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The Assassin
note moyenne
2,9
1021 notes dont 145 critiques
12% (18 critiques)
14% (21 critiques)
22% (32 critiques)
28% (40 critiques)
17% (24 critiques)
7% (10 critiques)
Votre avis sur The Assassin ?

145 critiques spectateurs

dagrey1

Suivre son activité 52 abonnés Lire ses 589 critiques

3,0Pas mal
Publiée le 09/03/2016

Prix de la mise en scène 2015 à Cannes,"The assassin" est un étrange film. Réalisé par Hou Hsia Hsien, le film décrit le retour de Yinninang après plusieurs années d'exil et son éducation aux arts martiaux par une nonne. Elle est de retour pour éliminer un tyran qui n'est autre que Tian Jian, gouverneur de la province de Weibo. Or celui-ci est son ancien fiancé. "The assassin" a les défauts de ses qualités. Des acteurs et actrices de qualité (notamment Shu Qui dans le rôle de Yinniang), une réalisation soignée, une photographie originale et une bande originale de toute beauté signée Lim Giong. Pour autant, l'image en 4/3, la "staticité" du film, le coté contemplatif du propos ainsi que l'aspect un peu "sybillin" de l'intrigue (certaines subtilités m'ont personnellement échappé) sont des caractéristiques du film (due à son "auteurisation") qui ne feront pas l'unanimité. L'ennui pourra s'emparer de certains spectateurs, 4 spectateurs ont d'ailleurs quitté la salle avant la fin lors de la séance à laquelle j'ai assistée. Par conséquent, allez voir "the assassin" en toute connaissance de cause, c'est un film intéressant mais très différent de "Hero" de Zang Yimou ou "tigre et dragon" de Ang Lee. note 6/10

