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Nuits d'ivresse printanière
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Nuits d'ivresse printanière" et de son tournage !

Référence française

Le réalisateur Lou Ye est un grand admirateur du film de François Truffaut, Jules et Jim, dont le trio amoureux formé par Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre a inspiré celui formé par Qin Hao, Chen Sicheng et Wei Wu dans Nuits d'ivresse printanière.

Inspiration littéraire

Lou Ye s'est inspiré d'un roman de Yu Dafu, un auteur chinois des années 20, pour écrire Nuits d'ivresse printanière (qui empreinte le titre du roman) : "Le film n’est pas une adaptation de ce livre, mais dans le film, les deux amants homosexuels, après avoir fait l’amour, lisent un passage du livre de Yu Dafu. J’ai voulu rendre hommage à cet auteur, tenter de me couler dans sa tonalité. Il écrit de manière très intimiste. Il ne décrit pas les personnages à partir d’un statut social ou politique, le paysan, le révolutionnaire, le bon, le méchant, mais il aborde les êtres de l’intérieur, il explore leur moi intime."

L'homme au féminin

Lou Ye avait initialement prévu de filmer tous les corps nus, aussi bien ceux masculins que ceux féminins, mais il s'est très vite rendu compte que la jeune femme de l'histoire avait une telle présence, une telle puissance dans l’expression de sa jalousie qu'il était inutile de la montrer également nue : "En fait dans le film, le corps de la femme est représenté par le corps de l’homme, le féminin est dans l’homme", explique t-il.

Préparation à l'homosexualité

Afin de préparer ses acteurs aux scènes d'amour entre hommes, Lou Ye leur a fait lire, en plus du scénario, des articles sur l'homosexualité, des extraits de romans à propos de situations amoureuses (pas forcément gay) que leurs personnages vivent dans le script, ainsi que certains films comme Macadam Cowboy de John Schlesinger ou My Own Private Idaho de Gus Van Sant.

Une direction d'acteur discrète

Lou Ye filme avec une petite caméra digitale ce qui lui permet de laisser à ses acteurs une totale autonomie : "Je leur indique la situation, je limite l’espace où ils doivent se mouvoir, et ensuite je n’interviens plus. L’espace est à eux.. Ils l’occupent à leur guise sans limitation de temps. Il n’y a ni « Action ! » ni « Coupez ! ». Il m’est arrivé de tourner un plan de 40 minutes ! (...) Les premières minutes de la prise, les acteurs jouent, et puis peu à peu, ils entrent dans une dimension plus personnelle, plus naturelle, ils en arrivent à oublier qu’on les regarde".

Décors communs

Afin que les spectateurs ne soient pas distraits par les décors, Lou Ye a choisi des sites anodins, anonymes : "rien de beau, rien de laid".

Les acteurs d'abord

Lou Ye ne s'est servi que des éclairages naturels afin qu'aucun élément technique ne perturbe le jeu des comédiens.

Une ville neutre

Le réalisateur explique qu'il a choisi la ville de Nankin pour tourner Nuits d'ivresse printanière à cause de sa neutralité : "Elle n’est pas aussi politique que Pékin, pas autant commerciale que Shanghai, ni aussi ouverte que Shenzen ou Hong Kong, mais c’est une ville moins dure que Chongqing et plus développée que certaines villes de l’ouest de la Chine."

"Censure" quand tu nous tiens...

Lou Ye est habitué à ce que ses films fassent polémique dans son pays. En effet, son premier film, Weekend lover (1994) a été censuré, son deuxième, Suzhou River (2000), tourné clandestinement dans les rues de Shanghai a été interdit en Chine (bien qu'il reçut le Grand Prix au Festival de Rotterdam). Et Une jeunesse chinoise, présenté à Cannes en 2006, a valu au cinéaste cinq ans de « bannissement » de son propre pays. Nuits d'Ivresse Printanière, lui aussi présenté au Festival de Cannes en 2009, n'échappe pas à la règle, comme l'explique Lou Ye : "Le problème auquel j’ai été aussitôt confronté est celui de la timidité, pour ne pas dire plus, des producteurs. Dans la mesure où j’avais été « banni », interdit de réalisation pendant cinq ans, ils ne voyaient pas pourquoi ils financeraient un nouveau film qui de toutes façons ne pourrait être projeté dans les salles chinoises. Ils me répondaient tous : « Rendez-vous dans cinq ans ! ». C'est en grande partie grâce au système de financement français que Lou Ye a réussi à faire son film : "J’ai finalement trouvé les fonds nécessaires grâce au système de financements cinématographiques français, et la partie manquante, à Hong Kong", confie t-il.
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