et bon film, ni plus ni moins.

Sergio-Leone

94 abonnés | Lire ses 1078 critiques |

   4 - Très bien

Déjà l'œil de l'esthète et le souci du millimètre pour cadrer des images fabuleuses, Antonioni impose son style dans un passage du néoréalisme italien au style propre au maître italien. Un personnage central qui ne subit pas une trame scénarisée ou ce qui gravite autour de lui, mais qui semble créer lui-même l'histoire, errer dans un environnement au gré de ses envies, émotions dans une structure narrative totalement novatrice et qui fera le génie d'Antonioni. Le personnage d'Aldo ressemble aux héros Antonionien, paumés et déboussolés errant sans but (ou avec un prétexte comme dans l'aventura) dans une quête quasi existentielle. Les codes sont donnés dans ce bijou pas encore parfait mais qui donnera suite à une filmographie légendaire.

bidulle3

45 abonnés | Lire ses 335 critiques |

   5 - Chef d'oeuvre

dans petit village a ferrare, situé au nord de l'italie, aldo (steve cochran) vie une histoire d'amour avec irma (alida valli) depuis sept anné, mais du jour ou elle lui apprend la mort de son mari, elle lui annonce aussi leur separation. pour aldo c'est comme si le monde s'abbatai sur lui, et accompagné de sa fille, il va partir et tombé petit a petit dans un enfer a ne pu pouvoir en sortir ... michelangelo antonioni, natif de ferrare, met en scene le cri dans une region cher a son coeur, les paysage y son filmé avec grande attention, malgres le noir et blanc, on s'imagine avec poesie et legereté la couleur doré du blé face au soleil, a la couleur terre des champs labouré, mais le cri c'est aussi la vie d'un homme qui tombe dans l'oublie n'ayant pu assez de sa fille pour avoir l'envie ... c'estl'histoire d'un homme qui se laisse allé sans regardé ailleur, revivant avec le fantome de son passé, de son amour pour une femme qu'il n'oubliera jamais. le tout est emmené avec une musique magnifiquement composé par giovanni fusco qui apporte douceur et tendresse a un film a la fois doux et cruel

chrischambers86

665 abonnés | Lire ses 9039 critiques |

   5 - Chef d'oeuvre

Premier vèritable succès critique de Michelangelo Antonioni, "il grido" est un grand classique du nèorèalisme italien que l'on pourrait qualifier de tardif, puisqu'il reflète les problèmes psychologiques de l'après-guerre! "il grido" offre à Antonioni sa première occasion de diriger des acteurs hollywoodiens, même si ce ne sont pas à proprement parler des stars: Steve Cohran dans le rôle d'Aldo, le personnage principal, et Betsy Blair dans celui d'une ancienne petite amie! La distribution est ègalement relevèe par la prèsence de la remarquable actrice italienne Alida Valli dans le rôle d'Irma! Le personnage principal nous entraîne en compagnie de sa fille dans ses pèrigrinations magnifiques à travers la plaine du Pô! Avec "il grido", Antonioni atteint un tournant dans sa carrière! il a acquis suffisamment d'assurance pour laisser au spectateur le soin de dèduire les motivations des personnages à partir d'èlèments purement visuels! L'errance dèsespèrèe d'Aldo est une descente aux enfers, dècrite avec un talent rarement ègalè! Des procèdès comme les silences lourds de sens et l'indiffèrence dèsolation du dècor de plaine hivernale constitueront dorènavant sa griffe, et les films suivants se caractèriseront par un grand dèpouillement! Un chef d'oeuvre d'èmotion constante où l'on suit pas à pas Steve Cochran dans des paysages de brume sublimes où son errance parait se fondre...