trineor

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 10/03/2016

Bon. Il faut que je reste calme, et que je m'astreigne à ne pas brailler comme un âne la brochette de dithyrambes qui me défilent dans la tête : déjà parce que ce serait inévitablement grotesque, puis parce que ça ne rendrait pas justice à un ouvrage fait presque entièrement de parcimonie et de silence. À propos de parcimonie et de silence, d'ailleurs, je dois dire – et ce sera la seule digression que je me permettrai hors du film à proprement parler – que je comprends assez mal le choix consistant à vendre l’objet pour ce qu’il n’est pas : à savoir un pur wuxia où les assassinats et le combat tiendraient la part belle, alors que les scènes d’épée mises en avant ne représentent qu’une fraction négligeable du film et que, pour l’essentiel, Hou Hsiao-Hsien s’applique précisément à contredire l’intérêt porté à l’épée (il va à plusieurs reprises jusqu’à laisser le combat hors champ !) parce qu'il lui préfère la dimension élémentairement poétique et méditative attachée à la figure du chevalier errant. Et là, il faudra qu'on m'explique : quel intérêt, même commercial, à orchestrer un malentendu entre l’œuvre et son public, et à amener dans les salles des spectateurs qui, n’étant pas avertis de la nature de ce qu’ils s’apprêtent à voir, abîmeront la réputation du film en criant au navet soporifique ? Autant avertir, donc : c’est d’une lenteur sublime, mais c'est d'une lenteur radicale. Et refuser la lenteur, ce serait refuser le langage du film, donc lui rester extérieur et ne rien comprendre au geste cinématographique accompli. La lenteur cependant n’est pas l’essence du geste ici, seulement un moyen privilégié d’en appuyer l’expression. Et ce qui frappe plus fondamentalement que la lenteur, à ce qu'il me semble, c’est la recherche, dans le geste, de l’économie – celle-là dont Herbert Spencer faisait la condition générale de l'élégance et plus particulièrement celle de la grâce dans les arts : économie du mouvement, économie de la parole, de la musique, du pathos. Rien de superflu. La permanence devient, par effet de contraste, un piédestal pour les plus infimes fluctuations : la presque absence de la musique laisse tendre l’oreille au babil mêlé des oiseaux, des insectes et du vent ; les silences parfois interminables qui traversent les dialogues augmentent d’autant la signifiance soudaine des mots ; l’impassibilité des voix et des visages en rehausse l’émotion à chaque rare inflexion ; l’immobilité enfin, l’immobilité surtout, cisèle et magnifie le mouvement de façon éblouissante. Les prises par ailleurs sont longues, les cadres jouent sur des valeurs de plans amples, ce qui logiquement augmente encore le sentiment de voir le mouvement prendre vie de façon plus autonome et plus authentique, puisqu’il s’inscrit dans une durée propre et s’épargne presque complètement les petites tricheries de montage. Mais décrire, en l'occurrence, n'a sans doute pas grand chose à apporter : il faut regarder et, plus que regarder, il faut voir, sous la surface, le jeu des forces invisibles. Que je prenne un exemple, parmi d’autres qui vaudraient tout autant. L’héroïne vient de rejoindre sa terre natale, lestée d'un lourd secret ; elle se tient dos aux femmes de chambre qui l’ont tout juste vêtue pour qu’elle puisse se présenter à sa famille ; elle regarde hors de la chambre, vers ce que l’on devine être un jardin ; puis plus rien ne bouge, que le vent qui s’engouffre doucement dans la pièce et vient faire trembler les rideaux et les soieries derrière elle. Et ce plan, si minimal qu’il soit, exprime avec tant de pureté le trouble du personnage dont l'âme tremble comme tremble la pièce, que l’on voudrait pour ne pas rompre l’impression avant de s’en être assez imprégné, que la prise dure encore – et là, miracle ! le réalisateur sait, et laisse durer encore, au-delà du raisonnable, jusqu’au sublime. Alors l’on retrouve, je crois, la fonction propre et seconde de la lenteur, qui n’est pas de produire l’effet mais de le laisser vivre. La même lenteur appliquée à une image pauvre eût été intolérable, parce qu’elle n’aurait qu’accentué jusqu’à la gêne son insignifiance et sa vacuité ; appliquée à une image pleine, habitée, elle en laisse au contraire s’épanouir la puissance interne et la vie. La beauté du film, donc, me semble tenir foncièrement dans son dépouillement, dans la capacité quasi miraculeuse du réalisateur à tirer de l’économie et de l'élégance du geste un dévoilement de l’invisible. Or, solliciter de la sorte l’immobilité pour faire saillir plus pur le mouvement, le silence pour faire saillir plus pure la parole, le calme pour faire saillir plus pur le sentiment, bref – pour le dire en régressant au concept – solliciter la négativité du néant pour faire saillir plus pure la puissance affirmative de l’être, ce me semble très nettement apparenter l’approche esthétique de Hsiao-Hsien à celle de l’estampe chinoise classique : celle qui le plus souvent supprime ou réduit le décor à son expression minimale ; celle capable de peindre le mouvement de l’eau sans avoir à peindre l'eau, en ne représentant que l’effet du courant sur le corps des poissons ou sur celui des écrevisses. Ôter la matière aux yeux, en somme, pour donner la chose à voir à l’esprit. Or de ce point de vue, il ne va pas du tout de soi a priori que la démarche artistique de l’estampe puisse se prêter au support cinématographique – ne serait-ce que du fait que le cinéma photographie son image là où l’estampe l’abstrait : impossible dès lors d’anéantir pour épurer à la façon dont le peintre anéantit ce qu’il décide simplement de ne pas représenter ; l’image photographiée est donnée d’emblée pleine, et pour retourner à l’épure il faut anéantir autrement. À l’occasion l’on peut bien jouer d’un contre-jour pour transformer une scène en théâtre d’ombres, comme le fait le panneau-titre sur le lac au crépuscule avec les canards et l’oiseau perché qui, de tous les plans du film, compte indéniablement parmi les plus saisissants. Mais le reste du temps, il faut comme le peintre pour faire surgir l’être du milieu du non-être vierge de la feuille s’en remet au noir l’encre, s’en remettre à ce qu’a toujours été l’encre du cinéaste : le mouvement. Et du jaillissement du mouvement dans l’image immobile – de celui des personnages jusqu'aux jeux du vent, des reflets, de la brume, des encens – découper au plus dépouillé l’état d’âme propre à la scène et la vie secrète qui s’y raconte. Aussi, mérite d’être soulignée en passant la patience insondable dont témoigne un peu partout l’orfèvrerie de la réalisation : qu’il s’agisse de tourner en plan-séquence sur une crête de montagne où le vent fait remonter une brume inattendue, ou de capturer miraculeusement l’envol d’un oiseau solitaire après celui d’une nuée dans le prolongement d’un balayage déjà entamé sur la surface d’un lac au matin… il y aurait de quoi s’y méprendre et se demander quelquefois si le ballet de la nature ne s’est pas mis à obéir aux intentions de mise en scène plus que le metteur en scène n’a su guetter la nature et se plier à elle. J'avais promis de rester calme. Est-ce que je suis resté calme ? À peu près, quoi ! Mais c'est que je dois mentionner l'écriture pour clore, qu'avec je vais devoir mentionner l'histoire de l'oiseau bleu... et que du coup, je vais perdre mon calme. Enfin, passons. L'écriture, donc : pour l’essentiel, j'en aurais quasiment été à me dire que les sentiments pouvaient se satisfaire d’être racontés par l’image, tant celle-ci les raconte à merveille. Mais l’écriture, pour ne rien gâcher, est elle-même presque aussi pure que l’est tout le reste, si bien qu'une fois abstraite de ses développements politiques somme toute inessentiels et peut-être trop envahissants en milieu de récit, l'histoire se réduit à une trame d'une désarmante simplicité : Yinniang, exilée de sa famille et remise aux soins d’une nonne en réalité maîtresse d’armes au sein d’un ordre secret d’assassins politiques, est jugée trop compatissante par celle-ci qui, afin de l’endurcir, exige d’elle qu’elle retourne à sa province natale pour en assassiner le gouverneur, qui se trouve être son cousin et l’homme qu’elle a aimé. Histoire universelle s’il en est, d’écartèlement entre le devoir et l’amour, mais qui jamais ne tournera aux effusions – Hou Hsiao-Hsien préférant encore ici taire pour mieux dire, ou recourir une fois au poème pour figurer la tristesse lorsque la nonne, abandonnant Yinniang à sa mission, lui raconte l’histoire de l’oiseau bleu : « Le roi de Kaboul avait un oiseau bleu, qui n’avait plus chanté depuis trois ans. Un jour la reine lui fit remarquer : "Les oiseaux ne chantent qu’en compagnie des leurs. Mettez donc l’oiseau devant un miroir !" Le roi suivit son conseil. L’oiseau bleu vit son reflet, et chanta sa tristesse, et dansa, jusqu’à mourir. » Après l’avoir plusieurs fois relue et méditée, je peine encore à distinguer d’où vient dans cette histoire si brève le sentiment vif qui me frappe le cœur. Bien sûr, l’on peut entrapercevoir le sens de l’histoire, deviner que la nonne suggère à sa disciple de ne pas se laisser mettre en cage par l’amour d’un homme alors que Yinniang, elle, entend dans la tristesse prisonnière et esseulée de l’oiseau celle où la plonge cette mission dont elle ne veut pas. Mais cela n’est que la surface, encore. La simple image de cet oiseau qui chante et danse jusqu’à se tuer : ça, c’est d’une poésie brute, profonde, irréductible… et d’une poésie qu’il était magistral de semer ainsi en début de film, car sans qu’il soit besoin d’un seul pleur, chaque fois que paraîtra Yinniang après cela, reparaîtra avec elle la figure de l’oiseau bleu en train de se tuer. Remplir le silence d’une telle mélancolie ; oser la langueur jusqu’à l’hypnose et filmer longuement, de nuit, des intérieurs éclairés à la bougie à travers des rideaux flottants où l’œil cherche les silhouettes comme si elles étaient des fantômes ; saisir les personnages depuis un jardin, un sentier de forêt, une cascade… et chaque fois tout capturer : l’épaisseur de la nuit, la pâleur du matin, la coloration du jour, le froid ; atteindre conjointement à une telle pureté de ce que est montré et de ce qui est raconté ; immerger l’attention entière dans le murmure et la quasi totale immobilité, parce que ce qui apparaît à l'écran est hanté, parce qu’il y a des puissances invisibles qui s’agitent partout sous le calme plat de l’extériorité visible… et se permettre au détour d’un tel chef-d’œuvre, juste comme ça, avec une telle aisance, de contredire les codes d’un genre institué comme personne ne se l’était permis au moins depuis Wong Kar-Wai et ses Cendres du temps. Voilà, quoi : c’est grand.