Anaxagore

61 abonnés | Lire ses 214 critiques |

   4 - Très bien

«Le cri» (1957) d'Antonioni est un film-charnière dans l'itinéraire artistique du réalisateur. Situé à la fin de sa période néoréaliste et avant une période de silence de trois ans qui débouchera sur la révélation, en 1960, du chef-d'oeuvre constitué par «L'Avventura», il participe encore du naturalisme social propre au néoréalisme italien, mais lorgne déjà en direction de l'esthétique typique de la trilogie du début des années 60. Ainsi, le décor de l'histoire contée est-il celui de la plaine du Pô, non loin de Ferrare; et il dépeint avec précision la misère qui y règne. Mais l'attention ne porte en définitive pas tant sur la problématique sociale que sur la psychologie des personnages, en sorte que le réalisateur traite paradoxalement ses décors à la fois de manière naturaliste et de manière antinaturaliste! Le paysage est à la fois le portrait d'une situation sociale difficile, mais aussi le reflet de la psychologie dépressive d'Aldo, le personnage principal. Avec son directeur de la photographie, Gianni Di Venanzo, Antonioni a systématiquement évité les blancs et les noirs, trop contrastés, pour dessiner ses images dans un dégradé de toutes les nuances du gris, tandis qu'il a plongé l'histoire, traitée à la manière d'un faux road-movie, tout entière dans les épais brouillards de l'hiver, alors qu'elle est pourtant censée durer à peu près une année! Tout cela à bonne fin de suggérer l'enfermement d'Aldo dans un état d'âme morbide. Il faut donc voir «Le cri», d'abord pour ce qu'il est en lui-même, mais ensuite aussi pour mesurer, à l'aune de sa narration bien linéaire, toute la nouveauté de «L'Avventura», le suicide d'Aldo, au terme de l'histoire, signant définitivement la mort d'une conception du cinéma qui, aux yeux du réalisateur, avait assez vécue!

Vareche

17 abonnés | Lire ses 216 critiques |

   4 - Très bien

Le cri rappele la condition du cinéma antoninonien à son désavantage comme à l'accoutumée et à son avantage vers ce qui apparaît comme virtuosité technique et émotive, à savoir la maîtrise absolu des codes et des motifs du cinéma néo réaliste. Perdu dans le brouillard (métaphore efficace) un homme et sa fille, passe de femmes seules en femmes seules, pour oublier l'amour premier, un amour qui élève jusqu'à la Mort. On pense à Ossessione, une promenade sur des terres lugubres et arides et un drame sur la dépossession. Car dans cette ppériode la plus riche du cinéaste, les drames individuels ont une resonnance collective concrète, le dénuement absolu du héro et la progressions dans la dépression et celle de la classe ouvrière entière. Il y a surout avec le cri une rupture inédite avec le réalisme psychologique du néo réalisme, et son esthétique compatissante. Le Cri n'est pas un tire larme, mais un film totalement flou, qui dérive et ne recarde jamais les limites de son propos. Ainsi on ne connaitra rien des femmes, et de leur relation passée avec le héros, on ne connaitra rien des motivations du héros ni même de sa femme, c'est le début du filmez entre les choses, de l'incommunicabilité qui est encore ici, oeuvre et manifeste social.

asketoner

56 abonnés | Lire ses 279 critiques |

   5 - Chef d'oeuvre

Le cri est un film très pur, très triste, une sorte de bloc de tristesse, un caillou fataliste. On suit l'itinéraire d'un homme, chassé par son épouse, sur la route, le long du Po, conduisant sa fille, de petits boulots en petits boulots, de femme en femme, et toujours cette impossible consolation, cet apaisement qui ne vient jamais. Il a la rigueur des films muets, cette pureté, cet éclat - on pense à une sorte de Charlot massif, viril, mais tout aussi brisé, dévasté. Dans des paysages propices à la lamentation, des arbres alignés, coupés, des chemins boueux, des cabanes, des plaines brumeuses et désolées. Jusqu'à la crue. Quand le Po déborde, le coeur aussi. Il faut revenir, rebrousser chemin - c'est trop, l'homme en a trop vu, trop bavé. Le cri est un film panthéiste - le paysage est d'abord mental, d'abord le reflet d'une psyché. Tous les personnages sont beaux - toutes les femmes (quatre portraits consécutifs) existent vraiment. Toutes révèlent une vie, une façon d'être au monde et d'aimer. La première, libre, combattant pour sa liberté, au point d'être dure. La seconde, celle qu'il aurait pu épouser, romantique, amoureuse, souffrante, mais refusant de trop souffrir - une travailleuse, qui épanche sa douleur dans l'action et la répétition. La troisième, la pompiste, virile, sévère, passionnée, qui va jusqu'à exclure son père de la maison, puis la fille de son amant - la seule trace qu'il lui reste de cet amour passé, auquel il avait cru, et qui l'a tant déçu. La dernière, décomplexée, frivole, d'une très grande beauté, matérialiste, assez joviale, qui danse, qui vole, qui se prostitue, mais toujours pour manger. Cette misère, Antonioni décide de la faire se soulever. Le bourg se révolte contre la confiscation des terres des paysans par l'état. Des policiers forment une ligne sur la route, empêchant la foule de passer. La foule les contourne, s'écarte simplement du chemin, et court vers les terres confisquées. L'intime est plus laborieux que le politique.

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