Maitre Kurosawa

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 21/03/2016

Hormis le fait que "The Assassin" n'est pas un véritable film de sabre, comme certains auraient pu le croire et se retrouvent du même coup déçus, pourquoi le dernier long-métrage de Hou Hsiao-Hsien divise et déroute ? Le film ne pose en tout cas pas de problème par sa structure linéaire et par la simplicité de son enjeu principal, qui est le meurtre (ou pas) de Tian Ji'an par sa cousine Nie Yin-niang, une mission que lui a confiée la nonne Jia Xin. Construit comme un tableau, pas seulement sur le plan des cadrages mais dans son déroulement général, dans le sens où cette intrigue meurtrière se dessine au premier plan et qu'apparaissent progressivement à l'arrière-plan des sous-intrigues (l'une politique, l'autre familiale) - globalement compréhensibles en faisant un effort - qui influeront fortement la décision finale de la "dame en noir", le film raconte une histoire mais en n’exploitant aucun des codes narratifs traditionnels et fait moins saisir les motivations et les sentiments des personnages par des dialogues que par des gestes et des regards, qui disent l'angoisse du gouverneur de Weibo (Chang Chen) et la mélancolie de Nie Yin-niang (Shu Qi divine). Il faut être attentif à ce langage corporel pour se laisser porter par le film, envoûtant et fascinant, qui magnifie les corps en les inscrivant dans des paysages magistraux, souvent embrumés et inquiétants, et les compresse dans des décors intérieurs qui font régner la tension par la ruse et la magie noire, où "la dame en noir" ne fait que se cacher (dans un angle du plafond; derrière des rideaux) et apparaître sans jamais tuer. Pourtant, elle en a souvent l'occasion, dans tous les combats qu'elle exerce, que ce soit dans une forêt de bouleaux face à une combattante masquée ou sur un toit face à l'homme qu'elle aime, mais son bras toujours la retient : "Ta technique est irréprochable, mais ton âme reste prisonnière de tes sentiments », lui dira la nonne. Si cette explication semble juste, le film révèle aussi un effacement progressif d’un destin individuel au profit de l’intérêt général, qui tend vers le maintien de la paix dans un monde où la guerre est proche d’éclater. Le propos général est absolument passionnant et nous incite à revoir le film dans la foulée, d’abord pour mieux saisir les quelques détails qui échappent (précision autour de certains personnages, explication des symboles) et pour être happé par une lenteur sublime, celle qui fait la force des plus grands films de Kurosawa, brisée par des scènes de combats qui décomposent une esthétique du geste, hypnotique grâce à une caméra toujours en mouvement, qui prend le temps de filmer les regards, les corps, la Nature et les englobe tour à tour dans un calme apaisant et une douleur foudroyante. « The Assassin » est un film précieux qui nous met dans un état constant d’émerveillement, une expérience sensorielle unique à la beauté renversante et à coup sûr un des plus grands gestes de mise en scène de ces dernières années. Un film puissant, hanté, qui nous poursuivra longtemps.

gimliamideselfes

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 28/10/2015

C'est assez triste de voir ce qui sera sans doute le meilleur film de 2016 en 2015, que l'année cinématographique s'achève limite avant qu'elle ne commence. The Assassin était le film que j'attendais le plus depuis que j'ai appris son existence, du Wu Xia Pian, par le réalisateur de Millenium Mambo, forcément ça ne pouvait que m'intriguer, le prix de la mise en scène à Cannes n'a fait que rendre l'attente encore plus insupportable... Et le film est à la hauteur de mes attentes, non pas parce qu'il est ce que j'attendais, je n'avais vu aucune image du film, mais parce qu'il arrive magnifiquement bien à me donner ce que je n'attendais pas forcément d'un film du genre. On est dans un film à la force tranquille, où les mouvements de caméra, le nombre de plans sont réduits au minimum et pourtant une tension émane des images, on sent une puissance rare... On pourrait parler d'invisible. Sans doute car ces personnages parfois stoïques qui parlent peu habitent réellement le cadre... cadre magnifiquement bien composé; avec des couleurs juste sublimes. Faut bien comprendre qu'en terme de photographie on est face à quelque chose d'inégalé et peut-être d'inégalable, je n'aime pas donner cet argument, car ça n'en est pas vraiment un, car on pourrait croire à tort que c'est poseur, mais chaque image qui compose le film peut être prise à part pour en faire un tableau... toujours avec une grande sobriété. Le film n'en fait jamais trop. La caméra qui passe derrière des rideaux, le brouillard qui vient envahir tout l'arrière plan dans un plan séquence, les combats, tout est réellement sublime... Il y a des moments où tu as envie que Hou Hsiao-Hsien ralentisse encore le rythme pour que tu puisses t'immerger dans ces images.... et il le fait. L'histoire (pour ce que j'ai capté, encore une fois avec les films asiatique j'ai un mal fou à savoir qui est qui) est également d'une grande simplicité, détournant les codes du genre pour en faire autre chose. Pour en faire quelque chose de juste beau et pur. J'aime la façon avec laquelle les combats se déroulent, dans le silence de la nuit, sans musique, juste les grillons qui chantent... et le fracas des épées.... Mais le truc le plus sublime c'est la fin, je me souviens avoir pensé, ça pourrait finir là, ça serait parfait et deux plans plus tard, générique... Comme ça, l'air de rien... Peut-être le plan le plus insolent du film, un plan qui se pose là et pourtant d'un grand calme, d'une grande beauté, mais qui calme directement toute tentative, tout espoir de revoir un jour un film de cette trempe.... "voilà, j'ai fini mon chef d'oeuvre, démerdez-vous". Une claque tout le long... Je pense que j'irai le revoir en salles....

jeumeuleubeu

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0,5Nul
Publiée le 12/03/2016

Enfin un film impossible à spoiler... il ne s'y passe rien. Le classer dans la catégorie "Action" est une aberration. Il faudrait inventer pour lui une catégorie "diaporama" puisqu'il n'est qu'une succession de clichés (dans tous les sens du terme), certes bien léchés mais, quitte à assister à un documentaire sur la Chine du IXe siècle, autant profiter d'une projection de "Connaissance du monde" où, au moins, il y a une voix off pour donner des explications. The Assassin, c'est le piège typique pour l'intello qui va pouvoir s'épancher sur le côté poétique de la chose, beauté intérieure des sentiments, silences évocateurs et scènes symboliques (je serais d'ailleurs curieux à ce sujet qu'on m'explique la longue séquence sur des chèvres en train de mastiquer). En visionnant une cinquantaine de fois le film, on doit pouvoir très certainement arriver à faire la différence entre un visage impassible exprimant la colère et un autre visage impassible exprimant la jalousie. Peut-être ce très léger haussement de sourcil que j'ai eu du mal à distinguer entre deux bâillements... Pour ne pas regretter le prix de mon ticket d'entrée, disons que c'est un "beau film". Mais la beauté ne se suffit jamais à elle-même.

Christoblog

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1,0Très mauvais
Publiée le 13/03/2016

Evidemment, aller voir un film de Hou Hsiao-Hsien un vendredi soir à 21 heures, après une semaine crevante, ce n'était pas une très bonne idée. Donc j'ai dormi. Mais pas tout le temps. Au début, j'ai essayé de comprendre ce que je voyais, mais mon pauvre cerveau épuisé a vite abandonné. Pas facile d'établir des relations narratives logiques entre ces différents princes, gouverneurs, chevaliers, et autres dignitaires, dont les émotions et les volontés m'ont semblé indéchiffrables. En réalité, le fait de comprendre quelque chose importe probablement peu, les adeptes du maître de la lenteur taïwanais diront peut-être qu'il s'agit de se laisser porter par l'atmosphère envoûtante des tableaux proposés. Pour ma part, j'ai été peu sensible aux qualités esthétiques du film, pourtant louées unanimement comme exceptionnelles. Certes, certains plans sont plutôt réussis et poétiques, mais pas plus que dans beaucoup de films. Ses qualités plastiques ne suffisent en tout cas pas à compenser l'ennui profond que génère la vision de The assassin : dialogues clairsemés, longues plages de silence et d'immobilité (certainement signifiant à un degré qui m'est inconnu), mouvements des personnages au ralenti, etc. Le début du film fut pour moi un calvaire : impatiences dans les jambes, envie d'assassiner mon voisin de devant et d'énucléer à la petite cuillère celui de derrière qui mangeait des bonbons, tentation d'hurler et de vociférer en me tapant la tête contre les murs. La seconde partie fut plus supportable : je n'ai plus vu du film que des tranches de trente secondes toutes les trois minutes.

Blog Be French

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2,0Pas terrible
Publiée le 17/06/2015

Connu pour son fameux Millenium Mambo, Hou Hsia-Hsien était de retour à Cannes pour un film au sujet surprenant mais qui semblait réserver de bonnes surprises. À travers un montage ciselé, le réalisateur taïwanais prouve tout son talent grâce à une mise en scène propre et un cadre soigné. Le photo est réellement belle, d'une pureté irréprochable et avec un rendu esthétique vraiment correct. Voilà, Hou Hsia-Hsien n'a donc sans doute pas volé son Prix de la Mise en scène, on peut en convenir… Mais quelle lenteur ! Comment résister à la somnolence face à tant d'ennui et si peu de dynamisme ? Le film n'est en fait qu'une suite de scènes chorégraphiées où gesticulent des pseudos-assassins, et où les combats se répètent indéfiniment avec la même mise en scène théâtrale. Comme la jeune tueuse n'arrive pas à se décider à tuer ses adversaires, le modèle reste toujours le même : les combattants se jaugent, tournoient pendant quelques minutes avec quelques techniques d'arts martiaux, et finissent par arrêter le combat en se séparant comme si rien ne s'était passé au préalable ! Entre danse contemporaine et film de kung-fu, on dirait que Hou Hsiao-Hsien n'a pas su choisir… L'histoire n'est pas assez développée, ça parle assez peu et lorsque que certains dialogues finissent par arriver, c'est essentiellement du blabla inutile. Il faut certainement être très attentif pour saisir toutes les subtilités du scénario, mais il est aussi bien difficile de lutter contre le sommeil… Le spectateur assiste à 1h40 de longueurs pour finalement se rendre compte de ce qui est déjà dévoilé au début du film : Nie Yin-niang n'arrivera pas à accomplir sa mission. Avouez qu'il y a de quoi vous abattre ! Si Hou Hsiao-Hsien maîtrise l'art de la mise en scène, la chose est tout autre pour sa maîtrise du temps… The Assassin s'avère être d'un ennui mortel, avec un scénario simple et des combats catastrophiques. C'est donc somnolant et les yeux rouges que vous ressortirez de la salle, mais pas sans avoir perçu un certain intérêt, ou du moins un potentiel… Retrouvez cette critique et bien d'autres sur Be French !

Loïck G.

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1,0Très mauvais
Publiée le 10/03/2016

Je n’ai jamais vraiment adhéré à cette histoire de conte moyenâgeux dans une riche famille chinoise qui voit sa petite fille devenue grande, revenir au bercail afin de tuer son cousin qui aurait pu être son époux. Mais entre-temps l’homme est devenu gouverneur de la région et la belle semble avoir encore pas mal d’attirance pour lui. Je résume une histoire qui sur l’écran se complique bigrement par l’entremise d’une mise en scène qui privilégie plus les symboles et l’esthétisme que l’application imagée d’un récit. Je suppose que le travail sur la lumière (images saturées, contraste violent...) est ainsi voulu, et que de rendre les scènes contemplatives à souhait, quand elles ne sont pas extatiques participe d’une élaboration hautement artistique. Mais à mon regard complètement éberlué ça devient hautement hermétique. Pour en savoir plus

pierre72

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2,0Pas terrible
Publiée le 25/03/2016

Si j'étais un snob, intello, de peur de passer à côté d'un chef d'oeuvre qui a demandé de la part d'un grand cinéaste au moins cinq ans de tournage, je m'extasierais sans limite. Même si durant la projection, j'avais mâché force chewing-gum à la menthe extra-forte pour lutter contre le sommeil, je prendrais un ou deux concepts parmi les nombreux qui ne peuvent que traîner dans "The assassin", je tirerais dessus et cela donnerait à peu près ceci : Totalement sidéré par la beauté plastique du film, cette plongée dans une histoire aux accents shakespeariens, troublante et magnifique sur la dualité intérieure d'êtres englués dans des pouvoirs insupportables, est un ravissement de tous les instants. Cette métaphore politique et cinématographique dont l'insoumission est le thème majeur allie autant esthétique que profondeur, Insoumission au commanditaire de la belle Nie Yin Niang ( l'assassin en noir) dont les élans du coeur l'emportent sur la violence, insoumission du metteur en scène qui subvertit le genre du film de sabre en le transformant en opéra visuel dont les enjeux véritables se situent toujours avant ou après ces combats, insoumission également de cette production toute métaphorique qui pointe du doigt l'emprise de la Chine sur Taïwan, et tout cela porté par une lumière sublime, des cadrages à couper le souffle et un sens du détail qui arrive à rendre un seul battement de cil aussi violent qu'un coup de couteau. Un chef d'oeuvre absolu, injustement boudé lors du dernier festival de Cannes (même s'il a obtenu un lot de consolation, le prix de la mise en scène). Je ne suis pas snob et j'en ai rien à faire de passer pour un piètre spectateur, mais qu'est-ce que je me suis rasé lors de la projection de ce film ! (Je ne devais pas être le seul, nous partîmes 10 dans la salle, nous restâmes 4 !). Il est certain que l'on en prend plein les yeux tellement les plans sont sublimes, seulement le propos est tellement obscur, qu'il finit par rendre tous ces paysages de vallées montagneuses embrumées mais caressées par un soleil levant ou couchant, tous ces palais filmés au travers de tentures de fine soie frémissantes complètement irritants. C'est beau mais comme on ne comprend rien, entre cette femme habillée en noir, formée au combat et chargée de trucider je ne sais qui, enfin si, un gouverneur, et ces autres femmes en blanc ou masques dorés, qui se déplacent comme des automates, figées par des costumes empesés, et aux visages inexpressifs ( sauf si une légère ouverture de leur bouche carmin vous paraît être un summum d'action) . Les dialogues minimaux ne nous éclairent guère. La fin sur le blog

poet75

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4,5Excellent
Publiée le 09/03/2016

Cela fait huit ans que les cinéphiles attendaient un film du taïwanais Hou Hsiao-Hsien, mais probablement ne l'attendait-on pas sur le terrain qu'il a choisi en fin de compte d'explorer : celui du wu xia pan, film de chevalerie, de sabre, d'art martial à la manière chinoise. Un genre dont le réalisateur s'empare à sa façon, offrant aux regards des spectateurs du grand spectacle certes, mais sans jamais céder à la facilité ni aux conventions qui pullulent le plus souvent dans les films d'art martial. Autant le dire d'emblée, ceux qui iront à une séance de « The Assassin » en souhaitant voir se succéder des scènes de combat seront déçus. Des combats, il y en a, bien entendu, mais de manière parcimonieuse et presque fugitive. Que reste-t-il donc à voir ?, se demandera-t-on. La réponse est simple et directe : des scènes et des plans d'une stupéfiante beauté ! Il ne faut pas se laisser décourager par certains avis parus sur le net qui prétendent que l'intrigue de « The Assassin » est si obscure, si confuse, qu'on n'y comprend rien. Ce n'est pas du tout exact. En vérité, si le film peut prêter parfois à confusion, sa trame n'a rien de très complexe et peut se résumer en quelques lignes qui suffisent amplement à décrypter, si besoin est, chacun de ses plans et chacune de ses scènes. L'action se déroule dans la Chine du IXème siècle, dans la province de Weibo, l'une de celles qui, apprend-on, se sont rebellées contre le pouvoir impérial au point de le défier. Nie Yinniang (jouée par la sublime Shu Qi), une jeune femme dont l'éducation a été confiée à une nonne taoïste qui l'a initiée aux arts martiaux, revient dans sa province en ayant pour mission secrète d'éliminer les tyrans, à commencer par son propre cousin Tian Ji'an, le gouverneur de Weibo. Or cet homme, ce Tian Ji'an, n'est nul autre que celui avec qui Nie Yinniang a passé son enfance, avec qui elle espérait se marier, et qui, même si le mariage n'a pas pu se concrétiser, demeure son amour secret. Voilà tout le dilemme qui se joue sur l'écran : la justicière Nie Yinniang ira-t-elle jusqu'à sacrifier l'homme qu'elle aime ou désobéira-t-elle à ses commanditaires ? Il n'est pas besoin d'en savoir davantage pour apprécier ce film dont toute la splendeur réside, bien plus que dans son scénario, dans la minutie et le soin apportés à la réalisation de chacun de ses plans. Chacun d'eux est composé à la manière d'un tableau doué de mouvement. Dès les scènes d'ouverture, filmées en noir et blanc, on ne peut qu'être subjugué par tant de beauté, comme si se façonnaient sous nos yeux de somptueux dessins faits à l'encre de Chine. Viennent ensuite les couleurs, le plus souvent dans des tons chauds de rouge et d'ocre, mais parfois aussi dans des teintes plus vaporeuses lorsque les scènes sont tournées en extérieur. A cela s'ajoutent les sons : bruits hallucinatoires des tambours ou musique de danse à l'occasion d'une scène des plus somptueuses dans le palais du gouverneur. Tant de splendeur laisse pantois, au point qu'on se demande si l'on ne rêve pas : la Chine du IXème siècle, une Chine certes peut-être fantasmée, semble nous être donnée à contempler. Cela étant dit, si les décors ravissent les regards et si les sons émeuvent, c'est aussi et surtout d'une part parce qu'ils sont habités et d'autre part parce qu'ils émanent de personnages qu'on se délecte de découvrir et d'observer. Certains d'entre eux, il est vrai, n'ont droit qu'à un passage éclair (et c'est peut-être ce qui donne au film une apparence de complexité narrative), mais d'autres nous deviennent vite familiers, à commencer par le gouverneur et par son entourage et, bien sûr, par la justicière Nie Yinniang. Les apparitions de cette dernière sont toutes remarquables : silhouette vêtue de noir, elle se devine ou se montre à peine, à la façon d'un félin qui s'apprête à bondir, elle surgit lors de brèves confrontations, elle disparaît comme un oiseau aux ailes sombres. Est-elle une tueuse, comme l'indique le titre du film ? Oui sans doute, mais une tueuse qui, si elle maîtrise à la perfection la technique de son art martial, n'en recèle pas moins sa fragilité. Fragilité qui se révèle peu à peu et qu'on peut désigner par cette expression : un cœur qui bat. Car même dans un cœur aguerri peut naître et grandir ce curieux sentiment qui a nom miséricorde et qui s'invite, si l'on peut dire, comme trouble-fête (ou plutôt, en l'occurrence, comme trouble-crime) ! Même si l'on n'est nullement amateur de films d'arts martiaux, il ne faut pas hésiter à aller voir ce film-ci tant il est différent, hors norme, tant il est sublime de beauté ! 9/10

engiled

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1,0Très mauvais
Publiée le 18/03/2016

Avant la séance lisez le mode d'emploi et prenez plusieurs cafés . C'est très beau, très lent (cafés !), incompréhensible (d'où l’intérêt du mode d'emploi) et hélas, finalement très chiant. Mais apparemment il y en a qui aiment.

EricDebarnot

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4,0Très bien
Publiée le 22/05/2016

Je préfère voir les films de Hou Hsiao-Hsien chez moi, où l'intimité de l'expérience s'accorde plus à l'extrême sensibilité du travail du grand cinéaste formaliste taiwanais. Pour "The Assassin", cela me semblait encore plus nécessaire , vu que le film fut vendu au "grand public" comme appartenant au genre du film de sabre, ce qui a sans nul doute entraîné de savoureuses protestations dans les salles obscures de la part de spectateurs "trompés" ! J'ai donc pu voir deux fois à la suite le film (sur support Bluray US) ce qui me semble absolument nécessaire, et pour saisir l'intrigue - assez simple mais narrée de manière singulière, donc déconcertante au premier abord -, et pour s'adonner pleinement à l'expérience esthétique et émotionnelle "supérieure" offerte par "The Assassin" : beauté picturale inédite - on est très loin et très au dessus de l'esthétisme clinquant d'un Yimou, par exemple -, splendeur de la composition des plans séquences et des mouvements de caméra, bande son à la subtilité bouleversante... mais surtout, surtout, alternance époustouflante de ces plans d'intérieurs colorés où se jouent les intrigues et les complots, avec ces scènes merveilleusement photographiées d'une nature où soleil et brumes alternent dans des compositions enchanteresses. Bref, un vrai film de Hou Hsiao-Hsien, qui marquera durablement une fois de plus ceux qui se laisseront envoûter par sa magie.

btravis1

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2,0Pas terrible
Publiée le 22/03/2016

Dès les premières minutes, on comprend que l'histoire du film n'a ici aucun intérêt. La première partie est ennuyeuse au possible avec quelques dialogues, des plans interminables filmés derrière des voilages et une histoire qui n'avance pas. A la moitié du film, les plans extérieurs montrent la véritable qualité du film, sa mise en scène, la beauté des images et à noter un son travaillé et de grande qualité. Faut-il encore ne pas s'être assoupi trop tôt pour avoir pu en profiter !

mecanero51

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1,0Très mauvais
Publiée le 28/11/2015

La photographie est vraiment superbe...mais l'histoire est incompréhensible, c'est vraiment dommage! A la fin du film, tout le monde s'est regardé avec une sorte de grand désarroi...

Marceau G.

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4,0Très bien
Publiée le 19/03/2016

Un film au mysticisme éclatant et à l'esthétique irréprochable. La mise en scène, resplendissante, fait état à la fois d'une grande contemplation et d'une maîtrise totale du tempo. L'extase peut à tout moment laisser la place à la tension. Le côté distant de la caméra de Hou Hsiao-Hsien avec ses personnages démontre une volonté de représentation d'ensemble. Seule l'héroïne, guerrière fantôme et vengeresse en proie au doute, peut se permettre les faveurs d'une vraie omniprésence dans le plan. Le réalisateur, véritable magicien-plasticien, ne fait que tromper le spectateur ; le scénario accumule les intrigues personnelles et politiques pour mieux embrouiller le public, et au final n'a plus d'importance, tant la mécanique visuelle de Hsiao-Hsien est bien huilée. Ce dernier utilise pour toute narration son langage scénique poétique et suggestif, introduisant ellipses et plans d'ensembles, et évoquant de manière récurrente l'arrière-plan, utile pour donner vie à des scènes parfois statiques. Il en résulte une grâce absolue, et surtout une grande pudeur, vis-à-vis des personnages, mais aussi de leur environnement. "The Assassin" est une possible réflexion sur la responsabilité et le rôle de chacun. Un film en tous cas magnifiquement abstrait, à la force tranquille et à la grandeur voilée. Du cinéma stylisé en suspension.

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